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Nouveaux combats pour le contrôle du Croissant pétrolier en Libye

Un homme des forces armées libyennes se prépare à combattre des membres du groupe Etat islamique à l'ouest de Benghazi, Libye, le 7 mars 2016.

De nouveaux combats pour le contrôle du Croissant pétrolier en Libye ont opposé dimanche la milice des Gardes des installations pétrolières, loyale au gouvernement d'union nationale, aux forces d'une autorité parallèle rivale basée dans l'Est du pays.

En proie au chaos et aux divisions depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye compte deux autorités se disputant le pouvoir. Basé à Tripoli, le gouvernement d'union nationale (GNA), issu d'un accord parrainé par l'ONU, est reconnu par la communauté internationale.

Mais dans l'Est, une autorité rivale ne reconnaît pas sa légitimité et continue d'exercer le pouvoir sur de vastes portions de territoire. Cette autorité dispose de ses propres forces armées commandées par le controversé maréchal Khalifa Haftar.

Les forces du maréchal Haftar ont réussi à s'emparer il y a une semaine des quatre terminaux de la région du Croissant pétrolier (nord-est): Zoueitina, Brega, Ras Lanouf et Al-Sedra qui étaient jusqu'alors contrôlés par la milice des Gardes des installations pétrolières (GIP), alliée au GNA.

Cette milice a toutefois "lancé une offensive ce matin (dimanche) et nos forces les combattent à Ras Lanouf", un des terminaux, a indiqué à l'AFP Mohamad Ibset, un responsable des forces liées au maréchal Haftar.

Tentative de reprise des terminaux

De son côté, le colonel Moftah al-Magarief, commandant des troupes chargées par Khalifa Haftar de surveiller et protéger les installations pétrolières, a affirmé que ses combattants "ont repoussé une attaque lancée par des 'milices' (...) avec l'aide de groupes hors-la-loi depuis l'ouest de la Libye jusqu'à la région de Ras Lanouf".

"Nous les avons pourchassés (...) et capturé certains d'entre eux", a-t-il ajouté.

Un porte-parole des GIP, Ali al-Hassi a confirmé à l'AFP que cette milice avait "attaqué al-Sedra et Ras Lanouf".

L'AFP n'a pu contacter aucune source indépendante dans la zone des combats.

Dans un pays où les exportations de brut représentent la principale ressource économique, les terminaux du Croissant pétrolier sont depuis 2011 au coeur de toutes les luttes de pouvoir.

Le GNA tablait sur une reprise des exportations pétrolières pour renflouer les caisses de l'Etat, améliorer les services publics et tenter ainsi d'asseoir une légitimité chancelante. Le fait que les milices des GIP l'aient rejoint avait semblé un pas important pour réaliser cet objectif.

Mais la prise de contrôle des terminaux par l'autorité rivale au GNA a rendu la situation confuse.

Tout en se disant loyale au GNA, la Compagnie nationale du pétrole (NOC) a affirmé que les exportations allaient reprendre. Elle a affirmé qu'elle appliquait ainsi les "instructions données par le Parlement" basé dans l'Est et qui est fidèle aux autorités rivales du GNA.

En cas de reprise des exportations, la grande question sera de savoir à qui iront les recettes collectées: au GNA de Tripoli ou aux autorités de l'Est?

Nouvel appel au dialogue

L'émissaire américain en Libye Jonathan Winer a déclaré mercredi soir à l'AFP que son pays soutenait la reprise des exportations pétrolières tant que les recettes reviennent exclusivement au GNA.

Il a affirmé que la communauté internationale était prête à intervenir si ce dernier lui demandait de bloquer une cargaison qui pourrait bénéficier à l'autorité rivale.

L'émissaire avait appelé au retrait des forces militaires des zones autour des terminaux pétroliers, insistant sur la "nécessité du dialogue" car le conflit n'est "dans l'intérêt" de personne.

Le GNA, installé en mars à Tripoli, a été créé en vertu d'un accord signé fin 2015 sous l'égide de l'ONU qui consacrait la mise à l'écart du puissant général Haftar.

La prise des terminaux par ses forces pourrait constituer, pour ce général, un moyen de pression sur l'ONU pour qu'elle amende, avec le GNA, l'accord de 2015 et l'intègre ainsi dans le jeu politique.

Dans un pays sous la coupe de puissantes milices, qui obéissent à leurs propres intérêts -qu'ils soient d'ordre idéologique, tribal ou financier-, les alliances peuvent basculer.

Réagissant dimanche sur Twitter aux nouveaux affrontements autour du Croissant pétrolier, Peter Millett, ambassadeur du Royaume Uni en Libye, a déclaré que "la reprise des combats autour des installations du Croissant pétrolier est mauvaise pour l'avenir de l'économie libyenne", incitant les Libyens à "résoudre leur différends par le dialogue".

Avec AFP

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Nouveau report du procès du viol collectif d'une adolescente

Khadija avec son avocat dans un parc près du Palais de justice de Beni Mellal après une audience le 10 octobre 2018.

Le procès de 12 hommes accusés d'avoir séquestré et violé collectivement une adolescente marocaine a été reporté mardi pour la troisième fois en deux mois, au grand dam de la victime "impatiente de reprendre une vie normale".

"J'attends que ça se termine pour rétablir la vérité et pour me faire détatouer", a confié à l'AFP Khadija, à la sortie du tribunal de Beni Mellal.

Son histoire avait suscité l'émoi dans le royaume et au-delà : pour obtenir justice, cette adolescente issue d'une famille défavorisée âgée de 17 ans au moment des faits, avait raconté en août dans une vidéo virale avoir été kidnappée, séquestrée, violée et martyrisée pendant deux mois par des jeunes hommes de son village d'Oulad Ayad, près de Beni Mellal.

Son témoignage filmé dans lequel elle montre des brûlures de cigarettes et des tatouages obscènes, infligés selon elle par ses agresseurs, avait suscité une forte mobilisation contre "la culture du viol et de l'impunité".

Mardi, elle se présentait pour la première fois devant le tribunal n'ayant pas été invitée précédemment "pour des raisons de santé" au procès qui s'est ouvert mi-avril, selon son père.

L'audience a été immédiatement renvoyée au 9 juillet, deux des prévenus n'ayant toujours pas d'avocats.

La jeune fille s'est présentée au tribunal une main couverte par un gant noir pour cacher ses tatouages que ses avocats veulent utiliser comme preuve de ses accusations.

Les accusés, âgés de 19 à 29 ans, étaient présents dans la salle, menottés et surveillés par des policiers. Ils sont jugés pour "traite d'être humain", "viol", "constitution d'une bande organisée" ou "enlèvement et séquestration" et risquent jusqu'à 30 ans de prison. Un treizième est jugé séparément à huis clos, son dossier ayant été disjoint car il était mineur au moment des faits.

Khadija, qui vit avec ses parents dit avoir "traversé une période difficile" et "ressent toujours de la peur même si les choses vont mieux".

Après sa séquestration, elle a du affronter les critiques dans son village. Les proches des prévenus martèlent qu'elle "était avec les garçons de son plein gré", certains la désignent comme coupable de ce qui lui est arrivé, même si quelques uns de ses agresseurs ont reconnu les faits.

Son choix de briser le silence en s'exposant publiquement est très rare dans une société conservatrice qui pousse les victimes de viol à se taire, pour protéger leur image et la réputation de leur famille.

Plus de 90% des Marocains ayant subi une forme de violence n'ont pas porté plainte contre leurs agresseurs, selon une récente enquête officielle. Khadija, elle, affirme avoir "résisté aux pressions" et appelle les victimes de violences à "ne pas se taire".

Ebola perturbe les examens de fin d'année scolaire

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Le président se félicite de l'abandon des transactions en monnaies étrangères au Zimbabwe

Le président Mnangagwa à Victoria Falls, le 24 juin 2019. (C. Mavhunga/VOA)

Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a estimé mardi que la situation "redevenait normale" dans son pays après la décision des autorités la veille d'interdire les transactions en devises étrangères.

Depuis 2009, il était possible de régler au Zimbabwe ses dépenses du quotidien (supermarché, essence, factures à l'hôpital...) en devises étrangères, notamment en dollars américains et en rands sud-africains.

Mais mardi, les autorités ont annoncé la fin de cette disposition.

Les Zimbabwéens doivent désormais payer seulement en "dollars RTGS", introduits en février: ils peuvent le faire soit avec des billets de "bond notes", imprimés depuis 2016, soit électroniquement.

"On est de retour à une situation normale parce que nous avons notre monnaie", a déclaré Emmerson Mnangagwa mardi à des journalistes, en marge d'un sommet sur la faune sauvage à Victoria Falls (ouest du Zimbabwe).

"Nous n'avons pas interdit la possession d'autres monnaies, mais on ne peut plus acheter avec, il faut aller dans des bureaux de change", a-t-il expliqué, assurant que "les fondamentaux sont en place pour une nouvelle monnaie".

"En termes de taux de change, rien n'a changé, ce qui a seulement changé est qu'on a supprimé le système de monnaies multiples" et de fait la dollarisation de l'économie zimbabwéenne, a-t-il encore dit.

Au pouvoir depuis fin 2017 et la démission forcée de Robert Mugabe, maître absolu pendant trente-sept ans, Emmerson Mnangagwa s'est engagé à relancer l'économie du Zimbabwe, aux abois depuis près de deux décennies.

En 2009, le pays avait été contraint d'abandonner sa devise, totalement dévaluée par une hyperinflation vertigineuse de plusieurs centaines de millions de pour cent, au profit du dollar américain et du rand sud-africain notamment.

Les mesures prises depuis, notamment l'introduction en 2016 des "bond notes" et en février des "dollars RTGS", se sont jusqu'à présent soldées pas des échecs. Le pays manque cruellement de liquidités et fait face à une très forte inflation (97,85% en mai).

Pour tenter de protéger sa monnaie, la banque centrale a annoncé lundi soir la relève de ses taux d'intérêt de 15 à 50%.

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