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Mobilisation diplomatico-militaire contre l'EI, Bruxelles toujours sous la menace

Le porte-avions français Charles de Gaulle engagé en Méditerranée orientale contre "l'armée terroriste" de l'EI

La France a intensifié lundi sa mobilisation diplomatico-militaire contre le groupe Etat islamique (EI), qui a revendiqué les attentats de Paris, tandis que Bruxelles vivait un troisième jour d'alerte terroriste maximale.

Ce troisième jour d'alerte terroriste maximale a été marqué par un nouveau coup de filet de la police​.

Des chasseurs français ont décollé lundi du porte-avions français Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale, pour des missions au-dessus des zones contrôlées par l'EI en Irak et en Syrie, selon des sources militaires, dix jours après les attentats de Paris qui ont fait 130 morts.

"Nous allons intensifier nos frappes, nous allons choisir des cibles qui feront le plus de dégâts possibles à cette armée terroriste", a promis dans la matinée le président français François Hollande, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre britannique David Cameron.

En Belgique, la traque de suspects impliqués dans les attentats de Paris ou préparant de nouvelles attaques se poursuit: cinq personnes ont été appréhendées lundi lors de nouvelles opérations antiterroristes dans la région de Bruxelles et de Liège (sud-est de la Belgique), portant à 21 le nombre total d'interpellations depuis dimanche soir, a annoncé le parquet fédéral belge.

Mais Salah Abdeslam, un suspect-clé des attentats de Paris recherché depuis le 13 novembre par les polices belge et française, reste introuvable.

Bruxelles en alerte

Avec ses écoles et universités fermées, ses métros à l'arrêt et des forces de l'ordre quadrillant les rues, Bruxelles (1,2 million d'habitants) subissait une troisième journée d'anxiété, la menace d'attentat "sérieuse et imminente" étant toujours considérée à son niveau maximum.

Dans les gares ferroviaires, l'affluence était moindre que d'ordinaire. Mais le niveau d'alerte maximale n'a pas complètement éteint la vie dans la capitale européenne, où entreprises et services publics étaient appelés à fonctionner normalement, en recourant si nécessaire au télétravail.

Les autorités belges redoutent "des attaques similaires à Paris", qui ont fait 130 morts et 350 blessés, "avec plusieurs individus, avec des offensives à plusieurs endroits", ciblant "des endroits très fréquentés".

L'EI en ligne de mire

Au plan international, la France continue de mobiliser ses alliés dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

Le président français François Hollande a engrangé lundi le soutien de Londres et doit rencontrer mardi à Washington Barack Obama, mercredi à Paris la chancelière allemande Angela Merkel, jeudi à Moscou Vladimir Poutine, et dimanche à Paris, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et Xi Jinping, le président chinois.

Sur le plan militaire, la France a engagé lundi son porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale contre "l'armée terroriste" de l'EI.

Avec ce bâtiment, l'armée française triple sa capacité de frappes sur l'Irak et la Syrie, les 26 chasseurs embarqués sur le Charles de Gaulle venant s'ajouter aux 12 appareils stationnés aux Emirats arabes unis et en Jordanie.

Sur son sol, la France enterrait ses morts lundi, dix jours après les attentats de Paris qui ont fauché 130 vies dans la salle de spectacle du Bataclan, au bar la Belle Equipe ou au restaurant le Petit Cambodge. Les attentats ont endeuillé vingt-neuf villes françaises ainsi qu'une vingtaine de pays.

L'enquête, qui a permis de procéder à de nombreuses interpellations en Belgique, n'a toujours pas permis de retrouver la trace de Salah Abdeslam.

Avec AFP

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Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

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