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Non-lieu pour l’affaire PPEA II au Bénin


Difficulté d'accès à l'eau portable dans le nord du Bénin, le 22 mai 2017.

Deux ans après l'éclatement du scandale PPEA II lié au détournement des fonds néerlandais devant servir à offrir de l'eau potable aux populations béninoises, le juge chargé du dossier a prononcé un non-lieu.

Le PPEA II, c'est le nom du programme triennal d’accès à l’eau potable financé par la coopération néerlandaise. L'affaire a éclaté le 8 mai 2015 vers la fin du mandat de Yayi Boni. A la suite d'un audit diligenté par les Pays-Bas, un détournement de 2,6 milliards de FCFA a été découvert.

Le nom de l'ancien ministre de l'eau Barthélémy Kassa a été cité dans cette nouvelle affaire, avec douze autres personnes, dont des opérateurs économiques et des cadres de l'administration publique.

Barthélémy Kassa, ancien ministre de l'eau et de l'énergie au moment des faits, au Bénin, le 22 mai 2017.
Barthélémy Kassa, ancien ministre de l'eau et de l'énergie au moment des faits, au Bénin, le 22 mai 2017.

La décision prise deux années après la découverte laisse les populations sans voix. Deux ans, c'est le temps pris par le juge instruit de l'affaire PPEA II pour se prononcer.

Le ministre Barthélémy Kassa, principal mis en cause dans cette affaire, félicite la justice. "Quand vous lisez cette décision, vous devez être satisfait", a souligné l'ancien ministre.

Lors du rendu de la décision, le juge d'instruction a révélé que le ministre de l'eau de l'époque et son collègue des finances avaient pris deux arrêtés qui réaffectaient les crédits non utilisés à l'achat de consommables informatiques et autres.

Non-dits dans l'affaire

Ahouansou Valentin, juriste de formation, relève ici quelques points qui selon lui sont des non-dits dans cette affaire.

Les Béninois sont en tout cas étonnés de la décision puisqu'à l'époque, toutes les preuves semblaient être réunies pour établir la culpabilité des mis en cause.

"Vous avez des gros scandales financiers et personne n'est puni", se plaint un Béninois.

Pour d'autres, ce non-lieu vient ternir l'image du Bénin qui avait déjà pris quelques coups d'obscurité.

Le ministre incriminé à l'époque, contraint à la démission, parlait d'un montage bien ficelé pour le voir à genoux. Pour lui, on a détourné la vigilance du peuple sur une affaire qui n'existait pas du tout.

Depuis la publication de la décision, les syndicalistes et les acteurs de la société civile ne se bousculent pas encore au pupitre de l'indignation.

Ginette Fleur Adandé, correspondante à Cotonou

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