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Marine Le Pen réélue à la tête du Front national en France

La président du FN Marine Le Pen parle au congrès du parti, le 11 mars 2018.

Le parti français d'extrême droite Front national a comme prévu réélu pour un troisième mandat à sa tête Marine Le Pen et déchu son père Jean-Marie, fondateur historique, du dernier titre qu'il occupait: la présidence d'honneur.

Seule candidate, Mme Le Pen, qui a recueilli 100% des suffrages exprimés, parachève ainsi sa stratégie de "dédiabolisation" du FN, entamée dès son arrivée à la tête du parti en 2011.

Marine Le Pen, 49 ans, ambitionne de faire du FN un parti de gouvernement en s'écartant des déclarations controversées de son fondateur Jean-Marie Le Pen, notamment sur la Shoah.

Les quelque 1.500 militants présents au congrès du parti à Lille (nord) ont approuvé à 79,7% des voix exprimées (20,2% contre) les nouveaux statuts supprimant la présidence d'honneur.

Rebaptiser "Rassemblement national"?

Marine Le Pen a proposé de rebaptiser "Rassemblement national" le parti d'extrême droite français Front national, dans l'objectif de parachever sa "rénovation, condition de (son) succès".

"La rénovation pour laquelle vous m'avez élue, je vous demande maintenant de la conduire à son terme, c'est la condition de notre succès", a déclaré la présidente du FN dans son discours de clôture du 16e congrès de sa formation à Lille (nord).

Ce nouveau nom sera soumis à un vote par courrier des militants, dont le résultat ne sera pas connu avant au moins six semaines.

L'actuelle dénomination du parti, "Front national", "est pour beaucoup de Français, même de toute bonne foi, un frein psychologique", a ajouté la fille du fondateur du FN Jean-Marie Le Pen, expliquant que le nouveau nom proposé devait "exprimer une volonté de rassemblement".

L'objectif est de "dédiaboliser" le mouvement en vue de le rendre plus apte à des alliances avec la droite dite classique et d'ainsi le conduire au pouvoir.

Jean-Marie Le Pen déchu

Ce titre avait été confié à Jean-Marie Le Pen, qui a présidé le parti durant 39 ans, de 1972 à 2011, et en avait été exclu en 2015 par sa fille. Cette exclusion avait donné lieu à une longue bataille judiciaire entre père et fille.

Jean-Marie Le Pen, qui a publié ses mémoires une dizaine de jours avant le congrès, a renoncé finalement à venir au rassemblement, une première pour lui. Il avait menacé de recourir si besoin à la "force publique" mais la direction du FN avait prévenu qu'il serait interdit d'entrée, en raison de son exclusion en tant que membre.

Le patriarche, encore populaire parmi les sympathisants du FN, a préféré passer son samedi à dédicacer dans une librairie parisienne ses mémoires dont le succès a entraîné un retirage.

Dans le but de mettre sa formation sur les rails du pouvoir, Mme Le Pen proposera dimanche après-midi aux militants un nouveau nom au parti, loin de l'image "guerrière" que le mot "Front" peut avoir, selon elle.

Selon toute vraisemblance, ce mot disparaîtra, mais pas "national". La proposition de nom devra ensuite être entérinée par un vote militant dans les prochaines semaines.

L'exemple italien

Affaiblie par un débat télévisé raté avant le second tour de la présidentielle en 2017, Mme Le Pen tente de tirer un trait sur le passé du Front et a reçu pour ce faire le soutien d'un invité surprise au premier jour du congrès, samedi: Steve Bannon, sulfureux ex-conseiller de Trump.

"L'Histoire est de notre côté et va nous mener de victoire en victoire", a assuré cette icône de la droite américaine la plus dure.

>> Lire aussi : Incertitude après un raz-de-marée des forces antisystème en Italie

Il a par ailleurs salué les vues de Marine Le Pen. "Elle l'a parfaitement décrit: considérez-vous l'État-nation comme un obstacle à dépasser ou comme un joyau qui doit être poli, chéri, entretenu?", a-t-il interrogé, en appelant à suivre l'exemple des populistes du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue, arrivés en tête des législatives italiennes la semaine dernière.

Largement applaudi, celui qui est régulièrement soupçonné d'accointances avec les suprémacistes blancs a ensuite fait huer les médias, selon lui aux ordres de l'"establishment".

La venue de Steve Bannon a toutefois suscité la circonspection de Jean-Marie Le Pen quant à l'objectif poursuivi de gagner en respectabilité: ça n'est "pas exactement la définition de la 'dédiabolisation'", a-t-il raillé depuis Paris.

>> Lire aussi : Marine Le Pen inculpée pour diffusion de photos d'exactions de Daech en France

Selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche, 39% des Français souhaitent une candidature de Marine Le Pen à la prochaine présidentielle, en recul de deux points par rapport à septembre 2017, contre 61% qui ne la souhaitent pas.

Si, selon elle, il n'y a "rien d'étonnant" à subir "un trou d'air" après sept années d'"expansion" de son parti, elle instille toutefois le doute sur son avenir en assurant qu'elle ne va pas "s'éterniser" à son poste et qu'elle est prête à le céder à quelqu'un de "mieux placé".

Chez beaucoup de militants, un seul nom revient: Marion Maréchal-Le Pen. Mais l'ex-députée, petite-fille du co-fondateur et nièce de la présidente, n'a pas fait le déplacement à Lille.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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