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Libération de 53 présumés miliciens en RDC

Quelques habitants près de la gare à Kananga, Kasaï occidental, 4 août 2007.

La justice congolaise a libéré à Kananga, au centre de la RDC, 53 personnes accusées d’être des membres de la milice de Kamuina Nsapu, un chef coutumier du Kasaï-Central opposé au régime du président Joseph Kabila mais tué il y a quelque temps.

Les 43 adultes et 10 mineurs en détention préventive depuis au moins deux mois ont été relâchés contre la signature d'un acte d'engagement dans lequel ils promettent de "ne plus se réengager dans un mouvement insurrectionnel". Les dix mineurs ont été confiés à l'Unicef à Kananga pour être ensuite admis dans un centre de réinsertion.

"C'est un acte de bonne volonté des autorités dans le processus de recherche de la paix durable dans la province", a déclaré le vice-gouverneur de la province du Kasaï-Central, Justin Milonga.

"Nous appelons les autorités à libérer également (la dizaine) de personnes déjà condamnées" dans cette affaire, a déclaré à l'AFP Tridon Ntumba, président des organisations de défense des droits de l'homme au Kasaï-Central.

Depuis septembre 2016, le Kasaï-Central est le théâtre de violences à répétitions entre miliciens du chef Kamuina Nsapu, tué dans une opération de police le mois précédent après avoir contesté l'autorité du pouvoir central, à Kinshasa.

Après plusieurs années passées en Afrique du Sud, M. Nsapu, médecin âgé d'une trentaine d'années, était rentré en avril 2016 en RDC, où il avait lancé des appels à l'insurrection et à la "libération du Congo".

Selon l'ONU, 140 personnes au moins ont été tuées dans des affrontements entre les forces de l'ordre et ses partisans.

Une centaine de personnes ont été arrêtées, jugés ou condamnées depuis avril 2016.

La dernière vague de violence a eu lieu vendredi à Kananga lorsque les partisans de la milice protestaient contre l'arrivée du Premier ministre Samy Badibanga à Kananga et demandaient le départ du gouverneur de province Alex Kande. La visite du Premier ministre avait finalement été annulée.

L'accord politique signé entre la majorité et l'opposition sous l'égide de l'épiscopat de la RDC pour la cogestion du pays après le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila prône des mesures de décrispation politique au pays.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, son mandat s'est achevé le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter. Il reste à la tête du pays en vertu d'une décision controversée de la Cour constitutionnelle, finalement avalisée par l'opposition mais dont les modalités d'application peinent à être adoptées.

Samedi, ces négociations conduites par l'Église catholique ont été suspendues pour une semaine.

Avec AFP

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Soudan: "accord" entre militaires et civils, aux contours encore vagues

Un des leaders de la contestation présents à la réunion, déclaré que les deux parties ont convenu de former un conseil conjoint.

Le Conseil militaire au pouvoir au Soudan a annoncé sans le préciser "un accord sur la plupart des exigences" présentées par les leaders de la contestation lors d'une réunion mercredi, qui s'est achevée avec la démission de trois membres de ce Conseil.

"Nous avons un accord avec la plupart des exigences présentées dans un document de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC)", a indiqué à la presse le général Shamseddine Kabbashi, porte-parole du Conseil militaire de transition, à l'issue d'une réunion entre les militaires et l'opposition, qui réclame un transfert du pouvoir à une autorité civile.

Un des leaders de la contestation présents à la réunion, Ahmed al-Rabia, a ajouté que les deux parties avaient également convenu de former un conseil conjoint, sans développer.

Quelques minutes après, dans un communiqué, le Conseil militaire a annoncé la démission de trois de ses membres, les lieutenants-généraux Omar Zain al-Abdin, Jalaluddin Al-Sheikh et Al-Tayieb Babikir.

A cette réunion participaient les militaires et les leaders de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui regroupe les principales formations de la contestation. Elle s'est tenue en soirée au palais présidentiel, selon un vidéaste de l'AFP.

Ce Conseil militaire de transition est au pouvoir au Soudan depuis le renversement par l'armée du président Omar el-Béchir le 11 avril sous la pression de la rue.

Depuis, les relations entre militaires et manifestants ont connu des soubresauts. Les responsables du mouvement de contestation avaient annoncé dimanche la suspension des discussions avec le Conseil militaire, en raison de son refus de transférer le pouvoir immédiatement à une autorité civile.

Dans la journée de mercredi, lors d'une conférence de presse, un haut responsable de l'opposition, Omar el-Digeir, avait déclaré que les leaders de la contestation étaient prêts à parler directement avec le chef du Conseil militaire, le général Abdel Fattah al-Burhane. La réunion s'est déroulée ensuite.

Depuis le 6 avril, des manifestants sont rassemblés jour et nuit devant le quartier général de l'armée à Khartoum. Après avoir demandé dans un premier temps le départ du président, ils réclament désormais que les militaires abandonnent le pouvoir.

Mercredi, des centaines de personnes venues de la ville de Madani (centre) ont rejoint les manifestants dans la capitale en scandant "nous sommes venus de Madani et nous réclamons le pouvoir civil", selon des témoins.

Interrogé avant la réunion lors d'une conférence de presse sur les actions prévues en cas de refus du Conseil militaire d'accéder aux revendications des manifestants, l'un des leaders de la contestation, Siddiq Farouk, a menacé d'une "escalade". "Nous nous préparons à une grève générale" à travers le pays, a-t-il affirmé.

Ahmed al-Rabia, figure de l'Association des professionnels soudanais (SPA), fer de lance de la contestation, a lui appelé à une "marche d'un million de personnes pour jeudi".

Ayman Ali Mohamed, un manifestant, a indiqué mercredi qu'il prendrait part à cette marche. "Nous avons peur que le Conseil militaire nous vole la révolution, donc nous devons participer (aux manifestations) jusqu'à ce que que le transfert à un pouvoir civil soit achevé", a-t-il dit.

Pour la première fois, des juges devraient rejoindre les manifestants. Ils se mobiliseront "pour soutenir le changement et pour (réclamer) un système judiciaire indépendant", selon un communiqué diffusé mercredi par une association professionnelle de juges.

Dimanche, le général Burhane avait promis que l'armée répondrait dans la semaine aux demandes des manifestants.

La contestation au Soudan, déclenchée le 19 décembre après la décision du gouvernement Béchir de tripler le prix du pain, s'est rapidement transformée en contestation inédite du président aujourd'hui déchu et emprisonné, et plus largement du système en place.

- "Demande légitime" -

Le mouvement a reçu le soutien de Washington qui a dit appuyer "la demande légitime" des Soudanais d'un gouvernement dirigé par des civils.

"Nous sommes ici pour encourager les parties à oeuvrer ensemble afin de faire avancer ce projet au plus tôt", a déclaré mardi à l'AFP Makila James, responsable du département d'Etat américain chargée de l'Afrique de l'Est en visite à Khartoum.

"Le peuple du Soudan a formulé clairement sa demande", a-t-elle souligné. "Nous voulons le soutenir dans cela, c'est la meilleure voie pour aller vers une société respectueuse des droits humains".

Un responsable américain avait indiqué plus tôt en avril que les Etats-Unis étaient prêts à retirer le Soudan de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme si le Conseil militaire engageait un "changement fondamental" de gouvernance.

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1989, M. Béchir a dirigé d'une main de fer un pays miné par une situation économique désastreuse et par des rébellions dans plusieurs régions. La Cour pénale internationale (CPI) a lancé des mandats d'arrêt contre lui pour "crimes de guerre" et "génocide" dans la région du Darfour (ouest).

Plusieurs pays africains réunis sous la houlette de l'Egypte ont appelé mardi à une "transition pacifique et démocratique" d'ici trois mois au Soudan, un délai plus long que les 15 jours accordés récemment par l'Union africaine (UA) aux militaires pour céder le pouvoir.

Avec AFP

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