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Les frères ennemis s'engagent pour des élections en décembre en Libye

Marshall Khalifa Haftar, chef d'état-major libyen de l'armée nationale libyenne de l'est libyen, 2e à gauche, se tient avec sa délégation sur les marches de l'Elysée à la suite de la conférence internationale sur la Libye à Paris le 29 mai 2018.

Les quatre principaux protagonistes de la crise libyenne se sont engagés mardi à Paris à organiser des élections le 10 décembre pour sortir leur pays du chaos, sept ans après l'intervention occidentale de 2011 et la chute de Mouammar Kadhafi.

C'est une "rencontre historique, accompagnée par l'ensemble de la communauté internationale" et "une étape clé pour la réconciliation", s'est félicité le président français Emmanuel Macron à l'issue d'une conférence à l'Elysée en présence d'une vingtaine de pays et organisations internationales.

Le Premier ministre du gouvernement d'union nationale, Fayez al-Sarraj, et son rival, le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est du pays, se sont retrouvés dix mois après leur rencontre en France le 25 juillet 2017.

Ils ont été rejoints cette fois par le président de la Chambre des représentants, Aguila Salah, basé à Tobrouk (est) et qui ne reconnaît pas le gouvernement de Tripoli, ainsi que par celui du Conseil d'Etat, équivalent d'une chambre haute à Tripoli, Khaled al-Mechri.

>> Lire aussi : Le chaos en Libye depuis la chute de Kadhafi

"Nous nous sommes engagés (...) à œuvrer de manière constructive avec les Nations unies pour organiser (...) des élections dignes de foi et pacifiques", législatives et présidentielle, le 10 décembre, et à "respecter leurs résultats", indique la déclaration qu'ils ont endossée.

Le texte a été lu en arabe à l'issue de la rencontre et approuvé oralement par les quatre responsables libyens, à la demande de M. Macron, mais n'a pas donné lieu à une signature devant les caméras comme cela était prévu initialement.

"Donc tout le monde travaille ensemble sur cette base, bravo!", a conclu le président français, très impliqué dans la recherche d'une solution à la crise libyenne depuis son élection en mai 2017.

- "Assez de sang a coulé" -

Une signature s'avérait compliquée entre des acteurs qui "ne se reconnaissent pas mutuellement", a-t-il concédé. Mais après un tel engagement devant 20 pays, "plus personne ne pourra dire +je n'étais pas d'accord+".

>> Lire aussi : Accord à Paris sur des élections le 10 décembre en Libye

Emmanuel Macron a reconnu que "deux grandes difficultés" demeuraient: le "risque terroriste", notamment du groupe état islamique (EI), et "l'insécurité" qui mine le pays, alimentée par une myriade de milices.​

>> Lire aussi : Macron réunit mardi à Paris les responsables libyens pour préparer les élections

Cette réunion a été également qualifiée d'"historique" par l'envoyé spécial de l'ONU, Ghassan Salamé. "Nous ne remplaçons pas les Libyens, ce sont eux qui s'entendent entre eux. C'est capital", a-t-il dit, en se montrant "optimiste" sur le processus lancé.

Pour sa part, Fayez al-Sarraj a appelé "à arrêter les combats partout en Libye" car "assez de sang a coulé", et "tout le monde au dialogue".

Les quatre responsables se sont engagés à trouver une "base constitutionnelle" pour ces élections d'ici au 16 septembre 2018, sans décider si cela passerait par un référendum.

Ce processus, très contentieux, qui doit notamment définir les pouvoirs du futur président, pourrait conduire à "retarder les élections", a concédé une source proche du dossier.

- Expérience irakienne -

Les responsables de toute "obstruction" au processus électoral auront à "rendre des comptes", avertit la déclaration. Ils pourront être faire l'objet de sanctions de l'Union européenne ou de l'ONU, selon l'Elysée.

Le président français Emmanuel Macron avec le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj (à droite) et le général Khalifa Haftar (à gauche), près de Paris, France, le 25 juillet 2017.
Le président français Emmanuel Macron avec le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj (à droite) et le général Khalifa Haftar (à gauche), près de Paris, France, le 25 juillet 2017.

La feuille de route prévoit aussi la suppression "à terme" des structures parallèles, notamment le gouvernement installé dans l'est du pays, et appelle à une unification de la Banque centrale ainsi que des forces de sécurité libyennes, aujourd'hui émiettées en de multiples milices outre l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée du maréchal Haftar.

Les pays "parrains" des différentes forces en présence - les Emirats arabes unis et l'Egypte soutiennent le maréchal Haftar, le Qatar et la Turquie certains groupes islamistes -ont assisté à la conférence de Paris.

Les présidents tchadien Idriss Déby, nigérien Mahamadou Issoufou, tunisien Béji Caid Essebsi et congolais Denis Sassou Nguesso, représentant de l'Union africaine sur la Libye, ainsi que le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, représentaient les pays voisins et l'Union africaine.

Le centre d'analyses International Crisis Group (ICG) a toutefois jugé que la conférence de Paris risquait d'être "contre-productive", en l'absence d'un consensus plus large incluant l'ensemble des acteurs politiques et militaires de ce pays.

>> Lire aussi : Plus d'une centaine de migrants s'échappent d'un camp tenu par des trafiquants en Libye

Le général Ibrahim Ben Rjab, chef du conseil militaire de Misrata, qui n'a pas participé à la réunion par hostilité au maréchal Haftar, estime ainsi que la déclaration "ne vaut pas grand-chose puisqu'elle n'a pas été signée" mais y voit quand même des "points positifs" comme l'unification des institutions.

>> Lire aussi : 532 migrants secourus en Méditerranée durant le week-end

"L'expérience irakienne des années 2000 a montré qu'organiser des élections dans un contexte sécuritaire incertain et dans des pays fortement polarisés peut nuire aux processus d'inclusions et donner des résultats contre-productifs", a mis en garde Karim Bitar, directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

Avec AFP

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Gambie: nomination d'un ministre de la Défense, le premier depuis 22 ans

La force de la Cedeao, lors de la crise de succession en Gambie.

Le chef de l'Etat gambien Adama Barrow a remanié jeudi son gouvernement, nommant un ministre de la Défense pour la première fois depuis 22 ans et un ancien chef de la police controversé à l'Intérieur, a annoncé la présidence dans un communiqué.

M. Barrow a désigné jeudi comme ministre de la Défense Sheikh Omar Faye, consul général de Gambie à Jeddah (Arabie saoudite), selon le communiqué.

Depuis 1997, d'abord sous Yahya Jammeh, qui a dirigé d'une main de fer ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest de 1994 à 2017, puis sous son successeur, l'ancien opposant Adama Barrow, les prérogatives du ministère de la Défense étaient directement exercées par le président.

Ancien sprinteur --il a participé aux JO de 1984-- M. Faye a fait carrière dans l'armée jusqu'en 1994, lorsqu'il a quitté la Gambie pour les Etats-Unis, selon la lettre d'information spécialisée AllGov.com.

De retour en Gambie en 2005, il devient chef de la communication du cabinet du président Jammeh, puis ministre de la Jeunesse et des Sports, avant d'être nommé ambassadeur à Washington.

Il avait pris ses distances avec Yahya Jammeh à la toute fin de son régime, en l'appelant de la capitale fédérale américaine, en décembre 2016, à reconnaître sa défaite électorale face à Adama Barrow et à céder le pouvoir.

Yahya Jammeh n'avait quitté son pays pour la Guinée Equatoriale qu'après six semaines d'une crise à rebondissements et sous la pression d'une intervention militaire et diplomatique régionale.

Un défenseur gambien des droits humains, Madi Jobarteh, a salué la désignation d'un ministre de la Défense, estimant toutefois que "le choix de M. Faye est un important pas en arrière" si l'on considère qu'il fut un "soutien clé de la dictature en Gambie".

Le défenseur des droits de l'homme a par ailleurs qualifié de "catastrophe" la désignation au poste de ministre de l'Intérieur de Yankuba Sonko, qui selon lui montre la volonté du président Barrow de "recourir à la violence pour refuser les droits et libertés fondamentales".

M. Sonko était inspecteur général de la police lors de la répression le 14 avril 2016 d'un rassemblement pour réclamer des réformes politiques. La mort en détention d'un des leaders de l'opposition arrêtés, Solo Sandeng, avait galvanisé les opposants, qui s'étaient unis autour de la candidature d'Adama Barrow.

Avec AFP

Candidat à présidentielle, le Premier ministre délègue ses pouvoirs

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed, lors du dépôt de sa candidature à la présidentielle anticipée en Tunisie, le 9 août 2019.

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, l'un des principaux candidats à la présidentielle anticipée du 15 septembre, a annoncé jeudi avoir délégué ses pouvoirs pour se consacrer à sa campagne électorale.

Lors d'une intervention sur la télévision publique, M. Chahed a déclaré avoir "décidé de déléguer ses pouvoirs de chef du gouvernement au ministre de la Fonction publique jusqu'à la fin de la campagne électorale". Celle-ci est prévue du 2 au 13 septembre.

Cette décision a été prise "dans le souci d'assurer la transparence dans le processus électoral et pour éviter tout conflit d'intérêt", a dit M. Chahed, devenu en 2016, à 40 ans, le plus jeune Premier ministre de la Tunisie.

Le premier tour du scrutin présidentiel aura lieu le 15 septembre.

Prévue en fin d'année, cette élection a été avancée à la suite du décès le 25 juillet du président Beji Caid Essebsi à l'âge de 92 ans.

Il était le premier président démocratiquement élu au suffrage universel de l'histoire moderne de la Tunisie.

Vingt-six candidatures, dont celle de M. Chahed, ont été validées et 71 écartées, au terme d'un examen préliminaire des dossiers, a annoncé le 14 août l'Instance chargée des élections en Tunisie (Isie). La liste finale sera publiée le 31 août.

Mardi, M. Chahed qui avait lancé au début de cette année son propre parti Tahya Tounes, a annoncé avoir renoncé à la nationalité française avant le dépôt de sa candidature, comme le demande la Constitution.

Avec AFP

Zimbabwe: une satiriste connue affirme avoir été enlevée et battue

La comédienne zimbabweenne, Samantha Kureya, dite Gonyeti.

Une comédienne et satiriste populaire au Zimbabwe, Samantha Kureya, dite Gonyeti, a affirmé jeudi avoir été enlevée de son domicile à Harare et battue par des inconnus, devenant la dernière critique en date du gouvernement à avoir été agressée ces dernières semaines.

Dans un clip vidéo en ligne, elle raconte à un journaliste du quotidien Daily News, depuis son lit d'hôpital, avoir été enlevée mercredi soir par des hommes armés et masqués, rouée de coups et abandonnée.

Trois hommes masqués ont cassé la porte de sa chambre et l'ont tirée du lit, dit-elle. "Je ne portais qu'un haut et une culotte. Quand je leur ai dit +laissez-moi m'habiller+, ils m'ont giflée et ordonné de baisser les yeux", ajoute-t-elle.

"Vous vous moquez du gouvernement" lui ont dit ses agresseurs en lui donnant des coups de pied et de fouet et la faisant rouler sur le sol mouillé, a-t-elle ajouté.

Elle affirme avoir dû se dénuder, boire de l'eau des égouts et avoir été abandonnée sur place sans ses vêtements.

Elle ajoute avoir marché ensuite vers des maisons et qu'une robe lui a été jetée par la fenêtre de l'une d'entre elles.

"Je ne sais pas si (cette agression) avait pour objectif de me faire peur" mais c'est grâce à la comédie "que je suis capable de payer mon loyer et d'envoyer mon frère à l'école. Je continuerai à faire mon travail", affirme-t-elle.

Le ministère de l'Information a annoncé dans un Tweet qu'une enquête était en cours.

La maison de production de Samantha Kureya, Bustop-TV, avait précédemment indiqué dans un Tweet qu'une autre comédienne, Sharon Chideu, qui apparaît dans des sketchs à ses côtés, avait elle aussi été ciblée mais qu'elle avait été avertie d'un risque d'enlèvement et avait quitté son domicile.

Bustop-TV diffuse des sketchs qui se moquent des autorités zimbabwéennes et des problèmes économiques et sociaux du pays.

Samantha Kureya et Sharon Chideu avaient été arrêtées par la police en février après être apparues dans un sketch vêtues d'uniformes de la police. Elles avaient été libérées après avoir payé chacune une amende de 20 dollars (17,6 euros).

Ces deux dernières semaines, plusieurs membres de l'opposition et militants des droits de l'homme ont été enlevés par des assaillants non identifiés en divers endroits du Zimbabwe, selon des organisations de défense des droits de l'homme.

Avec AFP

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