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Nigeria

Trois mille déplacés de Boko Haram reconduits chez eux malgré la tuerie du weekend

Des femmes marchent dans le camp de déplacés d'El-Miskin à Maiduguri au Nigeria le 20 août 2020.

Les évacuations massives des camps des personnes déplacées par le conflit contre Boko Haram se poursuivaient lundi malgré la terrible tuerie du week-end dans le nord-est du Nigeria, "la plus violente de l'année" contre des civils selon l'ONU. 

Boko Haram et sa branche dissidente, le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), continuent de semer la terreur dans le nord-est du Nigeria. Des civils y ont été "froidement tués" samedi alors qu'ils travaillaient dans une rizière, selon les Nations unies. L'ONU avait avancé dimanche un bilan de 110 morts, mais est revenue lundi sur ce nombre, confirmant à ce stade "plusieurs dizaines" de morts, dans un nouveau communiqué.

Le gouverneur de l'Etat de Borno, qui a assisté aux obsèques, a fait savoir de son côté que "plus de 70 personnes" avaient péri et que la localité, à une vingtaine de kilomètres de Maiduguri, la capitale de l'Etat, comptait encore de nombreux disparus.

C'est dans ce contexte que 500 familles, soit environ 3.000 personnes, ont été conduites en bus de Maiduguri, où elles s'étaient réfugiés, il y a six ans pour la plupart, jusqu'à Marte, à 130 kilomètres de là, d'où elles sont originaires.

"Conformément aux directives données par le gouverneur Babagana Zulum concernant l'évacuation des déplacés dans leur communauté désormais sécurisée, nous procédons à la première phase de relogement vers Marte", a fait savoir l'Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) dans un communiqué.

Environ 2 millions de personnes ont dû fuir leur domicile depuis le début du conflit en 2009, qui a fait plus de 36.000 morts.

Le gouverneur du Borno s'est engagé à reloger les déplacés du conflit chez eux malgré les menaces sécuritaires, affirmant qu'il n'est plus possible financièrement de les prendre en charge dans des camps protégés par l'armée et où ils vivent de distributions alimentaires.

Les déplacés étaient pour la plupart satisfaits de rentrer chez eux, selon les témoignages recueillis par l'AFP, mais la tuerie de samedi inquiète.

"Nous devons retourner chez nous et retrouver nos fermes et nos terres, mais nous espérons que le gouvernement va nous protéger des rebelles", a déclaré à l'AFP Bukar Kyarimi, l'un des déplacés.

Marte, considérée comme le grenier à blé du nord-est du Nigeria et située près des rives du lac Tchad, est particulièrement stratégique alors que les autorités et les Nations Unies s'inquiètent d'une grave crise alimentaire.

Mais cette région est également proche des territoires contrôlés par l'Iswap.

Les agriculteurs, pêcheurs ou bûcherons sont régulièrement pris pour cible par les jihadistes, qui les accusent de transmettre des informations à l'armée ou de ne pas leur payer les taxes qu'ils leur imposent pour exercer une activité économique et agricole.

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Les Nigérians se précipitent pour obtenir un numéro d'identité

Les Nigérians se précipitent pour obtenir un numéro d'identité
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Des millions de Nigérians craignent le blocage de leur téléphone portable

Une femme son téléphone à Abuja, au Nigéria, le 21 septembre 2020. (REUTERS / Afolabi Sotunde)

"Si je n'ai pas de téléphone, je ne fais pas d'argent", résume Raphael Ajih, 38 ans, qui craint de voir sa ligne suspendue depuis que le gouvernement nigérian a demandé aux opérateurs de bloquer les cartes SIM de ceux n'ayant pas de numéro national d'identité au 9 février. 

Au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, de nombreux habitants comme Raphael Ajih sont en colère: ils tentent de s'inscrire pour obtenir ce numéro mais se heurtent à des jours d'attente dans les centres d'inscription, souvent bondés en dépit des cas de contamination au Covid-19 en hausse dans le pays.

Le gouvernement estime qu'une carte nationale d'identité dotée d'un numéro d'immatriculation unique (NIN) permettrait de lutter contre l'insécurité et la criminalité chroniques, et de mieux planifier les politiques publiques budgétaires.

Raphael Ajih vend des marchandises via WhatsApp et Amazon et est chauffeur Uber dans la capitale Abuja - des emplois qui lui permettent de soutenir financièrement ses deux jeunes frères et sa soeur ainsi que les membres de sa famille élargie.

Il envoie de l'argent à ses proches par transfert téléphonique, une démarche qu'il ne pourra plus faire s'il n'obtient pas un NIN.

Il a déjà tenté deux fois de s'inscrire mais a été refroidi par la foule qui attendait, très souvent sans porter de masques et sans respecter la distanciation physique.

"Le Covid est une réalité, et ils disent aux gens d'y aller, et il n'y pas de contrôle", déplore-t-il, après avoir décidé de ne pas se mêler à la foule. "Si je tombe malade, je ne fais pas d'argent, donc ma santé passe en premier", dit-il.

Le ministre nigérian de la Santé n'a pas répondu aux questions de l'AFP sur la situation dans les centres d'inscription et le porte-parole de la Commission chargée de la mise en place du numéro national d'identité (NCC) a décliné tout commentaire.

Outre la foule, de nombreux Nigérians se sont plaints d'une procédure d'inscription trop lente et trop compliquée.

"Ce n'est pas juste !"

Récemment, à l'extérieur de l'hôtel Grand Ibro qui a alloué un espace pour s'inscrire, des hommes et des femmes de tous âges attendaient assis sur le trottoir.

Tandis qu'un homme s'avançait en hésitant vers l'entrée pour appeler un nom écrit sur un bout de papier sale, un homme dans la foule s'est mis à crier.

"Ils disent qu'ils peuvent seulement recevoir 50 personnes par jour alors qu'on est des milliers à attendre ici, ce n'est pas juste !", s'est emporté cet homme, Ugochukwu Ofor. "C'est très très très difficile. C'est la 7ème fois que je viens".

"Je viens de Suleja (situé à 70 km). Je suis arrivé vers 05H15 ce matin à Abuja et je ne sais toujours pas si je vais pouvoir m'inscrire. Ce n'est pas juste !"

"Oui ! Il a raison !", a clamé la foule autour de lui.

"C'est très frustrant. J'ai laissé mes enfants à la maison, je n'ai pas pu les amener à l'école aujourd'hui", confiait pour sa part Otitoju Funmi.

Dans un centre d'inscription où s'est rendu l'AFP, à Karu, une cinquantaine de personnes attendaient dehors dans la chaleur tandis qu'à l'intérieur, dans une pièce de 12 m2, seuls deux employés étaient disponibles pour taper les données des habitants sur de vieux ordinateurs.

Dans un communiqué, la Commission des communications (NCC), l'autorité de régulation indépendante pour les télécoms au Nigeria, a indiqué que "relier le NIN à la carte SIM est pour le bien de tous les Nigérians" et aura "des bénéfices considérables".

Au Nigeria, les données personnelles et les informations biométriques sont collectées séparément par une douzaine d'agences fédérales et par des agences étatiques.

Le gouvernement essaie de centraliser toutes ces informations depuis une dizaine d'années avec le projet NIN. En liant ce processus aux téléphones portables, il a estimé que cela encouragerait l'inscription des habitants.

Mais le défi est immense dans ce pays où le nombre de cartes SIM actives s'élève à 208 millions, pour 206 millions d'habitants. Deux semaines avant le 9 février, entre 16,8 et 64,6 millions devaient encore être reliées à un numéro national d'identité, selon les données publiées par la NCC.

Mise en garde contre de "faux vaccins" en circulation au Nigeria

Un médecin remplit une seringue de COVAXIN, un vaccin expérimental COVID-19 soutenu par le gouvernement indien, avant de l'administrer à un agent de santé lors de ses essais, à la Gujarat Medical Education and Research Society à Ahmedabad, en Inde, le 26 novembre 2020.

Les autorités nigérianes ont mis en garde vendredi contre la circulation de faux vaccins contre le Covid-19 dans le pays le plus peuplé d'Afrique, où 10 millions de doses devraient arriver au mois de mars.

"Nous avons reçu des informations selon lesquelles de faux vaccins sont en circulation au Nigeria", a déclaré la professeure Mojisola Christianah Adeyeye, à la tête de l'Agence nationale de contrôle qualité (NAFDAC), lors d'une conférence de presse virtuelle.

"Nous appelons le public à être vigilant et rappelons qu'aucun vaccin contre le Covid n'a pour l'instant reçu la validation de NAFDAC", a-t-elle souligné, rappelant également que les compagnies privées n'ont pas le droit de commander de vaccins en dehors des circuits officiels.

Le ministre de la Santé nigérian, Osagie Ehanire, a annoncé jeudi soir que le pays recevrait 10 millions de doses de vaccin au mois de mars, sans préciser quelle entreprise fournirait ces doses.

Elles s'ajoutent aux 100.000 doses du vaccin Pfizer, qui devraient arriver "d'ici la fin du mois de janvier", avait précédemment annoncé le ministre.

Le Nigeria, qui compte environ 200 millions d'habitants, a officiellement enregistré quelque 104.000 cas de coronavirus, dont 1.382 décès.

Mais ces chiffres sont sous-évalués, le nombre de tests réalisés étant faible.

En avril, lors de la première vague d'infections au coronavirus, des tests Covid avaient déjà circulé en masse sur le marché noir pour pallier l'insuffisance des services de santé locaux et la défiance du public envers les autorités sanitaires du pays.

Le trafic de faux médicaments, ou de médicaments périmés ou non-homologués, est un fléau en Afrique. 42% des faux médicaments saisis depuis 2013 l'ont été sur le continent africain, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

En septembre 2016, 126 millions de faux médicaments ont été saisis dans seize ports africains lors d'une grande opération de l'Organisation mondiale des douanes. Un tiers de ce trafic était destiné au géant anglophone nigérian.

Des insurgés tuent 13 soldats nigérians

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