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Londres sur la voie du pragmatisme pour le Brexit

Le nouveau ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, à Londres, le 9 juillet 2018.

Bye bye le Brexit "dur"? Les démissions dimanche et lundi du gouvernement britannique de deux grands partisans d'un divorce sans concession d'avec l'Union européenne laissent poindre la perspective d'un changement de cap en faveur d'une approche plus pragmatique.

Il aura peut-être suffi de quatre jours pour changer la face des négociations. Tout est parti vendredi de la présentation par la Première ministre Theresa May d'une proposition, le "plan de Chequers", prévoyant la création d'une zone de libre-échange pour les biens entre le Royaume-Uni et l'UE.

L'objectif est clair - conserver une relation commerciale étroite avec les 27 -, et passerait par la mise en place d'un "ensemble de règles communes".

Ce plan est immédiatement interprété par les tenants d'un Brexit dur comme une trahison du vote des Britanniques pour la sortie de l'UE, dont David Davis, ministre du Brexit, et Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères, qui claquent la porte du gouvernement, dimanche pour le premier, lundi pour le second.

"Le rêve (du Brexit) est en train de mourir", lâche dans sa lettre de démission Boris Johnson.

>> Lire aussi : Donald Trump rend hommage à son "ami" Boris Johnson

Ces départs retentissants ont fait violemment tanguer Mme May mais ils pourraient au final lui permettre d'avancer ses pions comme elle le souhaite désormais, et à l'aune d'un réalisme dont le gouvernement britannique manquait jusqu'ici, estiment les analystes.

En bref, après avoir longtemps tenté de faire l'impossible synthèse entre les aspirations des "brexiters" et des "remainers" (pro-UE), Theresa May semble avoir pris le parti d'opter plutôt pour faire ce qui relève du possible.

"La situation exige un réalisme impitoyable", a souligné l'ancien ministre William Hague, une voix influente au sein du parti conservateur de la Première ministre, dans le quotidien The Daily Telegraph.

Pour le journal The Guardian, le remaniement gouvernemental opéré a abouti à un exécutif "plus pragmatique, plus souple" et "moins marqué idéologiquement".

L'hebdomadaire conservateur The Spectactor va plus loin, y voyant "un coup d'Etat des remainers (qui) occupent désormais tous les postes les plus importants", une référence au remplacement de Boris Johnson par Jeremy Hunt, qui s'est certes rallié derrière les pro-Brexit, mais avait soutenu le maintien dans l'UE en 2016.

"Le gouvernement est maintenant clairement constitué de pragmatiques", analyse de son côté Steve Peers, de l'Université de l'Essex, interrogé par l'AFP. Quant aux "rêveurs", qui refusent tout compromis sur le Brexit, ils sont "désormais cantonnés aux bancs de l'assemblée. Mais le temps dira si cela durera".

>> Lire aussi : Le gouvernement britannique en crise après la démission du ministre du Brexit

Car Theresa May n'est pas à l'abri d'une réaction, voire d'une rébellion des députés eurosceptiques, le Parlement devant encore examiner plusieurs projet de loi liés au Brexit, et pourrait avoir son mot à dire sur l'accord final négocié avec Bruxelles.

"Comment diable Mme May réussira-t-elle à passer le Parlement quand sa majorité dépend des eurosceptiques qui sont opposés au plan de Chequers, et qui pour beaucoup d'entre eux se réjouiraient de voir le Royaume-Uni sortir de l'UE sans accord?", interroge Constantine Fraser, du cabinet d'analystes TS Lombard.

En attendant, Theresa May, tant de fois décrite comme une dirigeante en position de faiblesse, "semble avoir été renforcée, au moins à court terme, par les démissions de Davis et Johnson", deux poids lourds qui ne manquaient pas de s'opposer à la Première ministre dans les orientations sur le Brexit, avance l'expert.

"Les eurosceptiques les plus engagés ont décidé de renoncer à toute influence au sein du gouvernement, et il semble clair que la droite du parti (conservateur) n'a pas les moyens de renverser May, du moins pas en pleine négociation sur le Brexit", ajoute-t-il.

Du côté des Européens, qui ces dernières semaines n'avaient pas caché leur impatience alors que la date du Brexit, prévu le 29 mars 2019, se rapproche à grands pas, les premières réactions semblent avaliser le souffle du changement venant de Londres.

"Si le Royaume-Uni est capable d'assouplir certaines de ses lignes rouges, alors l'Union européenne aussi devrait être flexible", a souligné le Premier ministre irlandais Leo Varadkar. "Je pense que nous sommes peut-être en train d'entrer dans une telle phase."

Avec AFP

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L'OMS suspend les essais cliniques relatifs au Coronavirus

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé assiste à la 73e Assemblée mondiale de la santé virtuelle lors de l'épidémie de coronavirus à Genève, le 19 mai 2020.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé lundi avoir suspendu "temporairement" les essais cliniques avec l'hydroxychloroquine qu'elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution.

Cette décision fait suite à la publication d'une étude vendredi dans la revue médicale The Lancet jugeant inefficace voire néfaste le recours à la chloroquine ou à ses dérivés comme l'hydroxychloroquine contre le Covid-19, a indiqué le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse virtuelle, précisant que la suspension avait été décidée samedi.

L'OMS a lancé il y a plus de deux mois des essais cliniques portant notamment sur l'hydroxychloroquine, baptisés "Solidarité", dans le but de trouver un traitement efficace contre le Covid-19.

Actuellement, "plus de 400 hôpitaux dans 35 pays recrutent activement des patients et près de 3.500 patients ont été recrutés dans 17 pays", a expliqué le patron de l'OMS.

Or, selon la vaste étude parue dans The Lancet, ni la chloroquine, ni son dérivé l'hydroxychloroquine ne se montrent efficaces contre le Covid-19 chez les malades hospitalisés, et ces molécules augmentent même le risque de décès et d'arythmie cardiaque.

L'étude a analysé des données d'environ 96.000 patients infectés par le virus SARS-CoV-2 admis dans 671 hôpitaux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, sortis ou décédés depuis. Environ 15.000 d'entre eux ont reçu l'une des quatre combinaisons (chloroquine seule ou associée à l'antibiotique, hydroxychloroquine seule ou associée à ce même antibiotique), puis ces quatre groupes ont été comparés aux 81.000 malades du groupe témoin n'ayant pas reçu ce traitement.

Les essais menées par l'OMS et ses partenaires concernant l'hydroxychloroquine seront suspendus le temps que "les données" recueillies par les essais Solidarité "soient examinées", a indiqué M. Tedros.

"Il s'agit d'une mesure temporaire", a précisé la Dr. Soumya Swaminathan, en charge du département Scientifique à l'OMS.

L'hydroxychloroquine est un dérivé de la chloroquine, prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme. Connue en France sous le nom de Plaquénil, l'hydroxychloroquine est prescrit contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

L'hydroxychloroquine connaît depuis fin février une notoriété inédite depuis que le professeur français Didier Raoult a rendu publiques plusieurs études, qui selon lui montrent une efficacité de l'hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l'azithromycine.

L'effervescence autour de l'hydroxychloroquine a connu un regain lorsque le président américain Donald Trump s'en est fait l'apôtre, au point d'en prendre lui-même quotidiennement à titre préventif.

Au Brésil, le président Jair Bolsonaro est convaincu de ses effets, au point que le ministère de la Santé a recommandé son usage pour tous les patients légèrement atteints.

Lundi, le chef de l'OMS a tenu à rappeler qu'hydroxychloroquine et chloroquine "sont reconnus comme généralement sûrs pour les patients atteints de maladies auto-immunes ou de paludisme".

Première sortie publique de Joe Biden depuis le 15 mars

L'ancien vice-président Joe Biden parle lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

Le candidat démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden, a fait lundi sa première sortie publique en plus de deux mois, avec un masque, pour une brève cérémonie de dépôt de gerbe sur un monument aux anciens combattants américains près de son domicile, en ce jour férié de Memorial Day.

"Cela fait du bien de sortir de chez moi", a lâché le candidat, 77 ans, reclus depuis mi-mars avec sa femme, Jill, dans sa maison de Wilmington dans le Delaware, dont il sortait tout de même pour des promenades périodiques à pied et à vélo, selon lui.

Joe Biden n'avait participé à aucun événement public depuis un débat dans un studio de télévision contre son ex-rival des primaires Bernie Sanders le 15 mars, un confinement handicapant en pleine campagne présidentielle, alors que son adversaire Donald Trump est très présent dans l'actualité et sort régulièrement de la Maison Blanche.

Le président, lui, ne porte pas de masque en public. Il a repris le golf ce week-end, après plus de deux mois d'interruption, alors que le déconfinement est largement engagé dans l'ensemble des Etats-Unis.

La campagne de l'ancien vice-président de Barack Obama s'était brusquement arrêtée avec les premières décisions de confinement en mars. Un meeting dans l'Ohio avait été annulé à la dernière minute le 10 mars et remplacé par un discours dans une salle à demi-vide à Philadelphie ce soir-là, puis il avait fait une conférence de presse dans un hôtel de Wilmington le 12 mars.

C'est confiné qu'il a célébré sa victoire aux primaires, et depuis plus de deux mois, il tente de faire campagne à distance, depuis un studio installé dans sa maison, pour le scrutin présidentiel de novembre.

Lundi, il a échangé quelques mots avec des soutiens et des journalistes, à bonne distance, et en gardant son masque sur le visage, ce qui a rendu la compréhension difficile. "N'oublions jamais les sacrifices de ces hommes et femmes. N'oublions jamais", a-t-il dit.

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