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Les principales étapes de la crise depuis l'échec des pourparlers au Soudan

Campagne de désobéissance civile à Khartoum, au Soudan, le 10 juin 2019.

Voici les principales étapes de la crise depuis l'échec des négociations au Soudan, où les chefs de la contestation ont appelé à la "désobéissance civile" à compter du dimanche 9 juin, après une sanglante répression qui a fait une centaine de morts.

Quatre personnes ont été tuées dimanche, au premier jour de ce mouvement de désobéissance civile.

Née en décembre d'une colère contre le triplement du prix du pain dans un contexte de crise économique et de mesures d'austérité, la contestation avait pris la forme, depuis le 6 avril, d'un sit-in devant le quartier général de l'armée à Khartoum pour réclamer un changement de régime politique.

Après la destitution du président Omar el-Béchir par l'armée le 11 avril, les milliers de protestataires avaient refusé de lever le camp, réclamant un transfert du pouvoir aux civils, jusqu'à leur brutale dispersion le 3 juin.

Le bilan de la répression dépasse 100 morts au Soudan
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Echec des négociations

Le 20 mai, après avoir connu des avancées, les négociations entre les généraux au pouvoir et les chefs de la contestation s'achèvent brusquement sans accord sur la composition d'un Conseil souverain. Celui-ci devait assurer une transition de trois ans, avant un transfert du pouvoir aux civils.

De leur côté, les mouvements islamistes font bloc derrière l'armée, espérant préserver la charia (loi islamique) en vigueur depuis le coup d'Etat ayant porté Omar el-Béchir au pouvoir en 1989.

Une grève générale est observée les 28 et 29 mai à travers le pays.

Impasse au Soudan dans les négociations avec les militaires
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Arabie, Emirats et Egypte soutiennent l'armée

Fin mai, le chef du Conseil militaire de transition, Abdel Fattah al-Burhane, se rend en Egypte, en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, ces deux derniers pays ayant annoncé en avril une aide conjointe de trois milliards de dollars.

Selon les médias soudanais, le général Burhane avait coordonné, alors qu'il était commandant des forces terrestres, l'envoi de troupes au Yémen décidé dans le cadre d'une coalition dirigée par Ryad intervenue en 2015 pour lutter contre des rebelles accusés de liens avec l'Iran.

"Lors de sa visite dans le Golfe, la situation en Libye et au Yémen a été rappelée au général" Burhane, avec l'idée qu'elle était le "résultat du manque de détermination des dirigeants", selon Mathieu Guidère, professeur à l'Université de Paris-VIII.

D'après lui, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, ancien militaire ayant pris le pouvoir en 2013 au prix d'une répression implacable, a été présenté comme un modèle.

Foncièrement hostiles aux soulèvements populaires dans la région, Ryad, Le Caire et Abou Dhabi souhaitent "maintenir le statu quo autoritaire", estime pour sa part Karim Bitar, de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Al-Jazeera fermée

A contrario, le Qatar, allié historique d'Omar el-Béchir et en conflit diplomatique avec l'Arabie saoudite, les Emirats et l'Egypte, semble avoir perdu de son influence au Soudan depuis le début de la crise.

Le général Burhane "a des liens plus étroits avec Abou Dhabi qu'avec Doha", confirme Andreas Krieg, professeur au King's College de Londres.

Le 31 mai, le Conseil militaire ferme le bureau de la chaîne d'information qatarie Al-Jazeera, qui diffuse régulièrement des images des manifestations.

Répression sanglante

Le 3 juin, l'armée, la police et des milices dispersent dans le sang le sit-in devant le QG de l'armée. Proche de la contestation, le Comité de médecins soudanais avance le chiffre de 115 morts et plus de 500 blessés à compter du déclenchement de cette opération. Le gouvernement évoque 61 morts.

L'internet mobile est coupé.

Dès le lendemain, l'armée déclare caducs les accords conclus avec les contestataires et appelle à des élections dans "neuf mois maximum". Les protestataires dénoncent un "putsch".

A Khartoum et dans tout le pays, des paramilitaires liés à l'armée - les Forces de soutien rapide (RSF) - sont déployés, se livrant selon des témoins à des exactions, y compris dans les hôpitaux.

Les RSF sont considérées par beaucoup comme un avatar des milices Janjawid, qui dans un passé récent ont commis des atrocités de masse au Darfour (ouest).

Répression sanglante à Kharthourn
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Désobéissance civile

Le 5 juin, les généraux se disent ouverts à des négociations "sans restriction", au lendemain d'appels de la communauté internationale à cesser les violences.

Les chefs de la contestation rejettent la proposition de dialogue avec "ce Conseil militaire qui tue des gens". Ils appellent à la "désobéissance civile" jusqu'à la nomination d'un gouvernement civil.

Des figures de l'opposition ont été arrêtées samedi après avoir rencontré le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, venu à Khartoum en médiateur.

Quatre personnes ont été tuées dimanche (notamment à Khartoum), au premier jour du mouvement de désobéissance civile. Elles ont été victimes "du Conseil militaire de transition" et de ses "milices", a accusé le comité de médecins.

Plusieurs morts au Soudan lors du premier jour de "désobéissance civile"
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Gambie: nomination d'un ministre de la Défense, le premier depuis 22 ans

La force de la Cedeao, lors de la crise de succession en Gambie.

Le chef de l'Etat gambien Adama Barrow a remanié jeudi son gouvernement, nommant un ministre de la Défense pour la première fois depuis 22 ans et un ancien chef de la police controversé à l'Intérieur, a annoncé la présidence dans un communiqué.

M. Barrow a désigné jeudi comme ministre de la Défense Sheikh Omar Faye, consul général de Gambie à Jeddah (Arabie saoudite), selon le communiqué.

Depuis 1997, d'abord sous Yahya Jammeh, qui a dirigé d'une main de fer ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest de 1994 à 2017, puis sous son successeur, l'ancien opposant Adama Barrow, les prérogatives du ministère de la Défense étaient directement exercées par le président.

Ancien sprinteur --il a participé aux JO de 1984-- M. Faye a fait carrière dans l'armée jusqu'en 1994, lorsqu'il a quitté la Gambie pour les Etats-Unis, selon la lettre d'information spécialisée AllGov.com.

De retour en Gambie en 2005, il devient chef de la communication du cabinet du président Jammeh, puis ministre de la Jeunesse et des Sports, avant d'être nommé ambassadeur à Washington.

Il avait pris ses distances avec Yahya Jammeh à la toute fin de son régime, en l'appelant de la capitale fédérale américaine, en décembre 2016, à reconnaître sa défaite électorale face à Adama Barrow et à céder le pouvoir.

Yahya Jammeh n'avait quitté son pays pour la Guinée Equatoriale qu'après six semaines d'une crise à rebondissements et sous la pression d'une intervention militaire et diplomatique régionale.

Un défenseur gambien des droits humains, Madi Jobarteh, a salué la désignation d'un ministre de la Défense, estimant toutefois que "le choix de M. Faye est un important pas en arrière" si l'on considère qu'il fut un "soutien clé de la dictature en Gambie".

Le défenseur des droits de l'homme a par ailleurs qualifié de "catastrophe" la désignation au poste de ministre de l'Intérieur de Yankuba Sonko, qui selon lui montre la volonté du président Barrow de "recourir à la violence pour refuser les droits et libertés fondamentales".

M. Sonko était inspecteur général de la police lors de la répression le 14 avril 2016 d'un rassemblement pour réclamer des réformes politiques. La mort en détention d'un des leaders de l'opposition arrêtés, Solo Sandeng, avait galvanisé les opposants, qui s'étaient unis autour de la candidature d'Adama Barrow.

Avec AFP

Candidat à présidentielle, le Premier ministre délègue ses pouvoirs

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed, lors du dépôt de sa candidature à la présidentielle anticipée en Tunisie, le 9 août 2019.

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, l'un des principaux candidats à la présidentielle anticipée du 15 septembre, a annoncé jeudi avoir délégué ses pouvoirs pour se consacrer à sa campagne électorale.

Lors d'une intervention sur la télévision publique, M. Chahed a déclaré avoir "décidé de déléguer ses pouvoirs de chef du gouvernement au ministre de la Fonction publique jusqu'à la fin de la campagne électorale". Celle-ci est prévue du 2 au 13 septembre.

Cette décision a été prise "dans le souci d'assurer la transparence dans le processus électoral et pour éviter tout conflit d'intérêt", a dit M. Chahed, devenu en 2016, à 40 ans, le plus jeune Premier ministre de la Tunisie.

Le premier tour du scrutin présidentiel aura lieu le 15 septembre.

Prévue en fin d'année, cette élection a été avancée à la suite du décès le 25 juillet du président Beji Caid Essebsi à l'âge de 92 ans.

Il était le premier président démocratiquement élu au suffrage universel de l'histoire moderne de la Tunisie.

Vingt-six candidatures, dont celle de M. Chahed, ont été validées et 71 écartées, au terme d'un examen préliminaire des dossiers, a annoncé le 14 août l'Instance chargée des élections en Tunisie (Isie). La liste finale sera publiée le 31 août.

Mardi, M. Chahed qui avait lancé au début de cette année son propre parti Tahya Tounes, a annoncé avoir renoncé à la nationalité française avant le dépôt de sa candidature, comme le demande la Constitution.

Avec AFP

Zimbabwe: une satiriste connue affirme avoir été enlevée et battue

La comédienne zimbabweenne, Samantha Kureya, dite Gonyeti.

Une comédienne et satiriste populaire au Zimbabwe, Samantha Kureya, dite Gonyeti, a affirmé jeudi avoir été enlevée de son domicile à Harare et battue par des inconnus, devenant la dernière critique en date du gouvernement à avoir été agressée ces dernières semaines.

Dans un clip vidéo en ligne, elle raconte à un journaliste du quotidien Daily News, depuis son lit d'hôpital, avoir été enlevée mercredi soir par des hommes armés et masqués, rouée de coups et abandonnée.

Trois hommes masqués ont cassé la porte de sa chambre et l'ont tirée du lit, dit-elle. "Je ne portais qu'un haut et une culotte. Quand je leur ai dit +laissez-moi m'habiller+, ils m'ont giflée et ordonné de baisser les yeux", ajoute-t-elle.

"Vous vous moquez du gouvernement" lui ont dit ses agresseurs en lui donnant des coups de pied et de fouet et la faisant rouler sur le sol mouillé, a-t-elle ajouté.

Elle affirme avoir dû se dénuder, boire de l'eau des égouts et avoir été abandonnée sur place sans ses vêtements.

Elle ajoute avoir marché ensuite vers des maisons et qu'une robe lui a été jetée par la fenêtre de l'une d'entre elles.

"Je ne sais pas si (cette agression) avait pour objectif de me faire peur" mais c'est grâce à la comédie "que je suis capable de payer mon loyer et d'envoyer mon frère à l'école. Je continuerai à faire mon travail", affirme-t-elle.

Le ministère de l'Information a annoncé dans un Tweet qu'une enquête était en cours.

La maison de production de Samantha Kureya, Bustop-TV, avait précédemment indiqué dans un Tweet qu'une autre comédienne, Sharon Chideu, qui apparaît dans des sketchs à ses côtés, avait elle aussi été ciblée mais qu'elle avait été avertie d'un risque d'enlèvement et avait quitté son domicile.

Bustop-TV diffuse des sketchs qui se moquent des autorités zimbabwéennes et des problèmes économiques et sociaux du pays.

Samantha Kureya et Sharon Chideu avaient été arrêtées par la police en février après être apparues dans un sketch vêtues d'uniformes de la police. Elles avaient été libérées après avoir payé chacune une amende de 20 dollars (17,6 euros).

Ces deux dernières semaines, plusieurs membres de l'opposition et militants des droits de l'homme ont été enlevés par des assaillants non identifiés en divers endroits du Zimbabwe, selon des organisations de défense des droits de l'homme.

Avec AFP

Un réseau d'escrocs nigérians démantelé, 80 accusés au total

Le département américain de la justice

Les autorités américaines ont annoncé jeudi avoir démantelé un vaste réseau international d'escrocs, en majorité nigérians, qui a dérobé des millions de dollars à des entreprises, des utilisateurs de sites de rencontres et des personnes âgées.

Au total, 80 personnes sont inculpées dans cette affaire aux ramifications mondiales et quatorze d'entre elles ont été arrêtées sur le territoire américain, principalement dans la région de Los Angeles, a précisé dans un communiqué le procureur fédéral pour la Californie centrale, Nick Hanna.

Les autres suspects sont encore en liberté, pour la plupart au Nigeria.

Les 80 inculpés et d'autres complices sont accusés d'avoir utilisé diverses formes d'escroquerie ("arnaque au président", manipulation sentimentale sur des sites de rencontres, etc.) aux Etats-Unis et partout dans le monde.

"Certaines des victimes ont perdu des centaines de milliers de dollars dans ces arnaques, et beaucoup étaient âgées", relèvent les services du procureur.

De telles escroqueries "font perdre des milliards de dollars chaque année, et nous exhortons la population et les entreprises à être aux aguets de ces montages financiers sophistiqués et à s'en protéger", déclare Paul Delacourt, l'un des responsables du FBI (police fédérale) à Los Angeles.

Pour blanchir l'argent obtenu frauduleusement, le réseau d'escrocs avait résidé aux Etats-Unis, Valentine Iro, 31 ans, et Chukwudi Igbokwe, 38 ans.

Les deux hommes sont notamment accusés d'avoir organisé le transfert d'au moins 6 millions de dollars, et le réseau est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir frauduleusement plusieurs dizaines de millions de dollars au total.

Les fonds étaient ensuite transférés sur des comptes situés hors des Etats-Unis ou versés en liquide à des intermédiaires qui utilisaient ensuite une application bancaire nigériane pour faire circuler les fonds convertis en nairas, la devise du Nigeria.

"Cette méthode a été employée pour transférer des millions de dollars à des complices nigérians sans jamais directement envoyer des fonds hors des Etats-Unis", affirment les enquêteurs.

Une association distribue des protections féminines au Soudan du Sud

Une association distribue des protections féminines au Soudan du Sud
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