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Mauritanie

Un nouveau gouvernement mauritanien sans les ministres cités dans une enquête sur des malversations présumées

Le président de la Mauritanie, Mohamed Ould Ghazouani, le 25 septembre 2019.

La présidence mauritanienne a annoncé la formation d'un nouveau gouvernement dimanche soir, après un rapport parlementaire liant d'anciens ministres à des affaires financières de l'ex-dirigeant Mohamed Ould Abdel Aziz.

Adama Bocar Soko, le secrétaire général de la présidence mauritanienne, a déclaré au cours d'une conférence de presse dans la capitale Nouakchott que ce remaniement allait donner aux ministres cités dans le rapport "le temps dont ils auront besoin pour prouver leur innocence".

Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani avait procédé jeudi, sans en donner la raison, à un changement de Premier ministre et annoncé un remaniement ministériel, au lendemain de la remise à la justice du rapport d'une commission parlementaire sur la gestion de son prédécesseur, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Ce que cache la démission-surprise du premier ministre Ismail Ould Cheikh Sidiya
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Jusqu'à l'annonce de dimanche, la présidence mauritanienne n'avait pas établi de lien entre le remaniement et le rapport sur M. Aziz, au pouvoir de 2008 à 2019.

Parmi les dossiers étudiés par les neuf membres de la commission parlementaire, formée en janvier, figurent la gestion des revenus pétroliers, la vente de domaines de l'État à Nouakchott, la liquidation d'une société publique qui assurait l'approvisionnement de ce pays sahélien en denrées alimentaires ou encore les activités d'une société chinoise de pêche, Pully Hong Dong, selon des sources parlementaires.

Le parquet d'un tribunal de la capitale a fait savoir mercredi qu'il avait reçu le rapport. Il doit ouvrir une enquête au terme de laquelle une instruction va être éventuellement ouverte et a promis des investigations "en toute impartialité".

Quatre ex-ministres ont été cités dans ce document, dont l'ancien Premier ministre Ismaïl Ould Bedda Ould Cheikh Sidiya, remplacé jeudi.

Selon le quotidien Le Calame, "ce gouvernement ne semble pas marquer une rupture d'avec le gouvernement sortant. Ghazwani garde sa méthodologie qui consiste à procéder par petites touches." En effet, 18 ministres ont été reconduits dans leurs fonctions.​

Le quotidien salue toutefois le fait que, pour la première fois, deux négro-africains occupent des postes de decision, à savoir le secrétariat général de la présidence et le secrétariat général du gouvernement​.

Le nombre des ministères avait été réduit, certains ayant été fusionnés.

"Haute trahison"

L'ex-président mauritanien avait ignoré début juillet la convocation de la commission parlementaire pour s'expliquer sur les dossiers donnant lieu à des investigations, selon une source parlementaire.

Les députés mauritaniens ont ensuite voté fin juillet une loi instituant une Haute cour de justice chargée de juger le chef de l'Etat et des ministres en cas de "haute trahison". La juridiction doit être mise en place dans les prochains mois.

Ce type de juridiction existait déjà en Mauritanie jusqu'à une révision constitutionnelle en 2017, qui a entraîné sa dissolution.

Un éventuel procès de l'ex-président Aziz se déroulerait devant la Haute cour, après un vote des députés sur l'opportunité ou non de le juger.

"La prise en compte du dossier par le parquet est une phase traditionnelle de la justice. Il faudra attendre la phase de l'instruction pour savoir si le dossier sera retourné au Parlement, où il pourra faire l'objet de remise à une commission d’instruction", explique le constitutionnaliste Lo Abdoul Gourmo.

"Cette commission pourra requalifier les faits. S'il s’agit de faits de haute trahison commis par l’ancien président de la République, seule la Haute Cour de justice restera compétente pour le juger".

Le président Aziz avait pris le pouvoir dans ce pays pauvre de 4,5 millions d'habitants par un coup d'Etat militaire en 2008, puis remporté la présidentielle en 2009, suivie d'une autre en 2014.

Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui lui a succédé en août 2019, fut son chef de cabinet et ministre de la Défense.

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Entretien avec Alioune Tine, fondateur d'Africajom Center

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Mohamed Ould Abdel Aziz se dit victime d’"un règlement de compte" et d’"une détention arbitraire"

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L'ex-président Aziz remis en liberté à Nouakchott, mais sans son passeport

Le roi Salman d'Arabie saoudite reçoit le président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, à l’arrivée de ce dernier pour le sommet des dirigeants arabes et sud-américains à Riyad, en Arabie Saoudite, 10 novembre 2015.

L'ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, soupçonné de mauvaise gestion et de détournements, a retrouvé la liberté dans la nuit de dimanche à lundi, sans être inculpé mais avec l'interdiction de quitter Nouakchott, après une semaine d'interrogatoire par la police, a indiqué son avocat.

L'ancien chef de l'Etat, au pouvoir de 2008 à 2019 a été remis en liberté vers 01H30 du matin (GMT et locales), a déclaré à l'AFP l'avocat, Taghioullah Aïda, qui était à ses côtés.

"Il n'a pas été inculpé mais son passeport, qui lui a été pris lors de son arrestation ne lui a pas été rendu", a-t-il ajouté.

"Il a l'interdiction de quitter Nouakchott", a également affirmé l'avocat, en précisant qu'il n'y a "pas d'autre condition que celle liée à la restriction de déplacement".

M. Aziz s'était rendu le 17 août au siège de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), sur convocation de la police, où il a été interrogé jusqu'à sa remise en liberté une semaine plus tard.

L'ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz "en détention arbitraire", selon son avocat
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M. Aziz doit répondre à de "fortes présomptions de mauvaise gouvernance et de détournements de biens publics", avait indiqué la semaine dernière une source sécuritaire.

Le président Aziz avait pris le pouvoir dans ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest de 4,5 millions d'habitants par un coup d'Etat militaire en 2008, puis remporté la présidentielle en 2009, suivie d'une autre en 2014.

L'actuel président, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui lui a succédé en août 2019, fut son chef de cabinet et ministre de la Défense. M. Aziz a depuis lors été marginalisé par le nouveau pouvoir.

Une commission parlementaire, chargée en janvier de faire la lumière sur plusieurs dossiers pendant ses années à la tête de l'Etat, a transmis début août son rapport à la justice mauritanienne.

Le nouveau chef de l'Etat a dans la foulée procédé à un remaniement ministériel, écartant quatre ministres, lié à l'ancien pouvoir, dont le chef du gouvernement Ismaïl Ould Bedda Ould Cheikh Sidiya, afin de leur "laisser le temps dont ils auront besoin pour prouver leur innocence", selon le secrétaire général de la présidence, Adama Bocar Soko.

Parmi les dossiers étudiés par la commission parlementaire figurent la gestion des revenus pétroliers, la vente de domaines de l'État à Nouakchott, la liquidation d'une société publique qui assurait l'approvisionnement en denrées alimentaires ou encore les activités d'une société chinoise de pêche, Pully Hong Dong, selon des sources parlementaires.

L'ex-président Aziz avait ignoré début juillet une convocation de la commission parlementaire. Les députés ont ensuite voté fin juillet une loi instituant une Haute cour de justice, compétente pour juger le chef de l'Etat et les ministres en cas de "haute trahison".

L'ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz "en détention arbitraire", selon son avocat

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L'ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a passé la nuit à la police

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz à l'aéroport de Nouakchott, Mauritanie, le 2 juillet 2018. (Photo: Ludovic Marin/Pool via Reuters)

L'ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, soupçonné de mauvaise gestion et de détournements, était toujours entendu mardi par la police à Nouakchott, qui l'avait convoqué lundi, a-t-on appris auprès de l'un de ses avocats.

L'ancien chef de l'Etat, au pouvoir de 2008 à 2019, s'était rendu lundi en fin d'après-midi au siège de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), sur convocation de la police.

Il "a dormi à la DGSN, où il se trouve toujours, sans la présence de son avocat", a déclaré à l’AFP l'un des membres de son collectif de défense, Taghioullah Aïda, selon qui l'interrogatoire de l'ancien président "continue".

Ce que cache la démission-surprise du premier ministre Ismail Ould Cheikh Sidiya
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Selon le quotidien Le Calame, M. Aziz a été placé "en détention préventive" dans une villa à l'école de police.

M. Aziz doit répondre à de "fortes présomptions de mauvaise gouvernance et de détournements de biens publics", avait indiqué lundi à l'AFP une source sécuritaire.

L'ex-président Aziz avait ignoré début juillet une convocation de la commission parlementaire. Les députés ont ensuite voté fin juillet une loi instituant une Haute cour de justice, compétente pour juger le chef de l'Etat et les ministres en cas de "haute trahison".


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