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Les talibans "engagés" au respect de l'accord avec Washington, selon leur leader

Une maternité attaquée à Kaboul, en Afghanistan, le 12 mai 2020.

Les talibans sont déterminés à respecter l'accord signé fin février avec les Etats-Unis, qui vise au retrait des troupes étrangères d'Afghanistan en échange de contreparties des insurgés, a affirmé leur leader mercredi, malgré une forte recrudescence des violences côté rebelles.

"L'Emirat Islamique", le nom qu'avaient donné les talibans à l'Afghanistan quand ils régnaient sur le pays entre 1996 et 2001, "est engagé dans l'accord signé avec l'Amérique", a déclaré Haibatullah Akhundzada dans un rare message écrit à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan.

Les talibans "appellent l'autre camp à respecter ses engagements et ne pas laisser passer cette opportunité cruciale", a-t-il poursuivi.

La mise en place de l'accord américano-taliban, signé le 29 février à Doha, mais non ratifié par le gouvernement afghan, "pourrait être un outil efficace pour mettre fin à la guerre" avec les Etats-Unis, a ajouté Haibatullah Akhundzada.

La parution de ce message intervient alors que l'Afghanistan connaît une forte recrudescence des violences depuis la signature de l'accord de Doha, qui prévoit le départ de toutes les troupes étrangères du pays d'ici l'été 2021.

Si les talibans ont cessé toute attaque contre les troupes de la coalition internationale, ils multiplient les assauts contre les forces de sécurité afghanes.

Kaboul a ainsi ordonné aux forces de sécurité de "reprendre leurs opérations (offensives, NDLR) contre l'ennemi", mises en pause depuis l'accord américano-taliban, après l'attaque la semaine dernière d'une maternité à Kaboul qui avait fait 24 morts.

Des responsables gouvernementaux ont fait état de 3.800 attaques talibanes depuis mars, qui ont fait plus de 1.300 morts et blessés.

La mission d'assistance onusienne en Afghanistan (Manua), dans un rapport paru mardi, a de son côté recensé 208 civils tués en avril par les talibans, un chiffre en hausse de 25% par rapport à avril 2019.

Les pertes civiles infligées par les forces de sécurité à la population ont de leur côté augmenté de 38% sur un an, avec 172 morts en avril, selon la Manua.

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Décès de l'ex-président des Philippines, Benigno Aquino

L'ex président philippin Benigno "Noynoy" Aquino saluant la foule après avoir prononcé son discours inaugural à la tribune Quirino à Manille, le 30 juin 2010.

L'ex-président philippin Benigno Aquino, surnommé "Noynoy" Aquino, un célibataire  et catholique pratiquant de 61 ans, est décédé jeudi, ont annoncé le ministère des Affaires étrangères et plusieurs responsables.

"Nous présentons nos condoléances à la famille et aux proches de l'ancien président Benigno Simeon 'Noynoy' Aquino III", a déclaré le porte-parole du président Rodrigo Duterte, Harry Roque. Il a salué le travail accompli par l'ex-président pour le pays.

Les circonstances du décès ne sont pas encore connues. Selon des médias philippins, Benigno Aquino a été transporté d'urgence dans un hôpital de Manille jeudi matin.

Le journal "The Animo" affirme que "le 15e président des Philippines, Benigno 'Noynoy' Aquino III, est décédé des suites d'une maladie rénale secondaire au diabète."

Des témoignages de sympathie

Le ministre des Affaires étrangères Teodoro Locsin a fait part sur Twitter du "chagrin que (lui) inspire la mort d'un homme dévoué”.

Il a salué un homme "courageux lors d'une attaque armée, blessé lors de tirs croisés, indifférent au pouvoir et à ses pièges" qui "a dirigé notre pays avec une froideur déconcertante mais uniquement parce qu'il cachait si bien ses sentiments qu'on pensait qu'il n'en avait pas”.

Le juge de la Cour suprême Marvic Leonen, un ancien conseiller pour la paix de Benigno Aquino III, a fait part de sa "profonde tristesse".

"C'était un homme aimable, animé par sa passion de servir notre peuple, diligent dans ses fonctions et doté d'une curiosité avide et dévorante pour le monde en général", a déclaré M. Leonen.

Un président qui a lutté contre la corruption

Au cours de son mandat, M. Aquino, auquel a succédé l'actuel président Rodrigo Duterte, a mené un programme de lutte contre la corruption et introduit d'importantes réformes économiques.

Sous la présidence de Benigno Aquino III, les Philippines ont connu une croissance économique moyenne d'un peu plus de 6% par an, soit la meilleure performance depuis les années 1970, mais la pauvreté est demeurée endémique.

"Noynoy" Aquino, qui a été à la tête de l'archipel de 2010 à 2016, était le fils de de l'ancienne présidente Corazon Aquino et de son mari Benigno "Ninoy" Aquino, assassiné à son retour d'exil.

Tous deux étaient révérés pour avoir favorisé le rétablissement de la démocratie aux Philippines dans les années 1980 après la dictature de Ferdinand Marcos.

Un président célibataire

Contrairement à la majorité des habitants de ce pays catholique, il est resté célibataire toute sa vie même s'il a entretenu des liaisons avec des femmes.

Ce diplômé d'économie, gros fumeur, était né le 8 février 1960 dans une famille de riches propriétaires terriens très connue et engagée en politique. Il avait été blessé par des coups de feu durant l'attaque du palais présidentiel en 1987 lors d'une tentative de coup d'Etat contre sa mère devenue présidente en 1986 après la chute de Ferdinand Marcos.

Entré tardivement dans la course à la présidentielle en 2010, après avoir été parlementaire durant 12 ans, il n'a déclaré sa candidature qu'après la mort de sa mère en 2009, promettant de sortir le pays de la pauvreté tout en combattant la corruption.

Au départ, il a été raillé par ses adversaires qui le voyaient comme un candidat incompétent et sans expérience ayant eu la chance de naître dans une famille puissante.

Mais au fil de la campagne électorale, il est devenu un très bon orateur et a pris de l'assurance, se montrant particulièrement virulent à l'encontre de Gloria Arroyo, qui a dirigé les Philippines de 2001 à 2010 et dont le mandat a été entaché d'allégations de corruption massive et de fraudes électorales.

Infecter des moustiques pour empêcher la transmission des maladies virales?

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Sport avec Yacouba: les délégations africaines aux JO de Tokyo

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Le coût de la dette publique a augmenté pour les pays pauvres et baissé pour les riches

La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, s'exprime lors d'une conférence organisée par le Vatican sur la solidarité économique, au Vatican, le 5 février 2020.

Les pays pauvres et émergents ont vu les intérêts qu'ils paient sur leur dette publique augmenter ces dernières années, contrairement aux pays riches, selon une étude publiée jeudi par l'assureur-crédit Euler Hermes.

Il y a dix ans, les intérêts de la dette représentaient en moyenne 6% des budgets des Etats, quelle que soit leur richesse. Aujourd'hui, ce niveau est tombé à 4% pour les pays avancés, mais est passé à 7,3% pour les pays émergents et surtout à 13,7% pour les pays les plus pauvres, a calculé Euler Hermes.

Et alors que les dettes publiques se sont partout alourdies avec la crise du Covid-19, l'écart entre les taux d'intérêt payés par les pays avancés et les pays pauvres s'est accru, passant de 7,4 à 9,5 points de pourcentage, selon l'assureur-crédit qui a analysé la situation de 61 pays émergents et de 40 pays pauvres.

Parmi les 20 pays dont la dette est considérée comme la plus risquée, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud "devraient être capables d'éviter le défaut de paiement ces deux prochaines années, l'essentiel des dettes étant détenu par des entités nationales et leurs maturités étant gérables".

Mais l'Egypte connaît une situation inquiétante avec 39% de sa dette publique libellée en devises et des échéances de remboursement en 2021 et 2022 qui s'élèvent à 15% du produit intérieur brut (PIB), détaille Euler Hermes.

En Afrique, l'Angola, la Tunisie, le Ghana et le Mozambique sont considérés par l'assureur-crédit comme "hautement vulnérables", avec des endettements publics qui dépassent 80% du PIB, un niveau alarmant pour des pays en développement.

L'Angola, qui a perdu son accès aux marchés en 2018, a bénéficié d'une initiative de suspension de la dette du G20 jusqu'à la fin de 2021 et négocié avec la Chine un programme d'allègement de sa dette jusqu'en 2023.

La Chine joue désormais un rôle prépondérant de créancier aux pays émergents et pauvres, 33 sur 101 ayant s'étant endettés auprès du géant asiatique pour un montant supérieur à 5% de leur PIB, la République du Congo (Brazzaville) détenant le record avec 32%.

D'une manière générale, Euler Hermes estime que "la communauté internationale va probablement intervenir pour fournir des liquidités en cas de difficultés, mais sans pour autant être capable d'offrir une solution d'ensemble" à l'endettement des pays pauvres et émergents.

Brazzaville et Pékin conviennent de restructurer la dette congolaise

Le président chinois Xi Jinping et le président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso

Les présidents congolais Denis Sassou Nguesso et chinois Xi Jinping ont convenu lundi, lors d'un entretien téléphonique, de restructurer la colossale dette congolaise envers Pékin, qui empêche ce pays d'Afrique centrale de reprendre des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI).

"La question de la dette a été évoquée par les deux présidents et le président Sassou Nguesso a posé le problème à son pair (...) en lui faisant une proposition d'une deuxième restructuration", a déclaré à la presse Rigobert Roger Andely, ministre congolais des Finances.

"Le président Xi Jinping a approuvé (la demande)", a-t-il ajouté, rendant compte d'un entretien téléphonique des deux chefs d'État.

"Cette restructuration, c'est pour permettre au pays d'avoir un peu plus de ressources pour faire face à ses propres besoins internes et de lever cet obstacle aux bonnes relations avec le FMI", a expliqué M. Andely.

Les experts chinois et congolais sont chargés "de pouvoir en fixer les modalités et les conditions", a-t-il expliqué.

A Pékin, l'agence Chine nouvelle a également évoqué le coup de téléphone entre les deux dirigeants, mais sans faire mention d'une restructuration de la dette congolaise.

Xi Jinping a assuré que la Chine encouragerait ses entreprises à investir davantage au Congo, notamment dans les domaines de la santé et de l'agriculture, a précisé l'agence de presse chinoise.

En 2019, la Chine avait déjà restructuré la dette du Congo, ce qui avait permis au pays de conclure un programme axé sur la Facilité élargie de crédit avec le FMI.

Mais depuis lors, la dette congolaise évaluée à 110% du Produit intérieur brut (PIB) par le FMI est jugée "insoutenable", la norme communautaire en Afrique centrale étant de 70% du PIB, a expliqué lundi à l'Assemblée nationale le Premier ministre congolais Anatole Collinet Makosso.

Le FMI a suspendu son appui. Le pays est doublement frappé par la crise économique et sanitaire due à la baisse des prix du pétrole et la propagation du Covid-19.

Le Congo doit à la Chine 1.300 milliards de FCFA (2 milliards d'euros), selon le gouvernement, alors que la dette globale du pays "s'élève actuellement en réalité à 6.016,5 milliards de FCFA (plus de 10 milliards d'euros) au 31 décembre 2020, soit 98% du PIB" a estimé le Premier ministre Makosso.

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