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Côte d'Ivoire

Un geste d'apaisement avant les législatives?

Pascal Affi Nguessan, leader du Front populaire ivoirien (FPI), prend la parole lors d'un rassemblement électoral à Gagnoa, Côte d'Ivoire le 10 octobre 2015. REUTERS / Thierry Gouegnon - RTS3WNE

En Côte d'Ivoire, Pascal Affi Nguessan, un des principaux responsables de l'opposition, a été libéré sous contrôle judiciaire mercredi, après presque deux mois de détention préventive. Cette libération est un geste d'apaisement avant les législatives de mars 2021.

"Ma libération vient à la suite des discussions dans le cadre du dialogue" mené entre l'opposition et le pouvoir pour "décrisper" le climat politique, très tendu depuis l'élection présidentielle du 31 octobre qui a conduit à la réélection pour un troisième mandat controversé du président Alassane Ouattara, a déclaré M. Affi Nguessan à l'AFP après avoir été libéré.

Le pouvoir, l'opposition et la société civile ont achevé mardi un premier cycle de pourparlers d'une semaine, à l'issue duquel la date des élections législatives a été fixée au 6 mars 2021, selon le gouvernementi. Même si aucun accord n'a été formellement signé, des progrès ont été enregistrés de l'avis de toutes les parties.

L'opposition exige en particulier l'arrêt des poursuites et la libération de ses leaders inculpés à la suite des violences électorales liées à la présidentielle, qui ont fait 85 morts et près de 500 blessés de août à novembre.

Alors que des dizaines de partisans fêtaient son retour dans sa luxueuse résidence du quartier huppé de Riviera Golf à Abidjan, applaudissant, chantant et esquissant des pas de danse, Pascal Affi Nguessan, 67 ans, s'est dit "en bonne santé, heureux de retrouver la liberté" et "soulagé de retrouver famille, amis et camarades de lutte".

Il est apparu cependant fatigué, avec des cheveux blancs et une barbe blanche inhabituels chez cet ancien Premier ministre d'habitude toujours tiré à quatre épingles. Il a confié "ne pas avoir été maltraité" pendant sa détention.

Son avocat, Me Pierre Dagbo Gode, avait annoncé dans l'après-midi sa libération "sous contrôle judiciaire" "à l'issue d'une audition devant le juge d'instruction".

Président d'une faction du Front Populaire ivoirien (FPI, parti de l'ex-président Laurent Gbagbo), et porte-parole d'une partie de l'opposition qui ne reconnaissait pas la réélection du président Alassane Ouattara, il avait été arrêté le 9 novembre à une centaine de kilomètres d'Abidjan, après une cavale de quelques jours.

Maintien des charges contre M. Affi N'Guessan

Après la proclamation par l'opposition d'un "conseil national de transition" censé remplacer le régime, la justice ivoirienne avait lancé contre M. Affi N'Guessan et d'autres leaders de l'opposition des poursuites pour "complot contre l'autorité de l'Etat", "mouvement insurrectionnel", "assassinat" et "actes de terrorisme", leur reprochant aussi d'être responsables des violences électorales.

"Les charges n'ont pas été levées, la procédure se poursuit", a précisé Me Dagbo Gode.

Parmi les autres leaders poursuivis par la justice, le numéro deux du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI,principal mouvement d'opposition) Maurice Kakou Guikahué a été évacué le 20 décembre en France pour des soins médicaux urgents, aux frais de la présidence, après un mois et demi de détention.

Le sort d'Albert Mabri Toikeusse, leader d'un petit parti d'opposition demeure mystérieux. Selon une source proche du pouvoir, il n'a pas été arrêté et se trouve en fuite au Ghana.

D'autres militants sont toujours emprisonnés.

"J'espère que les autorités ne s'arrêteront pas à ma libération", a dit M. Affi Nguessan.

Il a annoncé qu'il allait "reprendre ses activités politiques", et "espérer" une réunification du FPI entre sa faction et celle des fidèles de Laurent Gbagbo pour que le parti se "repositionne sur l'échiquier politique national en gagnant le maximum de sièges aux législatives".

Le président Alassane Ouattara s'est par ailleurs exprimé ce mercredi en Conseil des ministres, estimant que le dialogue politique était "un pas important", même si "on ne peut pas tout régler en un seul jour".

"Ces élections (législatives) nous permettront de voir le vrai paysage politique de notre pays après plus de dix ans d’absence de certains partis politiques (le FPI, ndlr) et je suis personnellement engagé à faire en sorte que les mesures d’apaisement puissent être prises", a déclaré le chef de l'Etat.

Il a précisé avoir parlé "à plusieurs occasions ces derniers temps" à l'ex-président Henri Konan Bédié, leader du PDCI et de l'opposition, et qu'ils avaient "convenu de reprendre le dialogue bilatéral dans la deuxième quinzaine du mois de janvier".

"Nous sommes sur la voie de la consolidation de la paix", a conclu M. Ouattara.

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Procès de la "terreur de l'ouest ivoirien": Amadé Ouérémi nie toute responsabilité

Le commandant ivoirien Jean-Noël Abehi, ancien chef de la gendarmerie, au centre, dans une salle d'audience du quartier général de l'armée dans le quartier du Plateau, le jour de son procès, avec huit officiers ivoiriens, à Abidjan, le 4 juin 2015.

L'ancien chef de milice Amadé Ouérémi, qui fit régner la terreur dans l'ouest de la Côte d'Ivoire en 2011 lors de la crise post-électorale, a continué de nier toute responsabilité jeudi devant la cour d'assises d'Abidjan, avant les réquisitions du procureur.

"Moi en 2011, je n'avais pas de fusil", a affirmé M. Ouérémi à la barre.

Cet ancien chef de guerre est accusé "d'assassinats massifs, viols, traitements inhumains et dégradants" commis dans la ville de Duékoué, théâtre des pires massacres. Jugé depuis le 24 mars, il encourt la prison à perpétuité.

817 personnes ont été exécutées en une journée à Duekoué, selon la Croix-Rouge, 300 selon l'ONU, des chiffres rendus publics lors de l'audience.

La première partie du procès s'est achevée par les témoignages glaçants de rescapés des massacres.

Yvette Diao a raconté avoir perdu trois frères et une soeur, exécutés par les miliciens. Son frère Diao Nessemon David "a vu son sexe et ses oreilles arrachés et emportés par ses bourreaux", a-t-elle raconté.

Franck Glazai, bras droit amputé, a témoigné que les soldats de Amadé Ouérémi ont tiré sur une centaine de personnes qui s'étaient réfugiés dans une église, après avoir séparé les femmes des hommes.

L'ouest de la Côte d'Ivoire a été l'un des points chauds de la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara, et qui avait fait 3.000 morts.

Selon l'ONU et plusieurs organisations internationales, la prise de Duékoué en mars 2011 par les combattants pro-Ouattara s'est accompagnée de massacres à grande échelle.

Sur fond de problèmes fonciers, la crise politique avait débouché sur des violences communautaires entre Guérés, l'ethnie locale majoritairement pro-Gbagbo, habitants "allogènes", notamment Dioulas venus du nord majoritairement pro-Ouattara, et des immigrés burkinabè.

Le procès se poursuivra mercredi prochain par les réquisitions du procureur et les plaidoiries de la défense.

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