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Mégabarrage d'Inga : la RDC veut une alliance sino-espagnole

Le Barrage d'Inga, mars 2011.

Kinshasa a annoncé mardi avoir demandé au consortium chinois et à son concurrent espagnol en lice pour le contrat de construction du mégabarrage hydroélectrique d'Inga III de se regrouper pour soumettre une offre unique.

Cette décision retarde ce projet pharaonique, en gestation depuis une trentaine d'année, alors que le gouvernement de la République démocratique du Congo avait annoncé précédemment son intention de désigner le "concessionnaire avant la fin de l'année 2016" pour un lancement des travaux en 2017.

Les deux groupements d'entreprises en compétition sont un consortium chinois emmené par Three Gorges Corporation (gestionnaire du gigantesque barrage des Trois-Gorges en Chine) et un autre autour du groupe de BTP espagnol ACS.

"Les deux groupements concernés ont [...] été invités, en considération de leurs dossiers de réponse, des enjeux du projet et des développements pertinents du marché et de la demande, à prendre toutes dispositions utiles afin de constituer un groupement unique devant présenter une offre optimisée", écrit l'Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI) dans un communiqué.

Le bref texte de cet organisme rattaché au cabinet du président Joseph Kabila ne donne aucune indication sur la date attendue de livraison des premiers mégawatts que pourrait produire ce barrage. En septembre 2016, le directeur de l'ADPI avait avancé l'échéance de 2021.

Inga III doit venir compléter les deux centrales vieillissantes entrées en service entre 1972 et 1982 aux chutes d'Inga sur le fleuve Congo, à 260 km en aval de Kinshasa.

Le futur barrage doit produire 4.800 MW (l'équivalent d'environ trois réacteurs nucléaires EPR de troisième génération) dans un pays où moins de 10% des habitants ont accès à l'électricité. Si le projet se concrétise enfin, la population congolaise ne devrait cependant pas bénéficier beaucoup de la lumière produite par Inga III.

L'Afrique du Sud a en effet signé une option préférentielle pour récupérer 2.500 MW et la majeure partie du reste de la production est censé aller vers les groupes miniers du Katanga (sud-est), handicapés dans leur activité par une pénurie chronique d'énergie.

A la mi-2016, la Banque mondiale avait brutalement suspendu sa participation au projet (sous forme d'un don de plusieurs dizaines de millions de dollars), reprochant aux autorités d'avoir donné "au projet une orientation stratégique différente" de ce qui avait été convenu initialement.

Depuis lors, l'incertitude politique provoquée par le maintien au pouvoir de M. Kabila au-delà de son mandat (échu en décembre) combinée à l'absence de perspective d'élection à court terme pèse lourdement sur le climat des affaires.

Avec AFP

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Aux Comores, le pouvoir disperse des manifestants qui hurlent à la fraude électorale

Des partisans et des membres de l'opposition comorienne manifestent dans les rues de Moroni contre le référendum constitutionnel à Moroni, Comores, le 13 juillet 2018.

Les forces de l'ordre comoriennes ont violemment dispersé lundi une manifestation de l'opposition, qui accuse le chef de l'Etat sortant Azali Assoumani d'avoir orchestré une fraude généralisée pour se faire réélire dès le premier tour de la présidentielle.

Dans l'attente des premiers résultats, plusieurs candidats au scrutin de dimanche accompagnés d'une centaine de leurs partisans ont tenté de marcher sur la place de l'Indépendance, au coeur de la capitale Moroni, pour dénoncer le "hold-up" électoral en cours.

Des dizaines de gendarmes ont accueilli les protestataires par une volée de tirs de gaz lacrymogène et de balle en caoutchouc qui les ont rapidement dispersés.

Le calme est revenu dans l'après-midi dans la capitale. Des militaires en armes ont été déployés sur les grands axes de la capitale, à titre de "prévention", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, dit "Kiki".

Manifestations réprimées aux Comores
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Selon une source hospitalière, l'intervention s'est soldée par 12 blessés légers, dont trois candidats à l'élection.

"Les forces de l'ordre ont pris fait et cause pour un pouvoir qui a perdu toute légitimité", a réagi auprès de l'AFP le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada.

"Hier, les Comoriens ont voté, et aujourd'hui nous avons un pouvoir qui est devenu fou et tire sur les candidats qui ont gagné dans les urnes !"

Le dépouillement a suivi son cours toute la journée de lundi. La Commission électorale (Ceni) pourrait annoncer les premiers résultats d'ici mardi, selon le ministre Daoudou.

- 'Mascarade' -

Avant même la clôture du vote, les douze candidats opposés au colonel Azali ont dénoncé dimanche une "mascarade" et appelé la population du pays à la "résistance". Comme celui de l'opposition, le bilan du scrutin dressé lundi par la société civile comorienne est accablant.

Bureaux saccagés et fermés avant l'heure officielle de clôture (18H00 locales) par les forces de l'ordre, urnes bourrées, assesseurs de l'opposition empêchés, toute la palette de la fraude électorale y est passée.

"Des bureaux de vote (ont été) fermés dès 16H30 sur ordre des forces de l'ordre, elles se sont chargées de la récupération des urnes avant toute opération de dépouillement", a dénoncé l'Observatoire des élections.

Présidentielle aux Comores : l'opposition accuse le sortant Azali de "coup d'Etat" électoral
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Sur l'île d'Anjouan, en majorité hostile au président Azali, l'armée est intervenue pour disperser la foule en colère, faisant un mort et une dizaine de blessés, selon l'ONG.

Le ministre de l'Intérieur a fermement démenti que ces personnes aient été victimes de tirs à balle réelle des forces de l'ordre et balayé les accusations de fraude.

"Les incidents relevés ne sont pas de nature à entacher la sincérité du scrutin", a-t-il assuré à l'AFP, "je n'ai jamais vu élections plus transparentes dans notre pays..."

Tout au long d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat, Azali Assoumani, 60 ans, a répété qu'il comptait bien l'emporter dès le premier tour.

A la tête du pays de 1999 à 2006, réélu en 2016, l'ancien putschiste a engagé sa grande entreprise de maintien au pouvoir en faisant adopter, il y a un an, une réforme constitutionnelle par référendum.

- 'Machine Azali' -

Ce texte a étendu de un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée par rotation à un natif de chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan). Par la grâce du nouveau calendrier électoral, Azali Assoumani pourrait rester, en cas de victoire, au pouvoir jusqu'en 2029.

L'opposition a crié au scandale. Ce nouveau système, dit-elle, a remis en cause le fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

Mais rien n'y a fait. Au contraire, le président a fait taire les critiques à grands coups d'arrestations. Son ennemi juré, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, est détenu pour corruption et plusieurs dirigeants de partis condamnés pour tentatives de coup d'Etat.

L'opposition a dénoncé la dérive autoritaire du régime, sa corruption et son incapacité à réduire la pauvreté extrême des 800.000 habitants du pays.

Mais, divisée et décimée par la répression, ses chances de succès sont apparues limitées face à la "machine Azali".

"Le vote de dimanche conclut une entreprise de fraude caractérisée engagée il y a longtemps", a estimé une source occidentale. "Azali va autoriser quelques recours pour donner un peu de verdict démocratique au processus mais sa légalité lui importe peu."

"La situation est préoccupante", s'est inquiété auprès de l'AFP Samir Soulaïmane, de la Plateforme citoyenne, un collectif de la société civile. "Nous en appelons à la communauté internationale, dont l'Union africaine, pour amorcer un dialogue politique avant que le pays ne sombre dans le chaos."

"Nous sommes un pays souverain", s'est déjà agacé le ministre de l'Intérieur, "personne ne viendra nous imposer quoi que ce soit de l'étranger".

Des journalistes de la TV nationale dénoncent la "censure"

Les Algériens exhibent un drapeau national géant lors d'une manifestation à Alger, le 15 mars 2019.

Plusieurs dizaines de journalistes et autres personnels de la télévision nationale ont manifesté lundi à Alger pour dénoncer la "censure" sur leurs chaînes, à l'heure où la population défile en masse depuis un mois pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika.

"Y'en a marre de la censure !", ont-ils scandé devant le siège de l'audiovisuel public, en réclamant une télévision "libre et démocratique".

Ce rassemblement est leur troisième depuis le début de la contestation le 22 février qui se traduit par des rassemblements géants à travers le pays mais aussi de multiples manifestations catégorielles.

"Nous ne voulons plus être un service pour le gouvernement. Nos équipes sont sur les manifestations, mais c'est ici (au siège de la TV nationale ndlr) qu'opèrent les ciseaux de la censure", a dénoncé le journaliste Abdelmajid Benkaci.

"Il y a une petite ouverture au niveau des émissions de débat", a reconnu la journaliste Melina Yacef, tout en réclamant "un véritable" changement, en particulier pour les journaux télévisés, accusés de faire la part belle au point de vue officiel.

"Nous voulons une télévision publique ouverte à tous les partis, toutes les obédiences, tous les Algériens", a-t-elle ajouté.

Les journalistes ont observé une minute de silence la main symboliquement posée sur la bouche pour dénoncer les entraves à leur métier.

Les journalistes des médias publics ont commencé à faire entendre leur voix depuis le début de la contestation contre M. Bouteflika. De tels rassemblements étaient quasi-inexistants auparavant.

Début mars, une présentatrice du journal de la télévision publique, Nadia Madassi, a démissionné après avoir lu à l'antenne une lettre de M. Bouteflika annonçant le dépôt de sa candidature à la présidentielle du 18 avril, depuis reportée, et avoir été apparemment empêchée d'annoncer celle d'un autre candidat.

Des journalistes de l'audiovisuel public dénoncent depuis des semaines les pressions de leur hiérarchie au sujet de la contestation, d'une ampleur inédite, contre M. Bouteflika, en place depuis 20 ans, son gouvernement et le "système" politique en général.

Radio et télévision publiques ont d'abord totalement passé sous silence les manifestations, avant d'en faire état en atténuant les mots d'ordre.

Après les avocats samedi, les architectes, les vétérinaires, les employés communaux et les magistrats de la Cour des comptes ont manifesté à Alger.

Une vingtaine de magistrats ont défilé lundi devant le siège de cette institution, selon des images du rassemblement transmises par la télévision privée El Bilad.

"Le peuple est la source de tous les pouvoirs. Nous joignons notre voix à celle du peuple", pouvait-on lire sur une pancarte.

Le peuple est "avide de liberté et de transparence dans la gestion de la vie publique", a déclaré à El Bilad un magistrat, Abdelkader Bedjaoui.

Autour de lui, ses collègues vêtus de robes noires et vertes, portaient pour la plupart un drapeau algérien.

M. Bedjaoui a dénoncé une marginalisation "sans précédent depuis 1995" de cette institution chargée du contrôle "des finances de l'Etat, des collectivités territoriales et des services publics". La Cour a toujours milité pour son indépendance, réclamant plus de moyens "notamment pour lutter contre la corruption", selon lui.

Les mandats de M. Bouteflika ont été marqués par des scandales de corruption, touchant parfois ses proches. Selon l'indice de perception de la corruption 2018 de l'ONG Transparency international, l'Algérie est classée 105e sur 180 pays.

De nouveaux rassemblements étudiants sont attendus mardi.

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