Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Nigeria

Nouvelle journée de manifestations à Lagos

Une manifestante tient une pancarte pour protester contre les abus de la brigade spéciale anti-vol (SRAS) sur la place de péage de Lekki à Lagos, au Nigeria, le 12 octobre 2020.

Des centaines de Nigérians maintenaient mercredi leur barrage sur deux grands axes de la mégalopole de Lagos pour protester contre les violences policières, faisant fi de la pluie battante et des annonces du gouvernement.

Les accès au coeur financier de la capitale économique du Nigeria étaient quasiment vides mercredi matin. La grande majorité des Lagossiens ne sont pas allés travailler, après avoir été bloqués des heures durant dans les embouteillages depuis le début de la semaine à cause des manifestations.

Depuis plus d'une semaine, des milliers de citoyens s'organisent sur les réseaux sociaux derrière le hashtag #EndSARS et battent le pavé dans plusieurs grandes villes du pays pour demander la suppression de la SARS, une unité de police accusée d'extorquer la population, d'arrestations illégales, de torture et même de meurtre.

"Il y a environ 500 personnes au péage de Lekki ce matin", rapportait à l'AFP une manifestante, Aderonke Bamgbade. "Je suis ici pour apporter mon soutien à mes employés, la moitié d'entre eux ont été agressés par la police ces deux dernières années. Ca suffit de nous plaindre dans le confort de nos maisons, nous devons demander une meilleure police et un meilleur Nigeria."

Face à la pression de la rue, le gouvernement a d'abord annoncé dimanche le démantèlement immédiat de cette unité spéciale et n'a cessé de répéter son engagement pour "réformer" la police.

Mardi soir, le porte-parole de la police Franck Mba a annoncé une série de mesures, répondant aux demandes des manifestants, dont le suivi psychologique des officiers de la SARS "avant leur redéploiement dans d'autres organes de police".

Il a également fait savoir qu'une nouvelle unité spéciale de police serait mise en place, l'unité spéciale d'Armes et de Tactiques (Special Weapons and Tactics, SWAT), provoquant une levée de boucliers de la jeunesse sur les réseaux sociaux.

Quelques heures à peine après l'annonce, le hashtag #EndSWAT avait remplacé le sloggan #EndSARS.

Plusieurs manifestations étaient également attendues dans plusieurs villes du sud du pays et à Abuja, la capitale fédérale, où l'armée a délogé les manifestants mardi.

Toutes les actualités

Des insurgés attaquent une base de l'ONU au Nigeria

Des soldats nigérians patrouillent dans l'Etat de Borno, près de Marte, au Nigeria, le 5 juin 2013.

Des jihadistes liés à l'Etat islamique (EI) dans le Nord-Est du Nigeria ont attaqué lundi une base de l'ONU dans le ville de Dikwa et tentaient dans la soirée de pénétrer dans un espace sécurisé où se sont réfugiés 25 travailleurs humanitaires, selon des sources sécuritaire et humanitaire.

Des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ont envahi Dikwa lundi soir, attaquant un camp militaire et une base de l'ONU, ont affirmé à l'AFP un responsable de l'armée et une source humanitaire sous couvert de l'anonymat.

"Les terroristes de Iswap ont lancé une attaque simultanée sur un super camp (base militaire) et sur une base humanitaire de l'ONU", selon la source militaire.

"La base des humanitaires a été incendiée par les combattants mais jusqu'ici aucun employé n'a été touché", a déclaré à l'AFP la source humanitaire.

"Nous avons 25 employés qui ont trouvé refuge dans un bunker, que les insurgés tentent actuellement d'envahir", a-t-elle précisé, confirmant des informations du responsable de l'armée.

Des renforts militaires basés dans la ville de Marte, à 40 kilomètres, ont été dépêchés sur place pour aider à repousser les jihadistes, a précisé la source humanitaire.

"Deux avions et un hélicoptère apportent un soutien aérien, afin de faire fuir les jihadistes de la base humanitaire", a-t-on ajouté.

Il y a trois ans, le 1er mars 2018, des combattants de Iswap avaient attaqué une base de l'ONU dans la ville de Rann, dans le nord-est du Nigeria.

Huit membres des forces de sécurité avaient été tués ainsi que trois employés nigérians de l'Unicef et de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

Le nord-est du Nigeria est en proie à un conflit meurtrier depuis 2009 et le lancement d'attaques par les islamistes de Boko Haram.

En 2016, le groupe s'est scindé, avec d'un côté la faction historique et de l'autre, l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), reconnu par le groupe Etat islamique.

Un conflit qui s'enlise

Le conflit, qui a fait plus de 36.000 personnes ont été tuées, et plus de deux millions de déplacés depuis 2009, s'enlise.

Le 15 février dernier, des combattants de Iswap avaient pris le contrôle de la ville stratégique de Marte, d'où sont partis les renforts lundi soir, après avoir submergé des soldats en garnison. Les militaires avaient repris le contrôle de la ville une semaine plus tard.

Cette même semaine, l'autre groupe jihadiste, Boko Haram, avait également attaqué au mortier Maiduguri, la capitale régionale de l'Etat du Borno, épicentre de la révolte. Cette attaque avait fait au moins 16 morts et des dizaines de blessés.

Depuis la fin de l'année 2020, les attaques meurtrières se sont intensifiées dans la région, poussant le président Muhammadu Buhari, sous le feu des critiques, à remplacer fin janvier les quatre principaux chefs de l'armée.

Le président, ancien général putschiste dans les années 1980, avait été élu en 2015 sur la promesse d'écraser cette rébellion jihadiste.

Mais six ans plus tard, les groupes Boko Haram et Iswap contrôlent toujours de vastes zones rurales ainsi que des routes stratégiques, où ils multiplient attaques et enlèvements de soldats, de civils et de membres d'ONG.

Des étudiants construisent un robot pour s’occuper des patients du Covid-19

Des étudiants construisent un robot pour s’occuper des patients du Covid-19
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:24 0:00

Arrivée à l'OMC de Ngozi Okonjo-Iweala, nouvelle directrice générale

Arrivée à l'OMC de Ngozi Okonjo-Iweala, nouvelle directrice générale
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:32 0:00

Enlèvements contre rançon, une pratique courante au Nigeria

Enlèvements contre rançon, une pratique courante au Nigeria
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:00 0:00

Premier jour de travail pour Ngozi Okonjo-Iweala à l'OMC

La nouvelle directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala, marche à l'entrée de l'OMC après une séance photo à son arrivée au siège de l'OMC pour prendre un bureau à Genève, en Suisse, le 1er mars 2021.

A peine arrivée, la nouvelle cheffe de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a appelé lundi à débloquer les négociations sur les aides à la pêche, au premier jour d'un mandat historique à la tête d'une institution en crise en pleine pandémie.

"J'arrive dans une des plus importantes institutions du monde et on a beaucoup de travail. Je me sens prête", a lancé la Dr Ngozi, à son arrivée, tôt, à l'élégant siège de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), sur les berges du lac Léman.

La première femme et première Africaine à diriger l'OMC n'a pas perdu une minute et a inauguré en début de matinée une sculpture sur glace représentant des poissons, installée par des ONG, en compagnie de l'ambassadeur colombien Santiago Wills, président des négociations sur les subventions à la pêche, qui sont au point mort.

"Nous avons vraiment le sentiment que la surpêche, la surcapacité et la pêche illégale sont des facteurs qui nuisent à la durabilité. C'est pourquoi il est important (...) que nous achevions les négociations le plus rapidement possible", a-t-elle déclaré, en indiquant que sa présence a pour but d'essayer de soutenir M. Wills pour "tenter de débloquer la situation".

Elle également placé la journée sous le signe de l'écoute alors que s'ouvre la première réunion du Conseil général (1-2 mars), et qu'elle doit rencontrer aussi les directeurs généraux adjoints, qui ont piloté l'institution pendant les six mois de vacance de pouvoir et une partie de ses équipes.

Le tout à bonne distance, Covid-19 oblige.

Deux fois ministre des Finances et cheffe de la diplomatie du Nigeria, la Dr Ngozi, 66 ans, remplace le Brésilien Roberto Azevedo, qui a quitté ses fonctions en août un an avant la fin de son mandat.

Celle qui a travaillé pendant 25 ans à la Banque mondiale a été désignée le 15 février par les 164 pays membres de l'OMC au terme d'un long processus de sélection, paralysé pendant plusieurs mois par le veto à sa nomination de l'ex-administration Trump, auquel Joe Biden a mis fin.

La Dr Ngozi entame son mandat au premier jour de la première réunion de l'année du Conseil général, l'occasion de faire le point sur les négociations en cours.

Les délégués doivent également décider, sauf surprise, que la prochaine Conférence ministérielle - qui a dû être reportée en raison de la pandémie de Covid-19 - se tienne en décembre à Genève.

D'ici là, la nouvelle cheffe de l'OMC, connue pour sa forte volonté et sa détermination, aura eu le temps d'imprimer sa marque à Genève.

Elle a accepté les excuses de journaux suisses qui l'avaient désignée comme "grand-mère" dans un titre sur sa nomination non sans dénoncer dans des tweets lundi les "remarques racistes et sexistes".

Si certains espèrent que son arrivée donnera un véritable coup de fouet à l'organisation, d'autres soulignent qu'elle ne pourra tout changer d'un coup de baguette magique en raison de la règle du consensus qui prévaut à l'OMC.

Institution torpillée

En pleine pandémie, Mme Ngozi, qui fut présidente de l'Alliance du Vaccin (Gavi) jusqu'à l'an dernier, a récemment appelé l'OMC à se concentrer sur cette crise sanitaire alors que les pays sont divisés à propos d'une exemption - proposée par l'Inde et l'Afrique du Sud- des droits de propriété intellectuelle sur les traitements et vaccins anti-Covid pour maximiser la production mondiale.

Le sujet sera débattu ces deux prochains jours à l'OMC, mais aucune décision n'est attendue en l'absence de consensus.

Le Groupe d'Ottawa, qui réunit l'UE et 12 pays, dont le Brésil, le Canada et la Suisse, va de son côté demander que les pays s'engagent, pendant la pandémie, à ne pas entraver le commerce médical et suppriment les droits de douane visant les marchandises considérées comme essentielles.

Outre les discussions sur les aides la pêche, qu'elle espère terminer lors de la prochaine conférence ministérielle, plusieurs autres chantiers de taille attendent la nouvelle cheffe de l'OMC, dont dénouer les conflits opposant l'organisation aux États-Unis.

Elle prend la tête d'une institution torpillée notamment par l'administration de Donald Trump, qui était ouvertement hostile à l'organisation et avait même bloqué le fonctionnement de l'organe de règlement des différends.

Voir plus

XS
SM
MD
LG