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Mondial des clubs : les Sundowns rêvent d'un nouvel exploit


Exploit du club sud-africain Mamelodi Sundowns contre le Zamalek de l’Egypte au stade Borg El Arab à Alexandrie, 30 octobre 2016.

Et si la chance ne les lâchait plus ? Après leur improbable titre continental, les Mamelodi Sundowns sud-africains ont mis le cap sur le Japon et le Mondial des clubs, avec l'espoir encore plus fou d'y défier en finale le Real de Zinédine Zidane.

Dimanche à Osaka, le club de Pretoria entre en lice en affrontant, pour le compte des quarts de finale, le club nippon des Kashima Antlers, vainqueur (2-1) des Néo-Zélandais d'Auckland en ouverture de l'épreuve.

En cas de succès, l'équipe fondée par Zola Mahobe serait opposée à l'Atletico Nacional (Colombie), avec dans le viseur une finale contre les "Galactiques" madrilènes.

Un rêve totalement fou pour ces miraculés, dont le sacre en Ligue des champions d'Afrique face aux Egyptiens du Zamalek (3-1) n'a tenu qu'à un étonnant concours de circonstances.

Virtuellement éliminés avant la phase de poules de la compétition, les Sundowns ont été repêchés après l'exclusion des Congolais de Vita Club, coupables d'avoir aligné un joueur suspendu.

Depuis trente ans, l'histoire du club est parsemée d'épisodes invraisemblables, à l'image de son fondateur.

Lorsqu'il rachète alors cette modeste formation établie dans le township de Mamelodi à Pretoria, Zola Mahobe affiche l'ambition de défier les deux ténors de la scène footballistique sud-africaine, les Kaizer Chiefs et les Orlando Pirates de Soweto.

- 'Robin des Bois' -

Pour y parvenir, le flamboyant homme d'affaires noir ne lésine pas sur les moyens. A grands coups de millions et de berlines de luxe allemandes, il réussit à attirer des stars.

Sous la baguette d'un entraîneur noir, Stanley "le gueulard" Tshabalala, les Sundowns développent un jeu à la "brésilienne" et remportent de nombreux titres.

Pour leur généreux mécène, la gloire est de courte durée. Zola Mahobe est rattrapé par ses affaires.

La presse révèle que les millions injectés dans le club viennent d'une gigantesque escroquerie bancaire mise au point avec la complicité de sa maîtresse, Snowy Moshoeshoe.

Zola Mahobe échappe momentanément à la prison en prenant la fuite au Botswana voisin mais il est finalement arrêté et ramené en Afrique du Sud, derrière des barreaux.

Malgré le scandale, le patron des Sundowns restera très populaire. A sa mort il y a trois ans, tout le pays a pleuré un "Robin des Bois" du football sud-africain, ce personnage légendaire qui "volait les riches pour donner aux pauvres".

"Nous lui serons éternellement reconnaissants car il a jeté les fondations du développement et des succès des Sundowns", a loué son successeur Patrice Motsepe, un richissime patron qui a fait fortune dans le secteur des mines.

- 'Casser Ronaldo' -

Malgré la chute de son "héros", la formation a continué à jouer les premiers rôles, jusqu'à sa consécration continentale en octobre.

Elle aligne quelques pointures internationales à tous les postes. L'Ougandais Dennis Onyango ou le Zambien Kennedy Mweene dans les buts, l'Ivoirien Bangaly Soumahoro ou le Brésilien Ricardo Nascimento à l'arrière ou le Zimbabwéen Khama Billiat et le Colombien Leonardo Castro en attaque.

Mais c'est un milieu de terrain sud-africain, Percy Tau, qui recueille les louanges de son entraîneur Pitso Mosimane. "Percy est incroyable, il est de plus en plus fort", se réjouit le technicien.

Après leur victoire continentale, certains se sont pris à rêver d'autres exploits, mondiaux cette fois, face aux partenaires de Cristiano Ronaldo.

"La prochaine étape, c'est le Real Madrid !", a lancé le milieu de terrain Tiyani Mabunda. "Il faut casser les jambes de Ronaldo au Mondial des clubs ! Bon, pas littéralement hein !", a renchéri le ministre des Sports sud-africain Fikile Mbalula.

Avant de s'envoler pour le Japon, "Pitso" s'est appliqué à ramener les plus enthousiastes à la dure réalité du terrain.

"Notre but est de finir troisièmes", a affirmé l'entraîneur, "on joue pour gagner mais il faut rester réalistes". "Nous sommes encore des élèves à la rentrée: enthousiastes et pressés d'apprendre", a-t-il insisté, "nous n'avons rien à perdre, notre but est de faire de notre mieux en prenant du plaisir".

Avec AFP

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