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Mossoul : les forces irakiennes progressent, Obama prédit une bataille "difficile"

De la fumée s'élèvent alors que les habitants évacuent la ville à Mossoul, Irak, le 18 octobre 2016.

Les dizaines de milliers de combattants irakiens mobilisés pour reprendre Mossoul au groupe Etat islamique (EI) ont gagné du terrain au deuxième jour de cette offensive qui s'annonce "difficile" selon le président américain Barack Obama.

Le sort des habitants de Mossoul et des localités proches de cette grande ville du nord de l'Irak inquiète l'ONU, et les Etats-Unis ont déclaré que les djihadistes de l'EI retenaient les civils comme "boucliers humains".

Des commandants irakiens ont affirmé mardi que les combattants de l'EI ripostaient avec des attentats suicide mais que les forces gouvernementales progressaient sur les deux fronts de l'offensive.

M. Obama a prédit "une bataille difficile", se disant cependant "convaincu que l'EI sera vaincu à Mossoul et que cela marquera un nouveau pas vers sa destruction totale".

Par ailleurs, "nous nous concentrons sur la sécurité et l'aide humanitaire pour les civils qui échappent aux combats, ce sera une priorité absolue pour nos deux gouvernements", a assuré M. Obama au cours d'une conférence de presse.

Les Etats-Unis dirigent la coalition internationale qui soutient les forces irakiennes dans leur offensive lancée dans la nuit de dimanche à lundi pour reprendre Mossoul, aux mains de l'EI depuis juin 2014.

Dans une vidéo diffusée par son agence de propagande, l'EI a promis la "défaite" aux Américains en Irak.

"Quant à toi l'Amérique (...) nous jurons par Dieu que nous te vaincrons en Irak et te ferons sortir défaite et humiliée de ce pays", a dit sur la vidéo un homme armé patrouillant avec d'autres combattants dans les rues d'une ville présentée comme Mossoul.

Avant d'atteindre les abords directs de Mossoul où seraient retranchés entre 3.000 et 4.500 jihadistes, les forces irakiennes doivent traverser des territoires contrôlés par l'EI autour de la cité.

Elles avancent sur deux axes: depuis Qayyarah, ville située à environ 70 km au sud de Mossoul, et depuis Khazir à l'est.

A Qaraqosh, ville située à 15 km environ au sud-est de Mossoul et contrôlée par l'EI depuis plus de deux ans, l'armée a pris position dans plusieurs quartiers, suscitant la joie des chrétiens qui avaient dû fuir. Ils ont célébré cette opération mardi à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, par des chants et des prières.

- 'Villages libérés' -

"De nombreux villages ont été libérés", a affirmé à l'AFP Sabah al-Numan, le porte-parole des services de contre-terrorisme irakien.

Alors que quelque 1,5 million de personnes vivent encore dans la ville, la bataille de Mossoul fait craindre un exode massif de population. Plusieurs organisations humanitaires ont réclamé l'instauration de couloirs sécurisés pour que les civils puissent fuir les combats.

Mais le Pentagone a rappelé que l'EI empêchait les habitants de Mossoul de quitter leur ville. Ils "sont retenus contre leur gré" par les djihadistes qui les utilisent comme des "boucliers humains", a déclaré un porte-parole du Pentagone, le capitaine de vaisseau Jeff Davis.

"De sérieuses inquiétudes demeurent sur la protection des civils quand les hostilités vont s'intensifier, plus près des zones densément peuplées", a déclaré le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Environ 200.000 personnes pourraient être déplacées "dans les deux premières semaines", un chiffre susceptible d'augmenter de façon significative au fur et à mesure de l'avancée de l'offensive, selon l'ONU.

Et les camps existants ne peuvent accueillir que quelques dizaines de milliers de déplacés.

'Rues vides'

A Qayyarah, la base arrière des troupes gouvernementales, des membres des forces de sécurité étaient ramenés du front: ils avaient été blessés par une voiture piégée, selon un policier. Au même moment, des véhicules militaires quittaient la base pour amener les forces de police au combat, a constaté un journaliste de l'AFP.

Deux hélicoptères d'attaque Apache survolaient la base, dans laquelle se trouvent des forces de la coalition antidjihadistes.

La coalition internationale a affirmé que 52 cibles avaient été détruites par ses avions au premier jour de l'offensive.

A Mossoul, un habitant a fait état de rues vides. "Au fond de nous, nous sommes contents, car nous sommes sur le point d'être secourus, mais on a peur que Daech commette des actes de vengeance contre la population", a raconté par téléphone cet habitant, Abou Saïf.

Les responsables étrangers s'attendent à une longue bataille. Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a averti qu'elle risquait de durer "plusieurs semaines", voire "des mois".

M. Le Drian réunira 12 homologues de la coalition le 25 octobre à Paris pour "faire un point sur le déroulé des opérations". Auparavant, la France et l'Irak organiseront jeudi à Paris une réunion ministérielle avec une vingtaine de pays pour "préparer l'avenir politique de Mossoul".

C'est à Mossoul, située dans le nord de l'Irak et peuplée majoritairement de musulmans sunnites, que le leader du groupe ultraradical, Abou Bakr al-Baghdadi, avait proclamé en juin 2014 un "califat" sur les territoires conquis par les djihadistes en Irak et en Syrie.

Avec AFP

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Le Sénat vote pour confirmer la juge nommée par Trump à la Cour suprême

La juge Amy Coney Barrett, candidate du président Donald Trump, à Capitol Hill, à Washington, DC, le 21 octobre 2020. Leigh Vogel/Pool via REUTERS

Le Sénat américain devrait confirmer définitivement lundi la nomination à la Cour suprême d'une juge choisie par Donald Trump, qui aura, à huit jours de la présidentielle, durablement consolidé la majorité conservatrice au sein de cette institution-clé.

Le président républicain avait désigné la magistrate Amy Coney Barrett, une fervente catholique conservatrice de 48 ans, pour succéder à l'icône progressiste et féministe Ruth Bader Ginsburg après son décès.

Le président républicain compte sur ce vote rondement mené pour satisfaire sa base électorale. Il aura au cours de son mandat nommé trois juges conservateurs au sein du temple du droit américain.

Les démocrates dénoncent de leur côté sa volonté de faire aboutir une nomination aussi capitale, d'une juge choisie à vie, aussi près du scrutin du 3 novembre, mais disposent de peu de leviers pour s'y opposer.

Car les républicains sont majoritaires au Sénat, au moins jusqu'aux élections du 3 novembre puisqu'outre leur président, les Américains renouvelleront aussi partiellement le Congrès.

Réunis exceptionnellement un week-end, les sénateurs ont surmonté dimanche, par 51 voix contre 48, un dernier obstacle procédural pour limiter la durée des débats.

Cela ouvre la voie à un vote solennel en séance plénière lundi sur le nom d'Amy Coney Barrett, déjà validé en commission. La majorité simple de 51 voix, aux mains des républicains, suffira.

"Nous allons donner à cette candidate les votes qu'elle mérite pas plus tard que lundi", avait lancé dès vendredi, à l'ouverture des débats, le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell, balayant les appels démocrates à attendre le résultat des élections.

Six contre trois

Les républicains "supervisent le processus le plus partisan, le plus hypocrite et le moins légitime de l'histoire" des confirmations à la Cour suprême, avait répondu son alter ego démocrate Chuck Schumer, rappelant que le même Mitch McConnell avait refusé, en 2016, d'auditionner un juge nommé par le président de l'époque, Barack Obama, sous prétexte que les élections étaient trop proches.

Le camp présidentiel a globalement fait bloc derrière le choix de Donald Trump. Si deux sénatrices républicaines avaient manifesté leur opposition à ce processus précipité, l'une d'elles, Lisa Murkowski, a prévenu ce week-end que ça ne l'empêcherait pas de voter en faveur de la juge.

"J'ai perdu la bataille de procédure", mais "je n'ai rien contre elle en tant que personne", a-t-elle dit.

L'arrivée de la juge Barrett modifiera considérablement l'équilibre au sein de la haute juridiction, avec une majorité conservatrice de six juges contre trois plus progressistes.

Cette mère de sept enfants opposée à l'avortement pourra, sauf surprise, participer à sa première audience dès le 2 novembre, la veille de l'élection présidentielle.

Elle siègera donc théoriquement en cas d'examen d'éventuels recours contre les résultats du scrutin.

Surtout, la Cour suprême tranche aux Etats-Unis les débats de société les plus épineux, de l'avortement au port d'armes en passant par les droits des minorités sexuelles.

Les démocrates, à court d'options pour faire barrage à cette nomination, ont tenté de transformer les débats, retransmis en partie sur les chaînes de télévision, en une tribune sur l'avenir de l'assurance santé Obamacare, que Donald Trump veut abroger.

La haute cour doit en effet examiner le 10 novembre un recours contre cette loi emblématique de l'ex-président démocrate, sur laquelle la juge a exprimé des réserves dans le passé.

Le tableau de Banksy parodiant les Nymphéas de Monet adjugé à 7,6 millions de livres

Une assistante de gallerie pose le tableau Nympheas de Claude Monet lors d'une photo-call pour la vente d'art à la maison de ventes Sotheby's à Londres le 18 juin 2014. REUTERS / Neil Hall

"Show me the Monet", le tableau de l'artiste urbain britannique Banksy parodiant les Nymphéas de Claude Monet, a été vendu mercredi à Londres 7,6 millions de livres (8,5 millions d'euros), a annoncé la maison d'enchères Sotheby's.

"Cinq collectionneurs déterminés" se sont disputés pendant près de neuf minutes d'enchères en ligne l'oeuvre, initialement estimée entre 3 et 5 millions de livres, avant que l'un deux ne la remporte pour 7,6 millions. C'est "le second plus haut prix jamais atteint" par une œuvre de Banksy dans des enchères.

Ce tableau datant de 2005 reprend l'une des célèbres œuvres du peintre impressionniste français montrant un pont japonais au dessus d'un bassin en fleurs, dans lequel trempent désormais aussi des plots de signalisation orange et un vieux caddy.

"Banksy met ici en lumière le mépris de la société pour l'environnement face aux excès gaspilleurs du consumérisme", a estimé dans un communiqué Alex Branczik, responsable européen de l'art contemporain chez Sotheby’s, qui voit en l'artiste originaire de Bristol un "visionnaire".

"Show me the Monet" fait partie d'une série de tableaux intitulée "Crude Oils" ("Peintures à l'huile vulgaires"), dans laquelle l'artiste s'est amusé à détourner de grands classiques de la peinture.

On y trouve ainsi une version des "Tournesols" de Van Gogh aux fleurs fanées, la Marilyn Monroe d'Andy Warhol détournée en Kate Moss ou encore le "Nighthawks" d'Edward Hopper où un homme en caleçon aux couleurs du drapeau britannique a caillassé la vitre du célèbre bar.

"Show me the Monet" n'a pas réussi à battre le record établi en 2019 par "Le Parlement des singes", qui s'était arraché à 9,9 millions de livres (11,1 millions d'euros) lors d'une précédente vente aux enchères à Sotheby's, pulvérisant l'estimation initiale de 1,5 à deux millions de livres (entre 1,7 et 2,25 millions d'euros).

Le pianiste américain Keith Jarrett, handicapé par des AVC, ne donnera plus de concerts

Pianiste à l'oeuvre.

Le pianiste américain de jazz Keith Jarrett ne pourra sans doute plus jamais se produire en concert, partiellement paralysé par deux AVC, explique-t-il dans un entretien publié mercredi par le New York Times.

"Mon côté gauche est toujours en partie paralysé", explique, pour la première fois, le musicien de 75 ans, après deux accidents vasculaires cérébraux intervenus en février et mai 2018.

"On me dit que le maximum que je pourrais récupérer de ma main gauche, c'est la capacité de tenir un verre", se désole-t-il.

Depuis, il ne s'est mis que de rares fois au piano, jouant de la main droite uniquement.

"Je ne sais pas à quoi est censé ressembler mon avenir", a-t-il confié au New York Times. "Je ne me considère pas comme un pianiste aujourd'hui."

Légende du jazz, Keith Jarrett a été à l'avant-garde du mouvement dès le début des années 60, et a collaboré avec des artistes de référence comme Miles Davis, Art Blakey ou Jack DeJohnette.

Son travail autour de l'improvisation l'a mené jusqu'à donner des concerts solo totalement improvisés, qui ont largement contribué à sa réputation de virtuose génial.

"J'ai le sentiment que je suis le John Coltrane des pianistes", a-t-il dit au New York Times, se plaçant au niveau du monstre du saxophone.

Ce qui sera peut-être le dernier concert de Keith Jarrett remonte à février 2017, au Carnegie Hall de New York.

S'il a enregistré plusieurs albums en studio, le natif d'Allentown (Pennsylvanie) est surtout connu pour ses concerts, son jeu au son limpide et ses mimiques, notamment sa tête exagérément penchée sur le piano.

"Aujourd'hui, je ne peux même pas en parler", dit-il au sujet de la possible fin de sa carrière scénique.

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