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Feux de forêt au Maroc : un villageois mis en examen pour incendie involontaire

Les services de lutte anti-incendie sont parvenus jeudi à contrôler les sept principaux sinistres à Larache.

Un villageois a été mis en examen pour incendie involontaire dans la province de Larache dans le nord du Maroc, la région la plus touchée par de violents feux de forêts, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

"Un habitant d'un village de Larache a été déféré devant le procureur du roi et mis en examen pour incendie involontaire", a-t-elle déclaré à l'AFP. "Il sera jugé en état de détention provisoire", a-t-elle ajouté, soulignant que l’enquête n’a pas conclu à une "intention criminelle".

Selon le quotidien Al Ahdath Al Maghrbia, le quadragénaire, arrêté mardi, a avoué avoir fait des travaux sur la clôture de sa maison et mis le feu à des restes de matériaux dont il voulait se débarrasser. Mais le feu, alimenté par un vent violent, s'est rapidement propagé.

La province de Larache a été particulièrement affectée par des feux de forêts qui ont fait trois morts et détruit des milliers d'hectares depuis mi-juillet. Un bénévole qui combattait les flammes a péri dans la province voisine de Taounate. Aucune victime n'était à déplorer jeudi.

Les services de lutte anti-incendie sont parvenus jeudi à contrôler les sept principaux sinistres à Larache et ils étaient en voie de circonscrire des foyers moins importants, d'après des sources locales à l'AFP.

Mais dans la région de Tétouan, près de Tanger, des vents violents et des colonnes de fumée opaque ont entravé les opérations des pompiers pour contenir un feu de forêt qui a endommagé 400 hectares, malgré 35 rotations de Canadair, selon les autorités locales.

Selon le ministère de l'Agriculture, la superficie totale touchée par les feux de forêts dans plusieurs régions septentrionales du Maroc a atteint 10.300 hectares depuis mi-juillet. Le Maroc est frappé par des températures caniculaires, dans un contexte de sécheresse hors norme et de stress hydrique.

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Trois pompiers marocains meurent dans un feu de forêt présumé criminel

Un pompier combat un incendie de forêt près de Ksar el-Kebir dans la région marocaine de Larache, le 15 juillet 2022.

Trois pompiers ont trouvé la mort et deux autres ont été grièvement blessés lundi lors d'un incendie dans une forêt du nord du Maroc qui, selon une enquête préliminaire, est d'origine humaine, ont indiqué mardi à l'AFP les autorités locales.

Les cinq pompiers se trouvaient à bord de leur véhicule qui a chuté dans un ravin alors qu'ils luttaient contre les flammes, ont-elles ajouté. Les blessés ont été hospitalisés à Tanger.

Quatre hommes soupçonnés d'avoir déclenché cet incendie ont été interpellés et remis à la police judiciaire avant d'être déférés devant la justice, ont précisé les autorités de la province de M'diq-Fnideq, près des villes de Tanger et Tétouan.

"Le ministère public (...) agira avec fermeté contre toute personne présumée impliquée dans cette affaire, ainsi que dans tout autre acte similaire visant à détruire l'espace forestier dans notre pays et affecter par conséquent l'équilibre écologique, en plus des graves dommages subis par les personnes et des biens", a averti le procureur général de Tétouan dans un communiqué mardi soir.

La production du miel au Maroc menacée par une grave sécheresse
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L'incendie, qui s'est déclaré lundi soir, a provoqué jusqu'à présent la destruction d'environ 120 hectares de couvert forestier, selon les dernières estimations.

Les services anti-incendie -- au total 500 éléments de la Protection civile et trois bombardiers d'eau Canadair, effectuant 40 rotations chacun dans la journée --, s'efforçaient toujours de maîtriser le sinistre et d'empêcher qu'il ne se propage à des zones habitées.

Le mois dernier, des feux de forêt dans le nord du royaume avaient fait quatre morts.

Fin juillet, un villageois a été mis en examen pour incendie involontaire dans la province de Larache, la région la plus touchée par les incendies.

Selon le ministère de l'Agriculture, plus de 10.000 hectares ont été touchés par les feux de forêts dans plusieurs régions septentrionales du Maroc depuis le début de l'été.

À titre de comparaison, 2.782 hectares de forêt avaient été détruits par 285 incendies de janvier à septembre 2021, en particulier dans la région montagneuse du Rif (nord).

Comme le sud de l'Europe occidentale, le Maroc a été frappé par des températures caniculaires et une sécheresse hors norme provoquant un stress hydrique.

Selon un rapport de la Banque mondiale, les catastrophes naturelles (sécheresse, inondations, etc.) coûtent au Maroc, un des pays de la région du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord les plus exposés aux risques géologiques et climatiques, plus de 565 millions d'euros par an.

Le Premier ministre marocain critiqué pour la flambée des prix à la pompe

Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch a fait fortune dans la distribution des carburants.

#Dégage_Akhannouch, des centaines de milliers d'internautes marocains réclament le départ du Premier ministre Aziz Akhannouch, homme d'affaires ayant fait fortune dans la distribution des carburants qu'ils accusent de profiter de la flambée des prix à la pompe.

Lancé ces dernières semaines, le hashtag qui appelle le chef du gouvernement de 61 ans à démissionner a déjà été partagé par près de 600.000 comptes sur Facebook. L'appel est assorti d'une demande de réduction de moitié des prix de l'essence (environ 16 dirhams, 1,5 euro) et du gazole (plus de 14 dirhams), alors que le salaire minimum mensuel est d'environ 270 euros.

Cette campagne virtuelle ne s'est pas traduite par des manifestations mais a déclenché une polémique politico-médiatique, alimentée par des syndicats et parlementaires de l'opposition. "Les compagnies pétrolières continuent de piller les Marocains dans le silence et l'impuissance du gouvernement", a fustigé cette semaine la Confédération démocratique du travail (CDT), les accusant d'"accumuler des profits immoraux".

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Le Maroc connaît une croissance au ralenti (+1,5%) et une inflation exceptionnellement élevée qui devrait dépasser les 5,3% en 2022, selon les prévisions officielles. Le gouvernement justifie la cherté de la vie par un contexte international marqué par la pandémie du Covid-19 puis la guerre en Ukraine ainsi qu'une sécheresse inédite affectant l'agriculture, secteur clé du pays.

"Argent et pouvoir"

Mais les internautes sont très remontés contre M. Akhannouch, accusé de "profiter" de la situation, étant actionnaire principal d'Afriquia, leader du marché marocain des hydrocarbures – entièrement dépendant des importations – avec les géants Total et Shell. Sa fortune personnelle est estimée à 2 milliards de dollars, par Forbes, ce qui en fait l'un des hommes les plus riches du Maroc.

"Pour les initiateurs de cette campagne, Aziz Akhannouch incarne l'alliance de l'argent et du pouvoir. Selon eux, il n'apporte pas de solutions, il fait partie du problème", explique à l'AFP le politologue Mohamed Chakir. La question d'un conflit d'intérêts entre l'exécutif et les milieux d'affaires est "cruciale et mérite d'être posée", abonde le politologue Ahmed Bouz, notant "un gros problème de communication pour Akhannouch et son gouvernement".

Le Premier ministre, écrasant vainqueur des législatives de 2021, est resté muet face à des critiques dont il est coutumier. Son entreprise Afriquia a déjà été visée avec d'autres importants industriels par une campagne de boycott pour dénoncer le coût de la vie en 2018 quand il était ministre de l'Agriculture. L'ensemble des compagnies pétrolières implantées au Maroc ont également gardé le silence.

"Faux comptes"

La réaction la plus nette est venue de l'agence de presse officielle MAP qui a fustigé une "campagne tendancieuse" qui serait, selon elle, "alimentée par plus de 500 faux comptes créés instantanément par des milieux malveillants inconnus". Cet article a provoqué une autre bataille sur les réseaux sociaux, certains, dont des députés de l'opposition, dénonçant le "parti pris" de la MAP en faveur de M. Akhannouch.

Depuis la libéralisation du marché en 2015, de nombreuses voix réclament le plafonnement des marges "exorbitantes" des distributeurs de carburants et une réduction des taxes gouvernementales sur la vente à la pompe. Saisi de l'affaire des marges, le Conseil marocain de la concurrence avait conclu en juillet 2020 à une entente entre géants pétroliers. Des sanctions avaient été infligées aux trois leaders du marché, Afriquia, le français Total et l'anglo-néerlandais Shell, mais elles n'ont pas été appliquées.

Face aux appels pour faire baisser les prix à la pompe, le gouvernement s'est borné à allouer depuis avril un soutien mensuel aux transporteurs routiers. L'exécutif a également doublé la dotation des subventions du gaz, de la farine et du sucre à 32 milliards de dirhams (environ 3 milliards d'euros) pour 2022.

Au moment de la libération du marché des hydrocarbures, le gouvernement avait dit vouloir compenser la levée des subventions étatiques par une aide mensuelle directe aux plus démunis, un soutien qui n'a jamais vu le jour. Pourtant, le roi Mohammed VI, dont M. Akhannouch est réputé proche, a appelé samedi à la "solidarité nationale" et "à la lutte déterminée et responsable contre les spéculations et la manipulation des prix".

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Le village marocain d'Inzerki est fier d'affirmer qu'il possède la plus ancienne et la plus grande ruche collective du monde. Mais au lieu de bourdonner d'activité printanière, les colonies se sont effondrées à cause d'une grave sécheresse.

HRW dénonce les "techniques de répression" envers les opposants marocains

Selon HRW, le Maroc "emploie tout un manuel de techniques sournoises pour réprimer les opposants, tout en s'efforçant de conserver intacte [son] image en tant que pays respectueux des droits".

Condamnés pour des crimes de droit commun, en particulier sexuels, plusieurs journalistes et opposants marocains ont été la cible de "techniques de répression" développées par les autorités marocaines, visant à les faire taire, affirme Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié jeudi.

"Les autorités emploient tout un manuel de techniques sournoises pour réprimer les opposants, tout en s'efforçant de conserver intacte l'image du Maroc en tant que pays respectueux des droits", explique Lama Fakih, directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, citée dans un communiqué.

Ces techniques "forment un écosystème de répression visant non seulement à museler les voix critiques, mais aussi à effrayer tous les détracteurs potentiels de l'État" marocain, observe l'organisation de défense des droits humains basée à New York.

Le gouvernement marocain a réagi, dans une déclaration de son porte-parole Mustapha Baitas, en affirmant que "les allégations tendancieuses contenues dans le document (...) ne dissuaderont pas le Maroc de poursuivre l'édification de l'État de droit".

Dans cette enquête de 141 pages, l'ONG s'appuie sur l'étude détaillée des cas de 8 journalistes et intellectuels et de deux institutions médiatiques, impliquant 12 procès, pour étayer "les failles procédurales entachant le traitement de ces affaires" qui sont, en réalité, "des attaques politiques déguisées".

"Campagnes de diffamation"

Parmi les cas les plus connus: ceux d'Omar Radi et Soulaimane Raissouni, deux journalistes indépendants condamnés en appel en 2022 respectivement à six ans et cinq ans de prison pour "agressions sexuelles" (et "espionnage" pour le premier).

Un autre journaliste, Taoufik Bouachrine, éditorialiste arabophone influent, incarcéré depuis 2018, a écopé de 15 ans de prison pour "viol" et "traite d'être humain".

Tous les trois nient ces accusations, affirmant être visés pour leurs opinions critiques vis-à-vis du pouvoir. Les autorités, elles, assurent que la justice est indépendante et que ces condamnations "n'ont rien à voir" avec leur travail journalistique. Mais pour HRW, "les procès ciblant des opposants sont souvent entachés de graves violations du droit à une procédure régulière et équitable".

A titre d'exemple, l'ONG évoque la détention provisoire "prolongée et sans justification" de MM. Radi et Raissouni pendant un an, soit la durée maximale prévue par la législation marocaine. Elle pointe aussi le refus de la justice de "convoquer les témoins requis par la défense, sans fournir de justifications raisonnables", ou des verdicts prononcés en l'absence des accusés, comme pour l'historien et militant des droits humains Maâti Monjib.

En outre, le rapport de HRW dénonce de "féroces campagnes de diffamation" menées par des médias "alignés sur les services de sécurité marocains", mentionnant les sites Chouf TV – "spécialisé dans les vidéos et articles à scandale" –, Le360 et Barlamane. Une association des patrons de presse marocaine (AMME), à laquelle adhèrent les trois médias incriminés, a fustigé dans un communiqué le "harcèlement" du Maroc par HRW.

Vidéosurveillance

Ces campagnes de "harcèlement et d'intimidation" sont doublées par "une surveillance digitales et vidéos", notamment via le logiciel espion Pegasus, conçu par la société israélienne NSO, relève l'ONG.

L'été dernier, le Maroc avait été accusé d'avoir utilisé Pegasus pour infiltrer les téléphones de plusieurs personnalités publiques nationales et étrangères, selon une vaste enquête menée par un consortium de médias internationaux sur la base de données obtenues par les organisations Forbidden Stories et Amnesty International. Le gouvernement marocain a catégoriquement démenti "ces allégations mensongères et infondées".

Dans ses recommandations, Human Rights Watch demande aux autorités marocaines de "respecter le droit à l'expression pacifique et à la vie privée". Elle les exhorte aussi à "mettre fin aux méthodes utilisées contre les journalistes critiques, les défenseurs des droits humains et les activistes de la société civile".

Enfin, HRW appelle la communauté internationale à "publiquement dénoncer ces pratiques" et à soutenir les militants des droits de l'Homme et les journalistes indépendants. Pour son enquête, l'ONG précise avoir mené des entretiens avec 89 personnes à l'intérieur et à l'extérieur du Maroc.

Interpellé lundi au Parlement sur "les pratiques de certaines organisations étrangères de droits de l'Homme", le ministre de la Justice Abdellatif Ouabih a répondu que le Maroc "refuse l'exploitation de mauvaise foi de rapports à des fins politiciennes".

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