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Les sénateurs américains veulent auditionner Assange

Julian Assange à l'ambassade d'Équateur à Londres, le 19 mai 2017

Une commission du Sénat américain a invité Julian Assange à "se rendre disponible" pour être auditionné dans le cadre de son enquête sur une éventuelle ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.

L'équipe juridique de WikiLeaks a indiqué sur Twitter qu'elle "étudie la proposition", en soulignant que les conditions de l'audition "devront suivre des normes éthiques élevées".

La plateforme a publié sur son compte Twitter la photo d'une lettre adressée au fondateur de Wikileaks, qui vit reclus à l'ambassade d'Equateur à Londres, signée par les sénateurs républicain Richard Burr et démocrate Mark R. Warner, respectivement président et vice-président de la commission du sénat sur le renseignement.

Dans le cadre de son enquête, "la commission vous demande de vous rendre disponible pour un entretien à huis clos avec ses membres, à une date et en un lieu qui seront convenus ensemble", ont écrit les deux sénateurs.

La lettre, adressée via l'ambassade des États-Unis à Londres, a été acheminée à l'ambassade d'Équateur où Assange s'est réfugié il y a plus de six ans pour échapper à un mandat d'arrêt de la justice britannique. Il craignait d'être extradé vers les États-Unis à la suite de la révélation par sa plateforme, en 2010, de milliers de documents diplomatiques et militaires américains.

>> Lire aussi : Des sénateurs américains invitent leurs collègues russes à Washington

En juillet et octobre 2016, à des moments clés de la campagne présidentielle américaine, des milliers de messages de responsables du parti démocrate avaient été dévoilés par WikiLeaks. Candidate défaite lors de l'élection, Hillary Clinton a accusé la Russie et l'équipe de Donald Trump d'être derrière ces révélations.

Après une première vague d'inculpations en février, visant 13 ressortissants et trois sociétés russes, le procureur américain Robert Mueller chargé de l'enquête russe a inculpé en juillet douze agents du renseignement russe accusés d'avoir piraté les ordinateurs du parti démocrate.

Selon l'acte d'accusation, les agents auraient utilisé un faux site internet, DCLeaks, et un compte pirate informatique dénommé Guccifer 2.0 pour diffuser les documents volés. Ils auraient également transféré des documents "à une autre organisation" non nommée, vraisemblablement WikiLeaks.

Le numéro 2 du ministère de la Justice, Rod Rosenstein, avait affirmé que ces opérations de piratage n'avaient pas eu d'impact sur les résultats du scrutin, et que le dossier d'inculpation n'avait pas démontré de collaboration intentionnelle entre des Américains et des agents russes, écartant les accusations formulées contre l'équipe de Donald Trump.

Avec AFP

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Passe d'armes en direct entre Trump et l'ex-ambassadrice à Kiev

L'ancienne ambassadrice américaine en Ukraine, Marie Yovanovitch, témoigne devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants de Capitol Hill à Washington, le vendredi 15 novembre 2019, à l'occasion de la deuxième audience publique de mise en accusation.

L'ex-ambassadrice américaine à Kiev a jugé vendredi "intimidantes" les flèches décochées à son encontre par Donald Trump au moment même où elle livrait un témoignage édifiant au Congrès dans le cadre de l'enquête en destitution qui menace le président.

Les démocrates ont dénoncé une pression sur un témoin qui pourrait alimenter le dossier d'accusation contre le président des Etats-Unis, déjà soupçonné d'abus de pouvoir pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur un de ses rivaux.

"Partout où Marie Yovanovitch est passée, les choses ont mal tourné", a tweeté Donald Trump une heure après le début de l'audition de la diplomate. "Elle a débuté en Somalie, et regardez comment ça s'est terminé", a-t-il ajouté en référence au chaos dans ce pays de la Corne de l'Afrique.

Mme Yovanovitch, diplomate depuis 33 ans jouissant d'une réputation de grande intégrité, avait été rappelée en urgence à Washington en mai sur ordre du président. Les démocrates le soupçonnent d'avoir voulu laisser le champ libre à des proches pour qu'ils puissent faire pression sur l'Ukraine.

Dans ses tweets, le président a défendu "son droit absolu" de choisir ses ambassadeurs.

A la Chambre des représentants, sa salve n'est pas passée inaperçue. L'élu démocrate Adam Schiff, qui dirige l'enquête contre le président, a lu ses messages et demandé à la diplomate de réagir.

Après un moment de recul, elle a pesé ses mots: "C'est très intimidant".

Lors d'une pause, Adam Schiff a dénoncé "une intimidation de témoin en direct", qui pourrait constituer une "entrave" à l'enquête.

Ce "n'était pas de l'intimidation de témoins, c'était juste l'opinion du président", a réagi la Maison Blanche. "J'ai le droit de m'exprimer", a renchéri le président devant la presse.

- "Forces de l'ombre" -

Donald Trump est visé par une procédure de destitution parce qu'il a demandé le 25 juillet à son homologue ukrainien d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Dans cet appel, rendu public en septembre après l'intervention d'un lanceur d'alerte, il avait cité Mme Yovanovitch. "Il va lui arriver des choses", avait-il déclaré.

"J'ai été choquée" d'entendre ça", "Cela ressemblait à une menace diffuse", a-t-elle commenté vendredi.

La diplomate, restée très digne malgré une émotion évidente, a également confié avoir été perturbée par la campagne de dénigrement menée contre elle pendant des mois par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani.

"Je n'ai pas compris pourquoi il m'attaquait", a-t-elle déclaré, en confiant s'être "inquiétée" de voir "le président et son fils" relayer ses attaques.

Jurant n'avoir "aucun parti-pris politique", Mme Yovanovitch a assuré que son rappel avait "porté un coup au moral" des diplomates américains à Kiev et dans l'ensemble du réseau américain.

Sans citer le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, elle a critiqué les responsables du département d'Etat pour ne pas l'avoir défendue. "Dans le monde entier, les forces de l'ombre auront compris qu'il ne faut pas grand-chose pour obtenir la tête d'un ambassadeur", a-t-elle souligné.

Après cinq heures d'audition, ponctuées par des marques de respect unanimes pour l'ancienne ambassadrice, elle a quitté la salle sous des applaudissements nourris.

- Aide bloquée -

Les républicains n'ont pas mis en cause son intégrité, mais ont relevé qu'elle restait employée du département d'Etat à un poste prestigieux dans une université.

Ils l'ont assaillie de questions sur les affaires du fils de Joe Biden en Ukraine au moment où son père était vice-président des Etats-Unis. Elle a reconnu que cela "pouvait ressembler à un conflit d'intérêt".

Les parlementaires républicains ont également insisté sur le fait qu'elle n'avait aucun élément factuel à apporter à l'enquête, puisqu'elle avait quitté l'ambassade au moment des principaux épisodes contestés.

Elle n'a en effet rien pu dire sur une aide militaire de 400 millions de dollars destinée à l'Ukraine, qui avait été gelée sur ordre du président au début de l'été.

William Taylor, le chargé d'affaires qui l'a remplacée à Kiev, avait déclaré mercredi lors des premières auditions publiques au Congrès, avoir appris par l'entremise d'un autre ambassadeur que Donald Trump avait conditionné le déblocage des fonds à l'ouverture d'une enquête sur Joe Biden.

Le président nie avoir lié les deux et se dit victime d'une chasse aux sorcières". Compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat, qui sera chargé de le juger, il devrait échapper à la destitution.

Mais sa très probable mise en accusation (impeachment) à la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates jettera une ombre sur sa campagne.

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