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Manifestation antiraciste après la mort d'un Sénégalais à Florence en Italie

Une marche antiraciste en mémoire d'Idy Diene, un vendeur ambulant sénégalais de 54 ans tué par balles à Florence, Italie, 10 mars 2018. (Twitter/ Dario Nardella)

Plusieurs milliers de personnes ont participé, samedi à Florence (centre), à une marche antiraciste organisée en mémoire d'Idy Diene, un vendeur ambulant sénégalais de 54 ans tué par balles lundi par un retraité italien qui affirme avoir tiré au hasard.

Parti en milieu d'après-midi de la place Santa Maria Novella, dans le centre historique de la capitale toscane, le cortège pacifique formé par les associations sénégalaises de la ville, mais aussi par de nombreux Italiens, a fait étape sur les lieux de l'homicide, selon les images des télévisions.

Sur les banderoles brandies par les manifestants on pouvait lire "Idy était un homme de paix, nous ne voulons pas faire d'histoires", "Florence antifasciste", "Florence, du berceau de la Renaissance à la barbarie, restons unis" ou encore "Nardella, la vraie dégradation c'est toi, nettoyons la ville du racisme".

Ce dernier slogan s'adressait au maire de centre gauche de la ville, Dario Nardella, présent dans le cortège. Il avait jugé "inacceptable" dans un tweet "la protestation violente" lundi soir de membres de la communauté sénégalaise après la mort de leur compatriote.

>> Lire aussi : Un Sénégalais abattu dans la rue en Italie

Certains d'entre eux, en colère, avaient brisé à coups de pied des pots de fleurs municipaux installés dans le centre-ville.

Les associations sénégalaises ont depuis organisé une collecte de fonds pour rembourser les vases, et en faveur de la famille d'Idy Diene, qui laisse derrière lui une épouse et une fille.

Le vendeur ambulant est tombé lundi matin sous les balles d'un Italien de 65 ans, apparemment sorti de chez lui pour se suicider et qui, selon ses dires, aurait pris pour cible une personne croisée par hasard.

Interpellé peu après les faits, l'homme a tiré à plusieurs reprises avec un pistolet automatique qu'il détenait légalement. Il avait laissé chez lui un message d'adieu adressé à sa fille.

Le parquet de Florence a estimé mardi qu'il ne s'agissait pas d'un acte à caractère raciste, les enquêteurs n'ayant trouvé chez le suspect aucun indice accréditant cette thèse.

En 2011, deux vendeurs ambulants sénégalais avaient été tués à Florence par un militant d'extrême droite.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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