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Droits humains

Les réfugiés mauritaniens dans une situation précaire au Sénégal

Des réfugiés mauritaniens à Guinaw Rails dans la banlieue de Dakar, au Sénégal, le 23 juin 2021. (VOA/Seydina Aba Gueye)

En 1989, un conflit intercommunautaire éclate dans la région frontalière entre le Sénégal et la Mauritanie. Environ 60.000 personnes avaient fui de la Mauritanie vers le Sénégal et le Mali, selon le HCR. En 2021, la majorité d’entre eux vivent toujours au Sénégal.

Apatrides, sans emplois ni revenus stables, sans domiciles fixes et souvent hébergés dans des maisons en délabrement ou en construction, les réfugiés mauritaniens vivant au Sénégal vivent au jour le jour. À Guinaw Rails, dans la banlieue de Dakar, nous retrouvons quelques membres de cette communauté.

Maïri Ba vit avec sa famille et pour elle les conditions sont très précaires. "On survit difficilement au rythme de tracasseries quotidiennes pour nous les femmes. Nos maris courent de gauche à droite pour trouver de quoi nourrir notre progéniture mais ce n’est pas toujours évident car des fois nous n’avons rien à nous mettre sous la dent", déclare-t-elle.

Maïri est également préoccupée par l’éducation des enfants, le logement et l’emploi qui sont aussi des problèmes."On se fait souvent expulser de nos lieux d’habitation à cause du manque de revenus et nos enfants parviennent difficilement à étudier dans ces conditions. Nous sommes fatigués de cette situation", dit-elle.

Son mari Mamadou Lamine Ba lui emboîte le pas. Pour lui, la situation de leurs enfants est le plus difficile à vivre.

"Nous sommes des êtres humains et nous méritons de vivre dans la dignité après 32 ans de calvaire. Nos enfants se battent à l’école et à l’université pour faire partie des meilleurs mais au final ils ne peuvent accéder à aucune profession faute de nationalité. Leurs demandes d’intégration ne sont pas prises en compte", explique-t-il.

Pour prouver la véracité de ses propos, il prend l’exemple de son fils "né au Sénégal, il a grandi et a étudié ici mais il ne peut pas accéder au monde professionnel parce qu’il n’a pas de certificat de nationalité. Il est apatride, son père est apatride. Nous n’avons plus de mère patrie, nous n’avons rien", se désole-t-il.

Face aux conditions de vie difficiles auxquelles ils font face au Sénégal, certains Mauritaniens avaient décidé de regagner leur pays d’origine à partir de mars 2008 sous l’égide de l’agence des Nations unies pour les réfugiés. Un retour pas totalement réussi si l’on se fie à Abdourahmane Sy de la Coordination des associations de réfugiés mauritaniens au Sénégal.

"Il y a eu environ 24.000 réfugiés qui sont retournés et depuis lors, la majorité n’ont aucune pièce d’identification, aucune reconnaissance", soutient-il.

Abdourahmane indique que ceux qui y sont retournés n’ont "pas retrouvé leur terre, ni leur village puisqu’on t’amène à 1km de chez toi et on te dit que tu es là aujourd’hui. Tu n’as donc plus le droit de regagner ton village ou ta ville natale alors que tu avais tout perdu. Il y a juste eu 1600 qui ont retrouvé leur nationalité. Tout le reste sont devenus des apatrides dans leur propre pays", dit-il.

Les réfugiés mauritaniens au Sénégal vivent dans la précarité
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Après plus de 30 ans de combats et malgré des résultats mitigés, ces familles réfugiées au Sénégal ne comptent pas baisser les bras.

Le 20 juin dernier, journée consacrée aux réfugiés, était une nouvelle fois l’occasion pour les Mauritaniens établis au Sénégal depuis 1989 contre leur gré de réclamer leur droit à une nationalité, de réclamer leur droit à un retour au bercail et le droit de leurs enfants à bénéficier de papiers qui leurs permettront d’étudier dans de bonnes conditions.

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"Exécutions extrajudiciaires": l'armée du Faso accusée d'avoir tué plus de 40 civils

ARCHIVES - Des soldats burkinabè patrouillent sur la route de Gorgadji, dans la zone du Sahel, au Burkina Faso, le 3 mars 2019.

Les personnes tuées "avaient toutes les mains ligotées et les yeux bandés", selon un collectif de la société civile.

Deux organisations de défense des droits humains ont dénoncé les "exécutions sommaires et extrajudiciaires" de "plus de 40" personnes" perpétrées début août à Tougouri, dans le nord du Burkina Faso, impliquant, selon elles, les forces armées burkinabè, dans deux communiqués publiés dimanche.

"Le collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) a été saisi depuis le lundi 08 août par plusieurs témoins et parents de victimes de la commune de Tougouri, plus précisément dans le village de Taffogo dans la région du Centre-Nord, de plusieurs cas d'enlèvements suivis d’exécutions sommaires et extrajudiciaires", indique cette organisation de défense des droits humains dans un communiqué.

"Au total, plus de 40 corps ont été retrouvés plus tard le long de la route Taffogo - Bouroum", selon le CISC, précisant que "ces personnes tuées avaient toutes les mains ligotées et les yeux bandés".

Selon l’organisation, des témoignages concordants décrivent "les présumés auteurs de ces enlèvements suivis d’exécutions systématiques comme étant des éléments des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) habillés en tenues noires et encagoulés".

Civils tués dans l'Est du Faso: l'armée burkinabè fait son mea culpa
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Estimant, de son côté, à "plus d’une cinquantaine de civils sans armes" qui ont "été enlevés à Tougouri et sommairement exécutés sur la route de Bouroum par les FDS", l’observatoire de la dignité humaine (ODH) a "condamné avec la dernière énergie ces actes barbares indignes de notre époque".

Selon l’ODH, citant des sources locales, "la quasi totalité des victimes seraient des Peuls, dont des femmes et des enfants. Certaines victimes ont été arrêtées au marché de Tougouri et d’autres à domicile".

"Les autorités sont vivement interpellées sur la résurgence de ces pratiques iniques, barbares, indignes d’une armée républicaine et qui ont contribué à plonger le Burkina Faso dans cette situation" de crise sécuritaire, a indiqué cette organisation.

L'armée du Faso est-elle suffisamment équipée?
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Le collectif a invité "certains éléments des FDS à arrêter la pratique d'enlèvements de civils à mains nues suivis d’exécutions sommaires et extrajudiciaires sous le prétexte fallacieux de lutte contre le terrorisme" et appelé le chef de l’État à "recadrer l’action de ces soldats qui résument la lutte antiterroriste à une simple extermination des villages occupés par une communauté précise".

Régulièrement accusée d'exécutions extrajudiciaires, l'armée burkinabè a toujours démenti, pointant parfois des groupes armés qui utilisent du matériel militaire.

D’autres ONG dont Human rights Watch (HRW) avaient déjà accusé en 2020 les forces de sécurité burkinabè d’"exécutions extrajudiciaires", au cours d’opérations antiterroristes, après la découverte de "fosses communes contenant au moins 180 corps" à Djibo, chef-lieu de la province du Soum, l’une des plus touchées par les attaques jihadistes.

Ces violences ont fait dans le pays plusieurs milliers de morts depuis 2015, et contraint près de deux millions de personnes à fuir leur foyer.

Ouagadougou dit avoir entamé des négociations avec les groupes armés
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Des activistes s'insurgent contre le traitement des prisonniers au Nord-Kivu

PHOTO D'ILLUSTRATION - En raison de la situation alimentaire, les prisonniers sont frappés par la malnutrition.

Les prisonniers qui croupissent dans les prisons de Beni et Butembo, dans la province du Nord-Kivu, vivent dans des conditions exécrables. Beaucoup d'entre eux tombent malades.

Selon le rapport de plusieurs organisations de défense des droits humains, les prisons de la République démocratique du Congo sont hors normes. Elles sont considérées comme des lieux de misère en raison des conditions inhumaines dans lesquelles vit la population carcérale.

Les prisons de Beni et de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, sont plus que surpeuplées. La prison de Beni, construite pour une capacité de 150 personnes, accueille maintenant plus de 800 détenus. Son directeur, Tsongo Makelele, déplore que le centre de détention n'a pas assez de nourriture.

"Je peux confirmer qu'il y a un réel manque de nourriture et s'il n'y a pas de soutien des différentes autorités et organisations humanitaires, nous verrons le pire", avertit-il.

Frappés par la malnutrition, beaucoup de détenus sont malades.

À Butembo, la situation est pire: la diarrhée est devenue une malaiie presque chronique pour les prisonniers.

"Nous sommes conscients de ce problème de prise en charge des détenus. Une mauvaise alimentation crée une malnutrition aiguë chez les détenus. Le mois dernier, nous avons enregistré des cas de diarrhée et trois personnes sont décédées des suites de cette maladie", avoue Aubin Luhavo, un des responsables de la prison de la ville.

Angelus Kavuthirwaki, membre d'une organisation de défense des droits de l'homme, s'insurge contre la léthargie des autorités en matière d'alimentation et de soins médicaux pour les détenus.

"La situation de nos prisons en termes de nourriture est toujours morose, donc depuis quelque temps, c'est le CICR qui intervient et parfois le gouvernement provincial. Mais la nourriture qui est donnée aux pensionnaires est insignifiante", révèle-t-il.

Dénonçant ces conditions inhumaines dans lesquelles se trouvent les prisonniers dans l'est du pays, cet activiste demande aux autorités congolaises de respecter les vies humaines en offrant aux prisonniers de meilleures conditions.

"L'État a l'obligation de les aider. Dans les conditions dans lesquelles ils sont, ils n'ont pas la possibilité d'acheter de la nourriture, l'État doit faire preuve de responsabilité", lance-t-il.

En plus des conditions difficiles, les prisonniers sont susceptibles d'être attaqués par les groupes rebelles de la région. Le cas le plus récent a été l'attaque de la prison de Butembo par des hommes lourdement armés identifiés, selon l'armée, comme des rebelles Mai-Mai. Deux policiers ont été tués et près de 800 prisonniers ont pris le large.

Nouvelle vague de violences xénophobes en Afrique du Sud

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L'ONU veut enquêter sur la discrimination raciale aux États-Unis

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Dans les prisons du Nord-Kivu, des conditions de vie exécrables

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