Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Maroc

Grande manifestation à Casablanca contre les inégalités et pour la démocratie

Manifestation contre la pauvreté organisée par le "Front social Marocain" à Casablanca, le 23 février 2020. (FADEL SENNA / AFP)

Quelques milliers de personnes ont défilé dimanche dans les rues de Casablanca, la capitale économique du Maroc, pour dénoncer les inégalités sociales, demander la libération des "détenus politiques" et lancer un appel pour une "vraie démocratie", a constaté l'AFP.

La manifestation était organisée par le "Front social Marocain" (FSM), un collectif récemment créé regroupant quatre partis de gauche, des organisation syndicales comme la Confédération démocratique du travail (CDT) et des associations, comme l'AMDH qui se concentre sur les droits humains.

Il n'a pas été possible d'obtenir de chiffres sur la mobilisation, ni auprès des organisateurs ni auprès des autorités.

"C'est la première manifestation du Front social marocain pour dire stop aux politiques antisociales et antidémocratiques, stop aux dégradations des droits humains, stop aux politiques qui ont abouti à la dégradation du pouvoir d'achat", a déclaré à l'AFP Ali Boutwala, un des membres du bureau national du FSM.

Les manifestants ont protesté avec force contre le chômage, le coût élevé de la vie, les défaillances des services publics tout en demandant "la libération de tous les détenus politiques", à commencer par ceux du Hirak.

Ce mouvement social qui a agité le nord du pays en 2016-2017 s'est éteint après une vague d'arrestations qui a débouché sur de lourdes condamnations judiciaires pour le noyau dur de la contestation.

"Vive Zefzafi", "nous sommes tous Zefzafi", ont crié les manifestants, en référence à Nasser Zefzafi, le chef du mouvement populaire du Hirak, condamné en 2018 à une peine de vingt ans de prison pour "atteinte à la sûreté de l'Etat".

"Vive le peuple", a aussi scandé la foule en reprenant un titre contestataire de rap devenu très populaire après la condamnation d'un de ses auteurs pour "insulte à la police", fin 2019.

Les manifestants qui brandissaient de grandes banderoles et agitaient des drapeaux rouges se sont ensuite dispersés dans le calme.

La date de cette marche coïncide délibérément avec l'anniversaire du Mouvement du 20-février, mouvement de contestation qui avait agité le Maroc en 2011 à l'époque des printemps arabes.

Le roi du Maroc, Mohammed VI, a promis il y a plusieurs mois un "nouveau système de développement" en réponse aux inégalités profondes qui focalisent le mécontentement social. Concernant les libertés, le pouvoir estime avoir mené à bien une transition démocratique après 2011 grâce à la réforme de la Constitution et rejette toutes les critiques de défenseurs des droits humains.

Toutes les actualités

Reprise des pourparlers inter-Libyens dans la ville côtière marocaine de Bouznika

Reprise des pourparlers inter-Libyens dans la ville côtière marocaine de Bouznika
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:55 0:00

Le chef du Pentagone, Mark Esper, signe un accord de coopération militaire avec le Maroc

Le chef du Pentagone, Mark Esper, signe un accord de coopération militaire avec le Maroc
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:58 0:00

Le chef du Pentagone conclut sa tournée au Maghreb avec un accord de coopération militaire

Le ministre américain de la Défense, Mark Esper (2e à g.), à son départ d'Alger, en Algérie, le 1er octobre 2020. (Photo: LISA FERDINANDO / US DEPARTMENT OF DEFENSE / AFP)

Le ministre américain de la Défense, Mark Esper, conclut vendredi à Rabat une tournée destinée à renforcer la coopération militaire avec les pays du Maghreb centrée sur la lutte contre le jihadisme et la sécurité en Afrique du Nord, en Libye ou au Sahel.

Comme à Tunis, mercredi, le chef du Pentagone doit signer un accord de coopération militaire avec le royaume, considéré comme un "allié majeur" dans la région.

Son programme dans la capitale marocaine prévoit une rencontre avec le chef de l'état-major marocain Abdelfattah Louarak, avec le ministre délégué à la Défense Abdellatif Loudiyi et avec le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita.

La Libye au centre des discussions au Maghreb
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:09 0:00


Le but de cette visite est renforcer les relations "déjà étroites" dans le domaine de la sécurité avec le Maroc qui accueille chaque année l'exercice militaire African Lion sous la houlette du commandement militaire américain pour l'Afrique (Africom). L'exercice a été annulé cette année à cause de la pandémie de Covid-19.

Les Etats-Unis sont le premier fournisseur d'armement de Rabat (avions de combat, navires, chars, véhicules blindés, etc.) alors que l'Algérie voisine, où M. Esper a fait étape jeudi, est un client majeur de la Russie.

En décembre dernier, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, avait fait une visite centrée sur l'instabilité en Libye et au Sahel, mais aussi pour plaider pour une normalisation avec Israël.

Le royaume a impulsé ces dernières semaines des pourparlers entre les parlementaires des deux camps en Libye, pour soutenir les efforts de médiation des Nations unies en vue d'un processus de règlement politique. Le chef de sa diplomatie revient d'un voyage au Mali où il a rencontré le président de transition, Bah N’Daw, mais aussi son vice-président, le colonel Assimi Goïta, représentant de la junte qui a pris le pouvoir en août.

La police marocaine en guerre contre l'alcool frelaté et de contrebande

La police patrouille dans la rue dans l'ancienne ville minière de Jerada, Maroc, 16 mars 2018.

Descentes de police, arrestations de "barons de l'alcool" et fermetures d'établissements: les autorités marocaines mènent depuis fin août une vaste opération contre l'alcool frelaté et les bouteilles importées illégalement, vendues en douce dans des bars du royaume.

Au total, "417 opérations inopinées" ont été menées du 31 août au 22 septembre dans différentes villes du pays, avec plus d'1,2 million de bouteilles saisies, 87 établissements fermés et au moins 45 personnes arrêtées, selon un bilan obtenu par l'AFP auprès de la sûreté nationale marocaine (DGSN).

En théorie, la loi marocaine interdit la vente d'alcool aux musulmans, soit 99% de la population du Maroc, où l'islam est religion d'Etat. Dans les faits, on en trouve aisément dans les bars, restaurants ou encore dans des magasins sous licence qui le proposent discrètement à la vente derrière des vitres opaques ou d'épais rideaux.

Baptisé par la presse locale "opération mains propres" ou "opération Bacchus" en référence au dieu du vin dans la mythologie romaine, le vaste coup de filet concerne des bouteilles frelatées ou importées illégalement --et donc sans frais de douane. La police a aussi visé des ateliers clandestins fabriquant de fausses étiquettes.

"L'empereur du vin"

Mardi, plus de 20.000 bouteilles d'alcool périmées ou non étiquetées ont été détruites près de Casablanca, la capitale économique, en présence de médias locaux invités pour l'occasion.

La veille, quelque 60.000 bouteilles "périmées ou ayant fait l'objet de fraude" avaient été saisies dans deux entrepôts de Marrakech, la capitale touristique, selon la DGSN. A Tanger (nord), ce sont une douzaine de restaurants qui ont été fermés mercredi et jeudi.

Simple coïncidence ou opportunité saisie par les autorités? Les descentes de police ont débuté à Casablanca après des protestations sur les réseaux sociaux contre des contrôles jugés excessifs sur le port du masque dans différents établissements.

Des agents zélés ont verbalisé des clients attablés pour défaut de masque, une infraction passible d'une amende de 300 dirhams (27 euros), alors que la loi prévoit qu'un client assis peut ôter son masque pour consommer.

Depuis, les descentes menées par la police, la douane et les services d'hygiène pour saisir de l'alcool se sont étendues à tout le pays.

Parmi les personnes interpellées, Saïd Boukannouf, un homme décrit par la presse comme le "baron des boissons alcoolisés au Maroc", arrêté le 8 septembre et placé en détention. Cet "empereur du vin" est un distributeur d'alcool incontournable au Maroc avec ses points de vente, ses bars et dépôts.

Alcool bas de gamme

Au-delà des fausses étiquettes et des produits frelatés "susceptibles de mettre en danger la santé publique", la presse locale évoque des "antres de la rente", "des caisses noires" ou des "circuits d'argent sale" gérés par "une mafia dont les ramifications s'étendent jusqu'au corps de sécurité".

"Sous l'emprise de l'appât du gain, certains restaurateurs et tenanciers de boîtes de nuit ne reculent devant rien", affirme Le360, un site réputé proche du pouvoir qui a publié une série d'articles dithyrambiques sur l'opération menée, selon lui, sous l'autorité du patron de la police, Abdellatif Hammouchi.

Reste que la "campagne d'assainissement du milieu de la nuit menée tambour battant (...) inquiète un secteur de la restauration mis à genoux par la crise du Covid-19", écrit pour sa part le site d'information Le Desk.

La vie nocturne marocaine est lourdement touchée par la paralysie économique liée à la pandémie de nouveau coronavirus, qui a tué plus de 2.000 personnes dans le royaume.

Plusieurs cafés et bars sont fermés depuis mi-mars en raison de multiples restrictions, tandis que d'autres ont définitivement baissé le rideau.

Minute Éco: Contraction de l'économie marocaine de 6,3% en 2020

Minute Éco: Contraction de l'économie marocaine de 6,3% en 2020
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:36 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG