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Nouveau témoignage d'un ex-militaire français contestant le caractère purement humanitaire de "Turquoise" au Rwanda


Le ministre délégué à la Santé, Philippe Douste-Blazy (au centre) est entouré du général Jean-Claude Lafourcade (à gauche), chef de l'opération Turquoise au Rwanda et Zaïre, et de l'envoyé spécial du Gouvernement Yannick Gérard, le 23 juillet 1994 à son arrivée à l'aéro

Un ex-aviateur français ayant pris part à l'opération "Turquoise" en juin 1994 au Rwanda conteste son caractère strictement humanitaire dès le départ, affirmant que les militaires français étaient préparés à "frapper" les troupes du Front patriotique rwandais (FPR), dans un entretien au journal La Croix.

L'homme d'une cinquantaine d'années et qui a souhaité garder l'anonymat a fait toute sa carrière dans l'armée de l'air, selon La Croix.

Il s'agit du second militaire français ayant participé à l'opération militaro-humanitaire "Turquoise" (lancée le 22 juin 1994 sous mandat de l'ONU pour tenter de mettre fin aux massacres au Rwanda) à relancer ce débat récemment, après la parution du livre ("Rwanda, la fin du silence") de l'ex-officier Guillaume Ancel.

M. Ancel assure que les troupes envoyées par Paris avaient pour mission de "stopper le FPR, donc empêcher la victoire de ceux qui combattaient les génocidaires".

Entre avril et juillet 1994, quelque 800.000 personnes, selon l'ONU, ont été tuées au Rwanda pendant le génocide, principalement au sein de la minorité tutsi.

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"Il (Ancel, NDLR) n'est pas un affabulateur pour ce que j'ai vu de Turquoise. C'est pourquoi il m'est apparu juste d'apporter mon témoignage", déclare l'ex-aviateur. Prépositionné dans une base française en Afrique, il débarque à Kisangani (en RDC voisine) avec les premiers éléments de la chasse française, selon ses propos rapportés par La Croix.

Interrogé pour savoir s'il y avait eu, à sa connaissance, une directive pour intervenir sur Kigali, il répond: "Non. Mais pour nous, nous étions là pour faire la guerre". Selon lui, les équipages sont convoqués à la nuit tombée le 30 juin 1994. "Vous allez intervenir au petit matin pour +bloquer+ les rebelles, car la tension monte sur le terrain", leur dit-on, rapporte La Croix.

Le 1er juillet, "les deux premiers Jaguars décollent pour la zone de conflit, 'canons armés' (...) ils s'étaient envolés pour faire leur métier: appuyer nos troupes au sol en frappant les rebelles", affirme l'ex-aviateur, qui ajoute que finalement, l'autorisation n'a "pas été donnée".

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Selon lui, cette action est apparue au dernier moment, aux yeux des décideurs, comme contrevenant au mandat donné par l'ONU à "Turquoise".

Réagissant dans La Croix, le général français Jean-Claude Lafourcade, ancien commandant de "Turquoise", qualifie "d'ineptie" ce nouveau témoignage et celui de Guillaume Ancel, affirmant que ce dernier "ne s'appuie que sur ses propres déclarations, non sur des documents, des ordres, des preuves matérielles".

"Nous ne nous sommes pas engagés en juin dans l'optique de stopper le FPR et de rétablir le gouvernement provisoire à Kigali, comme il l'affirme. La bascule entre la mission offensive et la mission humanitaire qui aurait eu lieu sur ordre de l'Elysée, le 1er juillet, n'existe que dans son imagination", a-t-il affirmé.

Avec AFP

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