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A Lourdes, une fête de l'Assomption sous haute surveillance après les attentats

Pape Francis 29 juillet 2016.

Des milliers de catholiques ont célébré lundi la fête de l'Assomption à Lourdes, haut-lieu de pèlerinage du sud-ouest de la France, placé sous très haute sécurité après l'attentat de Nice et l'assassinat d'un prêtre en juillet.

La messe célébrant l'Assomption de la Vierge Marie, qui représente pour les catholiques la montée au ciel de la mère du Christ, s'est tenue en plein air sur la prairie des sanctuaires, sous un soleil éclatant.

Mais la présence de policiers et militaires en treillis, arme en bandoulière, patrouillant les lieux saints, et d'un hélicoptère survolant le site, est venue rappeler aux quelque 22.000 fidèles que le pays fait face à une grave menace terroriste.

"Je pense que c'est important que les soldats soient là, simplement au cas où quelque chose arrive" a estimé Leïla Bousbaa, pèlerine anglaise de 21 ans, "mais en même temps, c'est très important de prier pour la paix, parce que tant de choses se sont passées l'année dernière".

"Nous venons pour prier pour la paix dans le monde entier, qui semble être dans le chaos", a pour sa part confié Piet Tarappa, chef d'entreprise indonésien, venu de Jakarta avec 35 pèlerins et un évêque.

Quelque 500 membres des forces de sécurité ont été mobilisés à Lourdes, un dispositif exceptionnel mis en place après l'assassinat le 26 juillet du père Jacques Hamel, en pleine messe dans son église, près de Rouen. L'attentat avait été revendiqué par l'organisation Etat islamique (EI)

Devant des pèlerins portant des fanions et des drapeaux français, allemand ou encore ivoirien, le cardinal et archevêque de Lyon (centre-est) Philippe Barbarin, une des personnalités les plus influentes de l'Eglise de France qui présidait la cérémonie en a appelé à "tous les croyants", chrétiens, juifs, musulmans.

Et il a dit penser "à la France, bouleversée par tant de souffrances dans ces derniers mois depuis janvier 2015 (attentats de Charlie Hebdo et du supermarché l'Hyper Cacher), et encore cruellement atteinte le mois dernier."

Dans tout le pays, les cloches des églises ont retenti à 10H00 GMT et les croyants ont été invités à se recueillir et à allumer une bougie en hommage au père Jacques Hamel.

- Des catholiques plus méfiants vis-vis de l'islam -

Le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, a appelé les fidèles à "prier pour la France" face aux "épreuves" qu'elle "traverse".

A Lourdes, la prière devait avoir lieu dans l'après-midi à la grotte de Massabielle où, selon l'Eglise catholique, une jeune bergère, Bernadette Soubirous, a vu Marie en 1858.

Cette prière "va prendre une couleur particulière cette année", selon Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, parce qu'"on se rend compte que nous sommes la cible d'attentats terroristes, et que c'est notre pays qui est visé, pas seulement l'Eglise catholique".

L'émotion était particulièrement vive à Rouen, où l'archevêque Dominique Lebrun a évoqué la mémoire du père Hamel.

"La France traverse des épreuves, notre diocèse traverse des épreuves", a-t-il souligné avant de mettre en garde les fidèles contre la tentation de "nous retirer de la fraternité" en cédant à la colère vis-à-vis des musulmans.

Le président François Hollande se rendra mercredi au Vatican pour y rencontrer le pape François en audience privée et s'entretenir avec lui des suites de l'assassinat du père Hamel, a annoncé lundi la présidence.

Les catholiques français se montrent de plus en plus méfiants vis-à-vis de l'islam, selon une analyse Ifop publiée samedi par le quotidien Le Monde, qui révèle un net durcissement au lendemain de l'assassinat du prêtre.

L'approbation de l'affirmation "l'islam représente une menace", restée stable chez l'ensemble des Français (33% fin juillet 2016 contre 32% en février 2015), a bondi à 45% chez les catholiques pratiquants, contre 33% un an et demi plus tôt.

Après l'assassinat du père Hamel, qui a eu lieu un peu plus d'une semaine après l'attentat de Nice (85 morts et plus de 400 blessés), de nombreux musulmans s'étaient rendus dans les églises pour témoigner de leur solidarité envers leurs "frères" chrétiens et de leur rejet du jihadisme.

Avec AFP.

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Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

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