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Libération d'un blogueur détenu depuis 16 mois au Tchad


Tadjeddine Mahamat Babouri, ici sur une photo le 19 janvier 2018. (Facebook/Freebabouri)

Le militant politique Tadjeddine Mahamat Babouri, emprisonné depuis 16 mois pour avoir critiqué le régime sur les réseaux sociaux au Tchad, a été libéré à la demande d'un juge.

"Le juge a ordonné la libération d'office de Babouri en vertu du code de procédure en vigueur", a indiqué cette source. La durée maximale de détention provisoire selon le code de procédure est de six mois pour un délit et d'un an pour un crime.

"Le fond du dossier sera discuté dans deux semaines", a indiqué à l'AFP l'avocat de M. Babouri, Me Olivier Gouara, se disant "très satisfait" de cette libération. Selon lui, son client a "beaucoup souffert".

"Ce matin à la barre, il ne pouvait pas se tenir debout et ils ont dû le faire asseoir. Avant cette audience, il a été hospitalisé pendant 10 jours".

>> Lire aussi : Un comité pour la libération d'un blogueur en prison saisit la justice au Tchad

Tadjeddine Mahamat Babouri est détenu depuis mi-septembre 2016 à la suite de propos critiques envers le régime d'Idriss Déby sur Facebook.

Selon Amnesty international, Tadjeddine Mahamat Babouri - de l'ethnie zaghawa comme le président Déby - avait été "enlevé dans la rue, en pleine journée, par une poignée d'hommes appartenant, semble-t-il, aux services du renseignement".

Selon l'ONG, Babouri a "raconté avoir été frappé, soumis à des décharges électriques, privé d'eau, de nourriture et transféré d'une prison à l'autre".

Mahamat Babouri est poursuivi pour "diffamation", selon son avocat, qui explique qu'il avait initialement été arrêté pour "atteinte à l'ordre constitutionnel, à l'intégrité territoriale et pour intelligence avec un mouvement insurrectionnel", mais que les infractions ont ensuite été requalifiées.

>> Lire aussi : La répression se durcit au Tchad, selon des témoignages

Au Tchad, allié stratégique de la France dans la lutte contre les groupes jihadistes, ONG et militants de la société civile dénoncent régulièrement la répression contre l'opposition et les défenseurs des droits de l'Homme.

Avec AFP

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