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Des blessés après deux marches hostiles au référendum réprimées en Mauritanie


Une manifestation à Nouakchott, Mauritanie, 12 septembre 2012.
Une manifestation à Nouakchott, Mauritanie, 12 septembre 2012.

La police mauritanienne a durement réprimé mercredi soir deux marches organisées à Nouakchott par une coalition opposée au référendum constitutionnel du 5 août et interdites par les autorités, faisant plusieurs blessés, a dénoncé l'opposition.

Les marches étaient organisées dans deux départements de la capitale, Sabkha (sud ouest) et Arafatt (nord), par la nouvelle coalition dite "Coordination de l'opposition démocratique", créée pour faire échec au référendum.

La police est intervenue pour disperser les manifestants en faisant usage de bombes lacrymogènes et de matraques, faisant "huit blessés dont quatre graves, dont des dirigeants" de partis et de mouvements qui composent la coalition, a affirmé à l'AFP leur porte-parole, Saleh Ould Henenna.

"Nous avons avisé les autorités de notre décision d'organiser notre programme de meetings et de marches, comme le veut la loi, mais le régime despotique fait fi des lois et règlements", s'est insurgé l'opposant.

Un porte-parole de la police joint par l'AFP a affirmé que ces "marches n'étaient pas autorisées par les Walis (gouverneurs) concernés et donc étaient illégales".

Les partis qui composent la coalition ont décidé de faire une campagne pour un "boycott actif" du référendum, appelant leurs militants à ne pas aller voter le 5 août, espérant ainsi influer sur le taux de participation et de la sorte faire invalider le vote.

Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui continue ses meetings à l'intérieur du pays en faveur des amendements constitutionnels proposés a vivement attaqué mercredi l'opposition, estimant qu'elle avait "totalement échoué" et l'accusant de "chercher à créer le chaos dans le pays".

Près d'1,4 million de Mauritaniens sont appelés à se prononcer sur ces changements constitutionnels pour lesquels deux urnes sont prévues: l'une pour les principaux amendements et l'autre pour la modification du drapeau national, selon la Commission électorale.

Cette séparation a été introduite à la demande de certaines franges de l'opposition modérée, qui rejette le changement du drapeau, selon des sources politiques.

Cette révision a été adoptée le 9 mars par les députés, mais rejetée neuf jours plus tard par les sénateurs, pourtant majoritairement favorables au pouvoir.

La décision du chef de l'Etat de passer outre au rejet du projet par la voie parlementaire en le soumettant à référendum a provoqué une controverse dans le pays, l'opposition et des constitutionnalistes contestant la légalité de cette procédure.

Le projet de révision a été élaboré lors d'un dialogue en septembre-octobre entre le pouvoir et l'opposition dite modérée, qui appellent à voter oui.

Outre la suppression du Sénat, qui serait remplacé par des Conseils régionaux élus, le projet prévoit celle de la Haute cour de justice, du médiateur de la République et du Haut conseil islamique.

Il propose également d'ajouter sur le drapeau deux bandes rouges, symbolisant le sang versé par les "martyrs de la résistance" à la colonisation française.

Avec AFP

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