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Marche anti-corruption : JJ Lumumba espère "le début d'un grand processus"

Le professeur Isidore Ndaywel du Comité laïc de coordination, Kinshasa, RDC, 16 mars 2018. (VOA/Top Congo FM)

À la veille d'une marche contre la corruption en RDC, le lanceur d'alerte congolais Jean-Jacques Lumumba, exilé en France, a confié à l'AFP son espoir de voir ses compatriotes descendre massivement et dans le calme dans la rue pour le lancement "d'un grand processus".

"J'attends qu'il y ait de la mobilisation à tous les coins de rue" samedi pour "marquer le début d'un changement" en République démocratique du Congo car "cette marche, c'est le début d'un grand processus", a déclaré M. Lumumba, petit-neveu du héros de l'indépendance congolaise Patrice Lumumba et ancien cadre bancaire à Kinshasa, ayant fui son pays en 2016 après avoir mis au jour des malversations présumées.

Mais "j'appelle à marcher dans le calme, dans la non-violence, car la violence ne construit pas", a ajouté le financier de 33 ans, lors d'une rencontre avec l'AFP mercredi, en région parisienne.

"La société est mûre (pour se soulever contre la corruption) parce que la corrélation est faite entre la souffrance de la population et la corruption qui gangrène (...) le pays, qui en freine le développement", estime-t-il.

C'est le Comité laïc de coordination (CLC), un collectif catholique à l'origine de marches réprimées dans le sang en 2018 pour obtenir le départ de l'ex-président Joseph Kabila, qui a lancé cette croisade anticorruption.

Son appel à marcher samedi fait suite au premier grand dossier de corruption présumée depuis l'investiture le 24 janvier du président Félix Tshisekedi, issu de l'opposition: l'inspection générale des finances a révélé que quinze millions de dollars d'argent public qui devaient être versés au Trésor public, étaient partis sur un autre compte. Une affaire non "de détournement" mais de "rétrocommission", selon le président.

L'appel du CLC, que Jean-Jacques Lumumba soutient, cadre avec son propre combat contre la corruption, mené aujourd'hui au sein d'Unis, une association récemment lancée "avec des amis africains" - sénégalais, gabonais, congolais - pour ne pas se limiter à un seul pays.

"Unis a une mission capitale, notamment au plan juridique, car elle va porter plainte devant les instances nationales et internationales", affirme-t-il.

- "Soif de changements" -

"L'opinion africaine a soif de changements et les lanceurs d'alerte - une bonne dizaine aujourd'hui en Afrique --y sont bienvenus", même si "en Afrique, être lanceur d'alerte, c'est aussi risquer sa vie", ajoute-t-il.

Lui-même est devenu lanceur d'alerte, "malgré lui" reconnaît-il, après avoir prévenu la direction de la banque qui l'employait d'opérations suspectes. Il affirme avoir reçu en retour des menaces, englobant sa famille, qui l'ont poussé à fuir en 2016.

Fin 2016, il dénonçait dans la presse belge et française ces malversations présumées de son ancien employeur, la filiale congolaise d'une banque gabonaise, à l'époque dirigée par un proche de Joseph Kabila.

Il n'a eu de cesse depuis de dénoncer le "mal" de la corruption, "l'un des grands défis" du continent avec "le climat et la sécurité". Sans jamais désespérer: "La corruption zéro n'existe pas mais il est possible de réduire drastiquement les faits de corruption".

Il ne cache pas son étonnement après que le président Félix Tshisekedi a affirmé vouloir changer "les mentalités" contre la corruption, sans "règlement de comptes" et sans "fouiner" dans le passé des responsables encore aux commandes.

"Je trouve que c'est très contradictoire venant de M. Tshisekedi qui a longtemps défendu la justice (...). Cette phrase laisse beaucoup de Congolais perplexes et déçus", répond Jean-Jacques Lumumba, qui évoque "un équilibrisme politique fait pour les politiciens".

"Ceux qui sont tombés pour que la vie des Congolais s'améliore méritent la justice. Sans justice, on ne bâtira aucune paix ni aucun développement. Même en Afrique du Sud, au Rwanda, on a une réconciliation mais avec la justice pour marquer la rupture. Il faut une justice de réparation !"

Dans son discours d'investiture en janvier, Félix Tshisekedi avait promis de faire de la lutte contre la corruption une des priorités de son quinquennat et de créer une agence chargée du changement des mentalités et de lutter contre la corruption.

La RDC occupe la 161e place dans le classement de Transparency international sur la corruption publié en janvier 2019.

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Heurts entre musulmans à Kinshasa: 30 condamnations à mort

Des policiers montent la garde devant la Cour suprême à Kinshasa, le 18 novembre 2006.

Trente personnes ont été condamnées à mort en République démocratique du Congo (RDC) pour leur participation aux violences contre la police ayant marqué jeudi la fin du ramadan à Kinshasa, la capitale, a-t-on appris de sources judiciaires.

Le verdict a été prononcé au petit matin samedi dans le procès en flagrance tenu depuis vendredi à Kinshasa, selon un enregistrement dont l'AFP a eu copie. Un avocat des parties civiles, Me Chief Tshipamba, a confirmé à l'AFP ces trente condamnations à la peine capitale.

Régulièrement prononcée, notamment dans les affaires impliquant les groupes armés dans l'est du pays, la peine de mort n'est plus appliquée en RDC depuis un moratoire décidé en 2003, et systématiquement commuée en condamnation à la perpétuité.

Jeudi, de violents heurts avaient éclaté entre fidèles musulmans se disputant l'accès au stade des Martyrs, le grand stade de la capitale congolaise, pour y organiser la prière officielle de clôture du ramadan. Les protestataires s'en étaient pris en particulier à la police présente sur les lieux pour encadrer la cérémonie.

Un premier bilan officiel faisait état d'un policier tué, dont les images ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Une policière est entre la vie et la mort, affirment désormais les autorités, tant que 46 autres policiers ont été blessés, dont huit sont dans un état critique. Une dizaine de véhicules de la police ont été endommagés, dont l'un complètement incendié.

Trente-huit personnes ont été interpellées sur les lieux des violences et jugées en comparution immédiate à partir du lendemain au Tribunal de grande instance de la commune de la Gombe, dans le centre de Kinshasa. Retransmise toute la journée en direct à la télévision publique, l'audience a duré jusqu'au petit matin samedi.

Minerais: Aucun individu ne devrait gagner plus que l'État congolais, selon Jean Jacques Lumumba

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Le Sénat de la RDC refuse de lever l'immunité de l'ex-Premier ministre Matata Ponyo

Augustin Matata Ponyo Mapon, Premier ministre congolais, Kinshasa, Avril 2012

Le Sénat de la RDC a, au terme d'une réunion à huis clos, rejeté vendredi une requête des tribunaux visant à autoriser des poursuites contre le sénateur Augustin Matata Ponyo, accusé de malversations dans une affaire qui remonte au temps où il était Premier ministre.

Le Sénat a rejeté la requête émanant de la Cour constitutionnelle pour "vice de procédure", a expliqué à VOA Afrique un sénateur qui a requis l'anonymat car il n'était pas autorisé à donner les détails de la session à huis clos.

Selon le sénateur qui s'est confié à VOA Afrique, le vote de vendredi ne met pas fin à cette saga car il était fondé principalement sur le fait que le dossier est venu initialement de la Cour constitutionnelle en lieu et place de la Cour de cassation comme le recommandent les juristes.

M. Matata Ponyo, 56 ans, avait dirigé le gouvernement de la RDC de 2012 à 2016 sous l'ancien président Joseph Kabila.

Mis en cause dans une affaire de détournements de fonds publics liés à la gestion d'un parc agro-industriel, il a toujours clamé son innocence.

A son tour, M. Matata Ponyo a porté plainte contre l’Inspection générale des finances pour fausses allégations.

Violents combats dans le Sud-Kivu, en RDC

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Un fidèle et un policier tués dans des affrontements entre musulmans à Kinshasa

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