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Paris se prépare à un pic de crue moins important que prévu


Des habitants de Villeneuve-Saint-Georges sur une barque, le 24 janvier 2018 (AFP PHOTO / Thomas Samson).

Le pic de crue de la Seine attendu ce week-end à Parisdevrait finalement être moins élevé que celui de 2016, mais la capitale se préparait malgré tout vendredi à la montée des eaux pour éviter tout dommage majeur.

Sur les quais de la Seine, Joao de Macedo, 50 ans, s'inquiète pour l'immeuble dont il est gardien depuis 20 ans. "Il y a six studios en sous-sol, on a dû installer des parpaings de renfort à l'extérieur pour éviter que les fenêtres lâchent et qu'on ait tout sous l'eau", explique-t-il. Dans un des studios, armoire, table et autres meubles ont été surélevés, tandis que l'eau commence à s'infiltrer par les murs.

Dans une rue voisine où l'eau s'approche lentement des voitures garées, une jeune femme trouve "génial de voir des canards à la place des voitures".

Les prévisionnistes tablaient jusqu'à présent sur un pic entre 5,80 m et 6,20 m à Paris, soit possiblement au-dessus de la crue de 2016 (6,10 m).

Mais "plus on se rapproche de l'événement, plus on arrive à réduire cette incertitude et on serait plutôt maintenant entre 5,80 m et 6 m", a indiqué vendredi à l'AFP François Duquesne, directeur de Vigicrues, le service d'information sur le risque de crues en France, qui attend ce pic entre samedi mi-journée et dimanche matin.

- 'Une grosse semaine de perturbation' -

Les inquiétudes liées à un nouveau front pluvieux qui a réalimenté jeudi les cours d'eau du bassin de la Seine semblent être écartées à ce stade. "Nous sommes rassurés, ils vont venir soutenir le niveau d'eau mais pas l'accroître", a noté M. Duquesne, prévoyant malgré tout encore "une grosse semaine de perturbations à Paris".

La descente de l'eau devrait en effet être tout aussi lente que la montée des derniers jours et le niveau de la Seine devrait resté élevé plusieurs jours après le pic, même s'il reste très loin de la crue historique de 1910 (8,62 m).


Sur la Seine fermée à la navigation, les bateliers, contraints au "chômage technique", prennent leur mal en patience. À la pointe de l'Île de la Cité, des canards slaloment entre les lampadaires submergés, sous le regard des touristes et curieux, smartphones en main.

A l'origine de ce phénomène de crue qui touche diverses régions de la France depuis quelques jours, des précipitations importantes, sur des sols gorgés d'eau. Le bimestre décembre-janvier est l'un des trois les plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo-France.

La Seine atteignait vers 17h (16hTU) vendredi 5,62 m au Pont d'Austerlitz, dans l'est de Paris, mais les pouvoirs publics et les habitants étaient en alerte.

Les musées du Louvre et d'Orsay ont pris leurs précautions et les ministères se préparent à un repli éventuel sur des sites de secours. Certaines voies sur berges déjà inondées sont fermées à la circulation. La navigation a été interdite sur toute la Seine amont, Paris inclus.

- Évacuations -

D'autres villes de la région parisienne ont déjà été touchées ces derniers jours. Au total, 666 personnes de la région ont été évacuées, selon la préfecture de police et plusieurs écoles sont restées fermées et des routes partiellement coupées.

Dans le bassin de la Seine, l'Yonne était toujours confrontée vendredi à des "crues importantes" selon la préfecture, qui a fait état d'une quarantaine de routes départementales coupées et d'un groupe scolaire fermé.

En Seine-Maritime et dans l'Eure, en Normandie (ouest), 33.830 habitants étaient privés d'eau potable.

Autre point d'attention: dans l'est de la France, la Saône, qui voit arriver les eaux du Doubs, placé lundi en vigilance rouge, le niveau d'alerte maximal.

Avec AFP

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