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Melania Trump, une très énigmatique Première dame


Melania Trump

Qui est vraiment Melania? Un an après l'investiture de Donald Trump, son épouse, première Première dame américaine d'origine étrangère depuis 200 ans, reste l'une des personnalités les plus énigmatiques de la Maison Blanche.

Contrairement à ses prédécesseures, de Barbara Bush à Michelle Obama, mariées depuis des années à des élus, rien ne préparait cette ex-mannequin d'origine slovène de 47 ans, à l'accent prononcé, à une plongée dans le bain politique bouillant de Washington.

"Toutes ces Premières dames avaient eu le temps de se préparer à endosser ce rôle" mais pas Melania, "première femme d'un magnat parachutée à la Maison Blanche", souligne Jeanne Zaino, professeure de sciences politiques au Iona College de New York.

Dans ce contexte, "le seul fait qu'elle n'ait pas commis de faux-pas majeur est déjà une performance", estime-t-elle.

Débuts difficiles

Les débuts de l'élégante Melania ont néanmoins été chaotiques. D'autant qu'elle a attendu cinq mois pour suivre Donald Trump à Washington, le temps pour leur fils Barron, 11 ans, de finir l'année scolaire à New York, alimentant les spéculations sur son refus d'endosser le rôle de Première dame comme sur ses relations avec le président, de 24 ans son aîné.

Au point que beaucoup voyaient en Ivanka, fille aînée du président, la "véritable Première dame".

De nombreuses railleries ont accompagné ses débuts, dans la foulée de son discours à la convention républicaine à l'été 2016, pour cause de plagiat de Michelle Obama. Mais aussi après sa sortie de la Maison Blanche en talons aiguilles pour se rendre au Texas après l'ouragan Harvey en août ou encore pour sa dénonciation du "cyber-bullying" --intimidations sur internet--, un mal que beaucoup accusent Donald Trump de pratiquer, sapant ainsi la légitimité de sa femme.

Les spéculations sur ses relations avec le président continuent de la poursuivre, alimentées encore récemment par le livre explosif de Michael Wolff, qui affirme qu'ils font chambre à part à la Maison Blanche.

"Le monde n'a pas été tendre avec elle", souligne Paolo Zampolli, un vieil ami new-yorkais du couple, qui a présenté Melania au magnat de l'immobilier en 1998.

"Elle n'est pas une femme politique et n'a jamais voulu l'être (...) Mais elle veut réussir dans ce nouveau rôle" et "le fait déjà de mieux en mieux", estime-t-il, citant ses sorties applaudies avec son mari en Arabie saoudite, au Vatican et à Paris, ou son élégance "digne de Jackie Kennedy" avec les époux Netanyahu ou le couple présidentiel chinois en Floride.

De fait, la popularité de Melania est en hausse: 54% des Américains avaient une opinion favorable d'elle début décembre, soit 17 points de mieux qu'en janvier 2017, alors même que son mari continue à déplaire à 56% de ses concitoyens, selon un sondage Gallup.

Silence sur le harcèlement

Sa popularité reste cependant inférieure à celle des précédentes First ladies, notamment en raison de sa réticence à s'emparer pleinement d'une bonne cause: outre le cyber-bullying, elle s'est montrée sensible à la cause des enfants et à l'épidémie d'opiacés qui fait des ravages aux Etats-Unis, mais sans faire de proposition concrète.

Et elle est restée silencieuse sur le mouvement #Metoo de dénonciation du harcèlement sexuel. Là encore, son mari est sur la sellette puisqu'il est accusé d'avoir harcelé plusieurs femmes par le passé.

"Pour trouver une Première dame aussi énigmatique que Melania Trump, il faut remonter à la fin des années 1940, début des années 1950", avec Bess Truman, souligne Katherine Jellison, historienne à l'Ohio University.

"Les Américains n'ont pas l'impression encore de vraiment la connaître. Elle fait profil bas, (...) est moins présente sur les réseaux sociaux que ses prédécesseures, et aussi parce qu'il y a beaucoup de spéculation sur ses relations avec le président", souligne cette spécialiste des Premières dames.

Melania, qui n'a que lentement recruté le personnel auquel elle a droit, va-t-elle se révéler dans les prochains mois?

Selon sa porte-parole Stephanie Grisham, elle prépare "une initiative pour les prochains mois" centrée sur "le bien-être des enfants", sans plus de détails.

"Il semble qu'on ait affaire à une jeune femme très intelligente qui n'avait pas prévu de jouer ce rôle et n'a pas encore complètement décidé de ce qu'elle veut en faire", souligne Mme Zaino. "Tout comme la princesse Diana, elle pourrait finir par trouver sa voie et surprendre tout le monde".

Avec AFP

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