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Madagascar

19 Malgaches meurent après avoir mangé une tortue de mer

Une tortue de mer nage dans un réservoir au Sea Life Center à Port Aransas, Texas, le 30 septembre 2017.

Au moins 19 personnes, dont neuf enfants, sont mortes à Madagascar d'une intoxication alimentaire après avoir consommé de la viande d'une tortue de mer, un animal protégé, a-t-on appris jeudi de sources concordantes. 

Trente-quatre personnes ont été hospitalisées à Vatomandry, dans l'Est de l'île, depuis lundi, dont dix sont décédées, a annoncé l'Agence de contrôle de la sécurite sanitaire et alimentaire, sans préciser si des enfants se trouvaient parmi les morts.

Neuf autres enfants sont morts à leur domicile après avoir consommé de la chair de la même tortue, a précisé le gouverneur de la région.

La consommation de tortues marines et de 24 autres espèces de poissons est fortement déconseillée par les autorités sanitaires de la Grande île pendant la saison chaude.

Ces espèces se nourrissent d'algues qui, de novembre à mars, sont toxiques pour ceux qui en mangent la chair.

Chaque année, sur les zones côtières de Madagascar, une cinquantaine de familles sont intoxiquées et régulièrement des morts sont à déplorer.

En janvier 2018, huit personnes étaient ainsi mortes d'intoxication dans le nord du pays, et huit autres le mois précédent.

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Famine à Madagascar: "Nous avons même vendu la porte de notre maison"

Madagascar Hunger and drought - climate crisis - global warming

Après quatre années de sécheresse, plus de 1,1 million de personnes dans le sud de Madagascar ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence pour faire face à une crise qui s'aggrave rapidement, selon les experts.

Environ 700 000 personnes reçoivent déjà une aide alimentaire et une augmentation de l'aide d'urgence est nécessaire, selon le Programme alimentaire mondial (PAM), qui travaille avec le gouvernement malgache et d'autres agences humanitaires.

"Les gens n'ont rien à récolter et rien pour renouveler leurs stocks alimentaires", a déclaré Alice Rahmoun, responsable de la communication du PAM à Madagascar.

Selon Amnesty International, plus de 90 % de la population de la région du "Grand Sud" de Madagascar vit sous le seuil de pauvreté, ce qui rend les familles extrêmement vulnérables.

"Toutes les agences d'aide travaillent ensemble pour essayer d'empêcher cette crise de se transformer en famine", a déclaré à l'Associated Press Jean-Benoît Manhes, représentant adjoint de l'UNICEF à Madagascar.

"Au cours des mois de juillet et août, 14 000 enfants ont été traités pour malnutrition aiguë sévère. C'est généralement le nombre que nous traitons en une année entière", a-t-il précisé.

Quatre années consécutives de sécheresse ont anéanti les récoltes et épuisé les réserves alimentaires.

Le sud de Madagascar est habitué à des saisons sèches, généralement de mai à octobre, connues sous le nom de kere en malagasy, mais cette année est bien pire, disent les agriculteurs locaux.

Le sol est si dur qu'il est difficile de planter les cultures de maïs, de riz et de manioc qui sont traditionnellement commencées en novembre.

"Il est impossible de cultiver ici en ce moment", a déclaré Nathier Ramanavotse, 68 ans, maire de Maroalomainty, dans l'extrême sud de Madagascar.

"Il a plu un peu la semaine dernière mais ce n'est pas suffisant pour cultiver. Nous avions l'habitude de cultiver beaucoup de maïs ici, mais depuis quatre ans, les récoltes sont mauvaises. Ça va de mal en pis", dit-il.

Récemment, la région a été en proie à d'intenses vents de sable, appelés "tiomena" en langue nationale. Les tempêtes de sable ont englouti et ruiné les premières cultures qui avaient été plantées, disent les agriculteurs.

Dans cette partie enclavée du pays, de nombreux agriculteurs se sont tournés vers l'abattage des arbres et l'extraction du charbon pour survivre, a-t-il ajouté.

Désespérées, de nombreuses familles se sont tournées vers des stratégies de dernier recours pour survivre.

"Quand nous n'avons plus d'argent, nous mangeons des feuilles de cactus ou des tubercules", a déclaré Liafara, 37 ans, mère de cinq enfants.

"Si nous avons un peu d'argent, nous achetons du riz pour le manger le soir. Nous le faisons cuire avec beaucoup d'eau pour le partager avec nous tous", a-t-elle déclaré. "Nous avons même vendu la porte de notre maison pour avoir un peu d'argent", a-t-elle ajouté.

Abandon scolaire en masse

Plus de 500 000 enfants de moins de cinq ans de l'extrême sud de Madagascar risquent de souffrir de malnutrition aiguë jusqu'en avril 2022, selon le PAM. Parmi eux, plus de 110 000 souffrent déjà de malnutrition aiguë sévère et nécessitent une action urgente.

L'organisation caritative portugaise Fraternité sans frontières a mis en place 14 centres nutritionnels dans la région d'Androy pour nourrir et donner des soins d'urgence aux enfants souffrant de malnutrition.

"La situation ne s'améliore pas du tout", a déclaré Felly Zihal, coordinatrice du programme du groupe dans le sud de Madagascar. "Il y a des cas d'enfants qui n'ont pratiquement plus de chair. Il n'ont plus que la peau sur les os".

La famine qui frappe Madagascar est causée par les aléas climatiques (PAM)

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A Madagascar, une victoire climatique grâce au reboisement

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Plus d'un million de Malgaches sont affectés par une grave sécheresse

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La famine étrangle des villages entiers sur la Grande Ile

Une infirmière mesure la circonférence du haut du bras de Zapedisoa, un garçon d'environ 9 ans qui est accompagné de sa grand-mère Dokoanike, dans le village de Befeno, commune Marovato, le 2 septembre 2021.

Rien à manger, rien à semer. Dans le sud de Madagascar, sur des dizaines de milliers d'hectares, la campagne est désolée et fébrile. Une sécheresse exceptionnelle, qui a transformé les champs en poussière, condamne plus d'un million de personnes à la faim.

La dernière fois qu'il a plu dans le village d'Ifotaka, c'était en mai. Deux heures et c'est tout. La période de soudure, qui commence en octobre, offre peu d'espoir.

Les villages sont abandonnés ou peuplés de paysans hagards qui ne travaillent plus une terre devenue stérile. L'absence de nourriture rend les gens las et leurs cerveaux affamés ont bien du mal à suivre aussi.

"Je me sens malade et stressée. Chaque jour je me demande ce que nous allons bien pouvoir manger", confie à l'AFP Monique Helmine, mère de six enfants qui approche de la cinquantaine, dans le village d'Atoby.

Cette femme menue aux cheveux gris, visage fermé et sourcils froncés, fait bouillir du cactus, après avoir retiré les piquants à la machette, devant sa maison en bois. Un recours coupe-faim courant dans la région, en dépit des maux de ventre qu'il provoque.

Ses trois aînés sont partis chercher du travail ailleurs. Elle s'occupe des plus jeunes. "Je voudrais m'installer dans une région plus fertile pour travailler la terre, mais je n'ai pas d'argent pour partir", dit-elle.

Aide dérobée

Arzel Jonarson, 47 ans, sans terre, était employé par des cultivateurs de manioc. Ce grand moustachu n'a plus de travail depuis de longs mois. Il récolte du bois. En une semaine, il gagne péniblement 22 centimes d'euros. Le prix d'un bol de riz.

A Ankilidoga, un couple âgé et leur fille font cuire des herbes sauvages, en ajoutant beaucoup de sel pour atténuer leur amertume. Normalement, ils cultivent maïs, manioc, arachides et patates douces. Cette année, rien.

Un grand réservoir récolte les eaux de pluie dans le village. Personne ne se souvient quand il a été plein pour la dernière fois.

Kazy Zorotane, paysanne de 30 ans, élève aussi ses quatre enfants seule. "Je n'ai reçu aucune aide depuis des mois. La dernière fois, c'était un peu d'argent distribué par le gouvernement en juin". L'équivalent de 22 euros.

Selon plusieurs élus de la commune d'Ifotaka, les dernières aides de l'Etat, sous forme de riz, d'huile et de haricots, ont largement été détournées par des militaires en août. Et seulement 90 personnes, sur les 500 identifiées, ont reçu cette somme de 22 euros.

Le sud malgache est régulièrement affligé par la famine. Mais la sécheresse subie depuis des mois est la plus grave depuis 40 ans, souligne l'ONU qui l'attribue au réchauffement climatique. Le bilan des morts est impossible à chiffrer tant d'autres maladies se greffent sur la malnutrition et tant la région affectée est vaste.

Pas de sépulture

Dans la queue devant la clinique mobile de Médecins sans frontières, qui se déplace de village en village, les enfants empoignent maladroitement des "plumpy", sachets rectangulaires contenant une pâte alimentaire calorique au goût d'arachide, qu'ils portent à la bouche.

Dans la foule qui attend, infirmiers et membres du personnel repèrent les cas les plus urgents, examinés en priorité. Les petits sont pesés dans un seau bleu et la circonférence de leurs bras mesurée. Indicateur précieux pour mesurer les effets débilitants de la malnutrition aigüe.

Zapedisoa, neuf ans, est venu avec sa grand-mère à Befeno. Le petit garçon atone, visage éteint, pèse 20 kg et présente des signes alarmants. L'équipe lui donne médicaments et suppléments alimentaires.

Satinompeo, toute petite fille aux cheveux ras, a déjà cinq ans. Elle ne pèse que 11 kg. Sévèrement malnutrie, elle s'agrippe au short jaune de son père et pleure: elle a un peu peur des médecins.

Les familles repartent avec de la nourriture calculée selon le nombre d'enfants et pour une période de quinze jours. Plus loin, d'autres ONG internationales ou locales, appuyées par le gouvernement, sont aussi à l’œuvre.

A Fenoaivo, un homme de 45 ans veille sur le corps de son père, mort en juin. "Nous n'avons pas d'argent pour acheter un zébu pour le repas, impossible d'organiser ses funérailles", dit Tsihorogne Monja, près du mort qui repose sous un tissu, dans une cabane à part.

"Mon père a eu très faim. Il a mangé trop de cactus et d'écorces de tubercules. C'est ça qui l'a tué, comme s'il avait été empoisonné".

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