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La vice-présidente accuse l'opposition d'être responsable de 197 décès au Nicaragua

Le président nicaraguayen Daniel Ortega en plein conciliabule avec son épouse et vice-présidente, Rosario Murillo, pendant le 38e anniversaire de la fondation de l'armée nicaraguayenne, à Managua, le 1er septembre 2017.

La vice-présidente du Nicaragua Rosario Murillo, épouse du président Daniel Ortega, a accusé mardi l'opposition nicaraguayenne, qui mène une campagne de manifestations contre le pouvoir, d'être responsable de 197 décès.

Il y a "197 frères dont la vie a été anéantie par le terrorisme putschiste, par les criminels. C'est cela qui les a tués", a affirmé la vice-présidente lors de son allocution hebdomadaire dans les médias proches du pouvoir.

"Ces frères, ce sont les putschistes qui les ont assassinés", a déclaré Mme Murillo dans sa diatribe contre l'opposition. "Qu'ils paient pour leurs crimes!", a lancé l'épouse du président Ortega.

Mme Murillo s'est basée, pour le bilan qu'elle a avancé, sur un rapport publié mardi par la police nicaraguayenne et selon lequel 197 personnes sont mortes "victimes du terrorisme putschiste" entre le 19 avril et le 25 juillet.

C'est le 18 avril qu'ont débuté les manifestations. Il s'agissait initialement de protester contre une réforme du système de retraite qui a été abandonnée par la suite. Mais la violence de la répression a transformé le mouvement en une campagne pour le départ du pouvoir de M. Ortega, accusé de diriger le Nicaragua de manière dictatoriale.

"Putschistes"

D'après le rapport de la police, parmi les personnes décédées figurent 22 policiers et seulement cinq étudiants, alors que les étudiants sont au premier rang du mouvement de protestation.

Selon des organisations de défense des droits de l'Homme, au moins 317 personnes ont été tuées et au moins 2.000 blessées au cours des manifestations anti-gouvernementales.

Ces organisations déclarent que l'essentiel des victimes est dû à la violente répression menée par les unités anti-émeutes et les paramilitaires liés au pouvoir, notamment dans des opérations de démantèlement de barrages et barricades installés par des manifestants dans plusieurs villes.

La répression des manifestations au Nicaragua a suscité des protestations internationales.

Dans son allocution de mardi, Mme Murillo a nié toute responsabilité du gouvernement dans le bilan des manifestations et a lancé un sévère avertissement aux opposants.

Le gouvernement, a-t-elle dit, connaît ceux qui ont dirigé, promu, financé et exécuté ce qu'elle a appelé "le coup d'Etat", "cette sanglante tentative de détourner le Nicaragua de la bonne direction dans laquelle il allait".

Mais "nous avons vaincu, nous sommes libres, ils n'ont pas pu passer", a déclaré la vice-président en parlant des manifestants, que le gouvernement a déjà qualifié de "sataniques", de "vandales" et de "diaboliques".

Mme Murillo a déclaré que les chiffres donnés par les organisations de défense des droits de l'Homme sur le bilan des manifestations étaient manipulés "pour endommager l'image du Nicaragua". Elle a affirmé qu'il existait une campagne "de diffamation nationale et internationale" contre le pouvoir du président Ortega.

"Politique de négation"

La présidente du Centre nicaraguayen des droits de l'Homme (Cenidh), Vilma Nunez, a réagi aux propos de Mme Murillo. Pour elle, le pouvoir est dans "une politique de négation, de minimisation de la grande barbarie qu'ils ont commise, parce qu'ils savent qu'ils sont les responsables".

Ils transforment "les victimes en assassins, c'est un jeu pervers", a déclaré Mme Nunez.

L'opposition a déclaré la semaine dernière que les autorités avaient lancé une nouvelle vague d'arrestations illégales contre les activistes et les personnes qui participent aux manifestations.

Plus de 130 opposants ont été arrêtés ces derniers jours et inculpés de terrorisme et d'autres crimes.

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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