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Nouveau chef d'état-major au Mozambique, confronté à la guérilla islamiste


Le président mozambicain Filipe Nyusi.

Le président mozambicain Filipe Nyusi a annoncé la nomination d'un nouveau chef d'état-major des armées, après l'intensification des attaques dans la province stratégique de Cabo Delgado (nord), en proie à une insurrection jihadiste depuis plus de trois ans.

Le général Eugenio Mussa remplace le général Lázaro Menete comme chef d'état-major, selon un communiqué de la présidence, qui ne fournit aucune explication. Mais cette nomination survient alors que l'armée s'est montrée incapable de combattre efficacement les jihadistes, qui multiplient notamment leurs actions à seulement quelques kilomètres d'un mégaprojet gazier du groupe énergétique français Total, de 16,5 milliards d'euros, pour l'heure suspendu.

Un groupe désigné localement sous le nom d'Al-Shabab" ("les jeunes", en arabe) a lancé une sanglante insurrection en 2017 dans la province de Cabo Delgado, à majorité musulmane, avant de faire allégeance en 2019 à l'Etat islamique.

Le conflit a fait 2.400 morts, dont plus de la moitié de civils, selon l'ONG ACLED. Les islamistes ont incendié de nombreux villages et pratiquent la décapitation à grand échelle pour terroriser les civils.

Au total, 570.000 personnes ont fui les violences menées par ces groupes armés, selon le gouvernement. Dont 250.000 enfants, selon l'Unicef.

Le conflit se déroule dans une région stratégique pour l'exploitation d'immenses réserves de gaz naturel liquéfié, sur lesquelles compte ce pays pauvre d'Afrique australe pour augmenter ses revenus et devenir l'un des principaux exportateurs mondiaux.

Les jihadistes contrôlent une bonne partie de la zone côtière, y compris le port de Mocimboa da Praia, qu'ils occupent depuis août 2020, et qui est crucial pour l'arrivée du matériel nécessaire aux installations gazières.

Le général Mussa était jusqu'alors en charge des opérations dans la province de Cabo Delgado.

Largement dépassées ces derniers mois, les forces de sécurité ont annoncé fin décembre avoir tué 37 jihadistes, au cours de plusieurs opérations.

"Ce dont l'armée a le plus besoin, c'est de moyens pour combattre l'insurrection", a commenté Calton Cadeado, un chercheur du Centre d'études internationales et stratégiques, basé à l'université de Maputo.

Un sommet spécial de la Communauté de développement des pays d'Afrique australe (SADC) consacré à la situation sécuritaire au Mozambique et dans la région doit se tenir la semaine prochaine à Maputo.

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