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Un corps européen de gardes-frontières pour sauver Schengen

Des migrants encadrés par des policiers slovènes, Sentilj, 18 novembre 2015.

L'UE a abattu une nouvelle carte pour reprendre le contrôle de ses frontières extérieures, avec le projet détonant d'un corps européen de gardes-frontières et de garde-côtes, que la Commission souhaite pouvoir déployer y compris dans un Etat récalcitrant.

Présentée mardi par l’exécutif bruxellois devant le parlement européen, cette proposition a pour enjeu d'éviter que le chaos aux frontières extérieures ne provoque la fin de la libre circulation dans l'espace Schengen, un des piliers de l'Union Européenne. Selon la Commission, il y a eu près de 1,5 million de franchissements illégaux de frontières depuis janvier, par des migrants poursuivant leur route sans être dûment enregistrés.

Cette situation a déjà conduit plusieurs pays, comme l'Allemagne, l'Autriche ou encore la Suède, à rétablir provisoirement des contrôles aux frontières intérieures, illustrant la confiance perdue dans le rôle de filtre des pays en première ligne.

La nouvelle agence devrait rétablir cette confiance émiettée et de rassurer les Européens qui pensent vivre en insécurité. Les propositions de la Commission "vont augmenter la sécurité pour nos citoyens", a promis mardi à Strasbourg le commissaire aux Migrations Dimitris Avramopoulos.

Bâtie sur les bases de l'agence européenne Frontex, elle aurait des prérogatives étendues et un personnel permanent de 1.000 personnes à l'horizon 2020. "Les Etats membres devront mettre à sa disposition au moins 1.500 gardes-frontières" mobilisables en quelques jours, selon la Commission.

Toutefois, cette prérogative touchant à la souveraineté des Etats membres promet de susciter de fortes résistances, notamment avec le droit d’intervention que détiendrait l’agence.

En effet, il est vrai que le "droit d'intervenir" des gardes-frontières européens n'interviendrait qu'au terme d'un processus graduel, mais la Commission aurait, in fine, le pouvoir de "prendre les mesures opérationnelles appropriées" de sa propre initiative, selon sa proposition.

Surtout, "dans des situations urgentes", si le "fonctionnement de l'espace Schengen est menacé", l'agence "pourra intervenir pour que des mesures soient prises sur le terrain même si l'Etat membre concerné ne sollicite pas d'assistance ou qu'il considère qu'une intervention supplémentaire ne s'impose pas", renchérit la Commission.

Ce cas de figure illustre la situation récente de la Grèce. Car si Athènes vient de solliciter une intervention de Frontex à ses frontières, c'est après avoir résisté à la pression de Bruxelles, qui veut disposer à l'avenir d'outils plus contraignants.

Ainsi, même si un comité d'experts mandatés par les Etats membres devra donner son aval à la décision de la Commission, à la majorité qualifiée ; néanmoins l'hypothèse existe bien qu'une intervention puisse être décidée sans l'aval de l'Etat concerné. Le refus d’un Etat constituerait" une infraction" aux lois européennes.

"Il s'agit d'un filet de sécurité, et comme tous les filets de sécurité, nous espérons qu'il n'aura jamais à être utilisé", a fait valoir le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans.

Les réactions que suscite ce projet sont mitigées. Remplacer Frontex "par une structure indépendante des Etats membres est choquant", avait déjà réagi lundi le ministre polonais des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski. Quant au président du Parlement européen, Martin Schulz, il s’est réjoui de cette initiative. "C'est aussi une question de solidarité : ce n'est pas pour humilier la Grèce, c'est pour résoudre un problème", a-t-il dit. Abondant dans le même sens, le chef de file du PPE (conservateur) au Parlement, Manfred Weber, a renchéri : "Lorsqu'un Etat membre se révèle incapable d'assurer le contrôle de ses frontières extérieures, l'Europe devrait avoir la possibilité de prendre en charge celui-ci". De son côté, le socialiste italien Gianni Pittella a estimé mardi, tout en saluant les propositions de la Commission, qu'il fallait parallèlement garantir "un système de relocalisation efficace" des réfugiés depuis l'Italie et la Grèce vers le reste de l'UE.

Outre le projet de gardes-frontières, la Commission a aussi présenté mardi un projet de révision ciblée du Code Schengen. La retouche n'est pas anodine: elle doit permettre d'étendre aux ressortissants européens les contrôles systématiques et poussés qui sont pratiqués à l'entrée de l'espace Schengen. Depuis les attentats de Paris, dont certains auteurs ont emprunté la route des migrants, la question migratoire se double en effet d'une inquiétude sécuritaire de plus en plus forte.

En attendant, le projet a encore une longue route devant lui avant de se concrétiser. Il devra être examiné par le Parlement et le Conseil de l'Union Européenne, regroupant les Etats membres. Malgré le soutien de Berlin et de Paris, il devrait se heurter à de vives réticences de nations peu enclines à abandonner une part de leur souveraineté.

Avec AFP

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Le président Marcelo Rebelo de Sousa réélu au Portugal

Le président du Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, au Palais de l'Elysée, en France, le 14 juillet 2019.

Sans surprise, les Portugais ont reconduit dimanche leur président, le conservateur modéré Marcelo Rebelo de Sousa, à l'issue d'un scrutin réalisé en pleine tourmente sanitaire et marqué par une importante percée de l'extrême droite.

L'actuel chef de l'Etat, un ancien professeur de droit de 72 ans, devenu célèbre en tant que commentateur politique à la télévision, a obtenu 60,7% des voix, selon des résultats partiels portant sur la quasi-totalité des circonscriptions.

Dans son discours de victoire, il a promis de faire de la lutte contre la pandémie sa "première priorité", en remerciant les électeurs pour leur "confiance renouvelée dans des conditions tellement plus difficiles" que celles d'il y a cinq ans, lors de sa première élection.

Avec 13% des suffrages, l'ex-eurodéputée socialiste Ana Gomes est arrivée en deuxième position, devançant in extremis le candidat d'extrême droite André Ventura, qui a engrangé 11,9% des voix.

Grâce à ce résultat, le fondateur du parti antisystème "Chega" ("ça suffit") confirme l'assise de la droite populiste dans un pays qui a connu une longue dictature fasciste, mais semblait jusqu'ici passer à côté d'une mouvance qui a fait des émules ailleurs dans le monde.

Ce juriste de 38 ans avait d'abord créé la surprise en entrant au Parlement lors des élections législatives de fin 2019, avec un score de 1,3%, soit près de 70.000 voix.

"Progression de l'ultra-droite"

"Pour la première fois, un parti ouvertement antisytème a rompu le champ de la droite traditionnelle, avec près d'un demi-million de voix", s'est félicité dimanche cet allié de la Française Marine Le Pen et de l'Italien Matteo Salvini.

Il n'a toutefois pas atteint l'objectif qu'il s'était fixé de battre la socialiste Ana Gomes, qui a fait campagne sans le soutien de son parti, ni du Premier ministre Antonio Costa qui le dirige, en promettant de faire barrage à M. Ventura.

"Si je n'avais pas été candidate, nous aurions encore plus à regretter la progression de l'ultra-droite", a affirmé cette ancienne diplomate et militante anticorruption âgée de 66 ans.

Le taux d'abstention s'est élevé à 60,6%, un record historique pour une élection présidentielle depuis l'avènement de la démocratie, en 1974.

Le président du Portugal Marcelo Rebelo de Sousa (à dr.) et son homologue angolais Joao Lourenco se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse commune au palais présidentiel de Belém à Lisbonne, jeudi 22 novembre 2018.
Le président du Portugal Marcelo Rebelo de Sousa (à dr.) et son homologue angolais Joao Lourenco se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse commune au palais présidentiel de Belém à Lisbonne, jeudi 22 novembre 2018.

Mais candidats et analystes redoutaient une participation encore plus faible en raison de l'explosion des cas de coronavirus que connaît actuellement le Portugal, dont les dix millions d'habitants sont soumis depuis une dizaine de jours à un deuxième confinement général.

Selon les données collectées par l'AFP, c'est le pays au monde ayant signalé au cours des deux dernières semaines le plus grand nombre de contagions et de décès par Covid-19 en rapport avec sa population, dépassé seulement par l'enclave britannique de Gibraltar.

Files d'attentes

Après les commerces et les restaurants, le gouvernement s'est résolu à fermer les écoles vendredi, tandis qu'un nouveau record de décès quotidiens a encore été battu dimanche, portant le bilan total depuis le début de la pandémie à près de 10.500 morts.

Toute la journée, de nombreux électeurs ont dû faire de longues files d'attente devant les bureaux de vote, en se tenant à distance avant de pouvoir y entrer un par un.

"Même si c'est important de venir voter alors qu'on est en confinement, cela n'a aucun sens de sortir de la maison et de se regrouper avec des milliers de personnes", a regretté Luis Araujo, un électeur qui a voté dans un école de Lisbonne.

En fin de campagne, le président sortant avait demandé aux électeurs de se mobiliser pour éviter un second tour et "épargner aux Portugais le prolongement de l'élection pendant trois semaines cruciales" pour freiner l'épidémie.

Au cours de son premier mandat, Marcelo Rebelo de Sousa a cohabité sans accroc majeur avec le gouvernement socialiste minoritaire d'Antonio Costa.

Au Portugal, le chef de l'Etat n'a aucun pouvoir exécutif mais joue un rôle d'arbitre en cas de crise politique, et il peut dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives anticipées.

"Les agents de la santé qui refusent de se faire vacciner posent un risque"

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370 personnes secourues par un navire humanitaire

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Venezuela: Maduro demande à Biden de "tourner la page"

Venezuelan President Nicolás Maduro removes his mask as he prepares to speak about his annual report to the nation before legislators in the National Assembly, Caracas, Jan. 12, 2021.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé samedi son nouvel homologue américain Joe Biden à "tourner la page", se déclarant prêt à ouvrir "une nouvelle voie" dans les relations diplomatiques rompues il y a deux ans entre Caracas et Washington.

"Nous sommes prêts à suivre une nouvelle voie dans nos relations avec le gouvernement de Joe Biden, sur la base du respect mutuel, du dialogue, de la communication et de la compréhension", a déclaré M. Maduro dans un discours adressé à ses partisans.

"Le Venezuela, ce Venezuela du XXIe siècle, bolivarien et révolutionnaire, est prêt à tourner la page" des querelles diplomatiques avec l'administration de Donald Trump qui a imposé de multiples sanctions économiques au Venezuela, dont un embargo sur le pétrole depuis 2019, première ressource du pays, afin de renverser le régime socialiste de M. Maduro qualifié de "dictateur".

Les Etats-Unis avaient également reconnu, comme plus de 50 pays dans le monde, l'opposant Juan Guaido. Celui-ci s'était autoproclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier 2019 et avait accusé M. Maduro d'avoir "frauduleusement" remporté l'élection présidentielle de 2018, boycottée par l'opposition.

"Il y a deux ans, j'ai dû réagir avec force et dignité et, d'ici même, j'ai procédé en tant que chef de l'Etat à la rupture de toutes les relations politiques et diplomatiques avec le gouvernement américain de l'époque", a poursuivi M. Maduro depuis le balcon du palais présidentiel de Miraflores. "Trump est parti!", s'est-il félicité.

Dès la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine en novembre, Nicolas Maduro l'avait félicité et s'était dit "prêt au dialogue et à la bonne entente avec le peuple et le gouvernement des Etats-Unis". Des appels réitérés en décembre.

- Soutien américain à Guaido -

Antony Blinken, désigné par Joe Biden pour être son secrétaire d'Etat, a toutefois déclaré que la Maison Blanche continuerait à reconnaître Juan Guaido. Le futur chef de la diplomatie américaine a par ailleurs qualifié M. Maduro de "dictateur brutal".

Ce soutien renouvelé au chef de l'opposition vénézuélienne est intervenu malgré la nouvelle majorité chaviste au Parlement, issue des élections du 6 décembre boycottées par l'opposition, qui les dit frauduleuses. Elles n'ont pas été reconnues par les Etats-Unis, l'Union européenne ni plusieurs plusieurs pays d'Amérique latine.

Même si un allègement des sanctions ne semble pas à l'ordre du jour, les analystes estiment que l'administration Biden se montrera sans doute plus modérée que la précédente et qu'elle plaidera en faveur d'une médiation internationale en vue d'une transition progressive du pouvoir au Venezuela.

Juan Guaido, de son côté, défend la continuité de l'ancien Parlement d'opposition et, avec elle, de sa position de chef du congrès, dont il a revendiqué la présidence par intérim.

Le président de la nouvelle Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a répété samedi les accusations de corruption à l'encontre de Juan Guaido, sur la base de plaintes publiées par le quotidien américain Washington Post concernant des irrégularités présumées liées à des fonds et des actifs du Venezuela d'un total de 40 milliards de dollars bloqués à l'étranger.

Selon l'ONU, plus de cinq millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2015 pour fuir la grave crise politique et économique que traverse le pays avec une inflation incontrôlée de +4.000% sur un an.

Décès de Larry King, célèbre journaliste américain

Larry King à la soirée d'ouverture de la série de films "Champion" à Los Angeles, Californie, États-Unis, le 9 août 2013.

Le célèbre journaliste et animateur de télévision américain Larry King est mort à 87 ans, a annoncé samedi sa compagnie, Ora Media.

"Avec une profonde tristesse, Ora Media annonce le décès de notre cofondateur et ami Larry King, qui est mort à l'âge de 87 ans au centre médical Cedars-Sinai à Los Angeles", peut-on lire dans un communiqué de la compagnie publié sur le compte Twitter officiel de cette figure légendaire de la télévision américaine.

La mort de M. King a également été confirmée par son fils, Chance, samedi matin, selon la chaîne CNN, où il avait animé l'émission "Larry King Live" pendant plus de 25 ans.

Début janvier, M. King avait été hospitalisé à cause de la maladie covid-19, a ajouté la chaîne.

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