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États-Unis

Massacre dans une école du Connecticut aux Etats-Unis

Le président Barack Obama, visiblement ému par la tuerie dans une école élémentaire américaine
Une fusillade dans une école primaire du Connecticut a fait vendredi matin au moins 26 morts, dont des enfants pour la plupart.

C’est ce qu’ont confirmé les autorités de cet Etat du nord-est des Etats-Unis, ajoutant que l’assaillant présumé figure parmi les morts.

Lors d’une conférence de presse, le lieutenant de police Paul Vance a déclaré que des membres du personnel de l’école comptent parmi les morts. Il a affirmé que la priorité pour les autorités reste d'informer les parents des enfants.

La fusillade a eu lieu à l’école Sandy Hook Elementary, à Newtown. Le gouverneur du Connecticut s’est dit « horrifié » par la tragédie, selon un membre de son cabinet.

Le président Barack Obama a appelé les autorités de l’Etat pour exprimer son chagrin, et leur a promis l’aide du gouvernement fédéral. Le chef de l'exécutif a également eu une conversation avec le directeur du FBI à propos de cette fusillade. Les larmes aux yeux, il a évoqué l'immense douleur ressentie pour les victimes de la fusillade, et il a appelé ses compatriotes à mettre de côté la politique pour "prendre des mesures concrètes afin d'empêcher d'autres tragédies de ce genre".

"Nos coeurs sont brisés aujourd'hui", a déclaré M. Obama, visiblement ému, lors d'une visite dans la salle de presse de la Maison Blanche.

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Trump accusé d'utiliser les forces armées à des fins politiques

Le président Donald Trump quitte les portes de la Maison Blanche pour se rendre à l'église St. John's, de l'autre côté du parc Lafayette, le lundi 1er juin 2020, à Washington. (Photo AP)

Accusé de se faire utiliser par Donald Trump à des fins politiques, le Pentagone cherchait mardi à se distancier du président américain après des propos polémiques du ministre de la Défense Mark Esper et le déploiement de renforts militaires autour de la Maison Blanche.

Dans un pays où les militaires sont vénérés, le chef du Pentagone Mark Esper a semé l'inquiétude en déclarant lundi que les forces de l'ordre devaient "dominer le champ de bataille" pour rétablir l'ordre, alors que des centaines de milliers d'Américains protestent contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales exacerbées par la crise du Covid-19.

M. Esper et le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, se sont par ailleurs affichés aux côtés de M. Trump lorsqu'il s'est rendu à pied lundi soir devant l'église Saint John, bâtiment emblématique proche de le Maison Blanche, dégradé la veille en marge d'une manifestation.

M. Esper était au premier rang des responsables de l'administration, près de Donald Trump, quand celui-ci s'est fait photographier devant l'église avec une bible à la main, quelques minutes après la dispersion brutale, à coups de matraques et de gaz lacrymogène, de manifestants qui protestaient pacifiquement près de la Maison Blanche.

Le général Milley a été filmé marchant en tenue de camouflage derrière M. Trump. Des images vite reprises par la Maison Blanche dans une vidéo aux accents électoraux.

Tout ceci a semé la consternation dans l'opposition démocrate et parmi d'anciens responsables militaires.

"L'Amérique n'est pas un champ de bataille. Nos concitoyens ne sont pas l'ennemi", a tweeté un ancien chef d'état-major américain, l'ex-général Martin Dempsey.

Un haut responsable du Pentagone a assuré qu'en parlant de "champ de bataille", M. Esper n'avait pas d'arrière-pensée, et qu'ancien militaire lui-même, il s'exprimait juste dans un "jargon militaire".

Quant à la présence du général Milley derrière le président américain lors d'une sortie de la Maison Blanche visiblement politique, elle aurait été involontaire, a ajouté ce haut responsable ayant requis l'anonymat.

Le président leur a dit "qu'il voulait voir les troupes déployées à l'extérieur", a-t-il expliqué, assurant que ni M. Esper, ni le général Milley "ne savaient que les forces de l'ordre avaient décidé de faire évacuer" la zone.

"Jargon militaire"

Le Congrès s'est emparé de l'affaire. L'influent président de la commission des Forces armées de la Chambre des représentants, Adam Smith, s'est inquiété mardi de la direction "autocratique" du président Trump et de "la façon dont elle affecte le jugement de la hiérarchie militaire".

"Le rôle de l'armée américaine dans le maintien de l'ordre sur le territoire est limité par la loi", a-t-il rappelé.

Une loi interdit en effet d'utiliser des soldats d'active dans des missions de maintien de l'ordre, sauf en cas d'insurrection. En cas de désordres publics, il revient à chaque Etat américain de faire appel à d'anciens policiers réservistes de la Garde nationale.

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a accusé mardi Donald Trump d'avoir "transformé ce pays en un champ de bataille miné par de vieilles rancunes et de nouvelles peurs".

Les minorités sont largement représentées au sein de l'armée américaine, considérée comme un ascenseur social, et le malaise était palpable parmi les militaires une semaine après la mort à Minneapolis de George Floyd, un homme noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc.

"Je suis George Floyd", a notamment tweeté l'adjudant de l'US Air Force Kaleth Wright, un des militaires noirs américains les plus en vue. "Comme la plupart des aviateurs noirs, je suis outré de voir un autre homme noir mourir à télévision sous nos yeux".

"Ce qui arrive trop souvent dans ce pays à des hommes noirs victimes de brutalités policières (...) pourrait m'arriver à moi", a-t-il ajouté dans des messages ayant reçu un large écho.

Il a notamment reçu le soutien public du plus haut gradé de l'armée de l'Air, le général Dave Goldstein, qui dans une lettre aux commandants d'unités, a qualifié la mort de George Floyd de "tragédie nationale" et annoncé qu'il participerait mercredi avec l'adjudant Wright à un débat en ligne sur le racisme.

Du côté du sénat, le président américain a essuyé des critiques de la part des démocrates et de certains républicains. C'est le cas de la sénatrice Susan Collins de l'État de Maine.

Mardi, la sénatrice républicaine a interpellé le président Trump pour son attitude "antipathique" face à des manifestants pacifiques qui ont été dispersés au gaz lacrymogène lundi soir pour que le chef de l'exécutif puisse poser avec une Bible devant l'église épiscopale St. John.

Biden accuse Trump d'avoir transformé l'Amérique en "champ de bataille"

Le candidat démocrate à la présidentielle, l'ancien vice-président Joe Biden s'exprime à Philadelphie, le 2 juin 2020. (Photo AP / Matt Rourke)

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a accusé mardi Donald Trump d'avoir transformé les Etats-Unis en "champ de bataille", en promettant de tout faire pour "guérir les blessures raciales".

La mort à 46 ans de George Floyd, un homme noir, il y a une semaine à Minneapolis est un "électrochoc pour notre pays, pour nous tous", a déclaré l'ancien vice-président de Barack Obama lors d'un discours à Philadelphie.

C'était la première fois depuis la mi-mars que Joe Biden, 77 ans, s'aventurait hors de son Etat du Delaware, où il était confiné à cause de la pandémie de coronavirus.

Filmé par des passants, l'homicide de George Floyd - asphyxié, visage contre terre, sous le genou d'un policier blanc - a indigné le pays et le monde, et provoqué des manifestations à travers les Etats-Unis qui ont parfois dégénéré en émeutes.

Joe Biden a condamné à plusieurs reprises les violences mais a accusé mardi Donald Trump, 73 ans, d'avoir "transformé ce pays en un champ de bataille divisé par les vieux ressentiments et les peurs nouvelles".

"Il pense que la division l'aide" pour remporter la présidentielle du 3 novembre, a affirmé le démocrate, qui le devance dans les sondages.

Joe Biden a dénoncé la dispersion lundi soir de "manifestants pacifiques" à coups de "gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes" pour permettre à Donald Trump de réaliser une "opération de communication" en se rendant devant une église proche de la Maison Blanche, une bible à la main.

En voyant ces scènes, "nous sommes en droit de penser que le président est plus préoccupé par le pouvoir que par les principes. Qu'il est plus intéressé par servir les passions de sa base que les besoins de ceux dont il est censé s'occuper", a-t-il affirmé.

"Nous ne pouvons pas être naïfs. J'aimerais pouvoir dire que la haine a commencé avec Donald Trump et disparaîtra avec lui. Ce n'est pas le cas. Et cela n'arrivera pas. L'Histoire américaine n'est pas un conte de fées avec une fin heureuse garantie", a souligné le démocrate.

Cherchant à s'inscrire en net contraste avec le milliardaire républicain, il a fait une promesse aux électeurs américains: "Je ne manipulerai pas la peur et la division. Je n'attiserai pas les braises de la haine. Je chercherai à guérir les blessures raciales qui meurtrissent notre pays depuis si longtemps, et non pas à les utiliser pour des avantages politiques".

"Le moment est venu pour notre pays de s'attaquer au racisme institutionnel", a-t-il ajouté en exhortant le Congrès à agir dès ce mois-ci, en "commençant par une véritable réforme de la police".

Si la grande majorité des parlementaires a dénoncé la mort de George Floyd, une action aussi rapide paraît difficile dans un Congrès profondément divisé, entre la Chambre des représentants dirigée par les démocrates et un Sénat républicain.

En réponse, Donald Trump, élu en 2016 sans la moindre expérience politique ou diplomatique, a ironisé sur le fait que son rival démocrate était une figure politique de Washington depuis près d'un demi-siècle.

"Sleepy Joe est en politique depuis 40 ans et il n'a rien fait", a-t-il tweeté. "La faiblesse ne vaincra jamais les anarchistes, les pillards et les voyous, et Joe a été politiquement faible toute sa vie", a-t-il ajouté.

Genou à terre, le signe de solidarité des policiers américains face aux manifestants

Forte émotion d'un manifestant lorsqu'un un policier met un genou à terre en signe de solidarité lors d'une manifestation contre la mort de George Floyd à côté de la Maison Blanche le 31 mai 2020 à Washington, DC.

Le geste a coûté sa place en championnat au joueur de football américain Colin Kaepernick, mais depuis le début des manifestations en hommage à George Floyd, plusieurs policiers ont mis genou à terre, en solidarité avec des manifestants noirs. Jusque devant l'hôtel Trump à Washington.

A travers les Etats-Unis, les sympathisants de la cause "Black Lives Matter" (Les vie noires comptent) posent un genou à terre pour protester contre les violences policières contre les Afro-Américains, qui ont coûté la vie à George Floyd la semaine dernière à Minneapolis.

Plusieurs policiers ont rejoint le mouvement, avec un impact décuplé par le symbole de l'homme en uniforme, garant du respect de la loi, fissurant son armure pour exposer son humilité. Un geste aussi interprété comme une demande de pardon pour des bavures individuelles entachant leur mission collective.

A New York, le chef de la police, un Blanc, s'est agenouillé en tenant les mains de manifestants noirs, expliquant sous les remerciements et applaudissements de la foule qu'"aucun" de ses agents "ne pensait que ce qui s'était passé dans le Minnesota ne pouvait se justifier".

Un officier de police de New York met un genou à terre lors d'une manifestation à Times Square suite à la mort de George Floyd lors de son interpellation par un policier de Minneapolis le 31 mai 2020 à New York.
Un officier de police de New York met un genou à terre lors d'une manifestation à Times Square suite à la mort de George Floyd lors de son interpellation par un policier de Minneapolis le 31 mai 2020 à New York.

Des scènes similaires ont été vues en Floride, en Californie, dans l'Illinois, l'Iowa, le Missouri, en Géorgie... Dans la capitale Washington également, à plusieurs reprises.

Des responsables politiques démocrates de premier plan ont pris la posture, comme le candidat à la présidentielle Joe Biden, ou le maire de Los Angeles Eric Garcetti.

Souvent, vue l'émotion montrée par les policiers, il ne fait pas de doute que la génuflexion est effectuée sincèrement.

Mais parfois, les forces de l'ordre ont semblé la faire sous la pression de la foule, comme devant le Trump International Hotel, près de la Maison Blanche à Washington, où les agents étaient invectivés par les manifestants lundi après-midi.

"Leur réaction était naturelle sur le moment et n'était pas une technique" de désamorçage des tensions "préparée d'avance", a expliqué à l'AFP la police de la capitale américaine.

- Geste sulfureux -

Le geste vient du mouvement de protestation lancée par le joueur de football américain Colin Kaepernick en 2016 pour dénoncer les violences policières contre les Noirs.

Mais à force de s'agenouiller pendant l'hymne national dans des stades où il se faisait huer, et même si Barack Obama avait approuvé sa démarche, Kaepernick, pourtant une star de sa discipline, n'a pas retrouvé d'équipe à l'expiration de son contrat.

Le chef de police Andy Mills, à droite, et le maire de Santa Cruz Justin Cummings, au centre, mettent un genou à terre sur Pacific Avenue au centre-ville de Santa Cruz en Californie le 30 mai 2020 pour honorer la mémoire de George Floyd.
Le chef de police Andy Mills, à droite, et le maire de Santa Cruz Justin Cummings, au centre, mettent un genou à terre sur Pacific Avenue au centre-ville de Santa Cruz en Californie le 30 mai 2020 pour honorer la mémoire de George Floyd.

Le geste semblait à l'époque plus sulfureux qu'aujourd'hui (la cause "Black Lives Matter" n'était pas embrassée publiquement pas les plus grandes corporations américaines comme on commence à le voir en juin 2020) et les républicains s'étaient déchaînés contre Kaepernick, l'accusant d'insulte au drapeau.

Même s'il ne joue plus, sa génuflexion s'est étendue à une grande partie des joueurs de la ligue qui l'ont imité en 2017, s'attirant la colère de Donald Trump qui les a traités de "fils de putes" et a assuré qu'ils "devraient peut-être pas être dans le pays".

De telles scènes, en période de tensions aussi vives, ont donc de quoi surprendre, a expliqué à l'AFP Joshunda Sanders, une auteure et journaliste noire vivant à New York.

"J'ai vu un chef de police se découvrir quand il parlait de la famille de George Floyd, une marque de respect tellement claire et évident. Je ne me souviens plus exactement de ses paroles, mais c'était puissant à voir. Ce n'est pas quelque chose que j'ai vu auparavant".

Reste à savoir comment la hiérarchie et les collègues de ces policiers réagiront à ce geste qui, dans la passé, a été qualifié d'injure aux forces de l'ordre.

La police de Washington a assuré à l'AFP qu'ils ne risquaient aucune sanction mais dimanche soir, lorsque la tension était à son maximum dans la capitale, une vidéo montrait un policier agenouillé relevé de force par ses collègues.

New York prolonge son couvre-feu et refuse de faire appel à la Garde nationale

Des agents de police de New York dans le quartier de Brooklyn à New York, mardi 28 avril 2020. (Todd Maisel via AP)

Le couvre-feu décrété lundi à New York va être prolongé jusqu'au 7 juin, a annoncé mardi le maire de New York Bill de Blasio après une série de pillages, tout en refusant de déployer la Garde nationale dans la capitale économique américaine comme réclamé par Donald Trump.

Cette mesure exceptionnelle sera en vigueur de 20h00 à 05h00 du matin, a précisé le maire, après que le coeur de Manhattan et certains quartiers du Bronx eurent été le théâtre de nombreuses scènes de pillage lundi soir, au premier jour du couvre-feu.

De nombreux commerces ont été vandalisés, dont le grand magasin emblématique Macy's.

"Des intrus ont pénétré dans le magasin, (..) la police est intervenue et à ce stade les dégâts sont limités", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la chaîne.

Au vu de ces images largement relayées sur les réseaux sociaux, le président Donald Trump, qui lorsqu'il habitait New York vivait sur la 5e Avenue, tout près de certains magasins ciblés lundi, a appelé dans un tweet la ville à "agir vite" et à "appeler la Garde nationale".

Plusieurs villes à travers le pays ont déjà appelé ces soldats en renfort après les manifestations contre les brutalités policières contre les Américains noirs qui embrasent le pays depuis une semaine, après la mort de George Floyd aux mains d'un policier blanc à Minneapolis.

Mais M. de Blasio a estimé que la ville n'en avait "pas besoin" grâce à ses plus de 36.000 policiers, soit les effectifs policiers municipaux les plus importants du pays, mieux préparés selon lui à ce genre de situations.

"Nous allons prendre des mesures immédiatement pour rétablir l'ordre et le calme", a-t-il assuré. "Je sais que nous allons surmonter cela, nous allons avoir quelques jours difficiles mais nous allons y arriver".

Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a de son côté jugé "inexcusables" les pillages de lundi soir, et estimé que le maire et la police n'avaient "pas fait leur travail".

"Je pense que le maire sous-estime l'ampleur et la durée du problème, je ne pense pas qu'ils aient utilisé suffisamment de policiers pour y répondre", a déclaré lors d'un point de presse M. Cuomo, dont les rapports avec le maire sont notoirement difficiles.

Le gouverneur a cependant refusé d'imposer un déploiement de la Garde nationale à New York, soulignant que cela impliquerait de suspendre le maire et que cela ne ferait qu'"empirer la situation".

Entré en vigueur lundi à 23h00, le couvre-feu new-yorkais a été avancé et commence désormais dès 20h00.

Les manifestations plongent les Etats-Unis dans la tourmente

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