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Nigeria

Plus de 4000 réfugiés nigérians de retour dans le bastion des jihadistes

Des personnes fuyant les attaques islamistes de Boko Haram dans la ville nigériane de Malam Fatori, près des frontières avec le Niger et le Tchad, le 25 mai 2015.

Plus de 4.000 Nigérians ayant fui les exactions jihadistes dans le nord-est du Nigeria vers le Niger voisin sont rentrés chez eux malgré l'insécurité et des services quasi-inexistants dans la région.

Les travailleurs humanitaires craignent que le retour fin mars des réfugiés à Malam Fatori, dans l'Etat du Borno, épicentre d'une insurrection jihadiste vieille de plus de 10 ans, cause davantage de victimes et de déplacés.

Car la ville, déserte pendant une demi-décennie, reste proche de zones contrôlées par les insurgés.

Les autorités locales ont récemment décidé de fermer des camps surpeuplés de déplacés internes et reloger ceux qui souhaitant rentrer chez eux.

L'objectif affiché: inciter la population à subvenir à ses propres besoins en retournant travailler dans les champs.

Née en 2009, l'insurrection jihadiste dans le nord-est a fait plus de 40.000 morts et 2.2 millions de déplacés.

Des milliers de Nigérians ont fui les violences en s'installant dans la région de Diffa, dans le sud-est du Niger voisin.

Mais les groupes jihadistes Boko Haram et son rival Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) se sont depuis étendus au-delà de la frontière, lançant des attaques depuis leurs fiefs nichés sur les rives du lac Tchad.

Début mars, des hommes armés ont attaqué trois villages au Niger, où des réfugiés nigérians avaient trouvé refuge, selon Malik Samuel, chercheur à l'Institut d'études de sécurité (ISS).

"Ils ont tué 45 personnes et en ont kidnappé 22 autres", a déclaré M. Samuel à l'AFP. "Beaucoup de réfugiés veulent rentrer au Nigeria".

Mines et mortiers

L'armée nigériane a récemment mené des opérations de déminage et des patrouilles en coopération avec les forces nigériennes. Mais la zone reste un bastion du groupe Etat islamique, qui a repris l'ascendant sur Boko Haram.

Depuis des années, les jihadistes placent des engins explosifs improvisés, tendent des embuscades sur les routes et, plus récemment, tirent au mortier sur des positions militaires.

"Même les soldats sont prudents lorsqu'ils partent en patrouille", assure une source sécuritaire de la capitale régionale Maiduguri. "A Malam Fatori, la préoccupation est de sécuriser la base contre les terroristes".

Par le passé, les attaques dans cette zone faisaient peu de victimes car il n'y avait pratiquement plus de civils. Mais en février, l'Iswap a affirmé dans un communiqué avoir tué au moins 30 soldats lors de deux embuscades.

Au cours des six derniers mois, près de 50 attaques ont eu lieu près de la frontière avec le Niger, dont 38 à Malam Fatori, explique une autre source sécuritaire, qui compile des données sur le conflit.

Un responsable local a affirmé à l'AFP qu'un détachement de la Force multinationale mixte, composée notamment de militaires du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad, a été envoyé dans la ville.

Malheureusement, "leur mandat n'est que de deux mois", a-t-il indiqué, tout en requérant l'anonymat.

Depuis le retour des réfugiés, aucune attaque d'envergure n'a été rapportée dans la ville. Mais le véritable défi commencera le mois prochain avec le retour des pluies et la reprise des activités agricoles.

Des civils pourraient alors s'aventurer en dehors des tranchées pour accéder à des champs, où le risque de marcher sur une mine ou d'être kidnappé est élevé.

Eau potable rare

L'accès aux services essentiels dans la ville est limité. Les ONG refusent même de s'y déployer, craignant de possibles attaques jihadistes. En plus, il n'existe aucune route sûre pour accéder à la ville.

"Nous sommes inquiets d'un rapatriement trop hâtif (...) vers Malam Fatori", a insisté Camilla Corradin, porte-parole du Forum des ONGI du Nigeria, qui représente 54 ONG internationales fournissant une aide humanitaire et au développement dans le pays.

Des rapatriements qui "ne seraient pas conformes aux cadres juridiques internationaux", prévient-elle, "risquent de ne pas être durables et et de nuire aux rapatriés, y compris en provoquant des déplacements ultérieurs".

Une haut responsable humanitaire basée dans la région, souhaitant taire son nom, a souligné que l'accès à l'eau potable à Malam Fatori était limité.

"Le seul point d'eau se trouve dans la base militaire", précise-t-elle.

Les autorités de l'Etat du Borno ont déclaré dans un communiqué avoir donné de l'argent et de la nourriture aux réfugiés et construit des abris, des salles de classe et un centre de soins.

Mais selon deux sources humanitaires, l'école n'a pas encore de professeurs, la clinique manque de tout et il n'y a aucun marché dans la ville.

"La vérité, c'est que les réfugiés vivent littéralement dans un camp de concentration", insiste la première source sécuritaire. "Ils sont maintenus dans la ville, sans accès aux besoins de base, et ils ne peuvent pas en sortir".

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Seun Kuti annule son concert au Maroc à cause du drame de Melilla


Seun Kuti annule son concert au Maroc à cause du drame de Melilla
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Le chanteur nigérian Seun Kuti annule un concert au Maroc en raison du drame de Melilla

Seun Kuti, fils de la légende de la musique afrobeat Fela Kuti, se produit à "Felabration", un événement annuel rendant hommage à son père, au New Afrika Shrine à Lagos, au Nigeria, aux premières heures du dimanche 20 octobre 2013.

L'artiste nigérian Seun Kuti a annoncé jeudi l'annulation de son concert qui était prévu samedi au festival marocain Jazzablanca, afin de "porter le deuil" des 23 migrants ayant péri en tentant de rallier l'enclave espagnole de Melilla au Maroc.

"C'est avec une grande tristesse que je vous annonce l'annulation de notre voyage au Maroc ce weekend pour Jazzablanca", a indiqué Seun Kuti, fils du légendaire précurseur de l'Afrobeat Fela Kuti, dans une vidéo postée sur son compte Instagram.

"Il m'est impossible en toute bonne conscience de monter sur scène et de passer du bon temps alors que tant d'Africains ont perdu la vie. Nous devons porter leur deuil", a ajouté l'artiste en référence aux 23 migrants qui ont perdu la vie vendredi en tentant de traverser vers l'enclave espagnole de Melilla depuis le Maroc.

Il s'agit du bilan le plus meurtrier jamais enregistré lors des nombreuses tentatives de migrants subsahariens de pénétrer à Melilla et dans l'enclave espagnole voisine de Ceuta, qui constituent les seules frontières terrestres de l'UE avec le continent africain.

L'ONU a accusé le Maroc et l'Espagne d'avoir eu recours à "un usage excessif de la force" contre ces migrants.

Les organisateurs du Jazzablanca, prévu du 1er au 3 juillet à Casablanca, ont confirmé l'annulation du concert de M. Kuti à l'AFP.

"C'est une décision personnelle de l'artiste", ont-ils commenté.

Le légendaire Gilberto Gil, Mulatu Astatke, le père de l'éthio-jazz ou Asaf Avidan, figure du folk-rock israélien, sont au programme de la 15e édition de ce festival.

Au moins 4 employés chinois enlevés dans une attaque d'un site minier au Nigeria

Des ouvriers travaillent dans une mine qui contiendrait de l'or, à Minna au Nigeria, 23 juin 2013.

Des hommes lourdement armés ont attaqué mercredi une mine dans le centre du Nigeria tuant des membres du personnel de sécurité et enlevant des travailleurs, dont au moins quatre Chinois, ont indiqué jeudi les autorités locales dans un communiqué.

Des gangs criminels lourdement armés, appelés localement "bandits", mènent des raids contre des villages du nord-ouest et du centre du Nigeria pour kidnapper ou tuer des habitants depuis des années, mais leurs attaques ont récemment pris de l'ampleur.

Ces "bandits" ciblent également les projets d'infrastructure et les sites miniers, enlevant notamment des travailleurs étrangers pour obtenir des rançons. Des dizaines d'employés chinois ont ainsi été pris pour cible ces dernières années. Ils sont le plus souvent libérés après le paiement d'une rançon.

Mercredi après-midi, ces hommes armés ont attaqué une mine située dans le village d'Ajata Aboki, dans la zone de Shiroro, dans l'est de l'Etat du Niger, a déclaré le responsable régional de la sécurité, Emmanuel Umar.

"Des personnes employées sur ce site minier dont quatre ressortissants chinois, ont été enlevées", a-t-il ajouté, précisant que leur nombre exact restait à déterminer.

Des agents de sécurité ont affronté les assaillants, faisant des morts des deux côtés, mais leur nombre exact reste également à déterminer, ont ajouté les autorités.

Elles ne précisent pas la matière première extraite dans cette mine, ni le nom de l'entreprise en charge de son exploitation.

Un climat de violence quasi-généralisée règne dans le nord du pays le plus peuplé d'Afrique, en proie à des bandes criminelles à l'ouest, et jihadistes à l'est, qui multiplient attaques et enlèvements, à moins d'un an de l'élection présidentielle.

Le président Muhammadu Buhari termine son deuxième mandat en février 2023, critiqué de tout part pour son incapacité à endiguer l'insécurité.

Ces dernières années, les violences perpétrées par les "bandits" sont en hausse: ces gangs criminels ont tué plus 2.600 civils en 2021, soit une augmentation de plus de 250% par rapport à 2020, selon des chiffres de l'ONG Acled.

Les "bandits" sont motivés par l'argent et non par une idéologie, et relâchent souvent leurs otages après le paiement d'une rançon. Mais des analystes s'inquiètent d'éventuels rapprochements avec les groupes jihadistes du nord-est.

La crise du blé menace la survie du pain au Nigeria

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Le littoral du Nigeria face au changement climatique

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Le Nigeria fait face au golfe de Guinée. Avoir un littoral est une aubaine en Afrique où plusieurs pays sont enclavés. Mais de plus en plus, à cause du changement climatique, les terres bordant l’océan sont confrontées aux vagues qui engloutissent les maisons des habitants.

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