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Tchad

Les Tchadiens divisés sur l'héritage d'Idriss Deby un an après sa mort

Le président Idriss Deby Itno au palais présidentiel de N'Djamena, au Tchad, le 20 avril 2016.

Au Tchad, les familles biologique et politique du défunt maréchal Idriss Deby Itno commémorent l’an 1 de sa disparition brutale.

Idriss Deby Itno est décédé sur le champ de bataille le 20 avril 2021 au Nord Kanem suite à l’assaut lancé par les rebelles du FACT. Un an après, les Tchadiens se souviennent bien de cet homme qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant 31 ans.

La disparition du président Déby est une perte non seulement pour les Tchadiens mais aussi pour toute l’Afrique, selon Abdelkader Baba Ladé, ex-chef rebelle aujourd’hui secrétaire général adjoint du ministère en charge de la sécurité publique.

Pour lui, grâce au maréchal, les Tchadiens sont respectés en Afrique. Parce que, a-t-il argumenté, Deby n’acceptait pas les maux qui affligeaient la sous-région comme le terrorisme et le banditisme.

D'autres se souviennent différemment du défunt président.

Pour le peintre, écrivain panafricaniste et libre penseur Dounia Tog-yangar, le président Deby n'avait pas su tirer profit de la manne pétrolière. "Le Maréchal est parti et nous a laissés dans un désert mouvant" , a-t-il dit, reprenant des propos attribués à l'ex-première dame. " Vous gérez le pays pendant 31 ans et le pays est tombé dans une crise généralisée et vous-même vous tombez brutalement, ce n’est pas bon pour vous-même et pour le pays", a-t-il ajouté.

"C’est un homme d’Etat mais il a laissé son pays à la portée de son clan. L’armée est devenue une armée clanique. Sous son règne, l’insécurité bat son plein et malheureusement il est tombé suite à cette insécurité. Voilà la triste réalité", a déploré Bourkou Louise Ngaradoumri, présidente du parti Rassemblement pour le progrès et la justice sociale.

L’ancien député de l’opposition Mbaindessemel Dionadji dit qu’il ne regrette pas sa disparition."Tout ce qui est problème sur le plan politique, économique et social que nous gérons aujourd’hui, c’est Déby qui en est à l’origine", a-t-il déclaré à VOA Afrique.

A l'occasion du premier anniversaire de la disparition de l'ancien président, les militants de son parti et les membres de sa famille se retrouvent à Amdjarass, son village natal, où il repose, pour une cérémonie de levée de deuil.

C'est en décembre 1990 que Idriss Deby Itno se hisse au sommet de l'État tchadien, après la chute du président Hissène Habré. En 1996 il est élu président à l'issue des premières élections pluralistes du pays. En août 2020, il est élevé au rang de "maréchal du Tchad", en raison de sa bravoure au front. Le 20 avril 2021, au lendemain de sa réélection à la tête du Tchad, l'armée annonçait que le président Idriss Déby Itno, qui dirigeait le pays depuis 30 ans, avait été tué au front contre des rebelles.

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Tchad: la transition prolongée, Mahamat Déby pourra briguer la présidence

Le général Mahamat Idriss Deby, chef de la junte tchadienne et président de transition (au centre, en boubou).

L'Union africaine avait a demandé une transition de 18 mois et exigé qu’aucun membre du Conseil militaire de transition ne pourra être candidat aux élections à venir.

Le Tchad a prolongé samedi de deux ans maximum sa période de transition vers des élections, en maintenant à la tête de l'Etat le chef de la junte militaire, qui sera autorisé à briguer la présidence.

Les centaines de délégués réunis dans le cadre d'un "dialogue de réconciliation nationale", en l'absence d'une grande majorité de l'opposition et des organisations de la société civile qui le boycottent, ainsi que de deux des trois plus importants groupes armés rebelles, ont adopté ces mesures par "consensus", Mahamat Idriss Déby Itno devenant "le président de transition".

"Il y aura un débat lundi, on attend la fin du dialogue national inclusif pour donner la position du gouvernement, mais pas maintenant pour éviter de créer la polémique pour rien", a déclaré à l'AFP Abderaman Koulamallah, porte-parole du gouvernement.

Ce Dialogue national inclusif et souverain (DNIS) a été lancé laborieusement le 20 août, 16 mois après que le jeune général de 37 ans Mahamat Idriss Déby Itno a été proclamé par l'armée président de la République au lendemain de la mort de son père, Idriss Déby Itno, tué en se rendant au front contre les rebelles le 21 avril 2021.

Au dialogue national, les Tchadiens divisés sur la forme de l'État et l'éligibilité des autorités actuelles
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A la tête d'un Conseil militaire de transition (CMT) de 15 généraux, il avait abrogé la Constitution, dissout le parlement et limogé le gouvernement. Mais il avait aussitôt promis de rendre le pouvoir aux civils par des élections "libres et démocratiques" après une "transition" de 18 mois renouvelable une fois, censée se terminer le 20 octobre.

Il s'était également engagé auprès des Tchadiens et de la communauté internationale à ne pas se présenter à la future élection présidentielle.

Quelques jours après ses promesses, il était adoubé en grande pompe aux obsèques de son père par les représentants de l'Union africaine (UA), de l'Union européenne (UE), dont la France représentée par son président Emmanuel Macron, quand elles vilipendaient et sanctionnaient ailleurs en Afrique les militaires putschistes, au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et au Soudan.

"L'adoption de la résolution concernant l'éligibilité du président du conseil militaire de transition (PCMT, Mahamat Déby) et la prolongation de la transition pour 24 mois aura pour conséquences sur le plan national la résistance de partis politiques, de la société civile et de l'Union africaine. L'Union européenne et les États-Unis n'accepteront pas que la transition soit prolongée après le 20 octobre ni l'éligibilité du PCMT. Ces partenaires prendront des sanctions contre le Tchad et le CMT sera dos au mur", prévient Evariste Ngarlem, politologue tchadien.

Dans un communiqué du 19 septembre, l'UA a demandé à la junte de respecter "la période de 18 mois pour l'achèvement de la transition et (rappelé) sans équivoque qu’aucun membre du Conseil militaire de transition (CMT) ne pourra être candidat aux élections à la fin de la transition".

L'armée tchadienne est le principal pilier régional, au côté de l'armée française, dans la guerre contre les jihadistes au Sahel.

La communauté internationale avait toutefois demandé à Mahamat Déby de ne pas prolonger la transition au-delà de 18 mois pour rendre le pouvoir aux civils, et de ne pas se présenter à la présidentielle ensuite.

Mais le chef de la junte avait porté en juin 2021 un premier coup de canif à ses promesses, en envisageant 18 mois de plus "si les Tchadiens ne parviennent pas à s’entendre" et en remettant son "destin" à "Dieu" sur une éventuelle candidature.

Tchad: 11 morts dans des affrontements entre éleveurs et cultivateurs

ARCHIVES - Des éleveurs tchadiens avec leur bétail dans la localité de Koukou Angarana, à environ 90 km de la frontière entre le Tchad et le Soudan, le 12 octobre 2006.

Une dizaine de véhicules des forces de l'ordre déployées sur le terrain ont essuyé des tirs.

Onze personnes ont été tuées vendredi dans des affrontements entre éleveurs et cultivateurs dans le centre du Tchad, pays en proie à des conflits meurtriers entre communautés nomades et sédentaires, a déclaré à l'AFP le gouverneur local.

Les violences entre communautés sont fréquentes dans le centre et le sud du Tchad, où nombre d'habitants sont armés. Ils opposent principalement des éleveurs nomades arabes aux cultivateurs autochtones sédentaires qui accusent les premiers notamment de saccager leurs champs en faisant paître leurs animaux.

"Les cultivateurs ont tendu un guet-apens" aux éleveurs alors que ces derniers traversaient des "couloirs de transhumance", a détaillé le gouverneur de la province du Guéra, Sougour Mahamat Galma. "Les éleveurs armés à dos de chevaux ont affronté les cultivateurs et les combats ont fait neuf morts", dans la sous-préfecture de Kouka Margne, une localité située dans le centre du pays, a-t-il ajouté.

Le bilan est ensuite passé à 11 morts lorsque "deux éleveurs arrivés en renfort avec des chevaux ont été kidnappés avant d'être tués par les cultivateurs", a indiqué la même source.

Une dizaine de véhicules des forces de l'ordre ont été déployés sur le terrain et ont essuyé des tirs: ils "encerclent en ce moment les éleveurs et les troupeaux", a précisé le gouverneur local qui a fait appel à l'armée, craignant "que la violence ne reprenne".

Le 10 août, 13 personnes avaient été tuées dans des affrontements entre agriculteurs et éleveurs dans l'est du pays. Le conflit était parti du vol d'une houe d'un cultivateur par un enfant.

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