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Mali

Mercenaires russes au Mali: Washington met en garde Bamako

Une effigie du colonel Assimi Goita, dirigeant du Mali, à côté d'un drapeau russe lors d'un rassemblement de soutien aux forces armées maliennes à Bamako.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a mis en garde le Mali mercredi contre des conséquences financières et une déstabilisation du pays, déjà en proie aux violences, si le gouvernement recrutait le groupe russe de mercenaires Wagner.

La junte au pouvoir à Bamako menace de recourir aux services de cette société privée russe soupçonnée d'être proche du président russe Vladimir Poutine pour l'aider dans la lutte contre les jihadistes.

Les Etats-Unis, suivis par l'Union européenne lundi, ont imposé des sanctions contre le groupe Wagner, et M. Blinken a regretté mercredi le refus malien d'un déploiement de forces supplémentaires de l'ONU, "qui auraient contribué à la protection des civils".

"Les forces de Wagner, connues pour leurs activités déstabilisatrices et leurs violations des droits humains, n'apporteront pas la paix au Mali, mais déstabiliseront davantage le pays", a affirmé le secrétaire d'Etat dans un communiqué.

"Nous exhortons le gouvernement de transition du Mali à ne pas détourner les maigres ressources budgétaires de la lutte contre le terrorisme menée par les forces armées maliennes", a-t-il ajouté.

"Les richesses du pays, y compris les concessions minières, devraient revenir au peuple malien et ne pas être hypothéquées au profit de forces étrangères qui n'ont aucun compte à rendre et qui ont l'habitude d'abuser des populations locales et de compromettre le contrôle que les pays hôtes exercent sur leur propre territoire", a-t-il affirmé.

M. Blinken suggère que le partenariat avec Wagner pourrait coûter 10 millions de dollars par mois au Mali.

Le chef de la diplomatie américaine avait fait la même mise en garde au groupe Wagner contre son ingérence au Mali, le mois dernier lors de sa visite au Sénégal.

Les autorités maliennes ont menacé de se tourner vers le groupe de mercenaires après la décision de la France de réduire son dispositif militaire au Mali où elle lutte contre les groupes jihadistes.

Le président français Emmanuel Macron se rendra lundi à Bamako pour rencontrer le président de transition malienne, le colonel Assimi Goïta, arrivé à la tête du pays sahélien par un putsch en août 2020 avant d'être conforté par un second coup d'Etat en mai 2021.

La présence de Wagner a été rapportée en Ukraine, en Syrie et en Afrique. Pour nombre d'ONG et de journalistes, la Russie utilise le groupe Wagner et ses mercenaires pour servir ses intérêts à l'étranger, ce que nie le Kremlin.

Des experts de l'ONU ont accusé en octobre le groupe de harcèlement, d'intimidation et d'abus sexuels en République centrafricaine.

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Mali, Burkina, Guinée: la Cédéao se penche sur les sanctions

Photo de famille lors du cinquième sommet extraordinaire de la CEDEAO à Accra, au Ghana, le vendredi 25 mars 2022.

Levée, maintien ou durcissement des sanctions? Les dirigeants ouest-africains se réunissent dimanche à Accra pour réexaminer leur plan d'action face aux juntes arrivées au pouvoir par la force au Mali, en Guinée et au Burkina Faso.

Les leaders des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) doivent notamment se prononcer sur le Mali, qui subit depuis le 9 janvier de sévères mesures de rétorsion commerciales et financières et qui a accepté récemment des prérequis indispensables à leur levée.

Le Burkina, autre pays sahélien pris dans la tourmente jihadiste, et la Guinée ne sont pour l'heure que suspendus des organes de la Cédéao. Mais les juntes en place entendent y rester trois ans et exposent leur pays à un durcissement des sanctions.

Le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, Président du Burkina Faso, arrive à sa cérémonie d'investiture en tant que Président de la Transition, à Ouagadougou, le 2 mars 2022.
Le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, Président du Burkina Faso, arrive à sa cérémonie d'investiture en tant que Président de la Transition, à Ouagadougou, le 2 mars 2022.

Depuis deux ans, l'Afrique de l'Ouest a vu se succéder les coups de force des colonels et lieutenants-colonels: putsch le 18 août 2020 à Bamako, nouveau fait accompli parachevant le premier le 24 mai 2021, putsch le 5 septembre 2021 à Conakry, putsch le 24 janvier 2022 à Ouagadougou.

La Cédéao, alarmée du risque de contagion dans une région vulnérable, multiplie les sommets, les médiations et les pressions pour accélérer le retour des civils à la direction de ces pays.

Le dernier sommet en date, le 4 juin, avait accouché d'une souris: aucune décision n'avait été prise et la Cédéao s'était donnée un mois de plus pour négocier.

"Progrès"

La décision sur la levée de l'embargo sur les transactions commerciales et financières est très attendue au Mali, épuisé par dix ans de conflit, et où les négociations entre la junte et la Cédéao durent depuis des mois.

Le médiateur Goodluck Jonathan, ancien président du Nigeria, est venu la semaine dernière à Bamako. Si rien n'a officiellement filtré des échanges, un membre de son entourage a indiqué à l'AFP que "le Mali a fait d'énormes progrès".

Les autorités ont annoncé mercredi un calendrier électoral fixant la présidentielle à février 2024, le référendum constitutionnel à mars 2023, et les législatives entre octobre et novembre 2023.

Il vient compléter l'adoption le 17 juin d'une nouvelle loi électorale et la mise en place d'une commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution.

Un potentiel point de blocage dans les négociations peut néanmoins subsister avec la porte désormais ouverte, par la nouvelle loi électorale, d'une candidature d'un militaire à une élection présidentielle.

Le colonel Assimi Goita, chef de la junte militaire malienne, assiste à une réunion de la CEDEAO à Accra, au Ghana, le 15 septembre 2020.
Le colonel Assimi Goita, chef de la junte militaire malienne, assiste à une réunion de la CEDEAO à Accra, au Ghana, le 15 septembre 2020.

Les "actes qui ont été posés ces jours-ci vont dans le sens d'une levée de ces sanctions", a estimé vendredi soir le chef de la diplomatie malienne Abdoulaye Diop.

La Guinée a mené cette semaine une intense campagne diplomatique pour apaiser les dirigeants ouest-africains et éviter de nouvelles sanctions.

La junte avait suscité l'ire de ses voisins en actant une durée de transition de 36 mois. Un délai qualifié d'"impensable" par le chef de l'Etat sénégalais Macky Sall, président en exercice de l'Union africaine.

"La Cédéao va devoir prendre des mesures", avait-il dit.

Dialogues

Le Premier ministre de transition Mohamed Béavogui a reçu samedi le représentant spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif.

Le message de la Guinée est de rassurer "les frères de la Cédéao", sur l’engagement du pays à mener une transition apaisée et inclusive, a souligné le gouvernement.

Lundi, le gouvernement a aussi reçu les principales formations politiques en vue d'engager un dialogue. Plusieurs mouvements politiques ont conditionné leur participation à la nomination d'un médiateur ouest-africain.

"Il nous apparait fondamental que la Cédéao intervienne pour présider le dialogue et favoriser ainsi le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée", a déclaré vendredi le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC).

Le chef de la junte en Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, a prêté serment vendredi à Conakry, en Guinée, le 1er octobre 2021.
Le chef de la junte en Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, a prêté serment vendredi à Conakry, en Guinée, le 1er octobre 2021.

Au Burkina Faso, la Cédéao a nommé un médiateur, l'ex-président nigérien Mahamadou Issoufou, malgré son "inquiétude" devant les 36 mois prévus pour la transition. "Nous sommes sur la voie du compromis" avec ce pays, a dit à l'AFP un diplomate de la sous-région.

En visite samedi à Ouagadougou, M. Issoufou a salué "l'ouverture au dialogue" des militaires et dit avoir "échangé sur le chronogramme (calendrier) de la transition" présenté mercredi aux leaders politiques.

Les autorités burkinabè prévoient les dates du 24 décembre 2024 pour un référendum constitutionnel et du 25 février 2025 pour la tenue d'élections législatives et présidentielle.

Vendredi, les partis de l'ex-majorité du président Roch Marc Christian Kaboré renversé ont dénoncé l'agenda présenté par la junte comme une "manœuvre solitaire qui contraste avec les impératifs d'une transition inclusive et réussie", regrettant "l'absence de concertations en amont".

L'ambassadeur d'Espagne au Mali convoqué après des propos sur une éventuelle intervention de l'OTAN

Le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, lors d'un événement à Washington, le 1er novembre 2017.

"L’expansion du terrorisme au Sahel est surtout liée à l’intervention de l’Otan en Libye dont nous payons encore les conséquences", rétorque Bamako.

L'ambassadeur d'Espagne a été convoqué vendredi par le gouvernement malien après des propos du ministre espagnol des Affaires étrangères qui a dit "ne pas exclure" une intervention militaire de l'OTAN au Mali, a-t-on appris de source officielle.

"Nous avons convoqué aujourd’hui l’ambassadeur d’Espagne au niveau du ministère des Affaires étrangères pour élever une vive protestation par rapport à ces propos", a indiqué Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères, lors d'un entretien à la télévision nationale.

Une intervention de l’Otan au Mali, "nous ne l’excluons pas". "si cela représentait une menace pour notre sécurité, nous le ferions", avait déclaré jeudi José Manuel Albares, chef de la diplomatie espagnole, en marge du sommet de l'Otan qui se tenait à Madrid.

"Ces propos sont inacceptables, inamicaux, graves" parce qu'"ils tendent à encourager une agression contre un pays indépendant et souverain", a estimé le chef de la diplomatie malienne.

"Nous avons demandé des explications, une clarification de cette position au gouvernement espagnol. Nous espérons que cela va venir assez rapidement", a ajouté M. Diop.

"Le ministre doit se rappeler que la situation actuelle d’insécurité et d’expansion du terrorisme au Sahel est surtout lié à l’intervention de l’Otan en Libye dont nous payons encore les conséquences", a-t-il aussi souligné.

Dans un tweet publié samedi, l'ambassade d'Espagne au Mali a tenté de clarifier la position de son pays: "L'Espagne n'a pas demandé pendant le sommet de l'OTAN ni à aucun autre moment une intervention, mission ou une action quelconque de l'Alliance au Mali", lit-on.

Le précédent libyen qui fâche

En 2011 le Guide libyen Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, est renversé et tué par des rebelles soutenus par les États-Unis, la France et l'OTAN, qui s'étaient impliqués directement dans le conflit, allant jusqu'à lancer des frappes aériennes en Libye. Une intervention que désapprouvait l'Afrique et dont les voisins de la Libye se plaignent toujours amèrement.

La chute du pouvoir de Kadhafi a conduit à un déferlement d'armes et de combattants au Sahel, posant un défi sécuritaire majeur avec son lot de morts et de déplacements massifs. C'est depuis 2012, soit un an après la mort de Kadhafi, que Mali est plongé dans une profonde crise sécuritaire, politique et humanitaire avec le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord du pays. La propagation jihadiste a gagné le centre et les pays voisins, à savoir le Burkina Faso et le Niger.

"Intérêt stratégique"

Cette année, la nouvelle feuille de route de l'Otan évoque, pour la première fois, l'"intérêt stratégique" que revêtent pour elle le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et le Sahel, ainsi que, notamment, les menaces que sont le terrorisme et l'immigration illégale.

L'Espagne avait fait de la prise en compte des menaces sur le flanc sud sa grande priorité pour ce sommet.

Madrid craint en particulier que l'instabilité au Sahel, où plusieurs groupes jihadistes sont très actifs, n'entraîne une augmentation de l'immigration clandestine.

Située à quelques kilomètres des côtes africaines, l'Espagne est devenue l'une des principales portes d'entrée de l'immigration irrégulière en Europe.

Fin de parcours pour la task-force Takuba au Mali
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Minusma: "des questions sur l'utilité et le bien-fondé de la prolongation"

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Fin des opérations de la task force Takuba au Mali

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Fin de parcours pour la task-force Takuba au Mali

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La France a annoncé vendredi la fin du déploiement de la task-force européenne anti-jihadiste Takuba, après la dégradation brutale des relations franco-maliennes. Par ailleurs, Washington pointe du doigt Bamako pour son refus de garantir une liberté de mouvement aux Casques bleus de la Minusma.

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