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Mali

Deux soldats maliens tués par l'explosion d'une mine artisanale

Des soldats de l'armée malienne patrouillent dans l'ancienne ville de Djenné, au centre du Mali, le 28 février 2020. (Photo: AFP)

Deux soldats maliens ont été tués dans l'explosion d'un engin explosif improvisé mardi dans le centre du pays, indique l'armée sur les réseaux sociaux.

Trois autres soldats ont été blessés dans cette explosion survenue entre Baye et Pissa dans la région de Mopti, précise-t-elle.

Le Mali a été confronté depuis 2012 à des insurrections indépendantiste puis jihadiste ainsi qu'à des violences intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants, et des centaines de milliers de déplacés.

Parties du nord du pays, les violences se sont déplacées vers le centre et se sont étendues aux Burkina Faso et au Niger voisins.

En dehors des attaques contre les forces armées ou les populations civiles, la pose de mines artisanales le long des principaux axes de communication provoque des dizaines d'explosions chaque année.

Pour se défendre contre les embuscades et les mines, l'armée malienne s'est récemment renforcée en véhicules blindés fournis par les Emirats arabes unis et l'Union européenne.

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Le chef de l'opposition Soumaïla Cissé serait entre les mains de jihadistes

Le chef de file de l'opposition au Mali, Soumaïla Cissé, en campagne à Mopti pour l'élection présidentielle de juillet 2018. (Photo: Twitter/ Soumaïla Cissé)

Le chef de l'opposition au Mali, Soumaïla Cissé, enlevé mercredi alors qu'il faisait campagne dans son fief du nord du pays pour les législatives de dimanche, est "vraisemblablement" aux mains d'un groupe jihadiste affilié à Al-Qaïda, ont indiqué samedi un élu du centre du pays et une source sécuritaire.

"A l'heure actuelle, d'après nos informations, le chef de l'opposition a été vraisemblablement enlevé par des jihadistes du centre du Mali se revendiquant d'Amadou Koufa", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire malienne.

Amadou Koufa est un prédicateur peul qui dirige la katiba du Macina, apparue dans le centre du Mali en 2015 et qui constitue l'une des branches du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste du Sahel affiliée à Al-Qaïda.

L'élu de Niafounké, dans la région de Tombouctou, âgé de 70 ans, et les six membres de sa délégation enlevés en même temps que lui "ont probablement changé de zone et sont loin du lieu du rapt", selon la même source.

"Selon les dernières informations, notre président (Soumaïla Cissé) est entre les mains de la katiba du Macina", a dit à l'AFP un élu du centre proche du chef de l'opposition.

"Non seulement nous avons des indices certains par nos propres sources, mais également par les enregistrements diffusés par les jihadistes", a-t-il ajouté.

Jeudi et vendredi, dans des enregistrements qui ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux en langues peule et sonrhai, parlées dans le centre et le nord du Mali, des hommes se présentant comme des fidèles d'Amadou Koufa, ont revendiqué le rapt, a constaté un correspondant de l'AFP.

Le parti de M. Cissé a installé à Bamako une cellule de crise pour suivre les événements. Le Premier ministre Boubou Cissé et deux de ses prédécesseurs, Moussa Mara et Soumeylou Boubeye Maïga, ont notamment rendu visite à cette cellule de crise.

Le parti de M. Cissé, l'Union pour la République et la Démocratie (URD), a appelé samedi à une "participation massive" aux législatives de dimanche, malgré l'enlèvement de son chef. "Nous devons faire en sorte que le parti sorte encore plus grandi de cette épreuve", a affirmé sa direction dans un communiqué.

Scrutin malien maintenu malgré la pandémie de COVID-19
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Premier mort du coronavirus en territoire malien, les législatives maintenues

Un agent de la circulation routière dirige les véhicules à Bamako. (Photo: Kassim Traore/VOA)

Le Mali a enregistré samedi son premier décès dû au coronavirus, à la veille d'élections législatives maintenues malgré la progression de la maladie dans ce pays en proie aux violences et aux attaques jihadistes, ont indiqué les autorités sanitaires maliennes.

"Mes services m'ont informé depuis 06 heures du matin du décès d'un malade parmi les personnes testées positives au coronavirus", a déclaré à l'AFP le ministre de la Santé, Michel Sidibé.

Après des analyses approfondies effectuées dans la journée, "on a un décès aujourd'hui", "parce que le virus de la maladie était dans son poumon", a dit M. Sidibé.

A la mi-journée, le ministère malien de la Santé avait fait état d'un bilan de 18 personnes infectées mais n'avait pas évoqué de décès.

En fin d'après-midi, le secrétaire général du ministère de la Santé, Mama Coumaré, a toutefois indiqué sur une radio locale que l'un d'entre eux était décédé du Covid-19.

"Nous avons 18 cas, 14 importés, quatre locaux, un mort, dont je me garde de dire le nom, et personne n'est guéri pour le moment au Mali", a dit le Dr Coumaré.

Malgré l'appartion mercredi des premiers cas de coronavirus au Mali, le président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé le soir même le maintien ce dimanche des législatives, "dans le respect scrupuleux des mesures barrières".

Les Maliens appelés à voter malgré le conflit et le coronavirus

Dans un bureau de vote lors du second tour de l'élection présidentielle au Mali, à Bamako le 12 août 2018.

Persistance des violences, premiers cas de coronavirus et enlèvement du chef de l'opposition... les conditions ne pouvaient guère être plus défavorables. Mais sauf rebondissement de dernière minute, les Maliens sont appelés à élire leurs députés dimanche lors de législatives à fort enjeu.

Les Maliens doivent renouveler les 147 sièges du Parlement en deux tours, dimanche et le 19 avril. Le mandat de cette assemblée issue des élections de 2013, qui avaient octroyé une majorité substantielle au président nouvellement élu, Ibrahim Boubacar Keïta, était censé s'achever fin 2018. La crise a contraint à le prolonger jusqu'à début mai 2020.

Les élections ont été repoussées à différentes reprises, d'abord à cause d'une grève des magistrats, ensuite en raison de la dégradation de la sécurité et des querelles politiques.

Les attaques jihadistes, les brutalités intercommunautaires, le brigandage et les trafics continuent. La semaine avant le premier tour, le leader de l'opposition, Soumaïla Cissé, a été enlevé par des inconnus armés alors qu'il faisait campagne, un enlèvement sans précédent pour une personnalité nationale.

Son convoi a été attaqué et son garde du corps tué.

Le même jour, le Mali, un des rares pays d'Afrique encore épargnés, déclarait ses premiers cas de contamination par le coronavirus.

Pourtant, "ces élections se tiendront le 29 mars, c'est-à-dire ce dimanche, et ce dans le respect scrupuleux des mesures barrières", a déclaré le soir même le président Keïta, coupant court aux spéculations circulant toute la journée.

- Légale ou légitime -

La campagne n'a pas suscité beaucoup d'engouement. Elle a été encore plus ralentie par les mesures sanitaires et l'interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes.

Des affiches ont été placardées dans les rues de Bamako. Mais pas de grand meeting ni de ferveur populaire.

Pourtant, les enjeux sont importants. Pour les experts, il s'agit de faire enfin progresser l'application de l'accord de paix d'Alger. L'accord a été signé en 2015 entre les autorités et les groupes armés indépendantistes, notamment touareg, qui avaient pris les armes en 2012. Il ne concerne pas les groupes jihadistes qui sévissent dans le pays. Mais sa mise en oeuvre est considérée comme un facteur essentiel d'une sortie de crise, à côté de l'action militaire.

Il prévoit plus de décentralisation via une réforme constitutionnelle. Certains opposants estiment que la réforme ne peut être adoptée par l'Assemblée actuelle car celle-ci est jugée par beaucoup "légale mais plus légitime", dit Bréma Ely Dicko, sociologue à l'université de Bamako.

"Sur l'impératif constitutionnel de tenir ces élections est venu se greffer un impératif politique", abonde Ibrahim Maïga, chercheur à l'Institut d'études de sécurité (ISS) à Bamako.

"Beaucoup au sein de l'opposition et de la majorité estiment que l'Assemblée ne reflète plus l'état politique des choses et qu'il faut la renouveler", dit-il.

L'un des enjeux du scrutin est tout simplement qu'il puisse se tenir partout. Une large partie du territoire est en proie à des violences quasiment quotidiennes et échappe à l'autorité que l'Etat cherche à rétablir.

- Retour sur investissement -

Dans le centre du pays, nouvel épicentre de violences qui se sont également étendues au Burkina Faso et au Niger voisins, la tenue du scrutin partout "va forcément être remise en cause", avance un député sous le couvert de l'anonymat. "Comme pour la présidentielle, certains bureaux n'ouvriront certainement pas", ajoute-il.

"L'argument avancé l'an passé pour justifier le report était que la situation sécuritaire ne permettait pas la tenue du scrutin. Or aujourd'hui, la situation est pire", note le sociologue M. Dicko.

Pour M. Maïga, tenir ces élections s'inscrit en "décalage frappant" avec l'actualité sécuritaire et sanitaire.

L'une des raisons du maintien réside peut-être dans le fait qu'il y a "beaucoup d'enjeux financiers", dit-il: près de la moitié de l'argent investi par les candidats dans la campagne l'a été durant les premières semaines, et une annulation entraînerait beaucoup de pertes sans résultat.

Dans un rapport publié fin 2019, l'Institut néerlandais pour la démocratie multipartite (NIMD) et le think-tank malien Odyssée soulignent que "depuis 1992, les campagnes électorales sont de plus en plus coûteuses", qu'elles sont payées dans une très large proportion sur les fonds privés des candidats et que le financement en devient donc "l'un des enjeux majeurs".

"On peut comprendre (la) réaction" des chefs de parti qui ont plaidé pour le maintien de la consultation quand ils ont rencontré les autorités mercredi après l'annonce des premiers cas de coronavirus et avant la décision du président d'effectivement tenir le calendrier prévu, selon M. Maïga.

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