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Île Maurice

Décès de l'ancien Premier ministre mauricien Anerood Jugnauth à 91 ans

Le Premier ministre mauricien Anerood Jugnauth s'adresse à la 71e Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 23 septembre 2016.

Anerood Jugnauth, qui a occupé six fois le poste de Premier ministre à Maurice et a insufflé la transformation économique de cette île de l'océan Indien, est mort à l'âge de 91 ans, ont annoncé jeudi soir les autorités.

"C'est avec une profonde tristesse et (le) plus grand regret que nous annonçons le décès de Sir Anerood Jugnauth survenu ce 3 juin des suites de maladies", a déclaré jeudi soir le président, Prithviraj Roopun.

Deux jours de deuil ont été décrétés tandis que le drapeau sera en berne dans tous les lieux publics. Ses funérailles se tiendront samedi.

Né le 29 mars 1930, Anerood Jugnauth, avocat de formation, est entré en politique en 1963 en tant que député.

Il a ensuite été nommé six fois Premier ministre, dont la première fois en 1982, servant également durant deux mandats comme président - un titre honorifique - entre 2003 et 2012.

Il a démissionné en 2017, cédant le pouvoir à son fils Pravind Jugnauth, l'actuel Premier ministre, réélu en 2019.

En 1965, alors que Maurice est encore une colonie britannique, il participe à une conférence constitutionnelle à Londres, qui dotera le pays d'une loi suprême à son indépendance en 1968.

Anerood Jugnauth a toujours revendiqué la rétrocession à son pays de l'archipel des Chagos, un territoire britannique de l'océan Indien situé au nord-est de Maurice et qui abrite une base militaire américaine.

Pays autrefois pauvre, à l'économie majoritairement agricole, Maurice est devenu durant ses années au pouvoir l'un des pays les plus riches d'Afrique, une transformation dont le mérite lui est souvent attribué.

Le Premier ministre indien Narendra Modi, l'un de ses proches dans la région, a salué dans un message de condoléances "l'architecte du Maurice moderne" et "un grand leader et homme d'Etat".

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L'île Maurice entame un deuxième confinement face au Covid-19

Le Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth arrive à Londres, le 18 mars 2019.

L'île Maurice a entamé mercredi matin un confinement national jusqu'au 25 mars, pour la deuxième fois depuis l'apparition du Covid-19 dans l'archipel de l'océan Indien il y a un an, a annoncé mardi soir le Premier ministre Pravind Kumar Jugnauth.

"Ce confinement est devenu nécessaire après l'apparition de quatre nouveaux cas locaux positifs de Covid 19, ce qui porte à 14 le nombre de cas positifs locaux enregistrés depuis le 5 mars dernier", a déclaré le Premier ministre dans une allocution télévisée.

"Nous n'avions pas d'autre choix que le confinement total afin d'empêcher la propagation du virus et protéger la population", a ajouté M. Jugnauth.

Mercredi, seuls les services essentiels seront opérationnels, notamment le port, l'aéroport, les services hospitaliers, les secours d'urgence.

A compter de jeudi, les supermarchés, les boulangeries, les stations essence et les pharmacies seront accessibles selon un principe de rotation des consommateurs par ordre alphabétique.

"Je suis certain que nous pourrons reprendre nos activités le plus vite possible", a également dit le Premier ministre.

Ce nouveau confinement, après celui imposé en mars 2020, est condamné par les dirigeants de l'opposition, dont l'ancien Premier ministre Navinchandra Ramgoolam qui a dénoncé "l'incompétence du gouvernement".

Mais pour le Premier ministre adjoint et ministre du Tourisme Steven Obeegadoo, "le gouvernement a mis en application de manière rigoureuse les protocoles sanitaires" et "Maurice n'avait pas d'autre choix que d'imposer ce confinement afin de briser la chaîne de transmission du virus".

Au 7 mars, l'île Maurice, qui compte environ 1,2 million d'habitants, avait enregistré un total de 641 cas depuis le début de l'épidémie, dont 10 décès et 40 cas actifs.

Un chalutier échoue près de Port-Louis, craintes d'une marée noire

Une vue aérienne prise à Maurice le 17 août 2020 montre le vraquier MV Wakashio, appartenant à une société japonaise mais battant pavillon panaméen, qui s'était échoué et s'était brisé en deux près du parc marin de Blue Bay.

L'inspection du chalutier échoué près de la capitale mauricienne Port-Louis, avec 130 tonnes de fioul à son bord, va commencer "sous peu" afin de détecter d'éventuelles fuites, a déclaré lundi le ministre de la Pêche, Sudheer Maudhoo.

L'île Maurice a connu il y a sept mois l'une des pires pollutions maritimes de son histoire avec l'échouage du MV Wakashio, qui a déversé 1.000 tonnes de fioul dans ses eaux turquoises et provoqué la colère des habitants.

Dimanche vers 17h30, le Lurong Yuan Yu, un chalutier battant pavillon chinois, s'est échoué sur un récif faisant face à Pointe-aux-Sables (Nord-Ouest), près de Port-Louis. Il ne contient aucune cargaison mais 130 tonnes de fioul et 5 tonnes de lubrifiants.

"Il y a des traces d'huiles autour du Lurong Yuan Yu. Des plongeurs vont sous peu inspecter le navire pour voir s'il y a des fissures", a déclaré M. Maudhoo lors d'une conférence de presse organisée lundi midi.

Il a qualifié le pompage du fioul de "priorité" et précisé que 300 mètres de boudins flottants ont été déployés autour du navire, confirmant les observations sur place d'un correspondant de l'AFP.

Ce dernier a également constaté que des garde-côtes et des militaires se mobilisaient lundi matin à Pointe-aux-Sables. Des habitants y ont indiqué voir des traces d'huile arrivant sur le rivage.

Le ministre n'a pas donné plus de précisions sur les circonstances de l'incident.

"La police est aussi à bord pour saisir tous les documents et une enquête a été ouverte", a-t-il ajouté.

Le Wakashio, navire échoué, s'est brisé en deux
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Manifestations

Le MV Wakashio, un vraquier japonais, s'est échoué le 25 juillet 2020 sur un récif corallien près de la pointe d'Esny, sur la côte Sud-Est. Il contenait 3.800 tonnes de fioul et 200 tonnes de diesel, qui ont rapidement commencé à fuir mais ont pu être majoritairement pompés.

L'affaire avait suscité le courroux des Mauriciens, déjà excédés par les scandales de corruption et de népotisme qui émaillent la politique mauricienne, notamment dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.

Le 29 août, une manifestation avait réuni entre 50.000 et 75.000 personnes à Port-Louis pour dénoncer la gestion de la marée noire par le gouvernement du Premier ministre Pravind Jugnauth. Un tel rassemblement n'avait pas été vu depuis 1982.

Le démantèlement de la poupe du vraquier est en passe d'être achevée - sa proue et sa coque ont été coulées au large - et les opérations de nettoyage du carburant sont terminées.

Plus de 10.000 enseignants francophones bientôt formés à Abidjan

Un professeur pose avec sa classe à Soweto, Afrique du sud, le 17 septembre 2015.

Les autorités ivoiriennes ont inauguré la semaine dernière, à Abidjan, le Centre de développement professionnel (CDP) créé par la France, former en cinq ans plus de 10.000 enseignants de 15 pays d'Afrique subsaharienne francophone.

En Afrique subsaharienne francophone, plus de la moitié des élèves débutent le secondaire sans savoir ni lire ni écrire.

"Compte tenu de la très grande proximité de nos systèmes scolaires, il nous a semblé important de créer ce CDP", explique Jean-Christophe Deberre, ancien directeur de la Mission laïque française, à l’initiative de ce projet. Il s'agit selon lui d'une "brique de plus dans la coopération entre la France et les pays d'Afrique francophone".

Le CDP doit former le personnel de l’enseignement public français en Côte d’Ivoire et dans la sous-région, ainsi que ceux de l’enseignement privé. Le lycée international Jean-Mermoz à Abidjan, le plus grand établissement français du pays, abrite ses locaux.

Pendant une semaine, conférences, ateliers, journées portes ouvertes et tables rondes ont rassemblé plusieurs centaines de personnes, venues "s'informer et se former" aux métiers de l’éducation.

Le but est de former "en cinq ans plus de 10.000 enseignants et étudiants pour relever le défi de la qualité de l'enseignement", affirme François Clauzel, directeur du CDP.

"Nous voulons mettre un terme à une vielle méthode qui consistait à réunir des enseignants, leur donner une formation théorique et les renvoyer dans leur classe", dit-il, promettant un suivi tout au long de leur carrière professionnelle.

La ministre ivoirienne de l’Education, Kandia Camara, s'est réjouie de l'installation de ce centre "dans un environnement de plus en plus concurrentiel".

"(...) Ce centre innovant vient à point nommé pour combler des besoins pressants en matière d’ingénierie pédagogique, de formation initiale et de renforcement continu des capacités", a-t-elle souligné lors de la cérémonie inaugurale.

Elèves analphabètes

Le CDP doit permettre de relever le système éducatif des pays africains, de plus en plus critiqué pour la piètre qualité de ses acteurs et sa mauvaise gouvernance.

"Plus de la moitié (55%) des élèves de 15 pays d'Afrique francophones débutent leur scolarité dans le secondaire sans savoir écrire, ni lire", souligne un récent rapport du Programme d'analyse des systèmes éducatifs (PASEC) des ministres de l'Education d'Afrique francophone.

"Ces élèves éprouvent des difficultés d'apprentissage (...) relativement importants dans le déchiffrage de l'écriture et la compréhension des mots", indique ce rapport financé notamment par l’Agence française de développement (AFD).

Une question récurrente en Côte d'Ivoire, essentielle à la fois pour les institutions et pour les parents d'élèves, est la qualité de l'enseignement et donc la qualité de la prestation des enseignants, selon un expert.

"Le facteur qui a le plus d’influence sur la réussite des élèves, c'est l'enseignant. Un bon enseignant, c'est celui qui va faire progresser très vite ses élèves", note Julie Higounet, responsable ingénierie formation à la Mission laïque française qui pilote le projet.

"Je souhaite vivement que ce Centre de développement professionnel nous aide à écrire ensemble de belles pages de l'histoire de notre école (...)", a poursuivi la ministre ivoirienne de l'Education.

Pour Théodore Gnagna Zadi, à la tête d'une plateforme qui regroupe une cinquantaine de syndicats du public et du privé, en majorité d'enseignants, "notre pays a commencé à régresser dans la qualité de l'enseignement: nos camarades ont besoin de cet instrument pour stopper l'hémorragie et relancer le système".

Ces femmes qui ont été présidentes en Afrique

L'ancienne présidente libérienne Ellen Johnson-Sirleaf, lauréate du prix Nobel de la paix, posant avec son diplôme et sa médaille après avoir été récompensée, à Oslo, le 10 décembre 2011. (Reuters/Leonhard Foeger)

La représentation des femmes en politique est en hausse dans le monde. En Afrique, elles s'affirment dans les instances dirigeantes, jouant pleinement leur rôle de pionnières. Bien que minoritaires, à l'exception de quelques pays comme le Rwanda, elles parviennent à s'imposer au sommet de l'Etat.

Il y a eu jusqu'ici une soixantaine de femmes présidentes dans le monde dont 17 par interim et deux chancelières. Onze présidentes sont en poste actuellement, dont une en Afrique, Sahle-Work Zewde, élue à la tête de l'Ethiopie le 25 octobre 2018.

L'Afrique a déjà eu douze présidentes dont sept par intérim. Bien que certaines aient exercé pour de très courtes durées, ces personnalités ont ouvert la voie à de nombreuses femmes qui tentent leur chance en politique sur le continent.

Libéria: la pionnière "Ma Ellen"

Parmi ces pionnières, nul doute que la plus connue est Ellen Johnson Sirleaf, qui, le 16 janvier 2006 est devenue la première femme présidente élue en Afrique, et également la présidente africaine qui est restée le plus longtemps au pouvoir, grâce à sa réélection en 2011 pour un second mandat qui s'est achevé le 22 janvier 2018.

La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf et Hillary Clinton avec sa fille Chelsea lors d'un événement sur l'égalité des genres à Washington, le 9 mars 2015.
La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf et Hillary Clinton avec sa fille Chelsea lors d'un événement sur l'égalité des genres à Washington, le 9 mars 2015.

En tant que spécialiste de la finance ayant fait ses armes à la Banque mondiale, Mme Sirleaf s'est engagée, dès le début de sa présidence, à réduire la dette nationale, qui s'élevait à près de cinq milliards de dollars en 2006. En 2009, le gouvernement a racheté la dette à un taux réduit de 97%, le plus élevé jamais enregistré pour un pays en développement.

Une année plus tard, le pays a atteint le point d'achèvement de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), ce qui lui a valu un allégement de la totalité de sa dette extérieure. Pour préserver la voie de la guérison vers la normalisation économique, Mme Sirleaf s'est alors engagée à suivre une ligne de conduite salvatrice: empêcher les emprunts non viables en les limitant à 3% du PIB.

Malawi: Joyce Banda a réduit son propre salaire

Au Malawi, la vice-présidente Joyce Banda est devenue présidente le 7 avril 2012, à la suite de la mort soudaine du président Bingu wa Mutharika. Elle a dirigé le pays jusqu'au 31 mai 2014, après avoir échoué à la présidentielle face à Peter Mutharika, frère cadet du défunt président.

L'ancienne présidente du Malawi Joyce Banda au Sommet Concordia à New York, le 20 septembre 2016.
L'ancienne présidente du Malawi Joyce Banda au Sommet Concordia à New York, le 20 septembre 2016.

Fervente militante des droits des femmes, elle est la fondatrice de plusieurs associations féminines, dont l'Association Nationale des Femmes d'Affaires (NABW). Son succès l'a incitée à aider d'autres femmes à atteindre leur indépendance financière et à briser les cycles de violence et de pauvreté. En 2014, Forbes l'a désignée 40e femme la plus puissante du monde et la femme la plus puissante d'Afrique.

Au plan économique, Mme Banda a relevé plus d'un défi, notamment en lançant, dès les premiers jours de sa présidence, une offensive diplomatique pour rétablir les relations internationales du Malawi, qui avaient été considérablement détériorées sous l'administration Mutharika. En 2012, elle a par ailleurs réduit son salaire de 30% dans le cadre de mesures d'austérité.

Une scientifique au pouvoir à Maurice

Agnès Ohsan-Bellepeau a été présidente par intérim de Maurice en 2012 et Ameenah Gurib-Fakim, chercheuse reconnue en phytothérapie et biodiversité, a été présidente de juin 2015 à 2018. La nomination de cette dernière a été approuvée à l’unanimité lors d’un vote à l’Assemblée nationale. Mme Gurib-Fakim a travaillé à faire connaître le réchauffement climatique et à promouvoir de nouveaux investissements dans la science et la technologie à Maurice.

L'ancienne présidente de Maurice Ameenah Gurib-Fakim lors d'un sommet sur les questions d'eau à Budapest, Hongrie, le 29 novembre 2016.
L'ancienne présidente de Maurice Ameenah Gurib-Fakim lors d'un sommet sur les questions d'eau à Budapest, Hongrie, le 29 novembre 2016.

En tant que scientifique, elle a réalisé un travail académique hors norme et rédigé une vingtaine d'ouvrages sur la phytothérapie. En juin 2016, elle figurait dans la liste Forbes des 100 "femmes les plus puissantes du monde" et 1ère parmi les 100 femmes influentes en Afrique sur la liste 2017.

Ameenah Gurib-Fakim a démissionné de ses fonctions de présidente de Maurice le 23 mars 2018, après le 50e anniversaire des célébrations de l'indépendance, en plein milieu d'un scandale financier.

Les présidentes intérimaires

La femme d'affaires et avocate d'entreprise Catherine Samba-Panza a été présidente de transition de la Centrafrique du 23 janvier 2014 au 30 mars 2016, au cours d'une période des plus troubles et complexes de ce pays, qui peinait à sortir d'une rébellion armée en 2013 ayant chassé du pouvoir François Bozizé.

L'ancienne présidente par intérim centrafricaine Catherine Samba Panza accueillant le pape François à Bangui le 29 novembre 2015.
L'ancienne présidente par intérim centrafricaine Catherine Samba Panza accueillant le pape François à Bangui le 29 novembre 2015.

Son expérience dans les affaires a développé sa farouche opposition à la corruption. Catherine Samba-Panza est également une ardente promotrice des droits des femmes. En tant que membre éminente de l’Association des Femmes Juristes de Centrafrique, elle a œuvré pour une plus grande inclusion des femmes aux postes gouvernementaux et pour les droits des victimes de violence en Centrafrique et dans la région des Grands Lacs.

Mme Samba-Panza a tenté, à plusieurs reprise, de faire entendre raison aux milices armées, à commencer par cette première déclaration devenue célèbre: "J'appelle mes enfants, en particulier les anti-balaka, à baisser les armes et à arrêter tous les combats. Il en va de même pour les ex-Séléka. Ils ne devraient pas avoir peur. Je ne veux plus entendre parler de meurtres et assassinats. A partir d'aujourd'hui, je suis la présidente de tous les Centrafricains, sans exclusion."

Si son appel à des pourparlers entre les deux parties au conflit avait été bien accueilli à l'époque, aujourd'hui, plusieurs groupes armés contrôlent toujours les trois quarts du pays. Forte de ce triste constat, Catherine Samba-Panza s'est portée candidate à la présidentielle du 27 décembre 2020, remportée par le président Faustin Archange Touadéra.

Sylvie Kinigi, la rassembleuse du Burundi

Sylvie Kinigi a été Première ministre du Burundi du 10 juillet 1993 au 7 février 1994 et présidente par intérim du 27 octobre 1993 au 5 février 1994. Les aléas de la guerre civile l'on poussée à occuper les deux postes.

Après une éducation religieuses dans une école belge pour filles, Sylvie Kinigi a étudié l'économie à Bujumbura. Mariée à 19 ans à un professeur et devenue mère de quatre enfants, elle poursuivit ses études. Alors engagée en politique dans le parti au pouvoir, elle a fait changer les lois notamment à travers des mesures économiques et sociales pour les femmes. En 1991, elle est parvenue à réduire les dépenses militaires et à mettre en œuvre un programme de réforme, en tant que conseillère du premier ministre.

Après les élections de 1993, le vainqueur de la présidentielle, l'opposant Hutu Melchior Ndadaye, a nommé un cabinet multi-ethnique, avec une Première ministre Tutsi, Sylvie Kinigi, qui s'est aussitôt engagée à faire de la réconciliation sa priorité absolue.

Un pari réduit à néant quelques mois plus tard, lors de l'assassinat du président Ndadaye et de six de ses ministres, qui marquera le début de la guerre civile. Malgré le chaos, Mme Kinigi parvint à rassembler une quinzaine de ministres pour continuer à gouverner, devenant ainsi présidente par intérim.

En janvier 1994, le Parlement élit le Hutu Cyprien Ntaryamira à la présidence pour le reste du mandat de M. Ndadaye. Mme Kinigi démissionne de son poste de Première ministre lors de l'investiture de M. Ntaryamira et quitte le pays.

Rose Francine Rogombé entre deux Bongo au Gabon

Le Gabon, qui a aujourd'hui une Première ministre, a également bénéficié de l'une des dirigeantes les plus pragmatiques qui soit, Rose Francine Rogombé qui, en tant que présidente du Sénat, a exercé la fonction de présidente par intérim de juin à octobre 2009, après la mort du président Omar Bongo le 8 juin 2009, le temps de préparer les élections qui ont vu la victoire d'Ali Bongo, le fils du défunt chef de l'Etat.

Rose Francine Rogombé, assermentée chef d'État par intérim du Gabon lors d'une cérémonie au Sénat, le 10 juin 2009 à Libreville.
Rose Francine Rogombé, assermentée chef d'État par intérim du Gabon lors d'une cérémonie au Sénat, le 10 juin 2009 à Libreville.

Après avoir conduit une transition exemplaire pour l'organisation de ces élections, la "dame de fer" a repris son poste au Sénat. En reconnaissance de son travail dans la conduite du Gabon pendant l'élection présidentielle anticipée, Marcel Sandoungout, le sénateur le plus âgé à l'époque, lui a remis une médaille d'honneur à l'occasion de son retour. Lors des élections sénatoriales de décembre 2014, une autre femme, Lucie Milebou Aubusson, a été élue pour succéder à Mme Rogombé à la présidence du Sénat, le 27 février 2015.

Rose Francine Rogombé, présidente de la fondation des juristes gabonaises, secrétaire d’État à la Promotion de la Femme dans les années 1980, s'est en effet illustrée dans son parcours politique qui lui aura permis de démontrer ses compétences et qualités exemplaires lui ayant même valu le respect des opposants au régime jusqu'à son retrait de la vie politique quelques semaines avant son décès le 10 avril 2015, à Paris, à l'âge de 73 ans.

Lors de ses obsèques nationales, Laure Olga Gondjout, médiatrice de le République, a déclaré que c'était une référence pour “ses jeunes soeurs”, et a exprimé sa fierté pour son parcours. Mme Rogombé, qui a laissé derrière elle une famille nombreuse, est la mère de Madeleine Berre, actuelle ministre de l'Emploi et de l'Innovation.

La matriarche du Libéria, Ruth Perry

Ruth Perry a été présidente par intérim du Conseil d'État du Libéria du 3 septembre 1996 au 2 août 1997, à la suite de la première guerre civile. Ancienne enseignante, sénatrice et banquière, mère de sept enfants, Mme Perry a été très active dans les mouvements de la société civile tels que la Women Initiative in Liberia, Women in Action for Goodwill et l'Association of Social Services, qui cherchaient à mettre fin à la guerre civile.

Photo d'illustration du drapeau libérien.
Photo d'illustration du drapeau libérien.

Le 18 août 1996, la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest a négocié un cessez-le-feu entre les factions belligérantes du Libéria et annoncé que Ruth Perry remplacerait Wilton Sankawulo à la présidence du Conseil d’État dans un gouvernement intérimaire.

En septembre 1996, Perry s'est rendue dans les comtés de Bomi et de Grand Cape Mount pour constater les souffrances des populations et a appelé à une aide humanitaire rapide. Elle a rallié son soutien au processus de paix libérien lors d'un discours passionné à l'Assemblée Générale des Nations Unies à New York le 9 octobre 1996; et elle a traversé le pays avant le désarmement pour exhorter les combattants à déposer les armes”, a commenté en 2002 le professeur Adekeye Adebajo, directeur de l’Institut pour la pensée et la conversation panafricaine de l’Université de Johannesburg en Afrique du Sud.

Les présidentes de quelques jours: Ivy Matsepe-Cassaburi et Carmen Pereira

Ivy Matsepe-Cassaburi a servi quelques jours en 2005 en Afrique du Sud, ainsi que Carmen Pereira en 1984 en Guinée Bissau.

Ivy Matsepe-Cassaburi a brièvement été présidente par intérim lorsque le président Thabo Mbeki et le vice-président étaient à l'extérieur du pays. Elle a ensuite été choisie comme chef de l'Etat à titre intérimaire le 25 septembre 2008 pendant 14 heures, entre la démission de Thabo Mbeki et l'entrée en fonction de Kgalema Motlanthe.

Ivy Matsepe-Cassaburi a été la première personne noire et la première femme présidente de la South African Broadcasting Corporation (SABC), média d'État. Elle a également été Première ministre de l'État Libre entre 1996 et 1999 ( 3 femmes ont occupé ce poste après elle) et ministre des Communications d'Afrique du Sud jusqu'à sa mort en 2009.

La Bissau-Guinéenne Carmen Pereira était la fille de l'un des rares avocats africains de la colonie portugaise de l'époque. Elle s'est mariée à un jeune âge et son mari et elle-même ont été impliqués dans la guerre d'indépendance de la Guinée-Bissau contre le Portugal à la suite de la vague de décolonisation dès 1958 et s'est illustrée comme leader et commandant révolutionnaire dans les années 60. Elle a servi seulement trois jours en tant que présidente par intérim en 1984. Carmen Pereira est décédée à Bissau le 4 juin 2016.

L'Éthiopienne Sahle-Work Zewde, sans grand pouvoir mais influente

Bien que le rôle de la présidente éthiopienne soit surtout cérémonial -l'essentiel du pouvoir incombant au Premier ministre Abiy Ahmed - Sahle-Work Zewde est la première femme à occuper ce poste, après avoir été élue par l'Assemblée parlementaire le 25 octobre 2018.

La présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde devant le parlement le jour de son investiture, Addis-Abeba, 25 octobre 2018. (Reuters)
La présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde devant le parlement le jour de son investiture, Addis-Abeba, 25 octobre 2018. (Reuters)

Sahle-Work était auparavant Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies auprès de l'Union africaine. Ayant étudié à l'Université de Montpellier en France et parlant couramment le français, elle a été ambassadrice dans plusieurs pays africains et en France.

La présidente éthiopienne lance régulièrement des programmes de soutien et d'autonomisation des femmes. Le 24 janvier 2021 à Addis-Abeba, elle s'est adressée aux dirigeantes de l'initiative Amujae du Centre présidentiel Ellen Johnson Sirleaf pour les femmes et le développement. "Que vous soyez considérées comme dirigeantes dans vos communautés ou au sein du gouvernement, vous inspirerez d’autres femmes à vous rejoindre, en ajoutant de plus en plus de voix pour créer un crescendo qui ne peut être ignoré", avait-elle déclaré.

Lors d'une interview avec la VOA, elle avait confié avoir "grandi dans une famille de quatre filles. J'avais une famille incroyable, en particulier mon père, qui nous a toujours dit qu'il n'y a rien qu'une femme ou une fille ne puisse faire. Cela a été ma devise toute ma vie".

Sahle-Work Zewde avait vanté la parité du cabinet ministériel, composé de 50% de femmes: "En Éthiopie, le gouvernement a pris la décision audacieuse de placer l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes au cœur de nos réalisations. Ma venue en est le résultat ainsi que le cabinet".

La présidente avait conclu: "Il nous incombe désormais à tous de nous assurer que l'écart est comblé, que les femmes puissent franchir les échelons et être sélectionnées à tous les postes à responsabilité."

Samia Suluhu Hassan, musulmane de Zanzibar, présidente de la Tanzanie

Après le décès de John Magufuli en Tanzanie, la vice-présidente Samia Suluhu Hassan est devenue la première femme à diriger le pays. Elle va finir le mandat de cinq ans du défunt président jusqu'en 2025.

La vice-présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan (D) dans la région de Tanga, le 16 mars 2021. Elle est devenue présidente après la mort de John Magufuli le 17 mars.
La vice-présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan (D) dans la région de Tanga, le 16 mars 2021. Elle est devenue présidente après la mort de John Magufuli le 17 mars.

Née le 27 janvier 1960 à Zanzibar, Samia Suluhu Hassan est diplômée en développement économique communautaire.

Elle a été responsable du développement au sein du gouvernement de Zanzibar et a travaillé pour le Programme alimentaire mondial.

En 2000, Mme Hassan a été nommée membre du Parlement de l'archipel par le parti présidentiel avant d'être élue à l'Assemblée nationale tanzanienne.

Cette musulmane de 61 ans a été ministre des Femmes et de la Jeunesse, du Tourisme et du Commerce à Zanzibar et ensuite ministre des Affaires de l'Union au niveau national, avant de devenir la colistière de John Mugufuli, réélu en octobre dernier.

Samia Suluhu Hassan devient l'une des deux femmes présidentes actuellement en Afrique, avec l'Ethiopienne Sahle-Work Zewde.

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