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Mobilisation monstre en Algérie pour un vendredi test contre Bouteflika

La police algérienne monte la garde lors d'une manifestation à Alger, la capitale, le 4 mars 2019, contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika, en difficulté, à un cinquième mandat.

Une foule impressionnante manifeste dans le centre d'Alger vendredi contre la prolongation sine die de son mandat par le président Abdelaziz Bouteflika, au-delà du terme prévu.

Il s'agit du 4e vendredi consécutif de contestation massive contre le chef de l'Etat algérien, qui a annoncé lundi le report de l'élection présidentielle prévue le 18 avril.

Le nombre exact de manifestants est difficile à établir, ni les autorités ni les protestataires ne communiquant de chiffres. La mobilisation semble similaire à celle du vendredi précédent, jugée exceptionnelle par les médias et analystes algériens.

Comme à Alger, une très forte mobilisation est constatée à Oran et Constantine, 2e et 3e villes du pays, selon des journalistes de médias algériens sur place qui l'estiment similaire à celle du vendredi précédent.

A Alger, où règne une ambiance festive, hommes, femmes et enfants marchent en début d'après-midi dans les avenues, rues et ruelles sinueuses et parfois escarpées, autour du carrefour de la Grande-Poste, bâtiment emblématique du coeur de la capitale. Les manifestants continuent d'affluer.

Le carrefour de la Grande-Poste est noir de monde, comme les rues qui y mènent. Une foule très compacte se concentre notamment sur plus de deux kilomètres sur une des larges artères qui y débouche, selon une journaliste de l'AFP.

Agé de 82 ans, affaibli par les séquelles d'un AVC qui l'empêche de s'adresser aux Algériens depuis 2013 et rendent ses apparition publiques rares, M. Bouteflika est la cible d'une contestation massive, jamais vue depuis son élection à la tête de l'Etat il y a 20 ans.

Face aux manifestations réclamant depuis le 22 février qu'il renonce à sa candidature à un 5e mandat, le président Bouteflika a repoussé la présidentielle prévue le 18 avril, jusqu'à l'issue d'une prochaine Conférence nationale devant réformer le pays et élaborer une nouvelle Constitution.

Cette annonce prolonge de facto son mandat, au-delà de son expiration le 28 avril.

"On voulait des élections sans Boutef, on se retrouve avec Bouteflika sans élections", peut-on lire sur une pancarte à Alger, résumant le sentiment des contestataires depuis l'annonce du chef de l'Etat.

"Quand on dit +non au 5e mandat+, il (Bouteflika) nous dit +on garde le 4e, alors+", indique une autre.

Comme les semaines précédentes, le drapeau national --vert et blanc, frappé du croissant et de l'étoile rouges-- est brandi par les manifestants et déployé aux balcons des immeubles.

- "4e mandat prolongé" -

De nombreux manifestants ont expliqué à l'AFP être venus dès la veille à Alger, où ils ont passé la nuit chez des parents ou amis, craignant de ne pouvoir rejoindre la capitale en raison de barrages ou en l'absence de bus.

Naïma, 45 ans, a fait jeudi 350 km de route pour protester contre le "4e mandat prolongé". Lamia, enseignante de 30 ans est venue de Bouira (80 km au sud-est d'Alger) pour manifester dans la capitale contre cette "mascarade anticonstitutionnelle".

"Vous faites semblant de nous comprendre, on fait semblant de vous écouter", indiquent des pancartes de manifestants devant la Grande-Poste, en réponse aux efforts déployés toute la semaine par le pouvoir pour tenter de convaincre que le chef de l'Etat avait répondu à la colère des Algériens.

- "#Partez!" –

En manifestant en nombre mardi et mercredi, les étudiants, enseignants, lycéens ont déjà fait savoir clairement qu'ils estimaient que le message de la rue n'était pas passé.

Toute la semaine, les appels à manifester massivement pour un 4e vendredi consécutif ont été relayés par les réseaux sociaux, avec des mots-dièses explicites: "#Ils_partiront_tous", "#Partez!". Avec souvent une touche d'humour: une image conjugue le mois de mars sur le modèle du verbe "marcher": "je marche, tu marches (...) ils partent".

La conférence de presse conjointe jeudi du nouveau Premier ministre Nourredine Bedoui --qui a remplacé lundi le très impopulaire Ahmed Ouyahia-- et du vice-Premier ministre Ramtane Lamamra, diplomate chevronné, a peiné à convaincre. Au lieu d'apaiser la colère, vive mais toujours pacifique, elle a semblé au contraire la renforcer.

"Dégagez!", titre en une vendredi l'édition week-end du quotidien francophone El Watan qui reprend un slogan de la contestation et qui estime que M. Bedoui a "esquivé les vraies questions" durant son exposé devant les médias.

Les internautes ont également été sévères: sur Twitter, un internaute remercie ironiquement MM. Bedoui et Lamamra de leurs "efforts pour maintenir les Algériens mobilisés" à la veille du nouveau vendredi de manifestations.

"Hier c'était la conférence de presse de votre Premier ministre et vice-Premier ministre, aujourd'hui c'est la conférence de presse du peuple", avertit un autre internaute.

"C'est le peuple qui choisit, pas la France", indique une grande banderole. "L'Elysée, stop! On est en 2019, pas en 1830", date de la conquête de l'Algérie par la France, rappelle une pancarte.

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Deux enseignants enlevés dans le nord retrouvés morts

Des déplacés sur le site de Barsalogho au petit matin, au Burkina Faso, le 15 janvier 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Deux enseignants burkinabè, enlevés le lundi 11 mars, ont été retrouvés morts à Koutoukou dans une région du nord du Burkina Faso, a annoncé mercredi le ministre en charge de l'Education nationale, Stanislas Ouaro.

"J'ai le profond regret d'annoncer l'assassinat le lundi 18 mars 2019 à Koutoukou, des enseignants Judicaël Ouédraogo et Al-Hassane Cheickna Sana", écrit M. Ouaro dans un communiqué.

Les deux enseignants avaient été "enlevés le lundi 11 mars sur l'axe Djibo - Kongoussi, par des individus armés", a-t-il rappelé.

Les corps "ont été inhumés ce mardi 19 mars, à Koutoukou, par les populations" en présence des forces de défense et de sécurité, compte tenu des circonstances de leur décès, a ajouté le ministre.

Selon une source sécuritaire, jointe par l'AFP, "les corps des enseignants ont été retrouvés par des habitants de Koutoukou, qui ont alerté les forces de l'ordre".

"Les deux corps portaient des impacts de balles et les constats ont révélés qu'ils avaient été exécutés quelques heures avant leur découverte", a expliqué cette même source.

"Les recherches sont toujours en cours pour retrouver les responsables", a précisé cet officier.

En proie, depuis quatre ans, à des attaques terroristes, de plus en plus régulières et meurtrières, le Burkina Faso est également confronté à une multiplication d'enlèvements.

Un prêtre burkinabè a été enlevé dimanche dernier près de Djibo, chef-lieu de la province du Soum, dans la région du nord du Burkina Faso, frontalière du Mali.

Plusieurs ressortissants étrangers ont également été enlevés ces derniers mois au Burkina.

Un Italien Lucas Tacchetto, 30 ans, originaire de Venise, et sa compagne canadienne Edith Blais, 34 ans, sont portés disparus depuis mi-décembre alors qu'ils devaient faire la route entre Bobo-Dioulasso et Ouagadougou.

Le couple était parti, par la route, d'Europe vers l'Afrique de l'Ouest, selon les médias locaux.

En septembre 2018, un Indien et un Sud-Africain travaillant également dans le secteur minier ont été enlevés sur la mine d'or d'Inata au Nord-Ouest.

En janvier 2016, un couple australien, Kenneth Elliot et son épouse Jocelyn, qui dirigeaient une clinique depuis de nombreuses années, ont été enlevés à Djibo.

L'épouse Jocelyn avait été libérée après un an de captivité, mais son époux Kenneth Elliot demeure captif.

Un Roumain, Iulian Ghergut, qui travaillait pour l'énorme mine de manganèse de Tambao (nord), est toujours détenu par des djihadistes depuis son enlèvement en avril 2015.

Les secours débordés par l'ampleur des dégâts du cyclone Idai en Afrique australe

Des membres de famille à la recherche de leur fils, enseveli dans la boue après le passage du cyclone Idai à Chimanimani, à environ 600 kilomètres au sud-est de Harare, au Zimbabwe, le 19 mars 2019.

Les secours étaient dépassés mercredi par l'ampleur de la catastrophe provoquée par le cyclone Idai en Afrique australe, qui a fait au moins 300 morts, des milliers de personnes restant bloquées sur des toits et arbres six jours après le passage de l'une des pires tempêtes dans la région.

"C'est la pire crise humanitaire dans l'histoire récente du Mozambique", le pays le plus touché, a estimé la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Le cyclone, qui a provoqué des glissements de terrain et des inondations, a fait au moins 202 morts au Mozambique et une centaine au Zimbabwe voisin. Mais le bilan pourrait dépasser le millier de morts au Mozambique, selon le président Filipe Nyusi qui a décrété trois jours de deuil national.

Le pape François a fait part de sa "douleur" après les inondations qui "ont semé le deuil et la dévastation dans plusieurs régions du Mozambique, du Zimbabwe et du Malawi".

"J'implore le réconfort et le soutien pour tous ceux qui sont touchés par cette calamité", a-t-il ajouté devant des milliers de fidèles réunis place Saint-Pierre pour son audience générale du mercredi.

Et, compte tenu de la persistance des pluies dans les prochains jours, "la situation va probablement empirer", a prévenu le Bureau des Affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

Des vagues de 8 mètres de haut sont attendues dans la région de Beira (centre), deuxième ville du Mozambique, a prévenu le président Nyusi.

La priorité mercredi était de secourir les milliers de personnes qui ont trouvé refuge sur des arbres, des toits ou des îlots formés par les inondations impressionnantes. A certains endroits, le niveau de l'eau a atteint jusqu'à six mètres.

Près de 350.000 personnes se trouvent bloquées dans des zones inondées au Mozambique, selon le président Nyusi.

"Nous avons des milliers de personnes qui, depuis plus de trois jours, sont bloquées sur des toits et des arbres dans l'attente d'être secourues", a déclaré, mercredi à Beira, Caroline Haga, chargée de la communication pour la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Dépassés par l'ampleur de la catastrophe, les sauveteurs sont confrontés à des choix draconiens. "Malheureusement on ne peut pas venir en aide à tout le monde, donc notre priorité, ce sont les femmes, les enfants et les blessés", a expliqué à l'AFP Caroline Haga, précisant que 167 personnes avaient été secourues mardi.

Faute de pouvoir être transportés au sec, des sinistrés ont reçu, par voie aérienne, de la nourriture.

- 'On manque de temps' -

"Personne n'était préparé aux inondations. Les gens étaient préparés à faire face au cyclone (...), mais le cyclone a provoqué au Zimbabwe et au Malawi des pluies torrentielles qui sont arrivées jusqu'ici" au Mozambique, a ajouté Caroline Haga, pour expliquer l'ampleur de la catastrophe.

Les organisations humanitaires commençaient à affluer mercredi à Beira après avoir été totalement prises de court, mais elles restaient sous-équipées.

"On a commencé avec un seul hélicoptère", a reconnu Caroline Haga. "Maintenant nous en avons cinq (pour l'ensemble des opérations de secours depuis Beira). Donc on devrait pouvoir sauver plus de gens, mais on manque de temps", a-t-elle prévenu.

Les secours étaient en outre compliqués par la persistance des pluies et la coupure des routes et télécommunications.

A Beira, des militaires avaient prévu de faire une distribution de nourriture mais leur hélicoptère n'a pas pu décoller mercredi matin à cause de conditions météorologiques exécrables, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les ONG ont aussi mis en garde contre les risques sanitaires, de paludisme et de choléra essentiellement, alors que l'hôpital de Beira a été partiellement endommagé par les intempéries.

"On doit rechercher et sauver des milliers de personnes, dont des enfants, mettre en place des hébergements et des centres de transit pour les sinistrés et permettre l'accès à de l'eau potable", a expliqué l'Unicef, résumant l'ampleur de la tâche.

Au Zimbabwe, les survivants s'attelaient toujours mercredi, à l'aide de pioches, de pelles et de bâtons, à retrouver des corps dans la boue épaisse qui a emporté une centaine de maisons à Chimanimani (est), où huit ponts ont été détruits.

Le président Emmerson Mnangagwa est attendu dans la journée dans cette petite ville située dans une vallée encaissée, où l'eau et la boue ont charrié rochers, habitations et voitures.

Pour venir en aide aux victimes dans la région, l'ONU a annoncé 20 millions de dollars.

Le Mozambique, un des pays les plus pauvres au monde, avait déjà été frappé par des inondations meurtrières en février et mars 2000. Cette catastrophe avait fait quelque 800 morts, au moins 50.000 sans-abri et affecté environ deux millions de personnes sur une population de 17 millions.

Des "forces non constitutionnelles" à la tête de l'Algérie, accuse un parti au pouvoir

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a rencontré le Premier ministre français à sa résidence lors d'une visite officielle à Zeralda, le 10 avril 2016.

Un membre influent du Rassemblement national démocratique (RND), principal allié du Front de libération nationale (FLN) au pouvoir en Algérie, a jeté un pavé dans la mare en déclarant mardi soir que l'Algérie avait été dirigée ces dernières années par des "forces non constitutionnelles".

"Il y a des forces non constitutionnelles qui sont partout. L'Algérie a été dirigée par ces forces durant au moins ces cinq, six ou sept dernières années", a dit Seddik Chihab à la chaîne privée El Bilad, alors que le président Abdelaziz Bouteflika est confronté à une contestation inédite en 20 ans de pouvoir.

Seddik Chihab assure ne pas savoir qui décide "réellement" à la présidence.

Porte-parole du RND, dirigé par l'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia qui a soutenu la candidature de M. Bouteflika à un 5e mandat, il affirme que son parti s'est "trompé" et a manqué de "perspicacité".

Et un à un les soutiens de la présidence quittent le navire, dont trois importantes associations liées à la guerre d'indépendance qui ont pris leurs distances après le second vendredi de manifestations à travers le pays.

M. Bouteflika (82 ans), affaibli par les séquelles d'un AVC depuis 2013, a finalement renoncé le 11 mars à briguer un 5e mandat face à une contestation qui ne faiblit pas depuis le 22 février.

Mais il a prolongé de fait son actuel mandat au-delà de son expiration le 28 avril, en repoussant la présidentielle -initialement prévue le 18 avril- jusqu'à l'issue d'une prochaine Conférence nationale chargée de réformer le pays et d'élaborer une nouvelle Constitution.

Une décision qui a été très majoritairement rejetée par la rue vendredi, le 4e consécutif de manifestations monstres à travers l'Algérie pour réclamer le départ du pouvoir de M. Bouteflika, de son entourage et du "système" au pouvoir.

Dans un communiqué reçu par l'AFP, le RND estime que M. Chihab a été "provoqué " par l'animateur et qu'il a "perdu la maitrise de ses nerfs".

Le RND rappelle à ses militants qui "ont été nombreux à se poser des questions" à l'issue de cette interview que la position de ce parti au pouvoir est celle fixée par son chef M. Ouyahia et la lettre adressée aux militants.

Lundi M. Ouyahia estimait dans cette lettre qu'il fallait "satisfaire dans les meilleurs délais les demandes pacifiques de notre peuple pour prémunir notre pays de toute dérive".

Il rappelait néanmoins que le RND a "toujours été en première ligne" pour "soutenir" M. Bouteflika.

Gouvernement et groupes armés en réunion de suivi de l’accord de paix

Le président Faustin Archange Touadera de la Centrafrique, à Bangui, 30 mars 2018. (VOA/Freeman Sipila)

Le Premier ministre centrafricain et les quatorze groupes armés signataires de l'accord de paix négocié début février à Khartoum étaient mercredi en séance plénière à Addis Abeba, a rapporté mercredi l'Union africaine (UA).

Depuis lundi, les signataires de l'accord de paix centrafricain sont à Addis Abeba, où l'UA a convoqué une réunion de suivi.

L'organisation tente de sauver l'accord de paix, mis à mal après l'annonce début mars d'un nouveau gouvernement jugé insuffisamment "inclusif" par les groupes armés.

"La délégation du gouvernement centrafricain et les représentants des 14 groupes en séance plénière mercredi", a écrit l'UA sur Twitter.

"Les concessions sont difficiles, douloureuses, mais elles sont le prix de la paix", a déclaré lors de cette session le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, selon un tweet publié mercredi par la Minusca (Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la Centrafrique).

"La paix définitive en RCA est à portée de votre main. Tout dépend de votre volonté", a ajouté M. Faki Mahamat.

Mardi, la Minusca avait déclaré dans un tweet "que des progrès importants" avaient "été notés" et que les négociations se poursuivaient.

Alors que lundi, onze groupes armés sur les quatorze présents, avaient exigé dans un communiqué commun la démission du Premier ministre Firmin Ngrebada et demandé de traiter directement avec le président de la République, Faustin-Archange Touadéra.

Cet accord de paix, soutenu par tous les partenaires de Bangui et préparé depuis 2017 par l'Union africaine, est le huitième signé depuis le début de la crise.

Aucun des précédents accords n'a abouti à un retour de la stabilité, pas plus que la présence de la Minusca, déployée en 2014 et forte de 11.000 Casques bleus.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre depuis 2013. Près d'un quart de ses habitants ont dû fuir leurs domiciles.

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