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Maroc

Nouveau report du procès du viol collectif d'une adolescente

Khadija avec son avocat dans un parc près du Palais de justice de Beni Mellal après une audience le 10 octobre 2018.

Le procès de 12 hommes accusés d'avoir séquestré et violé collectivement une adolescente marocaine a été reporté mardi pour la troisième fois en deux mois, au grand dam de la victime "impatiente de reprendre une vie normale".

"J'attends que ça se termine pour rétablir la vérité et pour me faire détatouer", a confié à l'AFP Khadija, à la sortie du tribunal de Beni Mellal.

Son histoire avait suscité l'émoi dans le royaume et au-delà : pour obtenir justice, cette adolescente issue d'une famille défavorisée âgée de 17 ans au moment des faits, avait raconté en août dans une vidéo virale avoir été kidnappée, séquestrée, violée et martyrisée pendant deux mois par des jeunes hommes de son village d'Oulad Ayad, près de Beni Mellal.

Son témoignage filmé dans lequel elle montre des brûlures de cigarettes et des tatouages obscènes, infligés selon elle par ses agresseurs, avait suscité une forte mobilisation contre "la culture du viol et de l'impunité".

Mardi, elle se présentait pour la première fois devant le tribunal n'ayant pas été invitée précédemment "pour des raisons de santé" au procès qui s'est ouvert mi-avril, selon son père.

L'audience a été immédiatement renvoyée au 9 juillet, deux des prévenus n'ayant toujours pas d'avocats.

La jeune fille s'est présentée au tribunal une main couverte par un gant noir pour cacher ses tatouages que ses avocats veulent utiliser comme preuve de ses accusations.

Les accusés, âgés de 19 à 29 ans, étaient présents dans la salle, menottés et surveillés par des policiers. Ils sont jugés pour "traite d'être humain", "viol", "constitution d'une bande organisée" ou "enlèvement et séquestration" et risquent jusqu'à 30 ans de prison. Un treizième est jugé séparément à huis clos, son dossier ayant été disjoint car il était mineur au moment des faits.

Khadija, qui vit avec ses parents dit avoir "traversé une période difficile" et "ressent toujours de la peur même si les choses vont mieux".

Après sa séquestration, elle a du affronter les critiques dans son village. Les proches des prévenus martèlent qu'elle "était avec les garçons de son plein gré", certains la désignent comme coupable de ce qui lui est arrivé, même si quelques uns de ses agresseurs ont reconnu les faits.

Son choix de briser le silence en s'exposant publiquement est très rare dans une société conservatrice qui pousse les victimes de viol à se taire, pour protéger leur image et la réputation de leur famille.

Plus de 90% des Marocains ayant subi une forme de violence n'ont pas porté plainte contre leurs agresseurs, selon une récente enquête officielle. Khadija, elle, affirme avoir "résisté aux pressions" et appelle les victimes de violences à "ne pas se taire".

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Coronavirus: le Maroc suspend les congés de son personnel médical

Une salle d’opération au Centre Sheikha Fatma d'Oncologie Gynécologique-Mammaire, à l'Institut National d'Oncologie affilié à l'Hôpital Universitaire Ibn Sina à Rabat, Marco, 15 juillet 2014.

Le ministère marocain de la Santé a annoncé lundi la suspension "jusqu'à nouvel ordre" des congés pour le personnel médical du royaume, après une hausse des contaminations au nouveau coronavirus. 

Le ministère a justifié dans une circulaire sa décision par "l'évolution de la situation sanitaire" du pays de 35 millions d'habitants, et a appelé les employés actuellement en congés à regagner leur poste dans les 48 heures.

Les autorités avaient recensé dimanche soir 25.537 cas --dont 382 décès-- depuis le premier enregistré en mars.

Mais le royaume connait une hausse des contaminations depuis quelques jours, avec des records jeudi (1.046) puis vendredi (1.063). Des médias locaux ont mis en garde contre une situation devenue "préoccupante".

"Nous avons recensé en une semaine plus de cas qu'en quatre mois", prévenait déjà la semaine dernière le ministre de la Santé, évoquant une situation épidémiologique "inquiétante".

Les autorités ont décidé dans la foulée d'imposer des restrictions de déplacements vers et depuis huit villes pour limiter la propagation du coronavirus.

Après un confinement strict, le Maroc a accéléré son déconfinement en juin avec la réouverture des cafés, restaurants, commerces ainsi que la reprise du tourisme intérieur. Les frontières demeurent cependant fermées "jusqu'à nouvel ordre".

Le journaliste marocain Omar Radi placé en détention pour "viol" et "financements étrangers"

Le tribunal de première instance de Rabat, au Maroc, le 11 août 2006.

Le journaliste et militant des droits humains Omar Radi a été placé en détention mercredi pour "viol" et "réception de fonds étrangers dans le but de porter atteinte à la sécurité intérieure de l'État", a annoncé la justice marocaine.

Omar Radi a été transféré à la prison d'Oukacha à Casablanca (ouest) et son procès doit débuter le 22 septembre, a précisé le bureau du procureur général dans un communiqué.

Le parquet a demandé à un juge d'instruction d'enquêter sur des "délits relatifs à l'attentat à la pudeur avec violence et viol", après une "plainte déposée par une citoyenne". Ces faits n'avaient jamais été évoqués précédemment.

Une deuxième enquête concerne "la réception de fonds de parties étrangères en vue de porter atteinte à la sécurité intérieure de l'État" et "de mener des contacts avec des agents de pays étrangers pour nuire à la situation diplomatique du Maroc", selon le communiqué.

Cette enquête avait été ouverte fin juin, au lendemain de la publication d'un rapport d'Amnesty International selon lequel le téléphone d'Omar Radi était espionné via un logiciel de piratage utilisé par les autorités marocaines. Rabat a toujours démenti.

Le journaliste de 33 ans a depuis été entendu une dizaine de fois par la police judiciaire, sans inculpation formelle à ce stade.

Mercredi, peu avant son rendez-vous judiciaire, il a dénoncé dans une vidéo diffusée par son groupe de soutien une accusation "ridicule" et "une vengeance" suite au rapport d'Amnesty.

"Les journalistes qui critiquent l'approche sécuritaire au Maroc sont les plus vulnérables aux représailles", a-t-il lancé.

- "Mascarade" -

"Je ne suis ni un espion ni un agent payé par un fonds étranger", avait-il dit récemment en réponse aux accusations des autorités marocaines, qui voient comme une forme d'espionnage sa collecte d'informations pour le compte d'une société britannique d'intelligence économique.

Reporters sans frontières (RSF), avec d'autres ONG, a appelé mercredi les autorités marocaines à cesser "toute intimidation et harcèlement" du journaliste, en affirmant que son cas illustrait une "dégradation claire de la liberté d'expression" dans le pays.

"Plus que jamais nous appelons à la fin de cette mascarade", a réagi le groupe de soutien de M. Radi, tandis que son père a dénoncé sur Facebook une "vengeance".

Selon Amnesty, ce "journaliste courageux" est harcelé par les autorités marocaines du fait de son indépendance.

En mars, le reporter et militant avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour avoir critiqué un juge sur Twitter.

Omar Radi a collaboré avec plusieurs médias marocains et internationaux et a enquêté sur la corruption, l'économie de rente, la prédation foncière ou les collusions entre pouvoir et milieux économiques.

Une vingtaine de détenus marocains du Hirak graciés

Des milliers de Marocains participent à une manifestation en faveur des détenus du Hirak à Rabat, au Maroc, le dimanche 21 avril 2019. (Photo AP / Mosa'ab Elshamy)

Une vingtaine de détenus du Hirak, le mouvement de protestation qui a agité en 2016-2017 la région marocaine du Rif (nord), figurent parmi les quelque 1500 condamnés graciés mercredi, a-t-on appris auprès de l'Association des familles des détenus du Hirak.

Le roi Mohammed VI a gracié un total de 1.446 personnes condamnées par différents tribunaux du royaume, à l'occasion de la Fête annuelle du Trône, selon le ministère de la Justice.

Parmi elles, se trouvent 24 membres du Hirak condamnés à des peines de quatre à dix ans de prison, a déclaré à l'AFP un membre de l'Association des familles, confirmant des informations parues dans la presse.

Après cette grâce, il restera une vingtaine de militants du mouvement social en prison, selon la même source.

Le Conseil national des droits humains (CNDH, un organisme officiel), a confirmé que "des dizaines de détenus jugés dans le cadre d'événements sociaux ont bénéficié de cette grâce royale".

Rabie Al Ablaq, un militant condamné à cinq ans de prison et ayant suivi plusieurs grèves de la faim, ainsi qu'El Mortada Iamrachen, une figure du mouvement, condamné à la même peine pour "apologie du terrorisme", ont notamment bénéficié d'une grâce.

La protestation dans la région historiquement frondeuse du Rif a été déclenchée par la mort, en octobre 2016, d'un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordures en tentant de s'opposer à la saisie de sa marchandise.

Non concerné par la grâce, le leader du mouvement Nasser Zefzafi, finaliste du prestigieux prix Sakharov pour la liberté de conscience 2019, purge une peine de 20 ans pour "complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'Etat".

Le journaliste Hamid El Mahdaoui qui avait couvert la contestation a été libéré en juillet après avoir purgé une peine de trois ans.

Tanger sous couvre-feu pendant l'Aïd al-Adha pour contenir le coronavirus

Le quartier du port de Tanger au Maroc, le 26 août 2001. (AFP PHOTO / ABDELHAK SENNA)

Les autorités marocaines ont décidé d'interdire les déplacements hors de la ville de Tanger pendant l'Aïd al-Adha pour réduire les risques de contagion au covid

Selon une note de la confédération patronale (CGEM) publiée jeudi, "les opérateurs économiques ont été informés qu'il serait strictement interdit de quitter la ville de Tanger (nord-ouest) pendant la période de l'Aïd al-Adha", la fête du Sacrifice, traditionnellement marquée par des réunions familiales, et prévue cette année à partir de fin juillet.

Il a donc été demandé aux entreprises locales de ne pas délivrer d'autorisation de circulation à leurs employés pour cette période, précise la note diffusée après une réunion à la préfecture locale.

Après l'apparition de nouveaux foyers de contamination de la maladie Covid-19, les autorités avaient annoncé le 13 juillet un reconfinement sévère dans le grand port de Tanger (environ un million d'habitants), avant d'assouplir les mesures face aux protestations de la population.

La région de Tanger est celle qui compte le plus de cas actifs au Maroc. Selon le dernier bilan du ministère de la Santé, environ 18.000 contaminations ont été recensées dans l'ensemble du pays, dont 285 décès.

Plusieurs foyers de contamination ont été en outre enregistrés ces dernières semaines dans les zones industrielles du royaume. Pour tenter de juguler la pandémie, les autorités ont déjà fermé 514 unités de production pour "non respect des mesures sanitaires", selon les derniers chiffres officiels.

Dimanche, le chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani a appelé la population à limiter ses déplacements pendant l'Aïd afin de "célébrer la fête sans danger et sans contamination".

Après trois mois de confinement, sous haute surveillance policière, un certain relâchement face aux mesures préventives -port du masque, distanciation physique- est apparu dans plusieurs villes du Maroc malgré les avertissements répétés des autorités, selon les médias locaux.

Retour au confinement pour contrer le coronavirus

Des gens assistent à un rassemblement , défiant les mesures de confinement du gouvernement, mis en place pour endiguer la propagation de l'épidémie de coronavirus à Belgrade, en Serbie.

Plusieurs pays ont ordonné des reconfinements dans la crainte d'une deuxième vague de nouveau coronavirus, tandis que l'Amérique latine est devenue la deuxième région du monde la plus touchée par la pandémie en nombre de morts, devant l'Amérique du nord.

En Espagne, le gouvernement régional de Catalogne s'est lancé dans un bras de fer avec la justice pour imposer sa décision de reconfiner chez eux les habitants de la ville de Lérida et de communes environnantes, déjà coupés du reste de la région depuis une semaine.

Alors que le tribunal de cette ville "a décidé de ne pas ratifier les mesures" prises par le gouvernement régional "car elles sont contraires au droit", le président régional indépendantiste catalan, Quim Torra, a affirmé lundi qu'il adopterait un décret-loi pour l'imposer.

Dans les rues de Lérida, les boutiques restaient souvent ouvertes tout comme les terrasses des cafés et les habitants, masqués, continuaient de sortir.

En Allemagne aussi, la "menace" d'une deuxième vague d'infections est "réelle", a mis en garde lundi le ministre de la Santé, Jens Spahn, appelant notamment ses compatriotes en vacances aux Baléares à respecter les gestes barrières.

Au Maroc, la ville de Tanger (nord), peuplée d'environ un million d'habitants, devait être reconfinée à partir de lundi midi après l'apparition de foyers épidémiques.

Les transports publics y seront suspendus, les cafés, centres commerciaux, marchés et espaces publics fermés, et les contrôles renforcés, afin que les habitants ne quittent leur domicile "qu'en cas de nécessité extrême", a précisé le ministère de l'Intérieur.

C'est le cas également aux Philippines où environ 250.000 habitants de Manille vont à nouveau être confinés après une flambée des cas.

- Couvre-feu -

En Afrique du sud, le président Cyril Ramaphosa a décidé de réimposer un couvre-feu en raison de la remontée des cas quotidiens de contamination. Les visites familiales seront aussi interdites.

Les restrictions imposées en mars pour tenter d'enrayer l'épidémie dans ce pays, le plus touché en Afrique, avaient été en partie levées en mai. L'Afrique du Sud a enregistré jusqu'à présent 264.184 cas de coronavirus dont 3.971 mortels.

L'inquiétude demeure aussi forte en Australie: après le reconfinement pour six semaines décidé jeudi dernier pour Melbourne, la deuxième ville du pays, les habitants de Sydney ont été priés lundi de limiter lundi les soirées festives après l'apparition d'un nouveau foyer épidémique dans un pub.

Aux Etats-Unis, le pays le plus lourdement touché, la pandémie continue de flamber particulièrement dans de grands Etats du sud, et un responsable du ministère de la Santé à Washington a estimé dimanche qu'un reconfinement dans ces zones n'était pas exclu.

"Tout devrait être envisagé", a déclaré Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, interrogé sur la chaîne de télévision ABC.

Les Etats-Unis ont recensé dimanche 59.747 nouvelles contaminations en 24 heures, selon le bilan quotidien de l'université Johns Hopkins. Le nombre de cas confirmés s'établit à 3.301.820 et le nombre de décès à 135.171.

A quatre mois de l'élection présidentielle, un débat y fait rage sur la réouverture des écoles, défendue par le président Donald Trump mais jugée dangereuse par ses adversaires du Parti démocrate.

"J'exhorte toutes les écoles à ouvrir et à proposer à leurs élèves des cours à plein temps", a déclaré dimanche sur CNN la ministre de l'Education Betsy DeVos. "Ils jouent avec la santé de nos enfants", a rétorqué la démocrate Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants.

- L'Amérique latine, deuxième région la plus touchée -

L'Amérique latine et les Caraïbes sont devenues lundi la deuxième région la plus touchée au monde par la pandémie, derrière l'Europe, avec plus de 144.000 décès officiellement recensés. Le Brésil est le pays le plus endeuillé de la région et dénombre à lui seul 72.100 décès. Elle dépasse ainsi les bilans des États-Unis et du Canada.

La pandémie a fait plus de 569.135 morts dans le monde depuis que le bureau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre.

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