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L'Etat nigérian prend le contrôle de la principale compagnie aérienne au bord de la faillite


Arik Air, principale compagnie aérienne privée du pays, sera désormais sous contrôle du gouvernement nigérian, annonce l’agence gouvernementale Amcon (Société de Gestion d'Actifs du Nigeria).

La mesure vise à empêcher Arik Air, au bord de la faillite, de disparaître.

L’Amcon "a pris le contrôle d'Arik parce que c'est la pagaille totale dans cette société" a déclaré à l'AFP le porte-parole d'Amcon, Jude Nwauzor.

"Nous avons nommé une nouvelle direction pour stabiliser la compagnie aérienne et l'empêcher de s'effondrer comme d'autres compagnies aériennes au Nigeria."

Arik, créée en 2006, assure environ 60% des vols intérieurs au Nigeria. La compagnie dessert également des destinations étrangères comme Londres, Johannesburg et New York.

Interrogé par l'AFP, Ola Adebanji, porte-parole de la compagnie, a confirmé la prise de contrôle par l'Etat, mais a refusé de commenter.

Fin décembre 2016, Arik n'a pu rembourser des prêts de 135 milliards de nairas (402 millions d'euros) et avait également accumulé des dettes envers "un grand nombre de créanciers étrangers", selon l'Amcon.

Les salaires du personnel n'ont pas été payés depuis huit mois et Arik ne payait plus les assurances, la réparation et l'entretien de ses avions.

"Les créanciers internationaux ont saisi certains de ses avions en raison de l'endettement croissant" d'Arik, a déclaré Jude Nwauzor.

Conséquence de la mauvaise gestion et des difficultés financières de la compagnie, des vols étaient sans cesse annulés ou retardés.

Le mois dernier, des passagers en colère avaient tabassé un employé d'Arik à l'aéroport de Lagos, après la troisième annulation consécutive de leur vol pour Johannesbourg.

En décembre, ses avions ont été paralysés 24 heures à cause d'une grève du personnel réclamant leurs salaires.

"Le gouvernement a estimé que toutes ces bêtises devaient prendre fin" alors que le secteur aérien est déjà confronté à de nombreux défis, a déclaré M. Nwauzor.

"Notre objectif est de stabiliser et de rendre Arik rentable afin qu'elle puisse reprendre des opérations régulières et sans interruption", a-t-il dit, invitant "les investisseurs intéressés à y injecter de nouveaux fonds".

Arik n'est pas la seule compagnie aérienne en difficulté: la deuxième compagnie du Nigeria, Aero Contractors, a suspendu ses activités pendant quatre mois l'an dernier en raison de "graves difficultés financières".

Les compagnies aériennes expliquent leurs difficultés par la pénurie de devises due à la récession économique, qui les empêcherait de payer les fournisseurs de carburant et, dans certains cas, les frais d'atterrissage dans les aéroports à l'étranger.

Avec AFP

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