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Niger: 28 soldats tués dans une nouvelle attaque à la frontière malienne

Un soldat nigérien dans la région de Diffa, au Niger, le 18 juin 2016.

Vingt-huit soldats nigériens ont été tués mardi près de la frontière malienne dans la région de Tillabéri (ouest du Niger), près du village de Tongo Tongo où quatre soldats américains et cinq militaires nigériens étaient tombés dans une embuscade en 2017.

"Le 14 mai vers 08H00 locales (07H00 GMT) dans la zone nord de Mangaïzé (région de Tillabéri), une colonne militaire de Forces armées nigériennes (FAN) en mouvement a été prise à partie par des terroristes lourdement armés dans une attaque complexe à base d'engin explosifs improvisés. Le bilan s'établit comme suit, côté ami: dix-sept tués, six blessés, onze portés disparus, deux véhicules calcinés", selon un communiqué du ministère nigérien de la Défense lu à la radio mercredi soir.

Dans la soirée, une source sécuritaire a affirmé à l'AFP: "Nous avons la confirmation que les corps sans vie des onze soldats portés disparus ont été retrouvés, ce qui porte le bilan à 28 morts".

"Des renforts ont été déployées dans le secteur pour poursuivre et neutraliser les assaillants qui se sont exfiltrés vers le Nord (frontière malienne, ndlr). Des opérations de ratissage se poursuivent dans la zone avec l'appui des partenaires", conclut le texte du comuniqué de la Défense.

La France, très active dans la région dans le cadre de l'opération anti-jihadiste Barkhane, a indiqué ne pas "avoir été associée" aux opérations. Les Etats-Unis disposent également d'une base au Niger.

Auparavant, une source sécuritaire avait indiqué que "l'embuscade" était l'oeuvre d'un "groupe terroriste composé de centaines d'hommes lourdement armés venus du Nord", situant l'attaque en soirée et non dans la matinée.

"Un véhicule (des militaires nigériens) a d'abord sauté sur un engin explosif, et puis une fusillade s'est déclenchée", selon une autre source sécuritaire.

"La patrouille traquait les terroristes qui ont attaqué lundi la prison de haute sécurité de Koutoukalé", à 50 km au nord de Niamey, et ont tué un soldat nigérien, selon cette même source.

Selon le site nigérien Actuniger, qui fait état d'un bilan de 29 tués, une patrouille constituée de 52 soldats nigériens "est tombée dans une embuscade d'individus lourdement armés mardi à Baley Beri, près de Tongo Tongo" et "les combats d'une rare violence" ont "duré plus de deux heures".

- L'attaque de 2017 revendiquée par l'Etat islamique -

"Vingt-deux soldats ont pu rejoindre la base de Ouallam à bord de trois véhicules", indique le site sur la base de "sources locales et sécuritaires".

Le gouvernement a décrété un deuil national de trois jours à compter de jeudi, selon un communiqué lu à la télévision.

Le 4 octobre 2017, quatre soldats américains et cinq militaires nigériens avaient été tués par des jihadistes venus à bord d'une dizaine de véhicules et d'une vingtaine de motos à hauteur de Tongo Tongo, situé à environ 80 km au nord-ouest de Ouallam (une centaine de km de Niamey) et à une vingtaine de km de la frontière avec le Mali.

Le Pentagone avait expliqué que le but de l'opération américano-nigérienne était de capturer un chef jihadiste, Doundoun Cheffou, soupçonné d'être impliqué dans l'enlèvement de l'humanitaire américain Jeffery Woodke.

L'attaque contre les soldats américains et nigériens avait été revendiquée par l'"Etat islamique dans le Grand Sahara" (EIGS).

Depuis 2018, l'ONU s'inquiète de la persistance de l'insécurité dans la région de Tillabéri, théâtre de nombreuses incursions de groupes jihadistes et de violences intercommunautaires.

L'armée nigérienne s'est déployée massivement fin 2018 dans la région pour chasser les combattants islamistes venus du Mali et du Burkina Faso.

Lundi, les forces de sécurité avaient perdu un homme en repoussant une "attaque terroriste contre la prison de haute sécurité de Koutoukalé", l'établissement pénitentiaire le mieux gardé du Niger, où sont détenus de nombreux jihadistes.

Les assaillants, qui avaient notamment utilisé une voiture de Médecins sans frontières (MSF) volée dans un camp de réfugiés à la frontière malienne, avaient fui vers cette même frontière du Nord.

Pays pauvre du Sahel, le Niger vit en permanence sous la menace d'attaques des groupes jihadistes sahéliens dans l'Ouest et le Nord ainsi que de celles de Boko Haram dans le Sud-Est. Les forces de sécurité sont perpétuellement sur le qui-vive.

Avec AFP

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Poursuites annulées contre un célèbre chanteur dans une affaire de faux billets

Senegalese singer and Culture Minister Youssou Ndour (C) and Senegalese singer Thione Seck (L) perform at a relief concert for flood victims alongside Senegalese singers Ismael Lo and Omar Pene at Dakar's Grand Theater on September 8, 2012. World music ic

Le musicien sénégalais Thione Seck, membre de la légendaire formation Orchestra Baobab dans les années 1970, a obtenu jeudi l'annulation par un tribunal correctionnel de Dakar des poursuites le visant dans une affaire de faux billets, à cause d'un vice durant l'enquête.

Thione Seck, qui avait fait neuf mois de détention provisoire après son arrestation le 27 mai 2015, était poursuivi avec un Malien, Alaye Djité, pour "contrefaçon de signes monétaires" et "tentative d'escroquerie".

Un sac contenant "50 millions d'euros", qui se sont avérés être des faux billets en euros et des coupons bleus, avait été retrouvé chez le chanteur à Dakar, selon l'enquête.

Son co-prévenu malien Alaye Djité, chez qui les enquêteurs avaient trouvé du matériel pouvant servir à la fabrication de fausse monnaie, dont des photocopieuses, des encres, des billets de banques scannés ainsi que des faux billets, est en détention depuis juin 2015.

Le tribunal "annule le procès-verbal d'enquête préliminaire et toute la procédure" parce que "les mis en cause n'ont pas bénéficié de l'assistance d'un conseil durant la garde à vue", a déclaré le juge Amadou Diop.

La présence d'un avocat après une interpellation est prévue par les textes dans les pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa, 8 Etats) dont le Sénégal est membre.

Le tribunal a ordonné "la main levée du mandat de dépôt" contre Alaye Djiité, qui obtient ainsi la liberté.

Le parquet avait le 9 mai requis une peine de 2 ans de prison, dont huit mois ferme contre le chanteur de 64 ans, auteur de plusieurs albums à succès et une des plus belles voix du pays, et cinq ans ferme contre Alaye Djite.

"Toutes les poursuites ont été annulées et le ministère public ne peut plus les poursuivre sur la base des mêmes pièces" dont les faux billets trouvés au domicile du chanteur, a déclaré jeudi Me Bamba Cissé, un avocat du chanteur.

"On m'a emprisonné pendant huit mois. Ils m'ont fait du tort, à ma famille et mes fans", a déclaré, après le jugement, Thione Ballago Seck de son nom complet, dont le fils Wally Seck est l'un des chanteurs les plus populaires actuellement au Sénégal.

Le chanteur avait affirmé durant le procès avoir été "victime d'un complot" de Gambiens vivant en Suède, qui lui avaient fait miroiter un contrat de 100 millions d'euros pour une série de 105 concerts en Europe.

Un de ces Gambiens, Joachim Cissé, basé à Banjul, lui avait, selon lui, remis comme "avance" une somme de "50 millions d'euros" dans le sac contenant les faux billets trouvé à son domicile.

Les enquêteurs n'ont jamais retrouvé la trace de ce groupe de Gambiens et la plainte pour escroquerie déposée par Thione Seck avait été classée sans suite.

Gambie : réaction dans un message audio de Jammeh à un incident dans son village

L'ex-président Yahya Jammeh, au centre, en train d'aller en exil à l'aéroport de Banjul, Gambie, 27 janvier 2017.

L'ex-président gambien Yahya Jammeh, en exil en Guinée Equatoriale, a réagi dans un enregistrement audio à un incident au cours duquel un habitant de son village de Kanilai a été blessé la semaine dernière par un soldat gambien.

Avant cet enregistrement sur WhatsApp, obtenu mercredi et authentifié par un correspondant de l'AFP, la diffusion en juillet 2018 d'une conversation téléphonique entre M. Jammeh et des membres de son parti avait révélé son intention de rentrer un jour dans ce petit pays d'Afrique de l'Ouest qu'il a dirigé d'une main de fer pendant 22 ans.

Dans cet enregistrement, Yahya Jammeh exprime sa colère après un un incident au cours duquel un habitant de son village, à une centaine de km à l'est de Banjul, lui-même ancien militaire, a été blessé le 19 mai par un soldat gambien.

"C'est la deuxième fois que cela arrive à Kanilai", déplore-t-il, en référence à un incident en juin 2017 lors d'une manifestation contre la présence des forces de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui s'était soldée par la mort d'un participant.

Yahya Jammeh y appelle les habitants de Kanilai à "ne pas se faire justice eux-mêmes", promettant de "régler le problème", sans autre précision.

L'armée gambienne a affirmé que l'incident de Kanilai avait été déclenché par le refus d'un conducteur d'obtempérer à l'injonction d'une sentinelle, d'arrêter son véhicule pour une fouille.

Selon un communiqué de l'armée, qui a annoncé l'ouverture d'une enquête sur "cet incident regrettable", le soldat a alors tiré sur le véhicule afin de l'immobiliser, "blessant le conducteur au dos".

Le conducteur est actuellement traité pour des blessures par balle au dos, a indiqué à l'AFP une source à l'hôpital où il a été admis.

Cet incident se produit à un moment de tensions entre le président Adama Barrow et une partie de la coalition de l'ex-opposition qui l'a désigné comme candidat face à Yahya Jammeh en 2016, pour exercer le pouvoir pendant une période de transition de trois ans, avant une nouvelle élection.

Ces tensions, dues notamment à la volonté de M. Barrow d'aller jusqu'au bout de son mandat de cinq ans, se sont traduites par le limogeage en mars du vice-président Ousainou Darboe, chef du Parti démocratique uni (UDP), dont il est issu.

Quinze militants d'un collectif opposés à ce projet et réclamant l'organisation d'une nouvelle élection en décembre ont été interpellés le 10 mai et doivent depuis pointer quotidiennement au poste de police.

Lors d'une conférence de presse lundi, le président de l'Ordre des avocats, Salieu Taal, a qualifié l'action de la police envers ces manifestants "d'affront à l'Etat de droit".

Une ex-candidate à la présidentielle en Guinée se fait voler un diamant à Paris

Opposition candidate Marie Madeleine Dioubate arrives to cast her ballot at a polling station during the first round of the country's presidential election in Conakry on October 11, 2015. Guinea heads to the polls to choose their president, the country's

Une ancienne candidate à l'élection présidentielle en Guinée a déposé plainte à Paris pour le vol dans un hôtel parisien d'un diamant qu'elle estime à 45 millions d'euros, a-t-on appris de sources concordantes.

Deux hommes se faisant passer pour des Russes ont rencontré lundi Marie-Madeleine Dioubaté dans un hôtel parisien du VIIIe arrondissement pour expertiser ce diamant. Après évaluation, ils lui ont remis un document certifiant que la pièce valait 45 millions d'euros, selon une source policière.

Mais entre-temps, selon un tour de passe-passe bien connu des escrocs et des enquêteurs, les deux hommes avaient subtilisé le vrai diamant et l'avaient remplacé par une pâle copie, a détaillé une source proche du dossier, confirmant une information de la radio Europe 1.

Lorsque la victime s'en est aperçue, les deux hommes avaient pris la fuite. Elle a déposé plainte. "Quant à la valeur réelle du diamant, c'est pour l'instant du déclaratif", souligne la source policière.

Une enquête préliminaire du chef de vol en bande organisée a été ouverte, selon le parquet de Paris. La brigade de répression du banditisme (BRB) est chargée de l'enquête.

Marie-Madeleine Dioubaté, du Parti des Ecologistes de Guinée, avait été la seule femme candidate à l'élection présentielle en Guinée en 2015 remportée par le président sortant Alpha Condé.

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"Recrudescence alarmante" des violations des droits de l'Homme (ONG)

"Togo mort" dans les rues de Lomé, le 4 décembre 2018.

Les violations des droits de l'Homme ont connu une "recrudescence alarmante" au Togo ces derniers mois, selon la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme (LTDH) dans son dernier rapport consacré à ce pays.

Les faits collectés et présentés dans le document couvrent une période de huit mois, d'août 2018 au 13 avril 2019, date des dernières manifestations contre le pouvoir.

Selon la LTDH, cinq personnes ont été tuées dont trois par balle pendant des manifestations de l'opposition au cours de cette période.

Parmi les victimes, figure un enfant de 12 ans, Moufidou Idrissou, "froidement abattus à Togblékopé (banlieue-nord de Lomé) par une arme à feu par des éléments des forces armées" le 8 décembre, à la veille des élections législatives, souligne le rapport intitulé "Togo : La Terreur contre le Peuple".

La LTDH dénonce pêle-mêle "des atteintes à l'intégrité physique, des maltraitances psychologiques, des destructions, extorsions de biens, pillages et vols, des entraves aux libertés publiques et les mauvaises conditions de vie des personnes" détenues dans le cadre des manifestations de l'opposition.

Selon l'ONG, respectée au sein de la société civile togolaise, les manifestants arrêtés sur les lieux de manifestations par les forces de sécurité "subissent de sérieuses et graves atteintes à leur intégrité physique".

"Des coups de matraques, des bastonnades et autres traitements inhumains et cruels, en l'occurrence de coups de pieds, sur des endroits sensibles de leur corps sont monnaie courante", selon les termes du document.

Quelque 78 personnes arrêtées dans le cadre des manifestations de l'opposition, sont toujours incarcérées, n'ayant pas bénéficié de deux vagues de grâces présidentielles.

Par ailleurs, la LTDH a formulé une série de recommandations notamment à l'endroit de l'Etat togolais, des organisations onusiennes et la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l'Homme.

Elle demande l'ouverture d'une "enquête indépendante sur les multiples cas de tortures" et la libération tous les détenus arrêtés dans le cadre des manifestations ainsi que les leaders du Parti National Panafricain (PNP, opposition).

La Ligue invite la communauté internationale à "s'impliquer réellement dans la résolution définitive de la crise togolaise tout en évitant le parti-pris".

Le Togo a été secoué par une importante crise politique entre 2017 et 2018, et des dizaines de milliers de personnes sont régulièrement descendues dans les rues pour demander la démission du président Faure Gnassingbé, et la limitation rétroactive du nombre de mandats présidentiels.

Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, a succédé à son père, le général Eyadema Gnassingbé, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 38 ans. Début mai, les députés togolais ont voté une révision constitutionnelle permettant au chef de l'Etat de se représenter en 2020 et 2025 et lui garantissant une immunité à vie “pour les actes posés pendant les mandats présidentiels".

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