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Libération de quatre prêtres au Nigeria

Vue aérienne de la ville pétrolière de Port Harcourt, dans la région du Delta, Nigéria, 1er août 2018.

Quatre prêtres catholiques enlevés la semaine dernière par des hommes armés dans le sud-est du pays ont été libérés.

L'enlèvement avait eu lieu le 6 novembre sur une route reliant les Etats du Delta et d'Edo, où se rendaient les religieux.

"Ils ont été secourus par une équipe d'agents de police (...) vendredi dernier à Abraka", une petite communauté du Delta, a déclaré le patron de la police de cet Etat du sud du pays, Muhammad Mustafa.

Selon un porte-parole de la police locale, plusieurs suspects ont été arrêtés en relation avec l'enlèvement des quatre prêtres.

Cet enlèvement est intervenu moins de trois semaines après celui de cinq religieuses catholiques dans l'Etat du Delta, libérées 15 jours après.

En janvier, les évêques du Nigeria avaient dénoncé une vague d'enlèvements liés à des demandes de rançon.

Avec AFP

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Le Nigeria compte lancer une version numérique de sa monnaie: le eNaira

Lors d'une conférence sur les cryptomonnaie à Miami, Florida, le 4 juin 2021. (Marco Bello/AFP)

Sa Banque centrale cherche à surfer sur la vague de popularité des cryptomonnaies, qui gagne la première économie du continent africain.

Le Nigeria, qui a conclu un partenariat avec une entreprise étrangère du secteur de la "fintech" (technologie financière: utilisation des technologies numériques dans les secteurs financiers et bancaires), fera figure de pionnier en Afrique, tout comme son voisin ouest-africain, le Ghana, qui teste comme nouveau moyen d'échange son e-Cedi depuis le mois de septembre.

Les banques centrales à travers le monde explorent des façons de créer des versions numériques de leurs monnaie face à la croissance des paiements effectués sur la toile et à l'intérêt suscité par les cryptomonnaies, qui échappent à tout contrôle étatique ou des régulateurs mondiaux.

Dans le pays le plus peuplé d'Afrique, les cryptomonnaies sont déjà très utilisées. En 2020, le géant ouest-africain de 200 millions d'habitants a été classé troisième utilisateur de monnaies virtuelles au monde après les Etats-Unis et la Russie, selon une étude du cabinet de recherche spécialisé Statista.

"Les Nigérians investissent dans les cryptomonnaies pour économiser ou pour sortir leurs fonds en dehors du pays", explique Ayodeji Ebo, responsable des investissements dans la société financière Chapel Hill Denham, basée à Lagos, la capitale économique.

Les monnaies virtuelles créées et régulées par les banques centrales sont appelés CBDC, tandis que les cryptomonnaies échappent elles à tout contrôle des gouvernements.

La Chine est devenue la première économie majeure à avoir lancé la version test d'une monnaie numérique l'année dernière. Depuis, au moins cinq pays ont lancé leur monnaies virtuelles, selon le groupe de réflexion américain Atlantic Council.

Certains pays africains, comme le Kenya ou l'Afrique du Sud s’intéressent aux CBDC, mais le Nigeria et le Ghana sont les plus avancés.

La Banque du Ghana s'est associée avec l'entreprise allemande Giesecke+Devrient (G+D) pour tester le e-Cedi. Le projet fait partie d'un projet plus large visant à numériser l'économie et les administrations du pays.

Le Nigeria a, lui, sélectionné l'entreprise Bitt Inc, basée à la Barbade, qui a déjà lancé de telles devises virtuelles dans plusieurs pays caribéens.

A partir du 1er octobre, les Nigérians pourront ainsi télécharger l'application eNaira et alimenter leurs portefeuilles mobiles en utilisant leurs comptes bancaires existants.

Mais même si le eNaira sera émis par la banque centrale et suivra le taux de change officiel, cette monnaie devrait "servir uniquement à faciliter des transactions", souligne M. Ebo.

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Cryptomonnaies interdites

Il est ainsi peu probable que cette monnaie numérique atténue l'intérêt des Nigérians pour les cryptomonnaies, dans lesquelles ils voient surtout une échappatoire à la faiblesse du naira sur le marché parallèle des changes.

La jeunesse nigériane cherche à sécuriser ses économies face à un naira qui ne cesse de se déprécier et veut générer de nouvelles sources de revenus alors que le chômage et l'inflation la frappent très durement.

Depuis quelques années, la Banque centrale du Nigeria s'inquiète de l'impact des cryptomonnaies sur son économie, arguant notamment qu'elles sont utilisées pour le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Au début de l'année, elle a rappelé aux institutions financières "qu'utiliser des cryptomonnaies était interdit", et leur a ordonné la fermeture immédiate des comptes les utilisant.

Mais en dépit de cette interdiction, de nombreux Nigérians continuent d'utiliser les cryptomonnaies notamment pour faciliter leurs transactions avec l'international.

Pour le gouverneur de la Banque centrale, l'économie du Nigeria devrait bénéficier du eNaira, grâce à l'amélioration du commerce avec l'étranger et l'efficacité des envois de fonds.

De nombreux Nigérians installés à l'étranger s'éloignent des canaux officiels pour envoyer de l'argent au pays, privilégiant de plus en plus les transactions en cryptomonnaie, considérées comme plus rapides et plus efficaces.

Le eNaira ne suscite pas le même enthousiasme partout. Certains analystes remettent déjà en question son modèle de fonctionnement, affirmant que le Nigeria utilise déjà une multitude de canaux de paiement électronique, notamment les services bancaires en ligne et les applications mobiles.

Dans le nord-ouest du Nigeria, "les bandits" en fuite inquiètent les habitants

Un convoi de l'armée nigériane avec un canon antiaérien se dirige vers Bama, dans l'État de Borno, au Nigéria, le 31 août 2016.

L'opération menée par l'armée nigériane contre le banditisme dans le nord-ouest du pays le plus peuplé d'Afrique inquiète les habitants et autorités des régions voisines, où des hommes armés, membres de ces groupes criminels, ont récemment fui en nombre.

Ces hommes, connus localement sous le nom de bandits, pillent les villages, volent le bétail et pratiquent des enlèvements contre rançons. Cette année, ces gangs ont pris pour cible des écoles et des universités, enlevant plus de 1.400 élèves, selon l'Unicef.

Début septembre, des centaines de soldats appuyés par des forces aériennes ont lancé une offensive dans l'Etat de Zamfara, où sont installées un grand nombre de ces bandes.

Pour mener à bien cette opération militaire, les autorités ont suspendu les réseaux mobiles à Zamfara.

Elles ont également imposé une série de restrictions, allant de l'interdiction de vendre des bidons d'essence jusqu'à la suspension de marchés de bétails, l'une des principales sources de revenus de ces gangs.

En réaction, les "bandits" ont installé des barrages sur plusieurs grandes routes de Katsina, l'Etat frontalier avec Zamfara. Là, ils saisissent la nourriture transportée par les camions, et siphonnent l'essence des véhicules, selon les témoignages d'habitants recueillis au téléphone par l'AFP.

"Ces derniers jours, nous avons observé une présence accrue d'hommes armés à moto dans la zone", explique Ashiru Bawa, qui habite dans le département de Kankara. "Les pénuries de nourriture et d'essence les ont sérieusement affectés".

Les médias locaux rapportent que les criminels se trouvent privés de nourriture, et qu'ils exigent désormais aux familles des otages des vivres, et non plus des billets de banques, pour le paiement des rançons.

Les autorités de Katsina ont également coupé les réseaux mobiles sur une partie du territoire. Tout comme l'Etat voisin de Sokoto dimanche.

La suspension des télécommunication vise à empêcher les bandits d'échanger entre eux, mais aussi avec leurs informateurs, et protéger ainsi les déplacements des troupes.

Mais ces coupures affectent également les habitants qui peinent désormais à prévenir les autorités en cas d'attaques, affirme M. Bawa, qui a parcouru 120 kilomètres pour atteindre la capitale de l'Etat de Katsina et passer un important coup de fil.

A Katsina, les bandits n'ont pas fait de mal aux automobilistes, selon les habitants qui craignent cependant qu'ils ne reprennent leurs attaques "après avoir repris des forces", s'inquiète M. Bawa.

Les différentes campagnes militaires lancées depuis 2016 et les accords d'amnistie conclus entre les gouverneurs locaux avec les bandits n'ont pas réussi à mettre fin aux violences.

- "Affamés et abattus" -

Ces derniers jours, les autorité de Kaduna ont rapporté une augmentation du nombre d'attaques dans plusieurs zones reculées de cet autre Etat voisin.

Les bandits ont envahi plusieurs communautés dans les districts de Igabi, Chikun, Giwa, Birnin Gwari et Sanga "où plusieurs habitants ont perdu la vie", a déclaré le responsable de la sécurité de l'Etat de Kaduna, Samuel Aruwan.

Les habitants du district de Giwa ont informé l'AFP que des hommes armés juchés sur des motos et venus de Zamfara circulaient actuellement sur leurs routes et occupaient les villages de Saulawa et Damari.

Ailleurs, dans le district de Birnin Gwari, les bandits "sont arrivés pour la plupart à pied, l'air affamé et abattu, et se sont enfoncés dans la forêt", décrit un habitant du village de Udawa, Husseini Ibrahim.

Selon lui, certains de ces hommes prêchent auprès de la population, suggérant un possible lien avec Ansaru, un groupe affilié à al-Qaïda présent dans les forêts de Kaduna.

Les bandes criminelles sont d'abord motivées par l'appât du gain, et n'ont a priori pas de motivation idéologique, mais des liens avec les groupes jihadistes qui opèrent à des centaines de kilomètres de là, dans le nord-est du Nigeria, existent également.

"Les bandits qui sont chassés de Zamfara, arrivent en masse à Birnin Gwari et les forces de sécurité ne les poursuivent pas", déplore Ahmed Isah, un habitant.

"Ils devraient coordonner l'opération avec les Etats voisins pour bloquer les routes par lesquelles les bandits s'échappent et les écraser", avance-t-il. "Sinon l'opération de Zamfara ne les fera que changer d'endroit".

Face aux attaques et aux enlèvements, des Nigérians forment des milices d'auto-défense

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Un million d'enfants nigérians vont manquer l'école à cause de l'insécurité

Des écoliers enlevés dans un séminaire islamique sortent d'une camionnette alors qu'ils sont réunis avec leurs parents à Minna, le 27 août 2021, après que leurs ravisseurs les aient libérés de leurs cachettes en forêt.

Un million d'enfants nigérians risquent de ne pas pouvoir aller à l'école en raison de la menace de violence, après une série d'enlèvements massifs et d'attaques visant des étudiants cette année, a déclaré l'agence des Nations unies pour l'enfance (Unicef) mercredi.

Plus de 37 millions d'enfants nigérians doivent commencer la nouvelle année scolaire ce mois-ci, mais "cette année, ce moment est volé à environ un million d'enfants nigérians, car l'insécurité menace leur sûreté et leur éducation", a déclaré dans un communiqué le représentant de l'Unicef au Nigeria, Peter Hawkins.

Selon l'Unicef, il y a eu cette année 20 attaques contre des écoles au Nigeria, plus de 1.400 élèves ont été enlevés et 16 sont morts.

Enlevés par des bandes criminelles dans les États du nord-ouest et du centre du pays, la plupart ont été libérés après négociation d'une rançon, après des semaines ou des mois de captivité, souvent dans des conditions épouvantables dans des camps ruraux.

Environ 200 sont toujours portés disparus.

"Les familles et les communautés craignent toujours de renvoyer les enfants dans leurs salles de classe en raison de la vague d'attaques d'écoles et d'enlèvements d'élèves", selon l'Unicef.

Les gouvernements de certains États ont temporairement fermé des écoles après des enlèvements.

Les États du nord-ouest et du centre du pays sont depuis longtemps en proie à la violence entre les communautés d'éleveurs et d'agriculteurs nomades qui se disputent les terres et l'eau.

Les attaques se sont intensifiées avec l'émergence de bandes criminelles lourdement armées, connues localement sous le nom de bandits, qui pillent les villages, volent le bétail et kidnappent pour obtenir une rançon.

Cette année, ces gangs ont pris pour cible des écoles et des collèges dans le nord-ouest du Nigeria, enlevant les élèves et les emmenant dans des cachettes en forêt pendant qu'ils négocient les paiements.

Environ 70 étudiants enlevés il y a près de quinze jours ont été libérés cette semaine dans l'État de Zamfara, au nord-ouest du pays, où l'armée a lancé une offensive contre les bandes de ravisseurs.

Les autorités nigérianes recapturent une centaine des prisonniers qui s'étaient échappés

Des véhicules incendiés devant une prison à Owerri, au Nigeria, le 5 avril 2021, après que des centaines de détenus se soient évadés de l'établissement.

Au moins 108 des 240 détenus qui se sont évadés dimanche d'une prison du centre du Nigeria ont été recapturés par les forces de sécurité, a indiqué mardi un responsable des services pénitentiaires nigérians.

"Nous avons un total de 108 prisonniers recapturés", a affirmé à l'AFP par téléphone Francis Enobore, porte-parole de l'admministration pénitentiaire, après l'évasion de la prison de Kabba, dans l'Etat de Kogi.

"Ce chiffre va augmenter au fil des heures", a-t-il assuré en affirmant que "diverses mesures" avaient été prises - sans préciser lesquelles - "pour que tous les évadés soient ratrappés".

Le porte-parole avait annoncé dimanche soir l'attaque par des hommes armées non identifés de la prison de Kabba et l'évasion de 240 prisonniers.

Un soldat et un gardien avaient été tués durant l'assaut, avait-il indiqué en précisant que la prison accueillait alors 294 prisonniers, dont 224 prévenus en attente de jugement.

Les évasions de masse de prisonniers ne sont pas rares au Nigeria. Le 5 avril, des hommes armés avaient pris le QG de la police d'Owerri (sud-est) et libéré plus de 1.800 prisonniers.

Depuis plusieurs années, les forces de sécurité nigérianes sont débordées par les opérations de gangs armés dans le centre et le nord-ouest, une insurrection jihadiste dans le nord-est et des troubles séparatiste dans le sud-est.

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