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Niger

L'opposant Amadou Hama emprisonné à Niamey après sa garde à vue

Un homme se tient devant une affiche de campagne du candidat présidentiel Hama Amadou à Niamey le 27 février 2016.

L'opposant Amadou Hama été emprisonné lundi à Niamey après trois jours de garde à vue pour son rôle présumé dans les troubles ayant suivi la proclamation des résultats de la présidentielle au Niger, ont annoncé à l'AFP les services du procureur.

Amadou Hama "a été placé sous mandat de dépôt à (la prison de) Filingué" à Niamey sous "beaucoup de chefs d'accusation", dont "sa complicité" dans des manifestations et destructions de biens, selon ces services.

M. Hama, ancien Premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, est également accusé "de propagande régionaliste" et "de propos de nature à dresser les gens les uns contre les autres".

"D'autres personnes" détenues en lien avec les troubles ayant suivi la proclamation des résultats provisoires du second tour la présidentielle du 21 février "ont également été placées sous madat de dépôt", selon les services du procureur, qui n'ont pas cité leurs noms.

M. Hama s'était présenté de lui-même vendredi à la police de Niamey où il a passé trois jours en garde à vue avant d'être emprisonné sur décison du doyen des juges d'instruction chargé de son dossier.

Le ministre de l'Intérieur, Alkache Alhada, l'avait accusé la veille "d'être le principal auteur" des troubles ayant éclaté à Niamey après l'annonce le 23 février par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de l'élection de Mohamed Bazoum au second tour de la présidentielle.

Ces troubles ont fait deux morts, entraîné des pillages de commerces, des destructions d'infrastructures et de biens privés, et ont conduit à l'interpellation de 468 personnes, selon le ministre de l'Intérieur.

La victoire de M. Bazoum, dauphin du président sortant Mahamadou Issoufou, avec 55,7% des voix, est contestée par l'opposant et ancien chef d'Etat Mahamane Ousmane. Celui-ci s'est proclamé vainqueur, revendiquant 50,3% des voix.

Lundi, la coalition de l'opposition Cap 20/21 et ses alliés ont annoncé leur détermination à "défendre" la "victoire" de l'opposant Mahamane Ousmane "par tous les moyens de droit".

La coalition "exige" la "libération sans condition" des personnes interpellées, dont Amadou Hama.

Considéré comme un sérieux challenger à la présidentielle, Amadou Hama n'a pas pu se présenter à l'élection en raison de sa condamnation à un an de prison pour une affaire de trafic de bébés, affaire qu'il a qualifiée de "complot" pour l'écarter du scrutin.

Il avait apporté son soutien à Mahamane Ousmane.

Parmi les personnes arrêtées figure également l'ancien chef d'état-major des armées Moumouni Boureima, proche de Amadou Hama, accusé d'être l'un des "meneurs" des troubles à Niamey.

Selon la presse locale, Djibrilla Baré Maïnassara, candidat au premier tour qui a soutenu M. Ousmane et frère de l'ex-président Ibrahim Baré Maïnassara, assassiné lors d'un coup d'Etat en 1999, fait aussi partie des personnes détenues.

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Dix morts en début de semaine dans l'attaque d'une mosquée

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Près de 600.000 personnes exposées à l'insécurité alimentaire au Niger, selon l'ONU

Un homme vend des céréales sur un marché à Falla, près de Tillaberi, au Niger, le 26 août 2005.

"Une crise alimentaire d'envergure" est à redouter au Niger dans la région de Tillabéri (ouest nigérien), proche du Mali, où près de 600.000 personnes sont déjà exposées à l'insécurité alimentaire, indique l'ONU à Niamey.

L'immense et instable région de Tillabéri (100.000 km2), riveraine de la zone des trois frontières (Niger, Burkina Faso et Mali), est le théâtre depuis 2017 d'actions sanglantes de groupes jihadistes liés à Al Qaïda et à l'État islamique (EI).

"L'insécurité et les attaques récurrentes des éléments présumés de groupes armés non étatiques (GANE) ciblant les agriculteurs et les populations civiles auront cette année de graves répercussions sur la situation alimentaire déjà précaire de plusieurs milliers de ménages vivant dans la région de Tillabéri", prévient la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) dans un rapport transmis à l'AFP.

Près de 600.000 personnes "sont (déjà) à risque d'insécurité alimentaire", précise l'agence onusienne, citant de récents résultats préliminaires d'évaluation de la campagne agropastorale dans la zone, où une accalmie a été toutefois observée tout le mois de septembre.

L'épouvantail d'une crise alimentaire a été engendré par "l'abandon des champs de cultures et des difficultés d'accès aux marchés", explique l'agence.

"Ceux qui ont osé aller au champ ont été tués, ils (les assaillants) nous traquent dans les cases et jusque dans les mosquées", avait affirmé en septembre à l'AFP Hadjia Sibti, la présidente de l'Association des femmes d'Anzourou, une commune souvent visée par les attaques.

Mais Ocha juge "la situation plus que préoccupante" dans le département de Banibangou au nord-est de Tillabéri, où plus de 79.000 personnes risquent de manquer de vivres. Entre juin et août 2021, "plusieurs dizaines de paysans" de Banibangou "ont été froidement assassinés dans leurs champs par des éléments des GANE", obligeant les populations "à abandonner leurs champs", note Ocha.

Au 31 août, 765.348 personnes ont bénéficié d'une assistance humanitaire dans la région de Tillabéri, qui abrite 101.144 personnes déplacées internes, assure Ocha. Cependant, l'ONU redoute "une crise alimentaire d'envergure" dans cette région et demande au "gouvernement et ses partenaires" de prendre "des mesures fortes à la hauteur de l'ampleur de la situation".

Le 10 septembre, pour sa première visite dans cette zone enclavée depuis son élection fin février, le président nigérien, Mohamed Bazoum a promis de poursuivre l'assistance alimentaire ainsi que la mise en place d'un dispositif sécuritaire plus musclé pour freiner les incursions d'assaillants du Mali.

Le dernier massacre de civils dans l'Anzourou remonte au 21 août, dans le village de Theim, où des individus armés "venus à pieds" ont tué 19 personnes dans une mosquée.

Les jeunes peuls cherchent du travail au Niger

Vente ambulante de bagues lors du festival annuel des nomades appelé Cure Salée à Ingall, au Niger, le 16 septembre 2021.

"Je suis carrément au chômage, je chôme trop même!" Pour Veli Rabo, jeune Peul nomade nigérien de 28 ans qui n'a jamais travaillé "à part à l'école", c'est presque devenu une blague que de parler boulot.

Il est un parmi des milliers de jeunes Sahéliens qui ne trouvent pas de travail dans cette région du monde qui affronte un conflit multiforme et enraciné, une désertification croissante et une démographie galopante.

En 2018, le think-tank International Crisis Group (ICG) estimait à 80% le taux de chômage des jeunes du Nord nigérien dans le secteur formel, mais l'importance du secteur informel et la forte ruralité font qu'il est difficile d'établir des statistiques fiables.

Reste que, parmi les jeunes rencontrés mi-septembre par l'AFP pendant la fête du pastoralisme nigérien à Ingall, dans le nord désertique du pays, nombreux étaient ceux qui disaient ne pas travailler.

Pour sa part, Veli Rabo loue sa mobilité -- il a une moto -- aux habitants du village quand ils ont besoin de faire une course. "Ca me permet de gagner 1.000 ou 2.000 francs (2-3 euros) et de nourrir la petite famille", dit-il, coiffé d'un chèche bleu. Mais c'est tout ce qu'a ce mari et père d'un enfant pour ramener de l'argent.

Les populations pastorales sont d'autant plus touchés qu'elles ont un accès à l'éducation et à la santé plus que précaire. Alors, "beaucoup ne font rien", dit Bidgi Gaya, un ami du même âge que Veli.

"On prépare le thé, on discute, on vaque aux activités du jour", explique-t-il.

Les deux jeunes ont été à l'école à Agadez, la capitale régionale, jusqu'en troisième. Le premier se prenait à rêver de soigner les gens, l'autre de faire des affaires. Las! Sur les 40 de leur classe, "trois ou quatre" travaillent aujourd'hui, disent-ils.

Les autres sont rentrés au village. Ils représentent une jeunesse qui s'interroge ("dans les autres pays, tout le monde a appris à écrire? c'est vrai qu'il y a des minorités qui ne parlent pas français chez vous?"), une jeunesse romantique qui récite des poèmes d'amour au petit soir avant de dormir, mais une jeunesse bloquée: aucune perspective pour Veli et Bidgi.

- "chair à canon" -

Ces deux-là devisent sur les violences jihadistes qui se multiplient depuis une dizaine d'années dans la région. "Alhamdoulilah ("Dieu merci", ndlr), chez nous tout va bien", dit Veli. Mais l'important taux de chômage des jeunes inquiète les autorités locales, confient plusieurs d'entre elles à l'AFP.

Veli le reconnait: "La vérité, c'est que si on est assis à ne rien faire et qu'il faut nourrir la famille, beaucoup pourraient dire oui à un ami qui vient proposer de faire des mauvaises choses, si ça permet de s'en sortir."

Pendant le festival du pastoralisme de la "Cure salée", en septembre, les autorités ont multiplié les rencontres. Aux chefs coutumiers locaux, le président nigérien Mohamed Bazoum a expliqué que la stratégie des jihadistes de l'Etat islamique, installés sur la frontière malienne, "consiste à cibler (ces) jeunes, à les récupérer et à les utiliser comme chair à canon".

Dans ces zones rurales, les "fils de pasteurs" sont les "premières victimes" de cet embrigadement, a confirmé le général Mahamadou Abou Tarka, président de la Haute autorité à la consolidation de la paix (HACP).

Dans la région de Diffa (sud-est du Niger frontalier du Nigeria), où sévissent les fantassins de Boko Haram, et dans celle des "Trois frontières" - entre Mali, Burkina Faso et Niger - des jeunes ont déjà été recrutés en masse.

Alors, l'Etat essaie de sensibiliser les communautés nomades et leur jeunesse à "ne pas prêter le flanc" à ces propositions alternatives. L'armée a notamment recruté en leur sein.

A la "Cure Salée", Doula Dokao, peul wodaabe de 48 ans dont 14 à la tête d'une association locale de sensibilisation, a animé et participé à des ateliers. Tous avaient le même but: "parler aux jeunes pour les convaincre qu'il y a du positif et des opportunités".

Mais quand on évoque le volontarisme gouvernemental et ses nombreuses promesses, la réponse est claire: "sur 100% de choses qu'ils paient, on en voit 5% au village". Le reste s'est sans doute perdu en chemin dans les méandres de la corruption, complète un parent.

Aux jeunes de Foudouk (nord), le chef de village Nassamou Malam préconise d'être patients: "s'ils ne le sont pas, ils prendront un autre chemin qui n'est pas bon". Et d'ajouter tout de go: "évidemment, le futur fait peur".

Pluies au Niger: 70 morts et plus de 200.000 sinistrés depuis juin, selon un nouveau bilan

Cette vue aérienne du 29 juillet 2021 montre une vue générale de Niamey, la capitale du Niger.

Les fortes pluies qui tombent au Niger depuis juin ont fait 70 morts et plus de 200.000 sinistrés, selon un nouveau bilan communiqué vendredi par les autorités de ce pays au climat habituellement très sec.

Il s'agit d'une très forte augmentation du nombre de sinistrés par rapport au dernier bilan mi-août qui faisait état de 64 morts et de 69.515 personnes touchées à travers le pays.

"La situation des dégâts à la date du 13 septembre 2021 est la suivante: 70 pertes en vies humaines, 25.888 ménages sinistrés abritant 206.457 personnes sinistrées", détaille un communiqué du Conseil des ministres transmis à l'AFP.

Les régions les plus touchées sont celles de Maradi, dans le Sud-Est, d'Agadez dans le Nord désertique et Niamey, d'après les services de la Protection civile.

En outre, les pluies, qui provoquent des inondations et des glissements de terrain, ont détruit ou endommagé plus de 14.800 maisons, et provoqué l'effondrement de classes, de puits d'eau potable ainsi que des mosquées, note le communiqué.

Elles ont également endommagé des infrastructures routières et englouti des superficies de cultures.

En dépit de sa courte durée de trois à quatre mois maximum - de juin à août ou septembre - la saison des pluies est régulièrement meurtrière depuis plusieurs années, notamment dans les zones désertiques du Nord.

En 2020, les inondations avaient fait 73 morts et créé un crise humanitaire avec 2,2 millions de personnes nécessitant une assistance, selon l'ONU. En 2019, 57 personnes avaient trouvé la mort.

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