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Des tranchées pour résister à Boko Haram à l'université de Maiduguri

Des personnes marchent dans le camp des déplacés internes de Maiduguri, au Nigeria, le 1er décembre 2016.

Un bulldozer géant creuse de profonds sillons au milieu des bosquets. Telle une forteresse assiégée, l'université nigériane de Maiduguri bâtit une immense tranchée de 27 km pour se protéger contre les attaques-suicides de Boko Haram, dont elle est devenue au fil des mois la cible numéro 1.

A perte de vue s'étend une brousse silencieuse et aride. "Les kamikazes arrivent généralement à pied ou en moto", explique à l'AFP un agent de sécurité en descendant d'un vieux mirador en fer surplombant le vaste complexe de 43 hectares.

L'arrière du campus - son flanc est - n'est pas clôturé, laissant des kilomètres de champ libre aux assaillants venus des faubourgs de Maiduguri, berceau de l'insurrection djihadiste dans le nord-est du Nigeria.

Depuis janvier, au moins huit attentats ont frappé l'université, symbole honni par Boko Haram- qui signifie en langue haoussa "l'éducation occidentale est un pêché" -, selon un décompte de l'AFP.

Alors que la plupart des écoles primaires, collèges et lycées avaient fermé leurs portes par crainte d'attaques ou d'enlèvements, les cours universitaires n'ont jamais été interrompus depuis le début du conflit en 2009.

Chrétiens et musulmans venus de tout le Nigeria étudient ensemble le droit, la médecine ou encore la géographie depuis les années 70 à l'université fédérale de Maiduguri, une des plus grandes du pays. Au total, près de 45.000 étudiants y étaient inscrits l'an dernier.

Et assez curieusement, le campus est resté épargné jusqu'au 16 janvier dernier. Un jour que Muhammadu Nur Idrisa, étudiant en droit de 20 ans, n'est pas près d'oublier.

Lorsqu'une forte détonation retentit à l'heure de la première prière ce matin-là, il se précipite à la mosquée qui se trouve tout près de son dortoir.

Une fille d'à peine 13 ans vient de se faire exploser à l'entrée du lieu de culte, tuant un professeur et deux étudiants sur le coup. Son ami Abba, qui fait partie des blessés évacués à l'hôpital, sera amputé d'une jambe quelques jours plus tard.

"Tout le monde était sous le choc", se rappelle Muhammadu. Le campus était jusque-là perçu comme un îlot de paix dans la capitale du Borno où camps de déplacés, marchés, églises ou mosquées sont sans cesse pris pour cible.

Avec le temps, "on finit par avoir l'habitude de voir des corps mutilés, des bras et jambes, du sang partout", soupire le jeune homme assis à la cafétéria universitaire, en se tordant les mains.

Mais la psychose s'est peu à peu installée et si un étudiant porte un sac à dos "un peu trop volumineux", il est immédiatement soupçonné d'être "des leurs", raconte-t-il en riant nerveusement.

Pas d'avenir

Fin juin, des associations d'étudiants, de professeurs et de personnels non académiques ont appelé d'une seule voix le gouvernement à l'aide et réclamé des mesures "urgentes" pour mettre fin à ce "cauchemar", menaçant de boycotter la rentrée 2017.

"Nous ne pouvons pas décemment enseigner, apprendre ou faire de la recherche dans cette atmosphère de peur", ont-elles souligné, affirmant que 70 professeurs et de nombreux étudiants avaient quitté l'établissement en cours d'année.

De son côté, la direction de l'université ne veut pas céder. "Nous ne fermerons pas l'université", martèle son porte-parole, le Pr Danjuma Gambo.

"C'est un symbole de l'éducation occidentale", affirme-t-il à l'AFP. "La fermeture de l'université montrerait que les insurgés ont gagné, c'est exactement ce qu'ils attendent".

Une aide de 50 millions de nairas (près de 140.000 euros) a été débloquée par le gouverneur de l'Etat de Borno, Kashim Shettima, pour financer la construction de la tranchée, profonde de plusieurs mètres.

Les contrôles aux entrées ont été renforcés et des patrouilles mixtes - armée, police, milices - mises en place jour et nuit. Mais beaucoup d'étudiants doutent que ces mesures suffisent, pointant du doigt la précarité de leurs protecteurs et leur piètre formation.

"Je gagne 14.000 nairas (42 euros) par mois, et je n'ai pas été payé depuis deux mois. Je n'ai pas envie de mourir à cause de Boko Haram", confirme sous couvert d'anonymat un agent de sécurité à l'uniforme dépenaillé.

Le campus s'est vidé après les examens de fin d'année en juin, laissant aux étudiants quelques semaines de répit avant la reprise des cours.

Muhammadu et son ami Suleiman, qui habitent comme leurs parents enseignants dans l'enceinte de l'université, traînent leur ennui d'un bâtiment à l'autre. Dans un an, ils seront diplômés.

L'insurrection n'a pas seulement tué leurs camarades. Elle affecte aussi leurs espoirs d'avenir, alors que l'économie de toute la région est à l'arrêt, incapable de nourrir ses 2,6 millions de déplacés internes.

"Beaucoup de nos amis ont fini leurs études, mais ils sont au chômage", déplore Suleiman, en 4e année de sciences politiques. "On ne sait pas ce qu'on va devenir".

Avec AFP

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L'opposant ougandais Bobi Wine interpellé par la police

Robert Kyagulanyi, mieux connu sous le nom de pop star Bobi Wine, lors d’une sortie à Kibera, à Nairobi, au cours de sa visite de cinq jours au Kenya.

Le chanteur et député d'opposition Bobi Wine, potentiel adversaire du président Yoweri Museveni à la présidentielle de 2021, a été interpellé lundi par la police, qui a utilisé du gaz lacrymogène contre ses partisans et le convoi qui l'emmenait vers le lieu d'un concert interdit par les autorités.

"Il a été arrêté dans le quartier de Busabala, où il devait parler aux médias à propos de l'annulation de son concert par la police", a déclaré à l'AFP Barbie Itungo Kyagulanyi, l'épouse du chanteur. "Nous avons contacté ses avocats pour savoir où il est emmené".

Reconnaissable à son béret rouge, Bobi Wine, Robert Kyagulanyi de son vrai nom, s'est affirmé depuis 2017 comme un ferme opposant au président Museveni, 74 ans et au pouvoir depuis 1986. Il a récemment indiqué envisager de se présenter à la présidentielle de 2021.

Le porte-parole de la police ougandaise Fred Enanga n'a lui pas voulu confirmer une "arrestation", mais a indiqué que la police "l'a interpellé et l'a emmené en véhicule".

Bobi Wine avait prévu de donner un concert lundi sur une plage privée du lac Victoria qui lui appartient. Mais les autorités ont décidé dimanche d'annuler le concert, évoquant des mesures de sécurité insuffisantes.

Lundi, Bobi Wine a tenté de se rendre sur le lieu du concert, qui avait été bouclé par la police.

Le porte-parole de la police Fred Enanga a assuré que malgré l'interdiction, "les organisateurs avaient été de l'avant et mobilisé des gens du côté de la plage". "C'est ce qui explique la présence policière dans la zone".

Selon un journaliste de l'AFP présent sur place, la police et l'armée avaient été mobilisées. Ces dernières ont utilisé du gaz lacrymogène et des canons à eau contre quelques centaines de partisans du député présents autour d'un barrage des forces de l'ordre à proximité du lieu du concert prévu.

La voiture de Bobi Wine a été immobilisée au niveau de ce barrage. Les forces de l'ordre ont ensuite encerclé la voiture, dont elles ont extrait de force le chanteur, selon la même source.

Un des organisateurs du concert et partisan de Bobi Wine, Moses Mugwanya, présent sur place, a assuré que "tout le monde autour du véhicule suffoquait à cause du gaz lacrymogène".

M. Mugwanya a affirmé qu'un autre député d'opposition, Francis Zake, ainsi que deux organisateurs ont été arrêtés lundi.

- Trahison -

Juste avant son interpellation, Bobi Wine avait indiqué sur son compte Twitter que la police tentait de pénétrer dans sa voiture. "Du gaz lacrymogène tiré, des gens battus, beaucoup arrêtés".

Plus tard, un message signé "admin" a été publié sur le même compte, assurant que le député a été "violemment arrêté".

Ces derniers mois, les autorités ont à plusieurs reprises empêché Bobi Wine, 37 ans, de se produire en public. En novembre, un de ses concerts avait toutefois été autorisé après que le chanteur se soit engagé à ne pas en faire un évènement à caractère politique.

Le député d'opposition avait été arrêté et inculpé de trahison à la suite du caillassage du convoi de M. Museveni en marge d'une élection législative partielle à Arua (nord) le 14 août 2018. Dans les échauffourées qui avaient suivi ce jour-là à Arua, la police avait ouvert le feu et tué le chauffeur de Bobi Wine.

Lors de sa détention provisoire en août 2018, Bobi Wine a affirmé avoir été battu et torturé par la police, ce que les autorités démentent. Une fois libéré, il s'était rendu trois semaines aux Etats-Unis pour des soins.

L’arrestation et inculpation en août de Bobi Wine avaient entraîné des manifestations de protestation violemment réprimées par la police et l'armée.

M. Museveni, ancien guérillero, est le seul président que la plupart des Ougandais connaissent, dans un pays où un habitant sur deux a moins de 16 ans. Et celui-ci s’accroche : la Constitution a été récemment modifiée pour supprimer la limite d'âge pour briguer la présidence, l'autorisant ainsi à se présenter pour un sixième mandat en 2021.

L'album de Bobi Wine sorti au printemps 2018, "Kyarenga", signifie "c'en est trop" dans une langue de l'ouest du pays. Pour de nombreux observateurs, il s'agit d'un message caché à destination du président Museveni.

Boubou Cissé, nouveau Premier ministre du Mali

Boubou Cissé, nouveau Premier ministre. (Photo Facebook/Boubou Cissé)

Le ministre malien sortant de l'Economie et des Finances, Boubou Cissé, a été nommé lundi Premier ministre en charge de former un nouveau gouvernement "de large ouverture", selon un communiqué officiel de la présidence.

L'ex-Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga avait présenté le 18 avril sa démission et celle de son gouvernement, moins d'un mois après la tuerie de quelque 160 civils peuls dans le centre du pays et une série de manifestations contre la gestion de l'Etat.

A la suite de cette démission, le chef de l'Etat Ibrahim Boubacar Keïta a "engagé des rencontres avec les forces politiques de la majorité et de l'opposition pour discuter d'une part de la situation socio-politique du pays, et d'autre part de la constitution d'un gouvernement de large ouverture", selon le communiqué.

Il a "insisté auprès de ses interlocuteurs sur la nécessité de mettre le Mali au-dessus de tout et les a exhortés à l'accompagner dans le processus de reconstruction" du pays.

M. Keïta a "constaté auprès de ses interlocuteurs une grande capacité d'écoute et une grande disponibilité à fédérer leurs énergies", ajoute la présidence, annonçant par conséquent la nomination de "Boubou Cissé aux fonctions de Premier ministre".

Le président l'a chargé "de former une nouvelle équipe gouvernementale dans l'esprit des conclusions de ses consultations avec les forces politiques de la majorité et de l'opposition", selon le communiqué.

M. Cissé, économiste de formation, était ministre de l'Economie et des Finances depuis plus de trois ans, après avoir détenu le portefeuille de l'Industrie et des Mines.

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