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Mali

Les jihadistes font reculer l'armée et reprennent Sokolo au Mali

Des soldats maliens à Bamako, le 22 septembre 2018.

Des jihadistes ont repris mercredi le contrôle du village de Sokolo, proche de la frontière mauritanienne, qu'ils avaient attaqué dimanche, faisant 20 morts parmi les militaires maliens, ont indiqué des habitants.

L'attaque du camp de Sokolo, où étaient basés des gendarmes, a fait 20 morts et 5 blessés dimanche du côté des forces maliennes, et "4 tués côté ennemis", selon le dernier bilan gouvernemental.

Le maire de Sokolo réagit à la revendication du GSIM
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L'armée malienne, qui a dans un premier temps repris le contrôle du village, "s'est repliée" sur la localité voisine de Diabaly et les jihadistes sont revenus à Sokolo, a déclaré à l'AFP un enseignant de cette localité, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

"Les jihadistes sont de retour à Sokolo et ils ont installé leur drapeau dans le camp de la gendarmerie", a précisé le président de l'association de la jeunesse de Sokolo, Hamed Dramé.

"Une menace plane sur la ville. Nous avons alerté les autorités mais jusqu'à présent [il n'y a eu] aucune réaction venant d'eux", a-t-il ajouté.

L'attaque a été revendiquée lundi par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda.

Sokolo est situé dans le cercle de Niono, dans la région de Ségou (centre). Il s'agit de la dernière localité avant la frontière avec la Mauritanie, proche d'une forêt considérée comme un repaire de groupes liés à Al-Qaïda.

Huit ans après le début du conflit, Al-Qaïda et l'organisation Etat islamique (EI) continuent à sévir au Mali malgré des interventions de la force française Barkhane, de l'ONU et d'une force conjointe de cinq pays sahéliens. Les attaques de plus en plus meurtrières ont débordé ces dernières années sur le Burkina Faso et le Niger voisins.

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Le chef de l'opposition Soumaïla Cissé serait entre les mains de jihadistes

Le chef de file de l'opposition au Mali, Soumaïla Cissé, en campagne à Mopti pour l'élection présidentielle de juillet 2018. (Photo: Twitter/ Soumaïla Cissé)

Le chef de l'opposition au Mali, Soumaïla Cissé, enlevé mercredi alors qu'il faisait campagne dans son fief du nord du pays pour les législatives de dimanche, est "vraisemblablement" aux mains d'un groupe jihadiste affilié à Al-Qaïda, ont indiqué samedi un élu du centre du pays et une source sécuritaire.

"A l'heure actuelle, d'après nos informations, le chef de l'opposition a été vraisemblablement enlevé par des jihadistes du centre du Mali se revendiquant d'Amadou Koufa", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire malienne.

Amadou Koufa est un prédicateur peul qui dirige la katiba du Macina, apparue dans le centre du Mali en 2015 et qui constitue l'une des branches du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste du Sahel affiliée à Al-Qaïda.

L'élu de Niafounké, dans la région de Tombouctou, âgé de 70 ans, et les six membres de sa délégation enlevés en même temps que lui "ont probablement changé de zone et sont loin du lieu du rapt", selon la même source.

"Selon les dernières informations, notre président (Soumaïla Cissé) est entre les mains de la katiba du Macina", a dit à l'AFP un élu du centre proche du chef de l'opposition.

"Non seulement nous avons des indices certains par nos propres sources, mais également par les enregistrements diffusés par les jihadistes", a-t-il ajouté.

Jeudi et vendredi, dans des enregistrements qui ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux en langues peule et sonrhai, parlées dans le centre et le nord du Mali, des hommes se présentant comme des fidèles d'Amadou Koufa, ont revendiqué le rapt, a constaté un correspondant de l'AFP.

Le parti de M. Cissé a installé à Bamako une cellule de crise pour suivre les événements. Le Premier ministre Boubou Cissé et deux de ses prédécesseurs, Moussa Mara et Soumeylou Boubeye Maïga, ont notamment rendu visite à cette cellule de crise.

Le parti de M. Cissé, l'Union pour la République et la Démocratie (URD), a appelé samedi à une "participation massive" aux législatives de dimanche, malgré l'enlèvement de son chef. "Nous devons faire en sorte que le parti sorte encore plus grandi de cette épreuve", a affirmé sa direction dans un communiqué.

Scrutin malien maintenu malgré la pandémie de COVID-19
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Premier mort du coronavirus en territoire malien, les législatives maintenues

Un agent de la circulation routière dirige les véhicules à Bamako. (Photo: Kassim Traore/VOA)

Le Mali a enregistré samedi son premier décès dû au coronavirus, à la veille d'élections législatives maintenues malgré la progression de la maladie dans ce pays en proie aux violences et aux attaques jihadistes, ont indiqué les autorités sanitaires maliennes.

"Mes services m'ont informé depuis 06 heures du matin du décès d'un malade parmi les personnes testées positives au coronavirus", a déclaré à l'AFP le ministre de la Santé, Michel Sidibé.

Après des analyses approfondies effectuées dans la journée, "on a un décès aujourd'hui", "parce que le virus de la maladie était dans son poumon", a dit M. Sidibé.

A la mi-journée, le ministère malien de la Santé avait fait état d'un bilan de 18 personnes infectées mais n'avait pas évoqué de décès.

En fin d'après-midi, le secrétaire général du ministère de la Santé, Mama Coumaré, a toutefois indiqué sur une radio locale que l'un d'entre eux était décédé du Covid-19.

"Nous avons 18 cas, 14 importés, quatre locaux, un mort, dont je me garde de dire le nom, et personne n'est guéri pour le moment au Mali", a dit le Dr Coumaré.

Malgré l'appartion mercredi des premiers cas de coronavirus au Mali, le président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé le soir même le maintien ce dimanche des législatives, "dans le respect scrupuleux des mesures barrières".

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