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Les raisons qui poussent les jeunes africains vers l’extrémisme

Photo de couverture du rapport intitulé "Vers l’extrémisme en Afrique : Facteurs, Motivations et Éléments déclencheurs du Recrutement", le 07 septembre 2017

Dénuement et marginalisation, accentués par la faiblesse des pouvoirs publics, figurent parmi les principales raisons qui poussent les jeunes africains vers l’extrémisme violent, selon une nouvelle étude du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

Le rapport intitulé Vers l’extrémisme en Afrique : Facteurs, Motivations et Éléments déclencheurs du Recrutement, présente les résultats de deux ans d’étude réalisée par le Bureau régional du PNUD pour l’Afrique et porte sur le recrutement au sein des groupes extrémistes majeurs en Afrique.

Selon une enquête auprès de 495 recrues volontaires d’organisations extrémistes telles que Al-Shabaab et Boko Haram, l’étude révèle également que les actes de violence ou d’abus de pouvoir supposés de la part de l’État constituent souvent l’élément déclencheur de la décision de rejoindre un groupe extrémiste.

L’étude fait ressortir le portrait type d’un individu frustré, marginalisé et négligé depuis l’enfance, en mal de perspectives d’avenir, économiques ou civiques, et ayant peu confiance dans les capacités de l’État à assurer les services de base ou à assurer le respect des droits de l’homme. Selon le rapport, un tel individu serait plus susceptible de basculer vers l’extrémisme s’il est témoin ou victime d’un abus de pouvoir supposé de la part des pouvoirs publics.

« Cette étude tire la sonnette d’alarme en indiquant que l’Afrique, en tant que région, est de plus en plus vulnérable à l’extrémisme violent », a déclaré M. Abdoulaye Mar Dieye, Directeur du Bureau régional du PNUD pour l’Afrique, à l’occasion du lancement du rapport au siège des Nations Unies. « Les zones frontalières et les régions périphériques restent encore isolées et mal desservies. Les capacités des pouvoirs publics dans les domaines critiques ont du mal à suivre le rythme de la demande. Plus de la moitié de la population africaine vit en dessous du seuil de pauvreté, y compris de nombreux jeunes en situation de sous-emploi chronique ».

Les participants à l’étude ont été interrogés sur leur situation familiale, notamment leur enfance et leur éducation ; leur croyance religieuse ; leur situation économique ; l’État et la citoyenneté ; et enfin, « l’élément déclencheur » du ralliement auprès d’un groupe. La majorité des recrues proviennent de zones frontalières ou de régions périphériques qui souffrent de marginalisation depuis des générations. Ils indiquent n’avoir eu qu’une faible supervision parentale pendant leur enfance. La plupart des recrues expriment une certaine frustration par rapport à leur situation économique, l’emploi étant le besoin le plus pressant au moment de rejoindre un groupe. Par ailleurs, 83 % d’entre elles estiment que le gouvernement ne se soucie que des intérêts d’un petit nombre, et plus de 75 % ne font pas confiance à la classe politique ni à l’appareil sécuritaire de l'État.

« La fourniture de services de base, le renforcement des institutions, et la création d'opportunités d’autonomisation économique sont des questions de développement », a ajouté M. Dieye. « D’où la nécessité urgente d’accorder une place plus centrale aux enjeux sécuritaires dans les stratégies de développement ».

Le recrutement en Afrique s’effectue principalement au niveau local, d’une personne à l’autre, plutôt qu’en ligne, comme c’est le cas dans d’autres régions, un facteur qui peut modifier les formes et modes de recrutement à mesure que la connectivité s’améliore. S’agissant de la sortie d’un groupe extrémiste violent, la plupart des personnes interrogées qui se sont rendues ou ont demandé l’amnistie, l’ont fait après avoir perdu confiance dans l’idéologie, les dirigeants ou les actions de leur groupe.

Les agissements du gouvernement constituent « l’élément déclencheur » qui pèse sur leur choix de rallier un groupe extrémiste. Ceux qui rejoignent les groupes extrémistes ont tendance à avoir des niveaux plus bas d’éducation religieuse ou formelle, ainsi qu’une compréhension plus limitée des textes religieux.

L’étude appelle les gouvernements à réexaminer leurs réponses militaires à l’extrémisme, dans la perspective de l’État de droit et de leurs engagements en faveur des droits de l’homme.

Parmi les principales recommandations de l’étude figurent l’intervention au niveau local, notamment à travers l’appui aux initiatives communautaires axées sur la cohésion sociale, ainsi que l’amplification de la voix des leaders religieux locaux qui prônent la tolérance et la cohérence.

« Il y a une chose dont nous avons la certitude : dans le contexte africain, le porteur du message contre l’extrémisme est aussi important que le message en soi », a déclaré M. Dieye. « Cette voix locale de confiance est également essentielle pour apaiser le sentiment de marginalisation qui peut accroître la vulnérabilité au recrutement ».

L'étude fait la synthèse des conditions et facteurs qui influent sur la dynamique du processus de recrutement, incitant certains individus à se tourner vers l’extrémisme, alors que d’autres s’en écartent dans leur grande majorité.

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

Pénurie de gaz au Tchad : appel à manifester en dépit d'une interdiction

Bonbonnes de gaz butane vide à N’Djamena, le 4 avril 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le Collectif tchadien contre la vie chère a appelé mardi les Tchadiens à "manifester pacifiquement" jeudi pour protester contre la pénurie de gaz qui affecte le pays depuis plus de deux mois, en dépit d'une interdiction du gouvernement.

"Nous appelons les Tchadiens, jeunes, femmes, enfants touchés par cette situation à sortir massivement avec leurs bonbonnes de gaz et marmites vides" jeudi dans les rues, a déclaré le porte-parole du collectif, Dyngamnayal Nely Versinis, selon un communiqué.

Lundi, le gouvernement tchadien avait pris un arrêté pour interdire la marche lancée par ce collectif de la société civile. Mi-mars, une première marche avait déjà été interdite.

"Le gouvernement dans sa logique de restreindre la liberté d'expression, a pris un arrêté pour interdire ladite manifestation sans qu'aucune raison valable ne soit avancée", a indiqué le collectif qui a décidé "de maintenir la marche" jeudi "sur toute l'étendue du territoire".

Depuis fin janvier, la raffinerie de Djarmaya, seule source d'approvisionnement en gaz du pays, tourne au ralenti.

En cause, la révision des machines de la centrale, qui détient le monopole du gaz dans le pays, et qui n'aurait pas été anticipée.

Pour parer à la situation, le gouvernement avait autorisé l'importation de gaz du Nigeria ou du Cameroun, mais les besoins en énergie de la population ne sont toujours pas satisfaits.

"Aujourd'hui, il s'agit plus d'un bras de fer entre le gouvernement et la société chinoise actionnaire de la raffinerie pour la renégociation de contrats qui est en cause", a indiqué à l'AFP une source proche du ministère tchadien de l'Economie.

Au Tchad, les manifestations de la société civile sont souvent interdites par le gouvernement qui invoque des "raisons de sécurité".

Plaidoyer de la CENI de la RDC à Washington

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Les combats continuent en Libye après le début de l'offensive du maréchal Khalifa Haftar

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Crise soudanaise : des pays africains demandent une transition d'ici trois mois

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi participe à un sommet consultatif réunissant plusieurs États africains pour discuter de l'évolution de la situation au Soudan et en Libye, au Caire (Égypte), le 23 avril 2019.

Des chefs d'Etat africains réunis sous la houlette de l'Egypte ont appelé mardi à une "transition pacifique et démocratique" d'ici trois mois au Soudan, où le pouvoir militaire fait face à une contestation, réclamant un gouvernement civil, qui ne faiblit pas.

Les pays réunis au Caire appellent le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) à assouplir sa position et "à prolonger de trois mois le délai accordé au pouvoir soudanais" pour parvenir à une telle transition.

Le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine avait menacé le 15 avril de suspendre Khartoum si l'armée ne quittait pas le pouvoir d'ici 15 jours au profit d'une "autorité politique civile".

Deux sommets africains au Caire sur les crises au Soudan et en Libye
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Les pays présents ont aussi convenu de "l'urgence d'un rétablissement d'un système constitutionnel par le biais d'une transition politique démocratique menée par les Soudanais eux-mêmes", a affirmé le chef de l'Etat égyptien Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l'UA.

Selon la présidence égyptienne, M. Sissi avait convié ses homologues Idriss Déby (Tchad), Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Paul Kagame (Rwanda), Denis Sassou-Nguesso (Congo), Mohamed Abdullahi Mohamed (Somalie) et Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud). L'Ethipoie, le Soudan du Sud, l'Ouganda, le Kenya et le Nigeria étaient représentés par de hauts responsables.

Le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki, était aussi au Caire, après une récente visite à Khartoum.

Les Soudanais ne lâchent pas
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"Stabilité régionale"

Les dirigeants africains ont en outre exprimé "le soutien total de l'Union africaine et des pays voisins au Soudan face à ses défis économiques, politiques et sécuritaires" et ont promis de l'aider à maintenir la "stabilité régionale".

Le Conseil militaire de transition au Soudan, qui dirige le pays depuis la destitution le 11 avril du président Omar el-Béchir sous la pression de la rue, a jusque-là résisté aux appels du mouvement de contestation à un transfert immédiat du pouvoir à une autorité civile.

Ce Conseil a toutefois déclaré lundi étudier "une proposition" des chefs de la contestation.

Les militaires soudanais restent sous forte pression de manifestants installés depuis plus de deux semaines aux abords du QG de l'armée à Khartoum. L'armée exige le démantèlement des barrages installés sur les voies d'accès, sans faire fléchir les protestataires qui ont reçu mardi le renfort d'un train rempli de centaines de personnes venues du centre du pays.

De nombreuses personnes sont arrivées sur les toits des wagons, agitant des drapeaux soudanais et scandant "Liberté, paix, justice", a constaté un photographe de l'AFP.

Des groupes de journalistes, de médecins, d'ingénieurs ou encore de vétérinaires ont également marché dans les rues de Khartoum pour réclamer un pouvoir civil.

Dans l'est du pays, des centaines de personnes se sont rassemblées devant un bâtiment militaire dans la ville de Kassala, pour réclamer que les responsables de la mort de manifestants soient traduits en justice.

La réunion du Caire sur le Soudan se double d'une autre plus tard dans la journée, consacrée à la crise en Libye, également voisine de l'Egypte.

Ces deux réunions sont les premières de dirigeants africains de ce niveau sur les troubles dans ces deux pays du continent.

Relancer le processus politique

La réunion sur la Libye abordera "les moyens de relancer le processus politique ainsi que l'élimination du terrorisme", selon la présidence égyptienne.

Cette rencontre doit comprendre, autour du chef de l'Etat égyptien, les présidents du Rwanda et d'Afrique du Sud ainsi que celui du Congo, M. Sassou-Nguesso, également président de la commission sur la Libye à l'UA, et le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki.

Des combats opposent les forces loyales au Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et siégeant à Tripoli, aux troupes du maréchal Khalifa Haftar aux portes de la capitale libyenne.

Les forces de l'homme fort de l'Est, soutenu notamment par l'Egypte, ont lancé le 4 avril leur offensive sur Tripoli. Plus de 260 personnes ont péri dans les violences, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les combats piétinent depuis quelques jours.

La Libye, pays riche en pétrole, est plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi renversé par une révolte populaire.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a multiplié les mises en garde contre un "embrasement généralisé", réclamant une réaction urgente de la communauté internationale, pour le moment divisée.

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