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Île Maurice

Du fioul s'écoule à nouveau du bateau échoué

Des Mauriciens regardent le vraquier MV Wakashio échoué près du parc marin de Blue Bay dans le sud-est de l'île Maurice le 6 août 2020.

Du fioul a recommencé à s'écouler vendredi du bateau échoué depuis trois semaines au large de l'île Maurice, ont annoncé les autorités locales, alors que les questions se multiplient sur les raisons pour lesquelles le navire a pu s'approcher aussi près de la côte.

Le vraquier MV Wakashio, appartenant à un armateur japonais, s'est échoué le 25 juillet sur un récif à la Pointe d'Esny, au sud-est de l'île Maurice, avec 3.800 tonnes de fioul et 200 tonnes de diesel à bord.

Une semaine après, entre 800 et 1.000 tonnes de fioul se sont échappées de ses flans éventrés et ont souillé les côtes, notamment des espaces protégés avec des forêts de mangrove et des espèces menacées.

Les équipes d'intervention ont mené une course contre la montre pour pomper le reste du carburant, alors que le bateau menaçait de se briser à tout moment.

Mercredi soir, les autorités mauriciennes ont annoncé que tout le fioul contenu dans les réservoirs avait été pompé et qu'il n'en restait plus que 100 tonnes sur le bateau, notamment dans la cale.

C'est ce reliquat qui a commencé à s'écouler vendredi. "Selon les experts, ce genre de fuite était prévisible et est dû à la manière dont le bateau se tord et se déforme", a indiqué dans un communiqué le comité de crise mis en place pour gérer la marée noire.

"Depuis ce matin, l'eau est redevenue noire autour du Wakashio", a expliqué à l'AFP un pêcheur local, Alain François.

"Les autorités nous ont expliqué que ce sont les vagues qui pénètrent le bateau, qui font remonter le fioul se trouvant dans la cale", a-t-il ajouté.

Une source travaillant sur l'opération de dépollution a expliqué, sous couvert d'anonymat, que cette nouvelle fuite provenait de la salle des machines, où il est impossible de pomper.

"On ne peut pas pénétrer dans cette partie du navire. C'est trop dangereux. Il y a des risques d'asphyxie", a-t-elle justifié.

Mais selon cette source, l'écoulement devrait être capté par les boudins flottants fabriqués par les milliers de volontaires mauriciens qui se sont mobilisés pour limiter la catastrophe écologique.

Du matériel supplémentaire destiné à contenir cette nouvelle fuite a été envoyé sur place et un bateau spécialisé dans la lutte antipollution arrivera bientôt sur la zone, a précisé le comité de crise.

Le gouvernement mauricien a été accusé de négligence, la population se demandant pourquoi si peu avait été fait entre le moment où le MV Wakashio s'est échoué et l'apparition de la fuite.

Le Premier ministre Pravind Jugnauth a estimé qu'aucune erreur n'avait été commise et a refusé de présenter des excuses.

"L'enquête va pouvoir déterminer les causes de cet accident, les raisons pour lesquelles le bateau s'est rapproché aussi près de nos côtes et s'est échoué", a-t-il fait valoir dans une interview avec l'AFP.

Dans une lettre adressée jeudi au propriétaire et à l'armateur japonais du bateau, Greenpeace a estimé qu'il restait "plusieurs questions sans réponse".

"Pourquoi votre navire naviguait-il si dangereusement près des récifs? Pourquoi avez-vous fait si peu depuis que le bateau s'est échoué? Qu'allez-vous faire pour réduire les dégâts environnementaux, et la douleur et la souffrance de ceux dont la vie en dépend?", a demandé l'ONG.

Le propriétaire du vraquier, Nagashiki Shipping, a affirmé dans un communiqué "être profondément conscient de (ses) responsabilités" et a promis de répondre "sincèrement" aux demandes de compensation.

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Maurice rouvre ses frontières aux voyageurs internationaux

L'entrée de l'aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam à Maurice le 1er octobre 2021.

L'île Maurice a rouvert complètement vendredi ses frontières aux voyageurs internationaux, espérant relancer son secteur vital du tourisme durement touché par des mois d'isolement en raison de la pandémie de Covid-19.

Sur l'île, la nouvelle est accueillie avec un mélange d'optimisme, de soulagement et de prudence.

"Cette réouverture est inévitable car 100.000 familles dépendent du tourisme pour vivre", a déclaré le Premier ministre adjoint Steven Obeegadoo, lors d'une conférence de presse jeudi.

Affirmant que le pays était "bien préparé", il a précisé que 68% des 1,3 million d'habitants sont pleinement vaccinés et que 89% de la population a déjà reçu au moins une dose. Des taux parmi les plus élevés au monde.

En juillet, cette destination de vacances paradisiaque, connue pour ses plages et ses eaux turquoises, avait rouvert partiellement ses frontières pour la première fois depuis début 2020.

Les touristes, obligatoirement vaccinés, devaient toutefois séjourner dans des "bulles de villégiature" pendant 14 jours avant d'être autorisés à s'aventurer plus loin, sous réserve d'un test négatif.

Vendredi, de premiers avions en provenance de Dubaï, de Paris ou de Londres ont atterri à Maurice.

Le mois dernier, l'île a été ajoutée à la liste des pays où l'on "peut voyager" par la Grande-Bretagne, mais les Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC) des Etats-Unis conseillent toujours aux voyageurs d'"éviter" le pays.

Selon le site du Centre de prévention et de contrôle des maladies de l'Union africaine (Africa CDC), Maurice avait enregistré 13.685 cas au 26 septembre, et la moyenne hebdomadaire de contaminations a nettement chuté depuis un pic en août.

Le pays a recensé plusieurs dizaines de décès, même si le chiffre exact n'est pas clairement établi.

Sheila Figaro, qui fabrique des poupées traditionnelles, est soulagée en ce 1er octobre. "Sans les touristes, nous ne sommes rien. Vivement le retour du travail, qu'on puisse recommencer à gagner notre vie comme avant le Covid-19", anticipe cette femme de 49 ans.

Jean-Alain Fanchette, skipper de 51 ans, se dit heureux de reprendre ses croisières. "On pourra nourrir nos familles", se réjouit-il, tout en s'interrogeant: "Aura-t-on vraiment des clients? Puis, comment observer le protocole à bord, comme la distanciation physique? Ce sera vraiment difficile."

Pour François Eynaud, directeur des hôtels haut de gamme Sun Resorts, la reprise prendra du temps. Mais "nous devons réussir cette réouverture après 18 mois de fermeture", affirme-t-il: "Nous ne pouvons pas la rater".

Mercredi, le gouvernement a annoncé avoir injecté 280 millions de dollars dans la compagnie aérienne nationale Air Mauritius, en difficulté en raison de la pandémie.

Avant l'arrivée du coronavirus en mars 2020, le secteur du tourisme représentait 24% du PIB et employait un quart de la population active.

Flambée de covid à Maurice, 3 semaines avant le retour des touristes

Des passants regardent le vraquier MV Wakashio qui s'était échoué près du parc marin de Blue Bay, dans le sud-est de l'île Maurice, le 6 août 2020. (Photo: Dev Ramkhelawon / L'Express Maurice / AFP)

Les hôpitaux sont saturés, les respirateurs artificiels rares et le cimetière où étaient enterrées les victimes du coronavirus est plein: l'île Maurice fait face à une explosion de Covid-19 qui interpelle à moins de trois semaines de la réouverture complète de ses frontières aux touristes.

Officiellement, tout est prêt pour accueillir les touristes au 1er octobre dans ce paradis de l'océan Indien, prisé pour ses plages immaculées et ses eaux cristallines.

L'objectif de vacciner 60% de la population a été dépassé, avec 61% des Mauriciens ayant reçu au moins deux doses au 11 septembre, ont notamment souligné la semaine dernière les autorités, qui ont rendu la vaccination obligatoire dans certaines activités, dont le secteur touristique, sous peine d'amendes ou de peines de prison.

Mais loin des discours officiels et des campagnes promotionnelles, l'île bruisse d'inquiétude.

"La situation empire. Mais il y a des instructions pour que nous ne communiquions pas", affirme un médecin, sous couvert d'anonymat: "La priorité du gouvernement est d'assurer une ouverture en douceur des frontières le 1er octobre".

Le 15 juillet, l'archipel a rouvert ses frontières uniquement aux personnes vaccinées, qui devaient rester dans des "bulles de villégiature" pendant 14 jours avant d'être autorisés à s'aventurer plus loin, sous réserve d'un test PCR négatif.

A partir du 1er octobre, les touristes -vaccinés ou non - seront libres de leurs mouvements dès lors qu'ils auront un test PCR négatif de 72 heures avant leur arrivée sur l'île.

- "Devises ou variants ?"

Cette réouverture est très attendue dans le secteur touristique, qui représente 25% du PIB de l'île et 250.000 emplois directs et indirects.

"Mon restaurant est vide depuis mars 2020. Si les touristes ne reviennent pas, je serai obligé de mettre la clé sous le paillasson", résume John Beeharry, restaurateur.

Hôtesse d'accueil dans un hôtel, Diana Mootoosamy "appréhende" cette réouverture. "Il n'y a plus la quarantaine de 14 jours et du coup, nous nous retrouvons sans filet de protection. (...) En accueillant les touristes, allons-nous attirer des devises ou des variants ?”, se demande-t-elle.

Depuis la réouverture partielle mi-juillet, le nombre de cas a été multiplié par plus de cinq, de 2.461 le 16 juillet à 12.616 le 10 septembre.

Cette augmentation est de loin la plus importante en Afrique sur cette période, selon les données compilées par l'AFP. Maurice a, depuis le début de la pandémie, enregistré 1.005 cas pour 100.000 habitants, un chiffre nettement supérieur à la moyenne africaine (598).

Le gouvernement autorités impute cette hausse à un relâchement des comportements, et soulignent que les nouveaux cas sont majoritairement asymptomatiques.

Accusées par la population de minimiser le nombre de morts, les autorités ont revu le bilan à la hausse vendredi.

Initialement annoncé à 34, le nombre de décès a été porté à 89 depuis le début de la pandémie. Mais le ministre de la Santé a souligné que la majorité n'étaient pas causés directement par le Covid-19 mais résultaient de comorbodité.

- "De quoi frémir" -

Au cimetière Bigara, où étaient enterrées les victimes de l'île contaminées au Covid-19, le secteur dédié à la pandémie est plein.

Les corps sont désormais inhumés à Bois-Marchand, dans le nord de l'île, déclenchant la colère des riverains. Certains ont lancé des pierres sur un convoi des autorités sanitaires venus enterrer des corps mercredi dernier.

Le discours officiel suscite la méfiance. "On avait fermé le pays mais malgré ça, le nombre de cas explose. Maintenant, avec une frontière ouverte comme une fenêtre, il y a de quoi frémir", estime Paul Pierre, chauffeur de taxi, en s'interrogeant sur l'efficacité des vaccins.

Un variant, baptisé C.1.2, a été détecté mais il s'agit d'un variant "classique" et non d'un variant sujet d'inquiétude, a affirmé le représentant de l'OMS sur l'île, Laurent Musango.

Malgré tout, l'état des hôpitaux n'est pas de nature à rassurer.

"Les gens ne réalisent pas à quel point la situation est grave. On nous parle de nombreux cas asymptomatiques, mais nous sommes déjà au-dessus de nos capacités en termes de cas symptomatiques", affirme une infirmière d'un centre de traitement du Covid-19.

Le chef de l'opposition Xavier Duval a mis en garde début septembre sur l'état "alarmant" des services de soins, après sa quête "traumatisante" d'un lit équipé d'un respirateur pour un ami souffrant d'une maladie cardiaque et atteint du Covid-19.

Il a raconté avoir contacté l'hôpital principal de l'île et de nombreuses cliniques privées avant qu'un centre n'accepte finalement d'admettre son ami, mais seulement pour 48 heures.

"Je crains que Maurice n'arrive à un stade où nous devrons peut-être décider qui obtiendra de l'oxygène et qui devra mourir", redoute-t-il.

Pas de base militaire indienne à Maurice, assurent les autorités

Des soldats de l'armée indienne le 30 août 2020.

L'île Maurice a démenti mercredi soir des informations de presse selon lesquelles elle aurait autorisé l'Inde à construire une base militaire sur l'île d'Agalega, un conseiller à la présidence assurant à l'AFP qu'aucun accord de ce type n'existait entre les deux pays. 

Cette semaine, la chaîne qatarie Al-Jazeera avait affirmé qu'une piste d'atterrissage et deux jetées y étaient en construction, dans le but d'héberger une base militaire indienne sur cette île isolée, située à plus de 1.000 kilomètres au nord de la principale île de Maurice, en plein océan Indien.

Le gouvernement mauricien a démenti auprès de l'AFP tout projet d'installation d'une base militaire.

"Il n'y a aucun accord entre Maurice et l'Inde en vue de la création d'une base militaire à Agalega", a déclaré Ken Arian, le conseiller en charge de la communication auprès du Premier ministre.

Evoquant une piste d'atterrissage et une seule jetée, M. Arian a ajouté que le financement de ces deux projets avait été conclu lors de la visite en 2015 du Premier ministre indien Narendra Modi et qu'ils ne seraient pas utilisés à des fins militaires.

Ces informations ont fait ressurgir les inquiétudes liées aux îles Chagos, au cœur d'un litige vieux de cinq décennies entre Maurice et le Royaume-Uni. En 1965, Londres avait décidé de séparer cet archipel de l'île Maurice et d'y installer une base militaire commune avec les États-Unis, sur l'île principale de Diego Garcia.

Maurice revendique ce territoire et des mauriciens originaires des Chagos ont accusé le Royaume-Uni d'"occupation illégale" et de les empêcher d'accéder à leur terre natale.

En 2016, le Royaume-Uni a prolongé jusqu'en 2036 un contrat sur l'utilisation de la base militaire avec les Etats-Unis. Celle-ci a joué un rôle stratégique clé lors de la Guerre froide avant d'être utilisée dans les années 2000 lors des conflits en Irak et en Afghanistan.

Explosion spectaculaire des cas de Covid-19 à l'île Maurice

File d'attente devant un supermarché pendant la pandémie de coronavirus à Port Louis, Maurice, le 2 avril 2020.

Les cas de Covid-19 ont connu au cours de la semaine passée une explosion spectaculaire et inédite à Maurice, île de l'océan Indien relativement épargnée par la pandémie, mais ces derniers sont essentiellement asymptomatiques, affirment les autorités.

L'île a enregistré 1.067 nouveaux cas la semaine dernière, soit environ un tiers des 3.528 recensés depuis la première détection sur place du virus, en mars 2020, selon les chiffres officiels.

Selon le Comité national de la communication (NCC), en charge du suivi de l'épidémie, les contaminations ont principalement eu lieu dans les écoles, les entreprises ou encore les dortoirs de travailleurs immigrés.

Interrogé lundi par l'AFP sur les raisons de cette poussée, le porte-parole du NCC, Zouberr Joomaye, souligne notamment que "les cas sont de plus en plus asymptomatiques, ce qui a provoqué un relâchement des gestes barrières".

Pas moins de 99% des cas sont asymptomatiques, dit-il.

"Tout est sous contrôle, les nombreux centres de quarantaine ne sont nullement saturés et il n'y a pas de morts, ni de personnes gravement atteintes", a précisé M. Joomaye.

L'île Maurice, qui compte 1,3 million d'habitants, a débuté fin janvier sa campagne de vaccination contre le Covid-19. L'objectif fixé par Premier ministre Pravind Kumar Jugnauth était de vacciner 60% de la population en 2021.

M. Joomaye précise que "40%" des Mauriciens ont reçu deux doses de vaccin, et "50%" en ont reçu une.

Mi-juillet, Maurice a entamé une réouverture de ses frontières, presque totalement fermées depuis le début de la pandémie.

Durant cette première phase vers un retour à la normale, seuls les voyageurs vaccinés et porteurs d'un test PCR négatif peuvent entrer sur le territoire, et doivent ensuite se soumettre à une quarantaine de 14 jours.

Les autorités excluent pour le moment que les contaminations soient liées à cette réouverture.

Si la pandémie a relativement épargné l'île d'un point de vue sanitaire, elle a durement touché l'économie, très dépendante des revenus du tourisme.

La réouverture complète des frontières, sans restrictions, est prévue le 1er octobre.

Le tourisme reprend à Maurice, pour les vaccinés

Un bateau le long des côtes mauriciennes, 13 novembre 2003.

L'île Maurice, Etat confetti de l'océan Indien, rouvre jeudi ses frontières, presque totalement fermées depuis le début de la pandémie en mars 2020, aux voyageurs internationaux. Mais le bain de soleil a un prix.

Non seulement les vacanciers doivent être vaccinés et porteurs d'un test PCR négatif, mais il leur faudra en plus se soumettre à une quarantaine de 14 jours, dans une "bulle hôtelière".

George Lepoigner, chauffeur de taxi dans la capitale mauricienne Port-Louis, a hâte de voir les touristes revenir vers les plages paradisiaques et les eaux turquoises de son île.

"Sans les touristes dans le pays, nous n'avons pas de devises étrangères qui rentrent. Nous n'avons pas les fonds pour continuer à vivre", affirme M. Lepoigner, 55 ans et père de deux enfants.

Pas de spas

La pandémie a durement touché l'île Maurice, dont une part importante de l'économie repose sur les revenus générés par le secteur du tourisme.

Avant l'irruption de l'épidémie sur l'île en mars 2020, le tourisme et l'hôtellerie totalisaient environ 24% du PIB et près d'un quart des emplois.

Mais au cours de la dernière année fiscale, l'économie tout entière s'est contractée de 15%. Et le pays s'impatiente de voir revenir ses précieux touristes.

En juin, le ministre des Finances Renganaden Padayachy annonçait l'objectif "d'atteindre 650.000 touristes dans les 12 prochains mois", précisant que le rétablissement serait "progressif et continu".

Il ajoutait que l'autorité en charge du tourisme allait être dotée de quelque 420 millions de roupies mauriciennes (8,3 millions d'euros) pour promouvoir le pays dans ses marchés clés, comme la Chine, l'Europe et l'Afrique du Sud.

Mais les professionnels du tourisme devront cependant attendre avant de ressentir un rebond: la réouverture complète des frontières, sans les restrictions, n'est en effet prévue que le 1er octobre.

En attendant, les touristes pourront jouir de leur "resort" et de la plage, mais ne pourront pas profiter du reste de l'île pendant leur quarantaine, pas plus que de certains services, comme les spas.

Selon Le Mauricien, un des principaux journaux locaux, 600 touristes étaient attendus jeudi, en provenance d'Europe et de Dubaï.

"Je choisis le Covid"

Gilbert Espitalier-Noel, directeur général des hôtels New Mauritius, un acteur important du secteur, note avec morosité ne pas s'attendre à une reprise avant le dernier trimestre 2021.

Les revenus de ses hôtels ont plongé à 940 millions de roupies (18,6 millions d'euros) sur la période allant de juin 2020 à mars 2021, contre 7,6 milliards de roupies (150 millions d'euros) pour juin 2019-mars 2020.

"Bien que nous ayons pris des mesures pour réduire les dépenses, à travers des réductions de salaire, des départs en retraite volontaires, et en maintenant les dépenses opérationnelles à leur minimum, l'entretien des hôtels reste significatif", ajoute-t-il.

Les effets de la crise ne se sont pas limités au tourisme, mais se sont fait sentir dans les transports, l'agriculture ou encore la vente.

Évoquant les effets d'entraînement au-delà du secteur touristique, l'économiste Rama Sithanen souligne que "Maurice n'est pas sorti de ce choc brutal et immense".

Comme d'autres pays dans le monde, l'île, qui a enregistré quelque 2.190 cas d'infections et 20 décès pour une population totale de 1,2 million d'habitants, se bat désormais contre des variants plus virulents du virus, dont le Delta.

Mais pour M. Lepoigner, le retour des touristes ne peut plus attendre.

"Même s'il y a un risque de contamination avec le nouveau variant, soit nous mourons de faim, soit nous mourons du Covid. Je choisirai le Covid puisque 99,9% des Mauriciens ont survécu au virus depuis l'année dernière", lâche-t-il.

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