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Deuxième jour du mouvement de désobéissance civile au Soudan

Magasins fermés à Khartoum, au Soudan le 10 juin 2019.

Une deuxième journée de désobéissance civile a été observée lundi au Soudan à l'appel du mouvement de contestation, en réaction au durcissement de la répression par les généraux au pouvoir, qui a fait plus d'une centaine de morts en une semaine.

Parallèlement, trois opposants soudanais qui avait été arrêtés dans le cadre de cette répression ont été libérés lundi, a annoncé la télévision d'Etat.

Une semaine après la dispersion sanglante du sit-in devant le siège de l'armée, quelques magasins ont rouvert à Khartoum, même si la majeure partie des la capitale est restée déserte. Des coupures de courant et d'internet ont en outre rendues les communications difficiles.

Quelques bus ont circulé en ville, où davantage de voitures et de passants étaient visibles par rapport à la veille.

"Si je travaille, cela ne signifie pas que je ne soutiens pas la révolution", a déclaré Abdulmajid Mohamed, un chauffeur de bus. "Je dois travailler pour soutenir ma famille sinon nous n'aurions pas d'argent."

Le Conseil militaire de transition, qui dirige le Soudan depuis la destitution du président Omar el-Béchir le 11 avril, a annoncé dimanche soir le déploiement de renforts dans la capitale pour favoriser "un retour à la vie normale".

Les forces de sécurité se sont évertuées ces derniers jours à démonter les barricades de fortune dressées par les contestataires, qui continuent de réclamer le transfert du pouvoir aux civils.

- Figures de la contestation -

La télévision d'Etat a de son côté indiqué que Yasser Amran, un chef rebelle arrêté mercredi dernier, avait été libéré, tout comme deux autres figures du mouvement, Moubarak Ardoul et Ismaïl Jalab.

MM. Ardoul et Jalab avaient été interpellés au lendemain de leur rencontre avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, venu à Khartoum en médiateur vendredi.

L'annonce de leur libération intervient au deuxième jour du mouvement de désobéissance civile lancé par la contestation en réaction au net durcissement de la répression, qui en une semaine a fait 118 morts et plus de 500 blessés, la majorité dans la dispersion du sit-in le 3 juin, d'après un comité de médecins proche de la contestation.

Le gouvernement estime, lui, à 61 le nombre de morts, dont 49 par des "tirs à balles réelles" à Khartoum.

Dimanche, au premier jour de ce mouvement, le comité de médecins a indiqué que quatre personnes étaient décédées, deux à Khartoum et deux autres à Omdourman, ville voisine de la capitale.

Les militaires ont dit tenir les manifestants pour responsables de la détérioration de la sécurité à Khartoum et dans le pays.

"L'Alliance pour la liberté et le changement (ALC, fer de lance de la contestation) est pleinement responsable des récents et malheureux incidents (...) dont l'obstruction des routes", a affirmé dimanche soir le général Jamal el-Din Omar, un membre du Conseil militaire, dans un discours télévisé.

"Le Conseil militaire a décidé de renforcer la présence des forces armées, des RSF (Forces de soutien rapide, ndlr) et des autres forces régulières pour un retour à la vie normale", a-t-il ajouté.

Les RSF, présentées par certains comme un avatar des terribles milices Janjawid du Darfour, sont accusées par la contestation d'être à l'origine de la dispersion du campement installé depuis le 6 avril devant le QG de l'armée et de la répression qui a suivi.

- "Faciliter la mobilité" -

Les forces de sécurité assureront "la sécurité des civils isolés, rouvriront les routes et faciliteront la mobilité des gens, des transports publics et privés, et protégeront les marchés et les installations étatiques stratégiques", a encore annoncé le général Jamal el-Din Omar.

Dimanche, la police anti-émeute était déjà intervenue dans le quartier de Bahri, dans le nord de la capitale, tirant des coups de feu en l'air et des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui, en matinée, avaient construit des barricades avec des pneus, des briques ou des troncs d'arbres.

La contestation, déclenchée en décembre dans un climat de crise économique aigüe, a affirmé que le mouvement de désobéissance civile continuerait jusqu'à ce qu'un pouvoir civil soit instauré.

Fin mai, une grève générale de deux jours était parvenue à paralyser partiellement le pays.

Les pourparlers entre militaires et meneurs de la contestation sont suspendus depuis le 20 mai, chaque partie voulant diriger la transition post-Béchir.

"Les deux (parties) doivent trouver des terrains d'entente car si la situation continue comme ça, je crains que nous perdrons notre pays", s'est inquiété Issa Omar, un employé à Khartoum.

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Mauritanie : une centaine "d'étrangers" arrêtés, internet coupé

L'opposition a dénoncé l'arrestation de dizaines de personnes à la suite d'incidents dimanche entre manifestants et policiers dans la capitale et à Nouadhibou (nord-ouest).

Une centaine "d'étrangers" ont été arrêtés en Mauritanie lors des manifestations qui ont éclaté après l'annonce de la victoire du candidat du pouvoir à la présidentielle de samedi, a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur, alors qu'Internet était entièrement coupé depuis le milieu de l'après-midi.

Les ambassadeurs du Sénégal, du Mali et de la Gambie ont été convoqués dans l'après-midi par le ministre des Affaires étrangères, Ismael Ould Cheikh Ahmed, qui les a enjoints de demander à leurs ressortissants de "s'abstenir de participer aux manifestations et à tout ce qui perturbe l'ordre public en Mauritanie, a expliqué le chef de la diplomatie sur la télévision nationale.

Les quatre opposants en lice ont rejeté les résultats provisoires donnant la victoire au premier tour à l'ancien chef d'état-major Mohamed Cheikh El-Ghazouani, dauphin du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz.

Selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni), M. Ghazouani a obtenu 52,01% des suffrages, devant le militant anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid (18,58%), l'ex-Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar (17,87%), le journaliste Baba Hamidou Kane (8,71%) et le professeur d'université Mohamed Ould Moloud (2,44%).

Trois des opposants ont introduit mardi un recours en annulation devant le Conseil constitutionnel, tandis que le quatrième, Baba Hamidou Kane, a affirmé n'avoir pas encore pris de décision, disant à l'AFP "douter de l'intérêt d'une telle procédure devant une institution inféodée au pouvoir".

Le siège de campagne de M. Kane a été fermé par la police lundi et celui des trois autres candidats de l'opposition mardi, "sur ordre du gouvernement", a indiqué leur entourage à l'AFP.

"On ne peut comprendre cette décision des autorités alors que des recours sont en cours et que l'élection n'est pas terminée", a réagi M. Ould Mouloud.

L'opposition a dénoncé l'arrestation de dizaines de personnes à la suite d'incidents dimanche entre manifestants et policiers dans la capitale et à Nouadhibou (nord-ouest).

Lundi soir, des heurts ont éclaté entre policiers et militants de l'opposition aux abords du siège des partis de MM. Ould Abeid et Kane, où la police a effectué une descente musclée, selon l'opposition.

"Il y a une main étrangère qui est derrière ces événements", a affirmé le ministre de l'Intérieur, Ahmedou Ould Abdallah, à propos de ces contestations, évoquant un "plan de déstabilisation" du pays.

"Nous avons arrêté une centaine d'étrangers dont on ne peut expliquer la présence dans la contestation d'une élection dans un pays qui n'est pas le leur", a ajouté le ministre.

Il a affirmé que cette présence étrangère était "en relation avec certains candidats".

La société mauritanienne est marquée par des disparités entre communautés arabo-berbère, haratine (descendants d'esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture) et afro-mauritanienne, généralement de langue maternelle d'ethnies subsahariennes.

Biram Ould Dah Ould Abeid avait demandé lundi aux Mauritaniens de se "méfier des provocations des autorités", jugeant que le pouvoir avait l'habitude d'invoquer les risques de sédition "à chaque fois qu'il est en difficulté".

Depuis 15H00 (GMT et locales) environ, il était impossible de se connecter à Internet, d'accéder à ses emails ou d'utiliser les réseaux sociaux comme WhatsApp et Facebook, alors que l'internet mobile était inaccessible depuis dimanche après-midi.

Interrogé par des journalistes sur ces coupures, le ministre de l'Intérieur a semblé ironiser. "Vous n'avez pas d'autres moyens qu'internet pour travailler?" a-t-il répondu, sourire aux lèvres.

La France a salué mardi "le bon déroulement de l'élection présidentielle", intervenue "dans un climat pacifique", et "félicité" M. Ghazouani.

Avec AFP

La rubrique économie du 25 juin avec Claire Morin-Gibourg

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400 migrants secourus en une semaine par l'OIM

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