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États-Unis

Un ex-conseiller de Trump se ravise et plaide coupable

Paul Manafort arrivant au tribunal, Washington, le 11 décembre 2017.

Le procureur spécial enquêtant sur l'ingérence russe dans la présidentielle américaine a annoncé vendredi que Richard Gates allait plaider coupable, un revirement suggérant que cet ex-conseiller de campagne de Donald Trump serait prêt à coopérer avec les investigateurs.

Ce retournement accentue encore la pression sur Paul Manafort, l'ancien directeur de campagne de M. Trump et ex-associé de M. Gates, qui lui continue à rejeter les charges énumérées dans l'acte d'inculpation des deux hommes.

Une audience est prévue vendredi en début d'après-midi devant un juge fédéral de Washington: M. Gates deviendra alors la cinquième personne à plaider coupable dans l'enquête russe.

Ce rebondissement semble prouver que la stratégie suivie par M. Mueller s'est révélée payante: le procureur a accumulé les charges visant MM. Manafort et Gates, qu'il a inculpés deux fois à quatre mois d'intervalle.

>> Lire aussi : Le procureur spécial Robert Mueller accuse un avocat de déclarations mensongères

Le dernier acte d'accusation rendu public jeudi concerne des faits présumés de fraude fiscale et de dissimulation de comptes bancaires à l'étranger. MM. Manafort et Gates avaient été inculpés pour des infractions similaires fin octobre.

D'environ 2006 à 2015, les deux hommes ont travaillé comme consultants politiques et lobbyistes au service du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou, et des partis proches de ce dirigeant qui a été renversé en 2014.

Ils sont accusés d'avoir monté un système complexe permettant de ne pas déclarer au fisc américain une grande partie de leurs millions de dollars de revenus.

Plus de 75 millions de dollars de paiement ont ainsi transité par des comptes offshore. Les deux suspects se voient reprocher d'avoir blanchi dans le processus plus de 30 millions de dollars.

>> Lire aussi : La justice américaine inculpe 13 Russes pour ingérence dans l'élection

Paul Manafort a dirigé de juin à août 2016 l'équipe de campagne de M. Trump, dont il a été écarté quand sa proximité avec les intérêts russes en Ukraine a été révélée.

Les deux hommes ont été laissés en liberté, soumis à un strict contrôle judiciaire.

Un avocat membre d'un cabinet international ayant également oeuvré à redorer l'image de M. Ianoukovitch a été inculpé mardi de faux témoignage par le procureur spécial.

Cet avocat, Alex van der Zwaan, a plaidé coupable d'avoir menti à des enquêteurs de la police fédérale (FBI) concernant ses échanges avec Richard Gates.

Le revirement de M. Gates, qui peut espérer une peine atténuée en coopérant, isole Paul Manafort dans la perspective d'une comparution pénale. Les avocats du lobbyiste mènent une âpre bataille procédurale pour retarder ce procès.

Avec AFP

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Au Mur des Lamentations, Pompeo offre à Netanyahu une image symbolique

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo devant le Mur des Lamentations

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo est devenu jeudi le premier haut responsable américain à visiter le Mur des Lamentations avec un Premier ministre israélien, une image symbolique et un coup de pouce à Benjamin Netanyahu, engagé dans une bataille incertaine pour sa réélection.

L'administration américaine de Donald Trump semble vouloir mettre tout son poids dans la balance pour soutenir le Premier ministre d'Israël à l'approche des élections législatives du 9 avril.

En plein déplacement de son secrétaire d'Etat, M. Trump s'est prononcé sur Twitter pour la reconnaissance de "la souveraineté d'Israël" sur la partie du Golan syrien occupée en 1967 par Israël puis annexée.

"Merci président Trump!", a aussitôt réagi Benjamin Netanyahu sur Twitter, en saluant une décision "courageuse".

Le chef du gouvernement israélien avait encore réclamé la veille, en présence de Mike Pompeo, que la communauté internationale fasse ce pas au nom de sa sécurité. Reconnaître formellement l'annexion du Golan serait une nouvelle entorse à la tradition diplomatique américaine et au consensus international.

Mike Pompeo a en tout cas rompu avec la pratique lors de sa visite à Jérusalem. Devant les caméras, il s'est recueilli avec Benjamin Netanyahu face au Mur des Lamentations, le site de prière le plus sacré pour les juifs. Les deux hommes ont ensuite, chacun à leur tour, glissé leur prière inscrite sur un petit papier entre les pierres de l'imposante muraille.

"Il est important" et "symbolique qu'un haut responsable américain s'y rende avec un Premier ministre d'Israël", a expliqué le chef de la diplomatie américaine, évoquant un "lieu très important pour de nombreuses religions".

- Une aura -

Mais ce geste apparaît surtout comme une nouvelle étape dans la révision de la position américaine à l'égard de Jérusalem engagée par Donald Trump, qui avait lui-même été en 2017 le premier président des Etats-Unis en exercice à se rendre au Mur des Lamentations.

Ce site se trouve en effet à Jérusalem-Est, dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer.

La communauté internationale juge illégale cette annexion, et renvoie le statut final de la Ville sainte à des négociations de paix.

Mais Donald Trump a lui reconnu unilatéralement fin 2017 Jérusalem comme capitale d'Israël, ce qui lui vaut les remontrances de nombreux autres pays, la colère des Palestiniens, mais aussi une aura particulière auprès des Israéliens.

Le sort de la ville est une des clés de toute résolution du conflit israélo-palestinien, puisque l'Etat hébreu la considère comme sa capitale "indivisible" alors que les Palestiniens revendiquent sa partie orientale comme capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

- Netanyahu à Washington -

Tous ces gestes américains "devraient être accompagnés de déclarations montrant que les Etats-Unis envisagent aussi qu'à l'issue d'éventuelles négociations, la capitale d'un Etat palestinien puisse voir le jour dans Jérusalem-Est", estime Dan Shapiro, ambassadeur en Israël de l'ex-président Barack Obama. Ce qui n'est pas le cas.

Aaron David Miller, ancien diplomate américain, juge que la visite Pompeo-Netanyahu au Mur des Lamentations vise à montrer clairement "que cette administration est la plus pro-israélienne de l'histoire".

"A moins de trois semaines des élections israéliennes, pas besoin d'être un grand spécialiste du Moyen-Orient pour comprendre que l'administration fait tout son possible, en surfant sur la popularité de Trump en Israël, pour démontrer que Netanyahu est indispensable", dit à l'AFP cet expert du cercle de réflexion Wilson Center à Washington.

Le Premier ministre israélien, au pouvoir depuis une décennie, multiplie de son côté les occasions de s'afficher auprès des dirigeants américains, et se rendra la semaine prochaine à Washington auprès du locataire de la Maison Blanche. Ce nouveau voyage sera aussi l'occasion pour Benjamin Netanyahu de s'afficher à la grand-messe du puissant lobby pro-Israël Aipac.

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